Lettre de Liaison N°369 – 08 février 2025
Lettre de Liaison N° 369 – 08 février 2025 :
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en clôture du 11ème congrès national de la FSU à Rennes,
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a indiqué hier à ce congrès que les organisations syndicales se trouvaient à un tournant.
Un budget de coupes sans précédent depuis des décennies contre les travailleurs et la jeunesse, a été adopté avec le soutien de fait du PS et du RN.
Un budget de guerre contre lequel, aucune organisation syndicale n’a exprimé la moindre opposition : la voilà, la concrétisation de ce tournant.
Avec la déclaration intersyndicale du 5 décembre, tous les dirigeants syndicaux ont annoncé qu’ils renonçaient à la défense des intérêts des travailleurs au nom du prétendu « intérêt général ». Ce faisant, ils se soumettaient en réalité aux intérêts de la bourgeoisie française aux abois. En refusant de condamner le budget, ils ont prouvé qu’ils tenaient parole.
Ce budget ne suffira pas : les besoins vitaux, urgents du capitalisme français en crise, impliquent de faire table rase à échéance rapide et une bonne fois pour toutes de tout ce qu’il reste des conquêtes arrachées dans la lutte des classes par le prolétariat.
Pour la bourgeoisie, il faut en finir avec la volonté des travailleurs de défendre leur droit à la retraite.
Et pourtant, toutes les organisations syndicales ont décidé de participer au « conclave » de Bayrou, aux conditions posées par le gouvernement. Les directions syndicales peuvent bien prétendre qu’elles entendent obtenir l’abrogation de la contre-réforme de 2023 ; la réalité, c’est qu’elles renoncent à tout combat et pavent la voie d’une nouvelle contre-réforme.
Pour la bourgeoisie, Il faut aussi en finir avec la Sécurité sociale.
Et notre congrès, au lieu de la défendre bec et ongles, a décidé de maintenir la signature des accords sur la PSC [Protection sociale complémentaire]. Ainsi, la direction de la FSU vient de montrer au gouvernement qu’il peut redoubler son offensive liquidatrice contre la Sécu.
Le prétendu « texte Action » ne contribue qu’à boucher toutes les issues, toutes les voies du combat pour les travailleurs.
Nous allons retourner auprès de nos collègues confrontés aux conséquences délétères du budget. Contre les attaques du gouvernement, ils chercheront à se mobiliser et voudront pour cela mettre leurs organisations syndicales à leur service : à leurs côtés, nous combattrons pour rompre l’association des dirigeants syndicaux avec le gouvernement, et avant tout, pour leur imposer :
Sortez du « conclave » !
