LETTRE DE LIAISON
des militants combattant pour le Front Unique
des syndicats de l’enseignement public
N°316 – 3 juin 2021
📄 Télécharger le PDF

Grenelle : Blanquer annonce une offensive “systémique” contre le statut et la dislocation du cadre national de l’enseignement via l’ « autonomie » des établissements.

Imposer aux dirigeants syndicaux qu’ils rompent leur collaboration à cette entreprise destructrice !

Le 26 mai, Blanquer s’adressait au Conseil Économique Social et Environnemental (CESE), assemblée où collaborent dirigeants patronaux, syndicaux, représentants d’associations diverses et du gouvernement. Il y a expliqué qu’il reprenait à son compte les centaines de propositions du « Grenelle de l’Education ».

En réalité, les conclusions du Grenelle avaient été soufflées par Blanquer lui-même. Et si dans ce Grenelle, la part réservée aux directions syndicales était des plus réduite, dans le même temps se tenaient en continu les ateliers de l’ « agenda social », où les directions syndicales ont siégé sans relâche.

Vous avez dit « revalorisation »  des personnels ?

Blanquer a commencé par faire des développements sur la « revalorisation » des personnels de l’Éducation Nationale. La première grande tromperie vise à faire croire que celle-ci était le but du « Grenelle », tromperie entretenue par le discours des dirigeants syndicaux critiquant l’« insuffisance » de cette « revalorisation ».

Mais le tam tam sur la revalorisation vise d’abord à camoufler ce qui est au cœur de l’offensive, c’est-à-dire l’attaque contre le statut, le caractère national de l’enseignement, des programmes et des examens. Et la « revalorisation » Blanquer est en réalité dressée contre la véritable revendication salariale des enseignants  qui ne peut être exprimée qu’en augmentation du point d’indice.

D’une part la somme de 400 millions, quand bien même elle serait répartie également entre les 1,1 million de personnels de l’Éducation Nationale, aboutirait à une augmentation mensuelle de….30 € par collègue ! Mais ce n’est même pas de cela dont il s’agit en réalité. Si l’on excepte la petite augmentation du salaire des débutants, tout le reste ou presque ira aux collègues « méritants », c’est à dire à ceux qui donneront des gages de bons petits soldats de la réforme Blanquer :

– la prime aux directeurs d’école primaire est accompagnée d’une modification considérable de leur fonction, visant à les transformer en supérieurs hiérarchiques de leurs collègues et donc en rouages de l’administration

– Blanquer veut créer une nouvelle catégorie d’enseignants, véritable nouvelle hiérarchie intermédiaire.

– Les 400 millions serviront à financer les heures supplémentaires imposées aux collègues en particulier pour assurer les remplacements des collègues absents. La pandémie a révélé les énormes besoins en personnels de remplacement et s’est traduit par une grande quantité de remplacements non assurés… ou assurés par des personnels non qualifiés (jusqu’au recrutement d’animateurs). Blanquer y répond par le retour du décret De Robien que le gouvernement de l’époque avait du remballer devant la réaction des enseignants.

Derrière l’écran de fumée de la prétendue « revalorisation », une violente attaque contre le statut…

– Recrutement par « validation des acquis de l’expérience », Blanquer ouvre la voie à un large recrutement hors concours. Or, le statut de fonctionnaire d’État est directement lié au recrutement par concours.

– « reconnaître le métier de directeur d’école, leur donner les moyens d’exercer leur fonction »… « Nous devons aller plus loin à travers la loi Rilhac et à travers la concertation avec les organisations syndicales durant le mois de juin ». On sait ce que cela veut dire. La proposition de loi Rilhac, qui doit passer en seconde lecture à l’Assemblée Nationale, transforme en réalité le directeur d’école en supérieur hiérarchique de ses collègues. Devant le CESE, Blanquer annonce sa volonté d’aller de l’avant à travers la concertation au-delà même de l’actuelle rédaction.

– « permettre aux enseignants qui le souhaitent d’exercer avec des services mixtes (assistance à l’inspection, aide aux chefs d’établissements) ». Bref faire de certains collègues des « caporaux » avec une « carotte » indemnitaire.

– instaurer une véritable « révolution des ressources humaines » « au plus près des territoires », transformer une gestion « quantitative » en une gestion « qualitative ». Chaque enseignant aura un « référent » rectoral pour tout ce qui concerne sa carrière. Après la destruction des commissions paritaires, restait à en finir avec le barème des affectations qui garantissait encore un semblant d’égalité entre les collègues en matière d’affectation. Blanquer annonce la fin du barème au nom du passage du « quantitatif » au « qualitatif ». C’est aussi la pulvérisation des statuts nationaux à travers la gestion « au plus près des territoires ».

… et contre le caractère national de l’Éducation

– Renforcer « l’autonomie des établissements » « pour répondre aux besoins spécifiques ». D’ores et déjà, Blanquer a instauré l’évaluation et l’auto-évaluation des établissements. On en comprend le but. Selon que l’établissement est « bien » ou « mal » évalué, il bénéficiera de moyens inégaux qui lui seront attribués à travers un « contrat d’établissement » passé entre l’établissement et le rectorat. De tels contrats, déjà en place à titre expérimental dans certaines académies, ont vocation notamment à se substituer aux REP. La logique est celle de la mise en concurrence généralisée des établissements, tant au niveau des moyens que du recrutement.

Une offensive systémique à travers un dialogue social quotidien

Rien n’est possible – et Blanquer le sait – sans une association étroite des directions syndicales à cette offensive. Et c’est pourquoi, il a annoncé une véritable orgie de concertations :

– dialogue social sur la répartition des fameux 400 millions d’euros qui aura lieu tout au long du mois de juin. Faut-il le préciser, le cadre défini interdira toute défense véritable des revendications salariales des personnels par une augmentation du point d’indice. Or non seulement une telle augmentation est exclue, mais Blanquer annonce la mise en place, dès ce mois, d’un « observatoire des rémunérations » auquel les directions syndicales doivent être associées. Il est clair que les recommandations d’un tel « observatoire » seront systématiquement opposées à toute réelle revendication salariale.

– dialogue social sur le « statut » de directeur d’école (même si Blanquer ne prononce jamais ce mot) tout au long du mois de juin en lien avec la présentation de la proposition de loi Rilhac à l’Assemblée Nationale.

– dialogue social pour imposer aux enseignants d’assurer les remplacements en heures supplémentaires en lieu et place du recrutement de personnels remplaçants etc, etc.

Le gouvernement ne change pas une formule gagnante : « comité de suivi de la réforme du lycée », « comité de suivi de la réforme de la formation » etc. Toutes ces instances de « dialogue social » ont par le passé parfaitement rempli leur rôle d’accompagnement des contre-réformes. Il attend que la même méthode permette de faire passer cette « réforme systémique », ou encore « révolution des ressources humaines ».

La première réaction que les enseignants sont en droit d’attendre de leurs directions syndicales n’est-elle pas qu’elles caractérisent l’offensive destructrice pour ce qu’elle est, et par conséquent, en exigent l’arrêt immédiat ?

Et d’autre part, qu’elles annoncent, dès à présent, leur refus de participer à cette avalanche de réunions de concertation annoncées comme devant se tenir dès maintenant ?

Or non seulement ce n’est pas le cas, mais en particulier, pour les responsables des syndicats majoritaires (SNES, SNUipp), leur réaction est strictement inverse. Elle consiste à se plaindre de l’ « insuffisance » des propositions Blanquer et même à se désoler … qu’elles ne fassent pas l’objet d’une loi de programmation pluri-annuelle ! Telle est par exemple le contenu de la réaction des dirigeants du SNES :

« On est loin de la revalorisation historique promise par Blanquer » «  Ces annonces ne sont donc pas à la hauteur du déclassement salarial des personnels du 2d degré, qui est pourtant un des facteurs du manque d’attractivité de nos professions comme le montrent, tous les ans, les chiffres des concours de recrutement.

La loi de programmation pluriannuelle est enterrée… » réaction du SNES en date du 27 Mai.

En somme, il faudrait demander à Blanquer qu’il tienne ses promesses !

Pour l’arrêt immédiat des concertations sur la mise en œuvre du « Grenelle » !

Pour les véritables revendications : défense du statut et du caractère national de l’Enseignement public, réelle revalorisation des salaires par l’augmentation du point d’indice !

Le courant Front Unique appelle à s’organiser pour imposer une telle orientation aux directions syndicales.

 On nous communique :

Motion adoptée le 11 mai 2021 par le conseil syndical du SNUipp 63 contre les conclusions du « Grenelle de l’éducation »

Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 :

– rejette dans leur intégralité les conclusions du « Grenelle de l’éducation »,

– appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à se prononcer en ce sens.

(Pour : 8 ; Contre : 1 ; Abstention : 1)

Bureau national de la FSU du 31 mai 2021

Intervention du courant Front Unique contre la signature par la FSU

de l’accord dit de méthode soumis par le gouvernement aux organisations syndicales

sur la protection sociale complémentaire des fonctionnaires

Il semble que le secrétariat national tienne absolument à signer un accord de méthode avec le gouvernement sur ladite protection sociale complémentaire (PSC). Ce genre d’accord découle d’une ordonnance prise en application d’un article de la loi dite de transformation de la fonction publique du 6 août 2019. Loi que notre fédération condamne et dont elle exige l’abrogation, certes de manière très formelle.

Le gouvernement, dans cette négociation autour de la protection sociale complémentaire, veut transcrire dans la Fonction publique, un processus déjà à l’œuvre dans le privé et que notre congrès de Clermont-Ferrand de décembre 2019 a rappelé et dénoncé.

Il est frappant de noter que dans un courrier récent envoyé par des organisations syndicales dont la nôtre au ministère de la Fonction publique, jamais n’est mentionnée la sécurité sociale.

Or c’est bien d’abord la Sécurité sociale qui est au cœur de l’offensive gouvernementale derrière la négociation sur la PSC. Mais c’est aussi la poursuite des attaques contre les fonctionnaires, contre leurs statuts et contre les retraités de la fonction publique.

En plus, au nom de chimères programmées pour 2026, c’est la poursuite du gel du point d’indice qui resterait d’actualité pour financer la participation de l’État à la PSC ainsi qu’également les économies réalisées par le maintien de la journée de carence pour les fonctionnaires.

Sans compter la rupture d’égalité entre actifs et retraités qui serait consacrée.

Il y a donc une opposition fondamentale à prétendre défendre les intérêts des fonctionnaires et des retraités et accepter de s’associer à cette opération gouvernementale. Envisager de signer un accord dit de méthode avec le gouvernement constituerait un véritable affront aux fonctionnaires après la mise en œuvre de la loi du 6 août 2019.

Je rappelle les propos de notre représentante au Cdfn, le 26 mai :

« Par la signature d’accords de méthode, les représentants syndicaux co-construisent le cadre des discussions. Or le contenu de ces discussions sera la liquidation des acquis des fonctionnaires. Le gouvernement veut ainsi exhiber la signature des représentants syndicaux pour dire « on liquide tous les acquis des fonctionnaires, et ceci en collaboration avec les organisations syndicales ».

La FSU doit refuser d’être instrumentalisée par le gouvernement. Elle doit refuser de discuter de tout accord en lien avec la destruction d’acquis. »

Une terrible crise économique et sociale va exploser dans les semaines qui viennent, et le gouvernement est bien déterminé à en faire payer le coût aux travailleurs, aux chômeurs, aux jeunes et aux retraités. Et le gouvernement considère que pour mener une telle offensive, il aura besoin des représentants syndicaux et c’est pour cela qu’il veut multiplier la signature d’accords, fussent-ils seulement de méthode.

Nous demandons donc qu’un vote ait lieu sur cet accord de méthode et bien sûr, notre courant Front Unique votera contre.

A noter que le secrétaire général de la FSU a refusé de soumettre la signature de cet accord avec le gouvernement au vote du Bureau national. Il a donc fallu qu’une motion soit soumise (par le courant Émancipation) pour qu’un vote puisse néanmoins avoir lieu :

Motion : « Le BDFN de la FSU du 31 mai ne signe pas l’accord de méthode sur la PSC. »

(Pour : 3 / Contre : 29 / Abstention : 1 / Refus de vote : 1)

Conseil national de la FSU des 25 et 26 mai 2021

Le courant Front Unique est intervenu :

– pour dénoncer la manifestation du 19 mai à l’appel des syndicats de policiers et pour condamner le soutien que lui a accordé le secrétariat de la FSU

– pour rejeter les conclusions du Grenelle et refuser les concertations de Blanquer

– pour exiger le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac sur la direction d’école

– pour se placer aux côtés du peuple palestinien et pour l’organisation effective de l’État d’Israël

Intervention du courant Front Unique

au Conseil national de la FSU, le 25 mai 2021 (débat général)

Notre courant a décidé ce matin de ne traiter que d’un événement exceptionnel qui a eu lieu le 19 mai aux abords de l’Assemblée nationale.

Ce jour-là, à l’appel de leurs syndicats, des milliers de policiers se sont rassemblés pour exiger le renforcement du caractère policier de l’État et pour dénoncer l’institution judiciaire et son supposé laxisme. Ils ont bien sûr bénéficié du soutien plein et entier de LR, de LREM et du RN. Ils avaient aussi l’appui du gouvernement qui chaque jour attaque les libertés démocratiques et veut encore accroître la présence policière selon les mots de Macron qui veut « plus de bleu sur le terrain ». Darmanin le ministre de la répression et de l’impunité policière, de la chasse barbare aux migrants, des exactions et violences policières contre les manifestants et contre les journalistes était tout à fait à sa place.

Mais quel affront au mouvement ouvrier que les premiers secrétaires du PCF et du PS soient eux-aussi présents. Le premier exigeant « des flics ! des flics ! » et le second « un droit de regard de la police sur la justice ». Souvent les manifestants dénoncent la police en scandant « Police partout, justice nulle part », au contraire, pour ces dirigeants, cette dénonciation semble devenir une revendication.

Déjà, il y a quelques semaines, au moment où le gouvernement avait entamé sa campagne maccarthyste à l’université au nom de sa lutte contre « l’islamo-gauchisme » et lancé une brutale offensive contre l’UNEF, des sénateurs de ces deux partis avaient voté un amendement dit « Unef » qui permet au gouvernement de pouvoir s’immiscer dans le fonctionnement interne des syndicats jusqu’à en imposer la dissolution. Quelle bassesse !

Quel affront également au mouvement syndical que la participation et le soutien de la CGT, de FO et aussi hélas de la FSU, au rassemblement du 19 mai.

Ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est ce qui nous concerne directement, c’est-à-dire les positions adoptées au nom de notre fédération.

Notre fédération regroupe en particulier les principaux syndicats d’enseignants, de la maternelle à l’Université. Nous avons une responsabilité particulière vis à vis de ces enseignants et des élèves qu’ils instruisent. Nous dénonçons les violences policières contre les lycéens lors de leurs mobilisations. Et nous n’oublierons jamais ceux agenouillés par des flics en armes à Mantes-la-Jolie et vantant « une classe qui se tient sage »

Comment notre secrétaire général a-t-il pu cautionner et soutenir la participation du SNUITAM intérieur à cette manifestation et relayer ses communiqués ?

L’existence de ce minuscule syndicat dans nos rangs permet à notre secrétaire général de justifier un soutien à cette manifestation au lieu de la condamner. C’est plus que regrettable !

Et c’est pourquoi notre courant a soumis au congrès de Clermont-Ferrand une motion intitulée « La FSU ne doit pas syndiquer de policiers ».

Et nous persistons et nous insistons : La FSU ne doit pas syndiquer de policiers !

Dans les luttes sociales, dans les manifestations, les policiers ne sont pas pour nous des « frères d’armes », comme les désignent les dirigeants du SNUITAM Intérieur, ce sont des hommes armés par le pouvoir, qui à son service, avec le plus grand zèle, nassent, répriment, tabassent, matraquent, gazent, éborgnent, amputent et vont parfois jusqu’à tuer.

Sous les ordres du sinistre préfet Lallement, le 15 mai à Paris, 4 200 flics et gendarmes ont chargé inlassablement les manifestants mobilisés contre les bombardements d’Israël à Gaza et les violentes exactions des colons et des flics de l’État colonial israélien contre les Palestiniens.

Le 19 mai, un large front républicain intégrant le Rassemblement national, autour du gouvernement et de sa police s’est affiché.

Et aujourd’hui, certaines organisations, dans un appel à manifester le 12 juin, évoquent certes « des lois liberticides » et dénoncent « un climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives » mais parviennent – quel tour de force ! – à ne pas nommer une seule fois le gouvernement qui en est l’instigateur et l’organisateur.

Darmanin, celui qui juge Marine Le Pen « trop molle », veut s’appuyer sur le rassemblement du 19 mai en tant que symbole d’union nationale réalisée autour du gouvernement et de sa police pour s’en prendre aux libertés démocratiques y compris à la simple liberté d’expression. Sa plainte contre Audrey Pulvar (qui a osé juger « glaçante » la manifestation des flics à l’Assemblée Nationale) s’inscrit pleinement dans cette dynamique.

Notre Conseil national doit condamner clairement ce qu’a signifié l’opération réalisée autour du rassemblement organisé par les syndicats de policiers le 19 mai à Paris.

Notre Conseil national doit condamner le cautionnement et le soutien apporté par le secrétariat national de la FSU à ce rassemblement par la diffusion des communiqués du SNUITAM Intérieur d’appel à cette manifestation.

Intervention de présentation de la motion FU :

Condamnation du rassemblement du 19 mai à l’appel des syndicats de policiers

Dans le texte action, trois faits sont rapprochés comme participant d’une situation très inquiétante.

D’abord, « la publication de deux tribunes de militaires, soutenues par le Rassemblement National ».

Le troisième étant : « la participation du Ministre de l’Intérieur à une manifestation de policiers qui a tourné à une remise en cause de l'indépendance de la justice ».

Mais il y a une différence fondamentale entre ces 3 événements.

Autant notre fédération est bien sûr étrangère et opposée aux deux tribunes évoquées, autant, par la décision du secrétariat national, la FSU s’est trouvé associée à la manifestation de policiers dont le texte Action indique qu’elle a « tourné à une remise en cause de l’indépendance de la justice ».

Le rassemblement d’il y a une semaine aux abords de l’Assemblée nationale a été bien pire que ça. Il a forgé une unité nationale du PCF juqu’au Rassemblement national autour de Darmanin et donc du gouvernement Macron-Castex, gouvernement ultra-réactionnaire.

Parce que le gouvernement et toutes les forces réactionnaires reprennent à leur compte systématiquement les positions du Rassemblement national, parce que les principaux syndicats de policiers sont ce qu’ils sont, personne ne pouvait douter de ce que serait le 19 mai.

Et c’est pourquoi, il est condamnable que notre secrétariat national ait cautionné ce rassemblement. Ce qu’il a fait en soutenant et relayant les communiqués du Snuitam Intérieur qui appelait à ce rassemblement alors que l’honneur du syndicalisme lié au mouvement ouvrier exigeait de condamner par avance cette manifestation et de s’y opposer.

La représentante du Snuitam, nous a rappelé hier, fort à propos, que son syndicat était essentiellement présent dans le ministère de l’agriculture et dans celui de l’environnement et que le Snuitam Intérieur ne regroupait, selon ses termes, qu’une « infime poignée d’adhérents ».

Notre secrétariat national se verrait-il dicter son attitude par une « infime poignée d’adhérents » du Snuitam ?

Ce serait inadmissible !

Notre courant demande donc que notre Conseil national dénonce le rassemblement du 19 mai et qu’il condamne l’attitude du secrétariat national qui l’a cautionné par son soutien aux communiqués du Snuitam intérieur.

 

Motion Front Unique :
Condamnation du rassemblement du 19 mai à l’appel des syndicats de policiers
Le CDFN de la FSU, réuni les 25 et 26 mai 2021, dénonce l’opération réalisée autour du rassemblement organisé par les syndicats de policiers le 19 mai à Paris.
Le CDFN condamne le cautionnement et le soutien apporté par le secrétariat national de la FSU à ce rassemblement par la diffusion des communiqués du SNUITAM Intérieur d’appel à cette manifestation.
(Pour : 5 / Contre : 86 / Abst : 5 / Refus de vote : 23)

Intervention de présentation de la motion :

Grenelle de l’éducation : Rejet des conclusions et refus des concertations

La conférence du Grenelle de l'éducation se tient à 16h30. Ses conclusions, on les connaît. Blanquer ne s’en est jamais caché, il les a énoncées avant même le lancement du Grenelle.

Le 6 mai, il a précisé devant les députés qu’il irait au bout de sa démarche.

Il veut "personnaliser la carrière" des enseignants, c’est-à-dire en finir avec la grille d'avancement à l'ancienneté et y substituer « le mérite » pour une minorité et un alourdissement des obligations de service pour tous. Le café pédagogique estime à 350 millions d’économie par an l’impact de cette mesure, ce qui annule la prétendue revalorisation annoncée.

Il veut accroître l’autonomie des établissements par la contractualisation au niveau local, avec les rectorats, instaurant de fait une concurrence entre établissements. Cette autonomie s’accompagnera du recrutement du personnel par le chef d’établissement.

Ces projets s’inscrivent totalement dans les desseins de la loi de transformation de la fonction publique qui vise à liquider toutes les garanties statutaires dans la fonction publique. Le recours aux contractuels se substituant au recrutement statutaire par concours en est l’illustration. Mais cette loi modifie aussi le cadre et les pratiques du dialogue social dans la fonction publique.

Ainsi l’ordonnance de février modifiant ce cadre a deux fonctions :

  • Une fonction pratique : substituer aux règles nationales des accords locaux dans nombre de domaines. Et même lorsque des accords nationaux seront signés, leur application sera négociée au niveau local, ce qui laisse de très grandes marges d’autonomie et de démolition des statuts via les conditions de travail.

  • Une fonction politique : par la signature d’accords de méthode, les représentants syndicaux co-construisent le cadre des discussions. Or le contenu de ces discussions sera la liquidation des acquis des fonctionnaires. Le gouvernement veut ainsi exhiber la signature des représentants syndicaux pour dire « on liquide tous les acquis des fonctionnaires , et ceci en collaboration avec les organisations syndicales ».

La FSU doit refuser d’être instrumentalisée par le gouvernement. Elle doit refuser de discuter de tout accord en lien avec la destruction d’acquis.

En conséquence, le CDFN rejette dans leur intégralité les conclusions du « Grenelle de l’éducation », et refuse de participer aux réunions bilatérales que Blanquer veut utiliser pour mettre en application la liquidation des statuts.

 

Motion Front Unique :

Grenelle de l’éducation : Rejet des conclusions et refus des concertations

Aujourd’hui, à 16h30, J.M. Blanquer rendra publiques les conclusions du Grenelle de l’éducation.

Mais ses conclusions, on les connaît déjà : "personnaliser la carrière" des enseignants pour en finir avec la grille d'avancement à l'ancienneté ; alourdir les obligations de service ; donner un véritable statut décisionnel aux directeurs d’école ; rendre les établissements autonomes sous contrat avec l’État, recrutement direct du personnel par les chefs d’établissement…

La FSU s’oppose à la destruction des garanties statutaires des personnels et au démantèlement programmé de l’enseignement public.

En conséquence, le CDFN de la FSU, réuni le 26 mai 2021, rejette dans leur intégralité les conclusions du « Grenelle de l’éducation », et refuse de participer aux réunions bilatérales que Blanquer veut utiliser pour mettre en application la liquidation des statuts.

(Pour : 6 / Contre : 76 / Abst : 5 / Refus de vote : 30)

Intervention de présentation de la motion :

Retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac

La proposition de loi Rilhac, adoptée au Sénat le 10 mars, devrait revenir prochainement à l’Assemblée nationale.

Le passage au sénat a aggravé les conséquences destructrices de cette proposition de loi pour l’enseignement primaire :

– réaffirmation de la délégation de compétences de l’autorité académique et d’une autorité fonctionnelle : le statut de directeur qui ne dit pas son nom, charge de travail plus lourde….

– Une formation certifiante spécifique à ceux qui bénéficient d’une décharge complète d’enseignement : direction d’école à plusieurs vitesses et retour par la petite portes des établissements publics du primaire ;

– Des actions de formation spécifiques proposées par le directeur à son IEN [Inspecteur] en prenant en compte les orientations de la politique nationale c’est-à-dire  la mise au pas des collègues et la restriction de la liberté pédagogique ;

– Détermination de la décharge du directeur non plus uniquement en fonction du nombre de classes mais aussi en fonction des spécificités de l’école autrement dit déterminés au cas par cas, et dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État ce qui revient à signer un chèque en blanc…

– Création d’un ou plusieurs référents direction d’école dans chaque direction des services départementaux de l’éducation nationale, référents déjà en place dans de nombreux départements.

Contrairement à certaines organisations syndicales qui parlent de la direction d’école comme d’une profession, nous devons rappeler notre refus de la création d’un statut du directeur d’école, statut qui se dessine très largement, bien qu’il ne soit pas nommé ainsi dans la loi Rilhac.

La direction d’école est et doit rester une fonction occupée par un enseignant ou une enseignante du primaire.

Aussi, cette question mérite mieux qu’une simple occurrence au sein d’une liste d’évolutions pour la rentrée qui nécessitent que la FSU reste vigilante, critique dans l'analyse de la portée des politiques menées et mobilisée.

Notre fédération doit exiger haut et fort le retrait pur et simple de cette proposition de loi.

Notre fédération, en lien avec la direction du Snuipp, principal syndicat concerné, se doit, dès à présent, d’œuvrer à la mobilisation et à la réalisation du front uni des syndicats et des fédérations de l’enseignement pour imposer le retrait de cette proposition de loi.

C’est pourquoi nous maintenons notre motion.

 

Motion Front Unique :

Retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac

La proposition de loi Rilhac vise à faire des directeurs d’école des supérieurs hiérarchiques de leurs adjoints. Ses dispositions ont été aggravées lors du vote au Sénat le 10 mars 2021.

Le CDFN de la FSU réuni les 25 et 26 mai 2021 se prononce pour le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac qui anticipe les conclusions du Grenelle.

En lien avec la direction du SNUipp, principal syndicat concerné, notre fédération œuvrera à la mobilisation et à la réalisation du front uni des syndicats et des fédérations de l’enseignement pour imposer le retrait de cette proposition de loi.

(Pour : 7 / Contre : 78 / Abst : 3 / Refus de vote : 31)

Intervention de présentation de la motion :

Aux côtés du peuple palestinien : pour l’organisation effective du boycott d’Israël

La raison pour laquelle ce CDFN est amené à prendre position en soutien au peuple palestinien peut être résumée ainsi : pour la première fois depuis longtemps, la jeunesse palestinienne dans toutes ses composantes s’est mobilisée face à l’offensive coloniale de l’État d’Israël.

A la suite de cette jeunesse, la mobilisation internationale en soutien au peuple palestinien a repris : le 22 mai, 180 000 manifestants se sont rassemblés à Londres, « l’une des plus grandes manifestations pro-palestiniennes de l’histoire britannique » selon le Guardian.

La proclamation d’un « cessez-le-feu » entre Israël et le Hamas ne conclut rien du tout.

Depuis des années, l’État d’Israël s’est engagé ouvertement dans la réalisation de son projet de « Grand Israël ». 400 000 colons sont installés en Cisjordanie, 15 000 habitants palestiniens de Jérusalem-Est avaient été expulsés dès avant la mobilisation en défense du quartier de Shaykh Jarrah. Quant à la bande de Gaza meurtrie, 70% de sa population est constituée de réfugiés.

Les années Trump ont permis à l’État d’Israël de s’affranchir de toute limite : transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, loi sur la nationalité de 2018 qui proclame Jérusalem « entière et unifiée » comme capitale d’Israël et réaffirme Israël comme un « État juif », donc raciste.

Biden s’est situé sur tous ces points dans la continuité de Trump. Plus que ses paroles, ses actes sont éclairants : Washington accordait une subvention militaire exceptionnelle de près de 800 millions de dollars à Israël au moment même où ce dernier bombardait Gaza.

Quoi qu’il en soit des « mandats » fossilisés de la direction fédérale, la fiction du « processus de paix » de Washington/Oslo a été jetée aux oubliettes depuis des années. La vérité est que les accords de Washington ont parfaitement rempli leur rôle : les dirigeants de l’OLP ont reconnu Israël, ils ont ensuite liquidé leurs organisations au compte d’une Autorité palestinienne entièrement dépendante de Washington. La prétendue « solution à deux Etats », qui n’était qu’une sinistre farce, n’a jamais figuré dans le texte de ces accords.

Quant aux suppliques à la « communauté internationale » lui demandant d’intervenir en faveur du peuple palestinien, elles ont depuis longtemps reçu leur réponse : tous les tenants de cette « communauté » ont assuré Israël de leur soutien.

En France, l’Association France-Palestine Solidarité a fait appel à Macron : Macron a répondu en faisant arrêter le président de l’AFPS et en faisant interdire les manifestations de soutien à la Palestine.

Les manifestants qui s’engagent le font sur la base de leurs propres conclusions et de leur propre expérience. Ils savent qu’il n’y a rien à attendre des gouvernements des grandes puissances impérialistes et ils agissent en conséquence. A Livourne, en Italie, les dockers ont bloqué un navire chargé d’armes à destination d’Israël. En Angleterre, plusieurs usines de fabrication d’armes pour Israël ont été fermées par des manifestants.

C’est cela, le soutien réel et effectif au peuple palestinien : et c’est la responsabilité de la FSU, enfin, de s’engager dans le sens de ce combat et de le prendre en charge.

Pour cela, le CDFN doit se prononcer :

  • Pour l’organisation unitaire, avec la CGT, FO, l’UNEF… du boycott effectif d’Israël (ce qui inclut dans notre champ de syndicalisation le boycott universitaire et scientifique) ;

  • Pour l’organisation d’une manifestation nationale unitaire à l’ambassade d’Israël.

  • Expulsions à Jérusalem-Est, attaque contre la mosquée Al Aqsa, provocations et agressions contre le peuple palestinien, bombardement massif de Gaza, une fois de plus, l’État d’Israël a clairement réaffirmé et proclamé son objectif de la création du « Grand Israël ».

    Le CDFN de la FSU salue la mobilisation de la jeunesse palestinienne dans toutes ses composantes, réaffirmation de l’unité du peuple palestinien face à la colonisation et à un État raciste.

    Dans la tradition des luttes anti-coloniales, la place de la FSU est à leur côté.

    Il salue la mobilisation internationale d’envergure qui s’est développée pour exprimer le soutien des travailleurs et de la jeunesse au peuple palestinien.

    Il condamne l’arrestation du président de l’Association France-Palestine Solidarité, Bertrand Heilbronn, le 12 mars dernier, et l’interdiction à Paris des manifestations de soutien au peuple palestinien par Darmanin. Ces actes du gouvernement démontrent pour le peuple palestinien, il n’y a rien à attendre du gouvernement français, pas plus que des États-Unis ou de l’Union européenne qui constitue le 1er partenaire commercial d’Israël.

    En conséquence, le CDFN de la FSU déclare que le soutien réel et effectif au peuple palestinien ne peut passer que par l’organisation réelle et effective du boycott de l’État d’Israël : pas une arme, pas une marchandise ne doit être embarquée ni débarquée des ports et aéroports français en provenance ou en direction d’Israël. Ce boycott doit inclure le boycott universitaire et scientifique.

    Il décide de s’adresser aux organisations syndicales du mouvement ouvrier (CGT, FO) et aux organisations de jeunesse (notamment l’UNEF) :

    – Afin d’organiser dans l’unité une manifestation nationale de soutien au peuple palestinien à l’ambassade d’Israël

    – Afin d’organiser dans l’unité le boycott effectif de l’État d’Israël

    (Pour : 11 / Contre : 74 / Abst : 2 / Refus de vote : 33)

On nous communique :

Motion adoptée le 11 mai 2021 par le conseil syndical du Snuipp 63 contre la proposition de loi Rilhac :

La proposition de loi Rilhac, adoptée au Sénat le 10 mars, devrait revenir prochainement à l’assemblée nationale. Le passage au sénat a aggravé les conséquences destructrices de cette proposition de loi pour l’enseignement primaire .

Contrairement à certaines organisations syndicales qui parlent de la direction d’école comme d’une profession, nous rappelons notre refus de la création d’un statut du directeur d’école, statut qui se dessine très largement, bien qu’il ne soit pas nommé ainsi, dans la loi Rilhac. La direction d’école est et doit rester une fonction occupée par un enseignant ou une enseignante du primaire Aussi, il est indispensable de préparer dès à présent la mobilisation nécessaire à la tenue d’un mouvement de grève et de manifestations en direction de l’Assemblée nationale au moment où se tiendront les discussions au sujet de la loi Rilhac. Mettre un coup d’arrêt à cette loi rendra plus difficile la mise en place des conclusions du Grenelle.

Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63

– se prononce à nouveau pour le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac sur la direction d’école,

– appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à se prononcer en ce sens

Pour : 8 ; Contre : 1 ; Abstentions : 2

On nous communique :

Congrès académique du SNES-FSU de Montpellier – 27 avril 2021

Motion UNEF

Depuis plusieurs semaines, une violente campagne est initiée par la réaction des représentants de LR, LREM et JM Blanquer contre l’existence même de l’UNEF au faux prétexte de l’organisation de « réunions non mixtes » en son sein.

Elle a atteint des sommets avec l’amendement adopté par le Sénat dans le cadre de la loi « séparatisme » menaçant de dissolution toute association supposée organiser en son sein des réunions réservées à des minorités raciales ou ethniques.

Le gouvernement par l’intermédiaire de sa ministre Vidal a menacé de porter plainte contre l’UNEF, traitée de « fasciste » par Blanquer.

Le Congrès académique du SNES-FSU de Montpellier dénonce l'interférence du gouvernement dans l'organisation interne des syndicats, toute discussion sur l’opportunité de telles réunions ou commissions relevant exclusivement des adhérents des syndicats.

Il se prononce pour la défense de l’UNEF :

– parce que l’UNEF est partie constituante du mouvement ouvrier de ce pays, de son histoire en particulier à travers les grands combats de celui-ci (lutte contre la guerre coloniale en Algérie, place dans la grève générale de Mai Juin 1968, contre la loi Devaquet en 1986, lutte contre le CPE etc.)

– parce qu’au-delà des menaces contre l’UNEF, il s’agit d’une atteinte au droit d’organisation syndicale qui menace l’existence de toutes les organisations. Il s'agit de défendre l'UNEF par principe.

Le Congrès académique s'indigne du vote des sénateurs. Il apporte tout son soutien à l'UNEF, dénonce la criminalisation de l'action syndicale et demande l'abandon du projet de loi contre les séparatismes. Il s'adresse à la direction nationale pour que le SNES reprenne cette position et œuvre à la réalisation d’un front uni des organisations syndicales en défense par principe de l’UNEF.

Vote : Pour : 45; Contre: 0; NPPV: 0 ; Abstention : 3  

Bureau national de la FSU le 12 avril 2021

Offensive du gouvernement Macron-Castex contre l’UNEF,

Intervention du représentant du courant Front Unique

Depuis des semaines, le gouvernement mène une campagne frontale dirigée contre une organisation syndicale, l’UNEF, avec l’appui de toutes les forces les plus réactionnaires. Aiguillonnés par des appels à la dissolution de l’UNEF émanant des rangs de LR et du RN, plusieurs représentants du gouvernement et de la majorité ont multiplié les menaces à l’encontre de l’UNEF. Blanquer a indirectement qualifié l’UNEF de « fasciste » et indiqué réfléchir « à d’éventuelles évolutions législatives » pour s’en prendre à elle.

Dans ce cadre, le Sénat a voté le 1er avril un amendement dit « amendement UNEF » au projet de loi « séparatisme » : ce texte constitue un signal d’alarme, le franchissement d’une ligne rouge pour tout le mouvement ouvrier.

Ce texte prévoit d’aller jusqu’à imposer la dissolution d’une organisation syndicale ou d’une association sous prétexte qu’elle organiserait en son sein des réunions fermées à d’autres membres « à raison de leur couleur, leur origine ou leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion ».

Les représentants des partis issus du mouvement ouvrier – PS, PCF – ont dans leur majorité soutenu et voté ce texte. Les sénateurs du PS ont non seulement voté, mais encore ils ont demandé et obtenu une réécriture de l’amendement afin de permettre le ralliement honteux de sénateurs du PCF ! Politiquement, c’est un feu vert d’une importance capitale pour le gouvernement. A ce titre, il doit être condamné.

Cette offensive est dirigée frontalement contre les organisations syndicales. Par exemple, ni le CRIF, ni la myriade d’organisations pro-israéliennes, « non-mixtes » par essence et par destination, n’ont été inquiétés ni ne le seront à l’avenir. Les sénateurs jouent le rôle d’aiguillon dans une offensive qui reste assumée par le gouvernement. L’objectif commun à toutes les forces impliquées dans cette offensive, c’est bien de prétendre dicter aux organisations syndicales quelles réunions elles peuvent ou ne peuvent pas tenir, quelles orientations peuvent ou ne peuvent pas être défendues en son sein.

C’est un nouveau développement dans la marche continue au renforcement du caractère policier de l’État, à la liquidation des libertés démocratiques qui ne cesse de s’intensifier depuis des années. Dans ce cadre, l’UNEF n’est pas ciblée par hasard.

Face au renforcement de l’État policier, c’est la jeunesse qui, aux côtés de la fraction immigrée du prolétariat et des habitants des quartiers populaires, a été la première victime de la répression. Lorsqu’ils ont été assassinés, ni Rémi Fraisse, ni Adama Traoré, ni Steve Maïa Caniço n’avaient atteint leurs 25 ans.

En juin 2020, ce sont des dizaines de milliers de jeunes venus des quartiers populaires qui se sont dressés, les premiers, contre l’état d’urgence dit « sanitaire » et l’interdiction de manifester, à la suite du comité Adama Traoré. Sans en être à l’initiative, l’UNEF avait pris sa place dans ces mobilisations. Cet avertissement a été pris très au sérieux par le gouvernement : c’est à partir de là qu’a commencé l’offensive qui allait déboucher sur les projets de loi dits de « sécurité globale » et de « lutte contre le séparatisme », ou encore sur l’offensive maccarthyste lancée par Vidal à l’université au nom de la chasse aux « islamo-gauchistes ».

A l’université, l’offensive contre le droit aux études concrétisée par la mise en place de la sélection, la liquidation du bac, etc, exige, de même, que soit liquidée l’organisation historique de la jeunesse étudiante, celle dont les étudiants se sont saisis de 1968 au combat contre le CPE en passant par le combat contre la loi Devaquet en 1986.

Mais l’UNEF est aussi le pont entre la jeunesse étudiante et le mouvement ouvrier, dont le syndicat est partie constituante depuis des décennies. Ce qu’il entend imposer dans un premier temps à l’UNEF, le gouvernement oeuvrera ensuite à l’imposer à l’ensemble des organisations syndicales.

On se souvient qu’il y a quelques années, les gouvernements de Sarkozy avaient essayé de dicter aux organisations syndicales quelles orientations pouvaient ou ne pouvaient pas être exprimées au sein des organisations syndicales au sujet de la Palestine. Unanimement, le congrès de la FSU de Lille s’était prononcé en défense des syndicats et des militants menacés en raison de leurs positions sur ce terrain.

Aujourd’hui, à nouveau, l’État entend imposer son droit de regard et d’interdiction sur la démocratie syndicale. Même la lettre aux sénateurs en date du 7 avril, signée par plusieurs dirigeants syndicaux dont le secrétaire général de la FSU, dénonce le fait « que le gouvernement veuille faire des syndicats des courroies de transmission de sa politique, en faire des rouages de l’État » et ce, tout en acceptant le cadre dit des « valeurs républicaines ».

C’est une ligne rouge : la responsabilité de la FSU est aujourd’hui de réaffirmer que l’organisation et les débats au sein d’une organisation syndicale relèvent de cette seule organisation et de ses militants.

Cette responsabilité appelle aujourd’hui des mesures concrètes : c’est pourquoi le BDFN doit décider aujourd’hui de proposer un front uni à l’ensemble des organisations syndicales pour la défense inconditionnelle de l’UNEF et du droit de réunion, rassemblement qui prendrait toutes les mesures et les initiatives nécessaires à ce combat de première importance.

Je souhaite que cette proposition soit soumise au vote.

Conseil national de la FSU – 16 et 17 mars 2021

Après son intervention dans le débat général, le courant Front Unique est intervenu pour que la direction se prononce :
– Pour le retrait pur et simple de la loi Rilhac, dotant les directeurs d’école d’une « autorité fonctionnelle » ce qui en ferait des supérieurs hiérarchiques de leurs adjoints ;
– Pour l’abandon pur et simple de l’enquête de Vidal impliquant le CNRS, dans son offensive maccarthyste dans l’ESR ;
– Pour la condamnation du coup d’État en Birmanie et de la répression, pour le soutien à la classe ouvrière et à la jeunesse birmane ;
– Pour la levée du déplacement d’office imposé par le Dasen du 93 d’une enseignante des écoles à Bobigny et pour sa réintégration immédiate sur son poste.

Le compte-rendu intégral de nos interventions à ce CN se trouve sur notre site frontunique.com dans la rubrique : Intervention dans les instances de la FSU.

Ci-dessous l’intervention et la motion pour le retrait pur et simple de la loi Rilhac.

Intervention de présentation de la motion FU :

« Retrait pur et simple de la loi Rilhac » (17 mars 2021)

Dans les écoles publiques sont accueillis, élevés et instruits les enfants dès leur plus jeune âge. Leurs parents ont accès aux enseignants dans des relations de proximité, de confiance et d’estime.

Dans des structures à taille humaine, les enseignantes (elles représentent 85% de la profession) assument bien plus que leurs enseignements dans le cadre d’une collégialité reposant sur un conseil des maîtres. La directrice ou le directeur, collègues de leurs adjoints, ont en charge d’harmoniser le fonctionnement quotidien et en même temps de répondre aux sollicitations de plus en plus nombreuses et comminatoires de l’autorité administrative.

La bourgeoisie française veut en finir avec ce fonctionnement par trop démocratique et humain. Chirac, en 1987, avait voulu doter les directeurs d’une autorité hiérarchique provoquant une immense mobilisation. Sa défaite aux présidentielle de 1988 avait sonné le glas pour son projet. Plusieurs fois depuis, des initiatives aux mêmes ambitions ont été relancées.

La proposition de loi Rilhac qui va dans ce sens est très sérieusement avancée. Sa version adoptée le 10 mars au Sénat formule que le directeur « dispose d’une autorité fonctionnelle ».

Il deviendrait ainsi le relais de l’administration et disposerait d’une autorité sur ses adjoints.

C’est donc bien un événement historique qui est en train de se produire, un bouleversement de toute la tradition des écoles publiques depuis leur création.

Placer un chef dans les écoles,

c’est y déchaîner un climat délétère, susciter divisions, zizanies et concurrences,

c’est entamer un processus qui conduirait à ce que le directeur, chef d’établissement, puisse choisir ses adjoints et se débarrasser de l’un d’entre eux.

Cette loi Rilhac, c’est la pointe avancée des conclusions du Grenelle de l’éducation, véritable entreprise de démolition de l’enseignement public et des statuts des personnels.

La loi Rilhac est une attaque historique contre la base même de tout l’édifice de l’enseignement public. Elle n’est donc pas le domaine réservé du seul Snuipp même si celui-ci a une responsabilité prépondérante en ce domaine.

C’est toute notre fédération qui est percutée par cette offensive inouïe et brutale contre le fonctionnement des écoles publiques.

Notre fédération doit se prononcer pour le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac.

Notre fédération doit affirmer que le directeur d’école doit rester un collègue de ses adjoints et pas devenir leur supérieur hiérarchique.

Notre fédération en lien avec le Snuipp doit initier une campagne d’information et de mobilisation. Elle doit œuvrer à la réalisation d’un front uni des syndicats et des fédérations de l’enseignement public pour obtenir le retrait de la loi Rilhac.

Notre fédération doit ouvrir la perspective d’une manifestation nationale à l’AN quand sera connue la date de son examen en 2nde lecture.

Motion  : Retrait pur et simple de la loi Rilhac

La proposition de loi Rilhac adoptée au Sénat le 10 mars dote le directeur d’une « autorité fonctionnelle ». C’est la remise en cause du fonctionnement historique des écoles publiques dans lequel le directeur a toujours été le collègue de ses adjoints et jamais pour eux un supérieur hiérarchique. C’est clairement une déclaration de guerre du gouvernement.

Le CDFN de la FSU, réuni les 16 et 17 mars 2021, condamne cette loi et en exige le retrait pur et simple.
En lien avec la direction du Snuipp, principal syndicat concerné, notre fédération œuvrera à l’information, à la mobilisation et à la réalisation du front uni des syndicats et des fédérations de l’enseignement pour imposer le retrait de la loi Rilhac.
Notre fédération ouvrira la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée nationale quand sera connue la date de l’examen de la loi Rilhac en 2ème lecture.

(7 pour / 89 contre / 8 abstentions / 31 refus de vote)

Retour en haut