Intervention du courant Front Unique dans le débat général (Cdfn FSU 15 et 16 mars 2022)
Depuis le début de la guerre engagée par Poutine, l’Ukraine est dévastée sans répit par les bombes.On compte déjà des dizaines de milliers de morts et de blessés. Et des millions de civils ont fui leurfoyer.
Il faut dénoncer et condamner la guerre de la Russie contre l’Ukraine, exiger l’arrêt immédiat desbombardements et le retrait total des troupes russes d’occupation.
Il faut défendre inconditionnellement le droit du peuple ukrainien à disposer de lui-même.
Mais aujourd’hui, au nom de la « solidarité avec le peuple ukrainien », on essaie de faire croire auxtravailleurs que l’issue serait dans le renforcement de l’OTAN, dans le militarisme à tout crin avecla progression des budgets militaires en Allemagne, en France.
Mais l’Otan est une coalition impérialiste instrument de guerre contre les peuples comme en Corée,ou en Afghanistan. Et souvenons-nous que c’est l’OTAN qui en mars 1999 a dévasté la Serbie sousun tapis de bombes.
L’OTAN a méthodiquement conduit son expansion dans toute l’Europe orientale pour exercer uneconstante pression sur la Russie et la menacer militairement.
Nous devons exiger le retrait des troupes de l’OTAN de l’Europe et en particulier des troupesfrançaises d’Estonie et de Roumanie.
Si notre solidarité est pleine et entière envers le peuple ukrainien, l’issue contre cette guerre ne peutvenir que de la mobilisation internationale du mouvement ouvrier et de la jeunesse. Et en premierlieu des travailleurs et des jeunes Russes qui, chaque jour, se dressent héroïquement contre Poutineet sa guerre criminelle. Ils sont brutalement réprimés, arrêtés, emprisonnés, jugés et condamnés.
La responsabilité de notre fédération est d’organiser au plus vite une manifestation à l’Ambassade de Russie pour exiger la fin de la guerre contre l’Ukraine, pour que cesse larépression contre les manifestants russes et que soient libérés sans délai ceux qui sont emprisonnés.
Et il faut s’opposer aux sanctions contre la Russie qui affectent sa population civile comme ce fut lecas pour les peuples d’Irak et d’Iran.
Macron, à la faveur de la guerre cherche à bénéficier d’un effet d’union nationale. Et hélas, jusqu’àprésent, partis et syndicats liés au mouvement ouvrier ont pleinement répondu à ses attentes.Macron en profite pour formuler ouvertement un programme de choc contre des pans entiers desconquêtes ouvrières :Sécurité sociale et système de santé.
Enseignement supérieur avec facs payantes.
Feu sur l’enseignement public, son fonctionnement, ses personnels et leur statut.
Et surtout sans aucune retenue, il annonce la couleur quant aux retraites :Travailler plus longtemps avec un recul de 3 ans de l’âge de départ à la retraite. Et la suppressionannoncée des régimes spéciaux.
Il veut poursuivre et amplifier la démolition de la fonction publique et des acquis statutaires desfonctionnaires, remettre en cause leur rémunération liée à des grilles de carrière basées sur le pointd’indice.
Point d’indice bloqué depuis plus de 10 ans qui a fait reculer dramatiquement le pouvoir d’achatd’autant plus avec l’envolée actuelle de l’inflation.
La responsabilité de notre fédération est de dénoncer l’ensemble du programme de Macronqui est la poursuite et l’amplification considérable de celui mis en œuvre depuis 5 ans.
Nous sommes à moins d’un mois du 1ertour des élections présidentielles et les organisations seréclamant de la défense des travailleurs ne peuvent être neutres vis-à-vis des principaux candidatsdes partis de la bourgeoisie, les Macron, Pécresse, Le Pen et Zemmour.
Notre fédération doit clairement condamner leur programme et appeler à empêcher leurélection.
Mais dès à présent dans deux domaines, avant même les élections, il est possible pour notrefédération de combattre concrètement Macron et son gouvernement.
Sur les retraites, Macron, tout en mettant en avant sa volonté déterminée de reculer à 65 ans l’âge dedépart à la retraite et de liquider les régimes spéciaux, en appelle déjà à la concertation sur son plandestructeur. Il veut s’appuyer sur des discussions-cautions avec les représentants syndicaux pourfaire aboutir sa contre-réforme.
Dès à présent, notre fédération doit indiquer qu’elle refusera toute discussion sur cette contre-réforme et qu’elle se battra bec et ongles pour l’interdire.
D’ores et déjà, le gouvernement veut s’appuyer sur le Conseil d’orientation des retraites pourjustifier ses mauvais coups. Le COR, s’appuyant sur la participation des représentants syndicaux, apour ADN le soutien aux gouvernements et à leurs projets contre les travailleurs.
Notre fédération doit donc décider de quitter enfin et sans délai le COR et s’adresser auxautres organisations syndicales pour qu’elles fassent de même.
Ce jeudi, une grève est convoquée pour des augmentations de rémunérations et en particulier la findu gel du point d’indice et sa substantielle revalorisation. Elle fait suite à celle du 27 janvier sur lesmêmes revendications. Or rappelons que la veille, le 26 janvier, tous les représentants syndicauxavaient signé avec la ministre du blocage du point d’indice l’accord PSC qualifiée par elle de« victoire historique ». Un nouvel accord dit de méthode est en préparation sur le volet prévoyancede la PSC, accord soumis à signature avant la fin du mois.
Il serait donc envisagé de signer, 10 jours avant le 1ertour des élections, un 5ème accord en moinsd’un an avec la ministre De Montchalin. Mi—————————-nistre qui met en œuvre la loi de destruction de la FP etle blocage sans fin du point d’indice, tout en annonçant, comble du cynisme, son augmentation lorsdu prochain quinquennat.
Il faut le dire nettement : signer avec ce gouvernement juste avant les présidentielles vaudraitappel à voter Macron et blanc-seing accordé à son programme de choc.
Ce serait une nouvelle forfaiture contre les personnels, contre le syndicalisme, contre notrefédération.
Cela ne peut se faire !
– mel@frontunique / Front Unique, 46, rue de Trémonteix, 63100 Clermont-Ferrand
