Transformation des directeurs d’école en fonctionnaires d’autorité ayant le pouvoir de nomination des enseignants, liquidation de la grille unique de la Fonction Publique et du point d’indice comme valeur de référence pour l’ensemble des fonctionnaires :
LE GOUVERNEMENT MACRON-CASTEX-BLANQUER AMPLIFIE LA GUERRE CONTRE LES ENSEIGNANTS ET L’ ENSEMBLE DES FONCTIONNAIRES.
IL S’APPUIE POUR CELA SUR LA CONCERTATION QU’IL MÈNE AVEC LES DIRIGEANTS SYNDICAUX.
NUL NE PEUT ACCEPTER LA POURSUITE DE CETTE CONCERTATION !
Du discours de Macron à Marseille à la loi Rilhac
A Marseille le 2 septembre, Macron a conclu son discours de dénigrement des enseignants par l’annonce d’une expérimentation confiant aux directeurs de 50 écoles, le recrutement de « leurs » enseignants. Répondant à cette provocation, les instits de 40 écoles marseillaises ont appelé « à boycotter l’expérimentation Macron-Blanquer ». Et à juste titre, ils écrivent que celle-ci ayant « vocation à être généralisée (…) impliquerait la fin d’un mouvement des personnels fondé sur des critères communs (barème) assurant pour chaque enseignant.e la possibilité égale aux autres d’accéder au cours de sa carrière aux postes de son choix.
Cela inféoderait tout au long de leur carrière les enseignants à des entretiens d’embauche, contribuant à les museler pour rester « recrutables » à leur prochaine mutation.
Cela donnerait un pouvoir énorme au directeur/à la directrice, supérieur hiérarchique de fait et subordonnerait par voie de conséquence les adjoint.es. »
Cet objectif gouvernemental de placer, à la tête des écoles devenant « autonomes », un chef, relais de la hiérarchie et ayant autorité sur les enseignants, on le retrouve également dans la proposition de loi Rilhac qui revient à l’Assemblée nationale ces jours-ci.
On apprend sur le site du SNUipp en date du 17 septembre que : « Les organisations syndicales SNUipp-FSU, SNUDI-FO, CGT Educ’action, SNALC et Sud Education exigent l’abandon de ce projet d’expérimentation, du projet de loi Rilhac et du statut d’emploi fonctionnel. »
Certes cette formulation se rapproche du mot d’ordre qui devrait être avancé : « Retrait pur et simple, et immédiat ».
Mais que valent les mots et les écrits quand ils sont contredits dans les faits. Quand, le 14 septembre, tous les représentants syndicaux ont répondu « comme un seul homme » à la convocation de Blanquer et lui ont demandé des explications sur la mise en œuvre de l’expérimentation marseillaise.
Début juillet, la direction du SNUipp a écrit : « la ligne rouge est franchie ! »
Et c’est bien la guerre que le gouvernement a déclaré aux enseignants des écoles.
Alors, le véritable combat pour le retrait du plan Macron et de la loi Rilhac commence par la rupture totale avec le gouvernement, l’arrêt de toute participation aux diverses concertations mises en place par ce dernier.
Tel est le sens de la motion présentée par le représentant Front Unique au Conseil syndical du Puy-de-Dôme, le 14 septembre :
« Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 14 septembre 2021
– rejette le Plan Macron pour l’école annoncé à Marseille et en exige le retrait immédiat,
– appelle à refuser de participer aux réunions de concertation visant la mise en place de ce projet et plus largement aux groupes de travail sur la direction d’école ;
– exige à nouveau le retrait pur et simple du projet de loi Rilhac ;
– appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à reprendre cette position à son compte et à tout mettre en œuvre afin de réaliser le front uni des organisations syndicales concernées pour imposer ces retraits. » (Vote : 3 pour, 4 abstentions, 3 contre)
Dans le même sens, le 16 septembre, le conseil syndical du SNUipp de l’Hérault a adopté à l’unanimité, cette motion :
« Considérant que la proposition de loi Rilhac, l’« expérimentation » de Marseille et les mesures de Blanquer annoncées début juillet ont le même but :
– dynamiter le statut des enseignants des écoles en les soumettant à l’autorité de directeurs d’école transformés en supérieurs hiérarchiques avec mission de recrutement ;
– et mettre en concurrence enseignants et écoles,
Le conseil syndical du Snuipp34, réuni le 16 septembre 2021 à Montpellier, se prononce pour le retrait pur et simple de l’« expérience » de Marseille et de la proposition de loi Rilhac et demande que cette position soit mise au centre de la communication de notre syndicat.
Le Cs du Snuipp34 demande au Conseil national de décider que le Snuipp refusera de participer aux concertations et aux groupes de travail sur la direction d’école chargés de mettre en œuvre ces projets.
Après la loi de transformation de la Fonction Publique, la « conférence salariale » vise à dynamiter le statut , à liquider la grille unique et la référence au point d’indice
L’offensive contre le statut des enseignants s’inscrit dans l’objectif plus global de dynamitage du statut de la Fonction Publique. Après la « loi de transformation de la Fonction Publique » – précédée par 15 mois de concertation avec les directions syndicales – la nouvelle étape de liquidation du statut de la FP passe par la « conférence salariale » convoquée par la ministre Montchalin.
Le 6 juillet, elle a annoncé que le point d’indice resterait bloqué, comme il l’a été tout au long du quinquennat de Macron. Elle a justifié « une rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice pratiquées lors des précédents quinquennats : à la fois inéquitables et coûteuses ». Elle a dénigré « un système de rémunérations et de progression de carrières à bout de souffle, dont les défauts structurels et d’attractivité ont été révélés par la crise ». Et elle a annoncé « entre juillet et février, une conférence inédite pour repenser le système de rémunération et de carrière. ». Cette « conférence sur les perspectives salariales » a pour but « d’établir un diagnostic sur les rémunérations et les carrières dans la fonction publique et de proposer des pistes d’évolution. Ses conclusions sont attendues en mars 2022. »
La conférence est complétée par les concertations ouvertes secteur par secteur, depuis le Ségur de la santé, étendues maintenant au Grenelle de l’éducation pour les enseignants avec notamment un groupe de travail sur la « personnalisation » des carrières, aux négociations ouvertes aux douanes et aux finances au motif de « reconnaître l’investissement des agents ».
Est il possible de prêter la main, par la participation à une telle « conférence », à cette entreprise de destruction du statut, de la grille unique et du point d’indice qui constituent le socle d’une défense commune de tous les fonctionnaires en matière de carrière et de salaire ? Est il possible de faire semblant d’y voir un cadre où il serait possible de défendre une prétendue « revalorisation » des salaires ? Évidemment non !
Partout il faut faire valoir l’exigence que les fédérations de fonctionnaires quittent sans délai la « conférence salariale » de Montchalin, condition préalable à tout combat effectif pour une augmentation générale des fonctionnaires par une augmentation massive du point d’indice.
Tel est le combat des militants pour le Front Unique des syndicats de l’Enseignement Public. Pour vous joindre à ce combat, prenez contact avec les militants !
Nous remercions les 171 adhérents de la FSU qui, en apportant leur candidature, ont permis que la liste Front Unique soit enregistrée. Ci-dessous le texte d’orientation de notre courant qui sera soumis au vote des syndiqués de la FSU du 4 au 25 novembre.
Le gouvernement Macron-Castex-Blanquer disloque l’enseignement public, pulvérise les statuts, liquide le bac et les diplômes nationaux, attaque la grille de rémunération de la fonction publique et réprime toute manifestation d’opposition à sa politique. Ce gouvernement est l’ennemi des enseignants, des fonctionnaires, des travailleurs ! La direction de la FSU doit enfin rompre la concertation-collaboration avec lui !
Macron et son gouvernement veulent des chefs dans les écoles !
A Marseille le 2 septembre, Macron a multiplié les attaques contre les enseignants et indiqué vouloir imposer dans 50 écoles le recrutement des instits par les directeurs.
Ce serait l’autonomie des écoles avec à leur tête un chef qui, relais de la hiérarchie, aurait autorité sur les enseignants. La proposition de loi Rilhac (sur la direction d’école) qui poursuit le même objectif revient à l’Assemblée nationale fin septembre. Et début juillet, s’appuyant sur les « conclusions » du Grenelle, Blanquer avait imposé, dès cette rentrée, l’application anticipée de cette loi pour certains directeurs. Il faut noter que cette annonce de Blanquer a été faite au cours d’un des nombreux « groupes de travail » de l’agenda « social » du ministère dont l’objet est d’associer les représentants syndicaux aux attaques gouvernementales.
Pour briser cette offensive majeure contre les instits, la FSU et le SNUipp doivent :
– refuser clairement toute autorité hiérarchique pour les directeurs d’école et se retirer, sans délai, des groupes de travail sur la direction d’école ;
– exiger le retrait pur et simple de l’expérimentation de Marseille, de la loi Rilhac et des décisions de Blanquer concernant les directeurs ;
– réaliser le front uni des syndicats concernés pour imposer ces retraits.
Le Grenelle de l’éducation : une offensive « systémique » contre le cadre national de l’enseignement et contre les statuts
La seule finalité du Grenelle de l’éducation dont les conclusions avaient été commandées par Blanquer, était de donner une assise « concertée » à une offensive « systémique » contre le statut et le cadre national de l’enseignement.
La revalorisation, sauce Blanquer, ce sont des primes pour une fraction des enseignants et en aucun cas de véritables hausses de traitement. Et depuis 10 ans, avec le blocage du point d’indice, le pouvoir d’achat de tous les fonctionnaires a diminué malgré les avancements d’échelon.
Mais surtout cette pseudo-revalorisation vise à masquer l’essentiel :
– Recrutement par « validation des acquis de l’expérience » donc sans concours et hors statut.
– Instaurer dans le second degré une hiérarchie intermédiaire (« permettre aux enseignants qui le souhaitent d’exercer avec des services mixtes (assistance à l’inspection, aide aux chefs d’établissements) »)
– Au nom d’une gestion « au plus près des territoires » et d’une « révolution des ressources humaines », en finir avec le barème pour les affectations pour parachever la liquidation des commissions paritaires.
– Renforcer « l’autonomie des établissements », développer l’auto-évaluation des établissements et en fonction de cette évaluation, par un « contrat d’établissement » passé entre le rectorat et l’établissement, celui-ci se verrait attribuer des moyens spécifiques. Tout concourt à développer la concurrence entre établissements et entre personnels, tant pour les moyens que pour le recrutement.
Alors les représentants de la FSU et de ses syndicats nationaux doivent rejeter clairement toutes les mesures du Grenelle et quitter sans délai les groupes de travail dans lesquels le gouvernement les décline.
Fonctionnaires : le gouvernement veut en finir avec la grille de rémunération de la fonction publique au travers d’une « conférence sur les perspectives salariales »
Le 6 juillet, la ministre de la FP a annoncé que le point d’indice resterait bloqué comme il l’a été tout au long du quinquennat de Macron. La ministre a justifié « une rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice pratiquées lors des précédents quinquennats : à la fois inéquitables et coûteuses ». Elle a dénigré « un système de rémunérations et de progression de carrières à bout de souffle, dont les défauts structurels et d’attractivité ont été révélés par la crise ». Et elle a annoncé « entre juillet et février, une conférence inédite pour repenser le système de rémunération et de carrière. ». Cette « conférence sur les perspectives salariales » ayant pour but « d’établir un diagnostic sur les rémunérations et les carrières dans la fonction publique et de proposer des pistes d’évolution. Ses conclusions sont attendues en mars 2022. »
Blocage éternel revendiqué du point d’indice, liquidation de la grille de rémunération des fonctionnaires, avec à la clef la volonté de généraliser un système de primes individualisées et à la tête du client prélude à la liquidation du statut de la fonction publique. Et pourtant, les représentants syndicaux ont simplement pris acte du nouveau blocage sans claquer la porte et n’ont pas déclaré refuser de participer à la « conférence sur les perspectives salariales ». Pire, moins d’une semaine après, le 13 juillet, ils signaient tous un scandaleux accord sur le télétravail dans la FP et n’hésitaient pas, sans vergogne, à « poser », sagement rangés aux côtés de la ministre, alors qu’elle brandissait cet accord, tel un trophée. Et cela, alors que la veille, Macron déclarait de nouveau la guerre à nos retraites et affirmait : « La seule solution est de continuer à bousculer le système et les positions établies, les rentes, les statuts. »
Moins de 2 ans après la promulgation de la loi de transformation de la FP, une semaine après le nouveau blocage du point d’indice, et alors que le gouvernement piétine sans répit les fonctionnaires, cette photo leur donne à penser qu’ils ne peuvent compter sur les dirigeants de leurs syndicats. C’est insupportable !
Après la loi d’août 2019 contre la FP qui en particulier liquidait les commissions paritaires, après la LPR et ses décrets qui visent à anéantir les statuts dans l’enseignement supérieur et la recherche, c’est l’ensemble des fonctionnaires qui sont désormais confrontés à une offensive générale contre leur statut.
La défense du statut implique la préservation intransigeante de la grille unique de rémunérations basée sur le point d’indice. La FSU doit réaffirmer cette exigence, dénoncer les attaques gouvernementales et refuser de participer de quelque manière que ce soit à l’opération « conférence sur les perspectives salariales de la FP ». Personne ne peut oublier que c’est grâce à la concertation intense des représentants syndicaux de la FP avec le gouvernement que celui-ci a pu faire passer sa loi de destruction de la FP d’août 2019.
Et pour améliorer réellement le pouvoir d’achat de tous les fonctionnaires, la FSU doit combattre pour une importante augmentation du point d’indice.
Le gouvernement Macron-Castex-Blanquer, gouvernement de guerre contre les travailleurs
Ce gouvernement s’en prend violemment aux enseignants aux fonctionnaires et réprime violemment et à grande échelle. On ne peut citer, tellement ils sont nombreux, tous les cas de personnels qui ont subi la répression administrative pour avoir tenté de combattre la politique gouvernementale (Melle, Nîmes, Bordeaux, Clermont, Rennes, Bobigny etc). Mais aussi la terrible violence policière contre les manifestants et particulièrement contre la jeunesse.
Avec sa loi « passe sanitaire », ce gouvernement réduit radicalement les libertés publiques et veut priver de salaire et d’emploi certains travailleurs non-vaccinés.
Ce gouvernement prépare la plus violente offensive contre les retraites, il réduit drastiquement les indemnités chômage, il veut faire payer le train aux cheminots et le rendre gratuit pour les flics.
Plutôt que de préparer le ralliement au vote Macron au nom du « danger de l’extrême droite », la responsabilité de la FSU est de rompre la concertation et d’œuvrer jusqu’au bout à la réalisation d’un front uni des syndicats pour l’affronter et lui infliger une défaite.
Le 10 septembre 2021
On nous communique :
Motion du Conseil syndical du Snuipp34 sur la direction d’école
(adoptée à l’unanimité le 16 septembre 2021)
Considérant que la proposition de loi Rilhac, l’« expérimentation » de Marseille et les mesures de Blanquer annoncées début juillet ont le même but :
– dynamiter le statut des enseignants des écoles en les soumettant à l’autorité de directeurs d’école transformés en supérieurs hiérarchiques avec mission de recrutement ;
– et mettre en concurrence enseignants et écoles,
Le conseil syndical du Snuipp34, réuni le 16 septembre 2021 à Montpellier, se prononce pour le retrait pur et simple de l’« expérience » de Marseille et de la proposition de loi Rilhac et demande que cette position soit mise au centre de la communication de notre syndicat.
Le Cs du Snuipp34 demande au Conseil national de décider que le Snuipp refusera de participer aux concertations et aux groupes de travail sur la direction d’école chargés de mettre en œuvre ces projets.
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Motion sur la direction d’école présentée au Conseil syndical du SNUipp-FSU 63 du 14 septembre 2021
A Marseille le 2 septembre, Macron a lancé une expérimentation dans 50 écoles de la ville qui accordera aux directeurs et directrices le pouvoir de recruter les enseignants.
Bref d’en faire des chefs d’établissement comme dans les écoles privées.
Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 14 septembre 2021
– rejette le Plan Macron pour l’école annoncé à Marseille et en exige le retrait immédiat,
– appelle à refuser de participer aux réunions de concertation visant la mise en place de ce projet et plus largement aux groupes de travail sur la direction d’école ;
– exige à nouveau le retrait pur et simple du projet de loi Rilhac ;
– appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à reprendre cette position à son compte et à tout mettre en œuvre afin de réaliser le front uni des organisations syndicales concernées pour imposer ces retraits.
Vote : 3 pour, 4 abstentions, 3 contre
