Lettre de Liaison N°320 – 18 octobre 2021
Lettre de Liaison N° 320 – 18 octobre 2021 :
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Macron veut avancer dans la destruction du statut de la Fonction Publique avant la fin du quinquennat. Pour cela, son gouvernement a besoin que les dirigeants des syndicats participent à sa « Conférence salariale de la FP ».
Défendre les fonctionnaires impose d’affronter le gouvernement.
La direction de la FSU doit rompre la concertation avec lui et quitter, sans délai, sa « conférence salariale » !
A ce jour, les syndiqués de la FSU ne trouveront aucune information sur les objectifs de la conférence salariale convoquée par la ministre de la FP, dans la presse de leur fédération FSU ou de leur syndicat. Pourtant ces objectifs ne souffrent d’aucune ambiguïté !
Selon la ministre De Montchalin elle-même, il s’agit de « porter un diagnostic transparent » et des propositions pour réformer « un système de rémunérations et de progression des carrières à bout de souffle », sur la base de « la rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice […] à la fois inéquitables et coûteuses ».
Le gouvernement veut en finir avec la grille unique des rémunérations, individualiser les salaires selon les fonctions et la manière de « servir », et, plus fondamentalement, remettre en cause l’existence des corps à travers la transformation de la fonction publique de carrière en fonction publique d’emplois ! C’est la continuité des objectifs de la loi Dussopt d’août 2019. On retrouve également ce à quoi le Grenelle de l’éducation a ouvert la voie avec, par exemple, le groupe de travail : « Personnalisation : revalorisation des rémunérations et mobilités » qui s’est réuni le 14 septembre avec… la participation de la direction du SNES (Université syndicaliste du 28 août, p 2) !
Le secrétaire fédéral, B.Teste, dans l’éditorial de Pour d’octobre, ne se trompe pas lorsqu’il écrit : « Le gel de la valeur du point d’indice est en outre destructeur de la notion même de carrière quand le traitement qui est censé être « principal » tend à devenir accessoire au bénéfice de régimes indemnitaires beaucoup plus aléatoires ». Mais il écrit, deux phrases plus loin : « ce sera un enjeu dans le cadre du débat électoral », comme si les mois qui viennent (fin de la conférence en février) n’allaient pas être décisifs pour l’avenir de la base matérielle de notre statut qui garantit le cadre collectif de défense des fonctionnaires et fonde l’existence même de nos syndicats. « Débat électoral » et « journées d’action » ont pour fonction de cacher aux syndiqués la réalité de ce qui se trame dans la conférence avec, par la caution de nos représentants.
L’inflation connaît un rebond spectaculaire qui accentue la perte du pouvoir d’achat des fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué depuis 10 ans. Que les représentants syndicaux osent participer à une conférence dite salariale qui fait du blocage, ad vitam æternam, du point d’indice un axe intangible est proprement scandaleux ! Raison de plus pour leur imposer de quitter cette conférence et d’exiger de massives augmentations du point d’indice.
L’acharnement de la direction de la FSU à accompagner les contre-réformes, via le dialogue social, se décline aussi dans ses syndicats nationaux. Ainsi la loi Rilhac a été adoptée sans que la direction nationale du SNUipp ne lève le petit doigt ! Et après avoir participé docilement à tous les groupes de travail sur la direction d’école, elle se cache derrière une pétition réservée aux seuls directeurs d’école, comme si le fonctionnement des écoles était déjà considéré comme leur domaine réservé. Pétition dont elle déclare que son objet est : « (…) peser sur les discussions à venir sur sa déclinaison concrète par le ministère » témoignant donc de sa volonté de travailler dans le cadre d’une loi qu’elle prétend pourtant rejeter !
A Marseille, plus de 80 équipes pédagogiques d’écoles refusent, et ont décidé de boycotter, l’expérimentation Macron attribuant aux directeurs le recrutement de « leurs » enseignants. Mais cet appel au boycott ne saurait rester local. Il doit être repris par notre fédération et plus particulièrement par le SNUipp, pour lui donner la dimension nationale qui s’impose.
Même chose dans le secondaire où la direction du SNES, dans ses communiqués, continue de « revendiquer » l’abrogation de la réforme du Bac. Mais, face aux collègues scandalisés par la mise en place du contrôle continu (qui signifie la fin de leur indépendance pédagogique) et qui ont voulu s’y opposer en boycottant la mise en place des projets locaux d’évaluation (PLE), elle publie un guide de mise en œuvre des PLE. Quel que soit son contenu, il laisse les collègues isolés, établissement par établissement, et se situe dans le cadre de la mise en œuvre des PLE. A l’inverse, la responsabilité de la direction du SNES était d’exiger le retrait des PLE et d’appeler au boycott national des réunions pour leur mise en œuvre.
Le projet de budget 2022 se situe totalement dans l’objectif de réduction massive des dépenses publiques (hors police et armée !). Il fait litière aussi bien des besoins des personnels – en nombre, en formation comme en rémunération – que de ceux de la majorité de la population et plus particulièrement de la jeunesse.
La situation dans les universités, déjà dramatique pour les étudiants, va encore s’aggraver. Le recrutement d’enseignants titulaires est à l’arrêt, et les contractuels sont en passe de devenir majoritaires parmi les personnels.
Pour notre syndicat l’heure n’est pas à on ne sait trop quel débat électoral ! Elle est au combat pour la défense du statut et contre le budget de misère. Pour cela une urgence : rompre le dialogue social.
En particulier il est tout à fait décisif :
1) D’informer pleinement et sans délai les collègues du contenu mortifère des projets gouvernementaux portés dans la Conférence salariale de la FP.
2) En conséquence de se retirer de cette conférence et appeler les autres fédération à faire de même.
3) Préparer et organiser l’affrontement avec le gouvernement contre le projet de budget 2022.
C’est ce combat dont les représentants du courant Front Unique seront porteurs dans toutes les instances de la FSU comme aux prochains congrès (départementaux et national).
Du 5 au 25 novembre, renforcez notre combat en votant Front Unique !
| Adresse à la direction de la FSU (adoptée par les enseignants du collège Tavan d’Avignon réunis en heure d’information syndicale) Les personnels du collège A. Tavan réunis en HIS le 18.10.21 à l’initiative de la section SNES ont pris connaissance de l’ouverture par le gouvernement d’une conférence dite sur « les perspectives salariales dans la Fonction Publique », dans laquelle celui-ci veut associer les directions syndicales de la Fonction Publique à un chantier consistant à mettre à bas nos garanties statutaires en matière de rémunération – point d’indice, déroulements automatiques de carrières et grille unique Fonction Publique – pour leur substituer un système où « le travail paye davantage, où la progression soit plus rapide », en clair un système dit au mérite, pour faire baisser la masse salariale fonction publique. Aujourd’hui le gouvernement veut détruire la grille unique Fonction Publique au profit d’un système d’avancement et de rémunérations totalement individualisé. C’est pourquoi nous nous adressons à la direction de la FSU pour lui demander de quitter sans délai cette conférence, ainsi que les discussions du Grenelle de l’éducation, qui poursuit le même objectif que la « conférence sur les perspectives salariales », par exemple à travers le groupe de travail sur la « personnalisation des carrières ». (unanimité des 9 présents) |
Conseil national de la FSU des 12 et 13 octobre 2021
Le courant Front Unique est intervenu pour que la FSU (en lien avec ses syndicats concernés) :
– exige le retrait de la loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille
– appelle au boycott national des projet locaux d’évaluation (PLE)
– ouvre la perspective d’une manifestation nationale à l’AN contre le projet de budget de l’ESR
– annonce son départ immédiat de la conférence salariale FP et exige d’importantes augmentations du point d’indice
Intervention du courant Front Unique au Conseil national de la FSU, le 12 octobre 2021 (débat général)
Le gouvernement Macron-Castex redouble ses attaques contre les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les fonctionnaires
Contre les chômeurs durement frappés depuis ce 1er octobre avec la contre-réforme de l’assurance chômage.
Contre l’ensemble des travailleurs, en remettant sur le tapis sa contre-réforme des retraites avec Edouard Philippe qui n’hésite pas à préconiser un départ à la retraite à 67 ans.
Contre tous les jeunes. Les étudiants d’abord qui malgré l’allègement des mesures sanitaires ne voient pas leurs conditions d’études s’améliorer avec les budgets de misère de l’ESR qui depuis 10 ans ont cumulé leurs restrictions. Finis les repas à 1 euro pour tous.
Et de plus en plus de jeunes sont évincés des études universitaires. Et le gouvernement, avec l’apprentissage et l’alternance, leur dénie le droit d’obtenir une formation qualifiante assurée par l’enseignement public. Il veut livrer tous ces jeunes aux besoins stricts des patrons et, avec son plan compétence, il veut leur fournir une main d’œuvre quasi gratuite.
Et pour des centaines de milliers de jeunes, la contre-réforme des APL a signifié une baisse drastique de leurs allocations logement.
Le rebond de l’inflation affecte toute la population mais ce sont les plus pauvres qui en subissent les effets les plus dramatiques L’explosion des prix de l’énergie, les augmentations des loyers et des denrées alimentaires et plus généralement de toutes les dépenses contraintes, les plongent dans l’angoisse d’un hiver froid.
Si les salaires ont dans certains secteurs et de manière limitée connu des augmentations, rien pour les fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué depuis 10 ans.
Avec le rebondissement de l’inflation, comment les dirigeants des organisations de fonctionnaires peuvent-ils accepter de se concerter avec les responsables de ce blocage ?
Comment peuvent-ils prêter un précieux concours au gouvernement, à sa ministre De Montchalin qui veut dans le cadre de sa conférence salariale en finir avec la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice.
Il ne suffit pas au gouvernement que les indemnités soient en partie individualisées, il veut que la rémunération principale le soit aussi. Défendre ce qui subsiste du statut des fonctionnaires, préserver la grille de rémunération basée sur le point d’indice conduit à une seule conclusion : le boycott pur et simple de cette conférence.
Dans les lycées, le gouvernement, dans le cadre de la liquidation définitive du bac comme diplôme national et l’instauration généralisée du contrôle continu, essaie d’imposer la mise en place de projets locaux d’évaluation. La seule réponse à la hauteur de l’attaque gouvernementale c’est de lancer la consigne nationale de boycott des PLE. C’est la responsabilité de la FSU et du SNES de lancer un tel mot d’ordre dans l’unité avec toutes les autres organisations d’enseignants du 2nd degré.
Mais incontestablement, c’est contre le premier degré que le gouvernement concentre ses coups. Des annonces de Macron à Marseille à la loi Rilhac adoptée il y a 2 semaines, le gouvernement veut en finir avec le fonctionnement traditionnel dans les écoles primaires. Un fonctionnement démocratique où tous les enseignants, même le directeur, sont à égalité, on comprend que le gouvernement veuille instaurer la division au lieu de la solidarité et la hiérarchie à la place de l’égalité. Rien de nouveau dans cela.
Mais ce qui est ahurissant, c’est la réaction de notre fédération et celle du Snuipp face à de tels assauts. Aucune campagne de mobilisation sérieuse contre la loi Rilhac n’a été envisagée pas plus que la perspective de manifestation nationale pour empêcher son adoption. Et maintenant une pétition réservée aux seuls directeurs comme si le fonctionnement des écoles était déjà considéré comme leur domaine réservé.
Pour conclure, dans tous les domaines, le gouvernement se vante de faire aboutir tous ses projets destructeurs à grand renfort de concertation et de dialogue social. Et c’est un fait que tous les représentants syndicaux ont accepté de collaborer aux plus grands reculs sociaux de ces dernières années, au travers des concertations avec le gouvernement. Les justifications avancées telle : « On y va pour porter les revendications des personnels » sont totalement cyniques et fallacieuses. Car c’est, assuré de la présence des représentants des syndicats, que le gouvernement peut se permettre d’aller encore plus loin, encore plus fort par rapport à ses projets initiaux. Alors si on veut appliquer à bon escient la formule « Plus jamais ça ! », c’est bien concernant l’accompagnement des projets du gouvernement au travers de la concertation-collaboration. Notre fédération doit enfin rompre les concertations mortifères avec le gouvernement et engager une réelle mobilisation pour l’empêcher de nuire. Et cela commence par le boycott de la conférence « De Montchalin ».
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Intervention de présentation de la motion FU sur la direction d’école
Il n’aura suffi que d’une demi-journée pour que la loi Rilhac soit adoptée.
Il est inutile de faire la liste des conséquences néfastes de cette loi sur l’enseignement primaire.
En mars 2021, le courant Front Unique alertait déjà sur cette loi et appelait notre fédération à ouvrir la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée nationale quand serait connue la date de son examen en 2nde lecture.
Le 5 juillet, le SNUipp-FSU clamait haut et fort qu’une ligne rouge était franchie avec l’annonce de la création d’emploi fonctionnel de directeur pour ceux totalement déchargés.
Le 2 septembre, Macron annonçait à Marseille son expérimentation sur l’école, annonce faite quelques semaines avant le passage en deuxième lecture de la loi Rilhac à l’Assemblée nationale.
Toutes ces attaques sont dénoncées dans divers textes de la FSU et plus précisément du SNUipp-FSU.
Et pourtant, les concertations dans le cadre des groupes de travail sur la direction d’école continuent.
Et pourtant, le 29 septembre , aucun appel national et central n’était lancé pour empêcher le vote de la loi Rilhac. Les jours précédents ce vote, les sections départementales du SNuipp étaient invitées à rencontrer les députés dans le but « de les amener à renforcer certains articles pour obtenir des avancées concrètes » tandis que les syndiqués étaient invités à les alerter pour qu’ils ne votent pas cette loi « en l’état ».
Tout comme l’appel des 50 directeurs et directrices contre la loi Rilhac, ce que subissent nos collègues marseillais concerne toute la profession, directrices, directeurs, adjointes et adjoints.
Déjà, plus de 80 équipes pédagogiques de Marseille refusent l’expérimentation Macron et ont décidé de la boycotter. Cet appel au boycott ne saurait rester cantonner sur un plan local. Il doit être repris par notre fédération et plus particulièrement par le SNUipp, pour lui donner la dimension nationale qui s’impose.
Des signaux fort peuvent être envoyés non seulement à la profession mais aussi au gouvernement :
– quitter les groupes de travail sur la direction d’école,
– exiger le retrait de la proposition de loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille,
– appeler nationalement au boycott de l’expérimentation marseillaise qui a vocation à être généralisée.
C’est le sens de la motion que nous présentons.
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Motion Front Unique :
Direction d’école : Pour le retrait de la loi Rilhac
Pour le boycott et l’arrêt de l’expérimentation de Marseille
Le gouvernement, avec l’adoption de la loi Rilhac en deuxième lecture à l’Assemblée nationale et l’expérimentation de Marseille, veut porter un coup décisif à l’enseignement primaire en mettant en place un nouvel échelon hiérarchique au sein des écoles primaires.
Le CDFN de la FSU, réuni les 12 et 13 octobre 2021, exige le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac.
Le CDFN de la FSU soutient et reprend à son compte l’appel au boycott des équipes enseignantes de 80 écoles marseillaises et exige l’arrêt immédiat et le retrait définitif de l’expérimentation de Marseille.
(Pour : 6 / Contre : 57 / Abstentions : 14 / Refus de vote : 22)
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Intervention de présentation de la motion FU sur les projets locaux d’évaluation
Le projet local d’évaluation met en œuvre la destruction du caractère national du baccalauréat. Il normalise les modalités de notation des équipes pédagogiques au sein d’un même établissement dans le cadre de la mise en œuvre du contrôle continu du baccalauréat.
Et c’est aux enseignants eux-mêmes, qu’il est demandé d’édicter les règles locales qui mettront en cause leurs libertés pédagogiques et baliseront leur soumission à leur hiérarchie locale.
A juste titre, le SNES, et les autres syndicats de la FSU, demandent l’abrogation du baccalauréat Blanquer et le retour à un diplôme national et anonyme. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas en adressant un guide de mise en œuvre du projet local d’évaluation, même de façon édulcorée, qu’on y contribuera. C’est au contraire en dressant tous les enseignants contre le projet local d’évaluation qu’on peut réussir à revenir sur la destruction du baccalauréat.
C’est pourquoi :
Le CDFN de la FSU, en lien avec les différents syndicats nationaux concernés, SNES, SNEP, SNETAP entr’autres, répond favorablement aux enseignants du lycée Blaise Pascal de Clermont Ferrand, qui après avoir boycotté la réunion de mise en place du projet local d’évaluation, le 30 septembre, se sont réunis en AG pour adopter une motion (30 voix pour et 2 abstentions) qui demande aux directions syndicales :
– de prendre de prendre position pour le retrait pur et simple du PLE
– d’appeler nationalement au boycott des réunions de mise en place des PLE.
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Motion Front Unique :
Pour l’appel national au boycott des projets locaux d’évaluation (PLE)
Le projet local d’évaluation découle de la liquidation du bac comme diplôme national et anonyme. Il prévoit de mettre en œuvre le contrôle continu, établissement par établissement, et remet de fait en cause la liberté pédagogique des enseignants.
Le CDFN de la FSU, en lien avec les différents syndicats nationaux concernés, SNES, SNEP, SNETAP entr’autres, répond favorablement aux enseignants du lycée Blaise Pascal de Clermont Ferrand, qui après avoir boycotté la réunion de mise en place du projet local d’évaluation, le 30 septembre, se sont réunis en AG pour adopter une motion (30 voix pour et 2 abstentions) qui demande aux directions syndicales :
– de prendre position pour le retrait pur et simple du PLE
– d’appeler nationalement au boycott des réunions de mise en place des PLE.
(Pour : 6 / Contre : 63 / Abstentions : 11 / Refus de vote : 21)
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Intervention de présentation de la motion FU sur le budget de l’ESR
Les conditions de cette rentrée universitaire sont catastrophiques. Les conditions de travail sont déplorables. Le droit aux études et à une qualification pour la jeunesse est foulé aux pieds.
Le budget de l’ESR pour 2022 entérine ce sous financement chronique qui détruit l’université et la recherche. Mais ce budget est tel que la LPR l’a programmé. Avec cette loi, le gouvernement veut en finir notre statut de fonctionnaire, ses emplois pérennes, les grilles indiciaires, les dotations récurrentes à la recherche et aux formations, en finir avec toute référence au financement des universités sur la base du nombre d’étudiants.
Tels est le but des décrets d’application de la LPR qui tombent en rafale :
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création du contrat doctoral de droit privé, du contrat de projet qui pourra être rompu à tout moment, des chaires de professeur junior,
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instauration du salaire au mérite avec le RIPEC
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vérification par l’HCERES du respect des critères de la LPR dans toutes les évaluations des labos, des personnels, des formations pour en faire dépendre les allocations de moyens.
Ainsi ce budget ne couvre même pas les augmentations de salaire liées aux progressions de carrière (le GVT) mais prévoit de financer la montée en puissance des primes ;
Il n’y aura pas de création de postes de titulaires mais des milliers de contrats précaires ;
Par contre, l’ANR, qui orchestre le financement par appels à projet, se paie la part du lion. Tel est la réalité de ce budget.
Le SNCS n’en dit rien.
La CA du SNESUP se contente d’« interpeller les parlementaires sur les conséquences délétères de ce budget » et compte « porter la voix de la communauté universitaire sur ce sujet dans les diverses instances. »
Mais n’est-ce pas ce qui est déjà fait dans les instances qui préparent les décrets d’application de la LPR avec un train d’enfer ? Pour quels résultats ?
Pour obtenir les postes et les moyens nécessaires, pour défendre nos statuts et le droit aux études pour les étudiants, le mot d’ordre qui s’impose est :
A bas le budget 2022 de l’ESR !
La responsabilité de notre fédération est d’œuvrer à la réalisation d’un front uni des syndicats des personnels de l’ESR avec les organisations étudiantes contre ce budget de misère !
Sa responsabilité est d’ouvrir dès maintenant la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée Nationale au moment du vote du budget de l’ESR.
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Motion Front Unique :
Pour des postes, des moyens, pour la défense du droit aux études et des statuts des personnels
A bas le budget 2022 de l’ESR ! Budget d’application de la LPR !
Le projet de budget 2022 est conforme à la LPR. Il entérine le sous financement chronique de l’ESR comme une arme de destruction du droit aux études pour les étudiants et des statuts des personnels, de dislocation du cadre national de l’enseignement supérieur et de ses diplômes.
Les financements sont redistribués de façon à appliquer la LPR et ses décrets d’application
– pour remplacer le recrutement de titulaires par des précaires,
– pour substituer à la progression de carrière (GVT), une grille basée sur un régime indemnitaire, à la tête du client,
– pour généraliser les financements par appels à projet etc … qui génèrent précarité, compétition et inégalités à tous les niveaux.
Notre fédération en lien avec ses syndicats de l’ESR doit initier une campagne d’information et de mobilisation contre ce budget. Elle doit œuvrer à la réalisation d’un front uni des syndicats des personnels de l’ESR et des organisations de jeunesse.
Elle doit ouvrir la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée Nationale au moment du vote du budget de l’ESR à l’Assemblée Nationale.
(Pour : 6 / Contre : 68 / Abstentions : 2 / Refus de vote : 26)
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Intervention de présentation de la motion FU sur la « conférence salariale » FP
Comme tous les travailleurs, les fonctionnaires sont percutés par un rebond de l’inflation.
Mais pour eux, avec le blocage du point d’indice depuis 10 ans, cela se traduit par une baisse très accentuée de leur pouvoir d’achat.
Le 6 juillet la ministre De Monchalin a annoncé la poursuite assumée du blocage du point d’indice.
C’est simultanément qu’elle a lancé sa « conférence sur les perspectives salariales dans la fonction publique » ne masquant pas les objectifs poursuivis et en particulier contre la grille de rémunération basée sur le point d’indice.
Le 21 septembre, De Montchalin a ouvert la seconde phase de sa conférence en présence des représentants de 9 organisations syndicales de fonctionnaires, comme elle l’a annoncé dans un communiqué.
Dans son discours, elle a déclaré vouloir « engager une réflexion structurelle sur les carrières et les rémunérations dans la fonction publique » et a évoqué, en associant les représentants syndicaux, « notre responsabilité collective est de préparer l’avenir et d’interroger les fondements de notre politique salariale et de ressources humaines ».
Elle complète en disant « Notre diagnostic commun constituera une base pour dessiner des perspectives pour les carrières et les rémunérations pour les prochaines années ».
Et elle ajoute que la vocation de la conférence est de « travailler à des propositions concrètes sur lesquelles la prochaine majorité qui sortira des urnes au printemps devra, d’une manière ou d’une autre, se positionner ».
Il s’agit donc, pour le gouvernement actuel, de fournir à la prochaine majorité – qui pourrait bien correspondre à celle qui soutient actuellement ce gouvernement – les bases d’un nouveau déferlement contre les fonctionnaires.
Cette conférence exclut toute augmentation du point d’indice et prépare la remise en cause de la grille de rémunération basée sur le point d’indice.
Notre fédération consciente des objectifs poursuivis par ce gouvernement contre les fonctionnaires, refuse d’être instrumentalisée dans son opération conférence salariale. Aussi notre fédération doit-elle annoncer son départ immédiat de cette conférence et appeler les autres organisations de fonctionnaires de faire de même.
Ainsi seraient posées les bases d’un front uni des syndicats des fonctionnaires pour exiger des augmentations importantes du point d’indice en particulier au moment de l’examen du budget 2022 de l’État.
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Motion Front Unique :
Pour le boycott de la « conférence salariale » Fonction publique
Pour d’importantes augmentations du point d’indice
La « Conférence salariale fonction publique » convoquée par la ministre De Montchalin ne souffre d’aucune ambiguïté ! Ce n’est en rien l’ouverture d’une négociation sur les salaires, la ministre ayant exclu toute augmentation du point d’indice.
L’objectif est de remettre en cause la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice. D’en finir avec les corps et les déroulements de carrière.
La ministre veut parvenir à un diagnostic commun avec les représentants des organisations syndicales de fonctionnaires pour définir le programme que le futur gouvernement aurait à mettre en œuvre pour parachever la destruction du statut des fonctionnaires et la liquidation de la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice
Le Cdfn de la FSU, réuni les 12 et 13 octobre, condamne les objectifs du gouvernement contre les fonctionnaires et demande que les représentants de la FSU boycottent la conférence salariale qui en est le vecteur.
La FSU s’adresse aux autres organisations syndicales de fonctionnaires pour qu’elles fassent de même et qu’ensemble soit enclenchée une forte mobilisation pour arracher d’importantes augmentations du point d’indice, en particulier au moment de l’examen du projet de budget 2022.
(Pour : 5 / Contre : 78 / Abstentions : 4 / Refus de vote : 14)
Lettre de Liaison N° 319 – Supplément Lycée – 3 octobre 2021 :
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On nous communique :
Les enseignants du lycée Blaise Pascal Clermont-Ferrand boycottent majoritairement la mise en place du « projet local d’évaluation » et, réunis en assemblée générale en appellent aux directions nationales des syndicats pour :
– qu’elles se prononcent
pour le retrait des « projets locaux d’évaluation »
– qu’elles appellent nationalement
au boycott des réunions de mise en place de ces projets
Dans tous les lycées de France, les enseignants sont en ce moment même invités, lors de deux demi-journées de concertation, à élaborer les nouvelles modalités d’évaluation dans le cadre du contrôle continu à travers l’élaboration d’un « Projet Local d’Evaluation » (PLE) propre donc à chaque établissement.
Rappelons que ces « projets locaux d’évaluation » visent à détruire le caractère national du bac en le transformant en « diplôme maison » qui ont aussi pour effet de liquider l’indépendance pédagogique des enseignants visant à les soumettre étroitement dans l’exercice de leur métier au ministère et aux autorités locales.
Pas un enseignant n’ignore ce fait.
Pas un enseignant n’en ignore les conséquences dans son rapport aux élèves quotidiennement dans la salle de classe, au contrôle permanent de l’administration et des parents d’élèves.
Pas un enseignant n’ignore non plus que ces demi-journées de concertation ont pour objet qu’ils élaborent et mettent en place eux-mêmes le projet.
En d’autres termes qu’ils doivent nouer eux-mêmes la corde avec laquelle ils seront pendus !
C’est dans ce contexte qu’au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, alors que les collègues étaient conviés à la première demi-journée de concertation, en présence de l’administration et de deux IPR (donc sous la pression maximale de la hiérarchie administrative), la majorité a décidé de boycotter la réunion après l’intervention de la représentante FO de l’établissement, avec le soutien du représentant du Snes.
Réunis ensuite en AG, spontanément, les collègues y ont adopté une motion amendée d’un lycée de Haute-Loire, qui tout en dénonçant justement le projet et ses conséquences, se cantonne à un combat local qui n’offre aucune perspective de combat national pour défaire le gouvernement.
Considérant que la question décisive pour défaire le gouvernement était celle d’un appel national des directions syndicales au boycott des réunions de mise en place des PLE, ils ont aussi adressé une motion aux directions nationales de l’enseignement public :
« Les enseignants de Blaise Pascal réunis ce jour le jeudi 30 septembre, pour la demi-journée de mise en place du PLE (Plan Local d’évaluation) s’adressent aux directions syndicales nationales qui ne l’ont pas déjà fait :
-prononcez-vous pour le retrait pur et simple du PLE.
-appelez partout au boycott. »
33 Pour et 2 Abstentions
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Pourtant, à ce jour, ce n’est pas la position nationale des directions syndicales : ni sur le « Retrait pur et simple du PLE », ni sur le « boycott ».
Celle du Snes, syndicat majoritaire de la profession, diffuse dans les établissements un « Guide Syndical Pratique sur le Projet d’Evaluation Local » s’ « opposant » au Guide de l’évaluation ministériel. On peut y lire que le PLE est « un outil de plus pour la casse engagée de l’Education nationale », « … de contractualisation », « …de casse du diplôme national », etc… tout en proposant ses propres « préconisations à faire valoir dans les réunions des lycées ». Celles-ci sont déclinées en 7 points : des « revendications » (Sic !!!) jusqu’à l’étape du CA où le PLE doit faire l’objet d’une simple « présentation » et non d’un vote, « même pour avis » !
En clair, il n’est nullement question d’un boycott, même local, mais bien d’une écriture « syndicale » du projet, donc de la mise en place du contrôle continu, donc de manière parfaitement contradictoire avec l’affirmation dans les publications du SNES d’une volonté de « retour à des épreuves nationales, terminales et anonymes » (L’US n° 811 p.4) ! A ce jour, aucune publicité n’est d’ailleurs faite sur le boycott de la réunion au lycée Blaise Pascal.
On peut faire le même constat avec le SNLC FO qui indique dans son tract daté du 24 septembre 2021 titré « Non au PLE », il n’est nullement question d’un appel national au boycott mais: « Les réunions prévues pour élaborer le PLE doivent être l’occasion de réaffirmer le refus de la réforme Blanquer du lycée, le refus de s’inscrire dans le projet local d’évaluation, le refus de faire son propre malheur ! » On demande donc aux enseignants de porter le fer…localement, établissement par établissement.
