Lettre de Liaison N°348 – 25 janvier 2024
Lettre de Liaison N° 348 – 25 janvier 2024 :
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Au conseil national de la FSU, les 23 et 24 janvier,
Le courant Front Unique est intervenu pour que la FSU :
– se prononce pour le retrait intégral et immédiat du plan Attal (« Chocs des savoirs »)
– et refuse toute concertation sur ce plan de guerre contre le droit aux études
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Intervention le 23 janvier 2024, dans le débat général (extraits)
Le gouvernement Macron-Borne a donc fait voter, le 19 décembre, une loi scélérate, la loi la plus raciste et xénophobe depuis Pétain. Une loi qui reprend en même temps le programme de LR et celui du RN.
Une loi qui remet en cause le droit du sol et qui, en excluant les étrangers des allocations sociales, consacre avec éclat l’ignominieuse « préférence nationale ».
Comment Marine Le Pen pourrait-elle ne pas exulter en constatant que cette « préférence nationale », revendication historique du Front National, est désormais reprise à son compte par Macron lui-même ?
Honte à ceux qui, au 2ème tour des présidentielles de 2017 et de 2022, ont appelé à voter Macron en prétendant que c’était faire ainsi barrage au RN. Or, même pour le pire des aveugles, le constat est sans appel : L’appel à voter Macron n’a nullement fait barrage au RN, au contraire, il lui ouvre un boulevard.
Tant en 2017 qu’en 2022, le courant Front Unique a combattu vigoureusement pour que notre fédération se prononce pour : « Pas une voix pour Macron ! Pas une voix pour Le Pen ! ». Hélas en vain !
Certes Macron a atteint le comble de l’ignoble avec sa loi immigration mais toute son action est marquée par une rage destructrice contre toutes les conquêtes ouvrières.
Contre le droit du travail, le statut des cheminots, celui des fonctionnaires, les multiples attaques contre les chômeurs, contre la santé et la sécurité sociale, la sélection à l’Université avec Parcoursup, la destruction du bac, la contre-réforme de l’enseignement professionnel.
Il est impossible d’être exhaustif.
Après les attaques contre le droit aux études pour les lycéens et les étudiants, l’objectif est désormais de s’en prendre à celui des collégiens. C’est l’objectif du « Choc des savoirs » formulé le 5 décembre par l’ancien ministre de l’Éducation nationale.
Pour lui, il faut instaurer des groupes de niveau de ségrégation sociale dès la 6ème et faire du brevet un obstacle insurmontable pour beaucoup qui se verraient interdire l’accès en lycée, même au lycée professionnel.
Pour eux, ce serait l’apprentissage, sinon rien !
C’est la nouvelle ministre Oudéa-Castéra qui est chargée de mettre en œuvre cette contre-réforme du collège, au pas de charge. Un calendrier était établi avec d’abord des bilatérales où les textes ont été présentés, il y a quelques jours, une commission spécialisée cette semaine et un Conseil supérieur de l’Education, qui était prévu le 31 janvier.
Mais cette nouvelle ministre a été clairement identifiée par tous les personnels et les parents d’élèves de l’enseignement public comme la ministre de promotion du privé confessionnel. En plus avec ses mensonges à répétitions, elle est aujourd’hui totalement discréditée.
Notre fédération, ses syndicats concernés doivent se prononcer clairement pour le retrait intégral et immédiat du « Choc des savoirs ».
Les dirigeants de la FSU, ceux du Snes et du Snep en particulier, doivent décider qu’il est hors de question de participer aux concertations et aux instances comme le Conseil supérieur de l’Éducation qui ont pour seule fonction de faire aboutir le « Choc des savoirs ».
Nos dirigeants doivent demander aux autres directions syndicales d’adopter la même position et doivent œuvrer à la constitution d’un front uni des syndicats enseignants pour imposer le retrait intégral et immédiat du Plan Macron-Attal. (…)
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Motion Front Unique soumise au vote du Conseil national de la FSU, le 24 janvier :
Pour le retrait du « choc des savoirs »
Le « choc des savoirs » du gouvernement Macron-Attal constitue une offensive brutale contre le droit aux études des collégiens, en particulier pour ceux des classes populaires.
Le CDFN de la F.S.U. exige le retrait intégral et immédiat des mesures contenues dans le « choc des savoirs ».
Il décide en conséquence :
– que la FSU ne participera à aucune concertation visant à le mettre en œuvre.
– qu’elle s’adressera aux autres syndicats de l’enseignement pour qu’ils reprennent à leur compte cette position.
– qu’elle leur proposera de constituer un front uni pour imposer le retrait du plan Macron-Attal.
(Pour : 6 / Contre : 66 / Abstentions : 7 / Refus de vote : 22)
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Nous avons été informés de cette adresse aux directions des syndicats enseignants. Nous la publions.
« Les professeurs du collège Alphonse Tavan [Avignon],
réunis en HIS [heure d’information syndicale] le 23 janvier 2024 à l’initiative de la section SNES, s’adressent aux directions des syndicats d’enseignants :
Pour contrer les attaques d’une rare violence contre notre métier et nos élèves, contenues dans les mesures du « Choc des savoirs », un front unitaire des organisations syndicales s’impose, sur un mot d’ordre clair : Retrait pur et simple des mesures annoncées concernant le collège.
En conséquence, aucune discussion au sujet de la mise en place de ces mesures ne saurait avoir lieu entre nos syndicats et l’Institution, à quelque niveau que ce soit. »
Adopté à l’unanimité des 13 présents
Toutes les motions Front Unique et leur présentation
au CDFN de la FSU des 23 et 24 janvier 2024
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Présentation de la motion Pour le retrait du « Choc des savoirs »
Le 5 décembre dernier, G.Attal, alors ministre de l’Éducation Nationale a annoncé son « choc des savoirs ».
Par la mise en place de groupes de niveau, il compte amplifier la ségrégation scolaire des élèves au collège.
En diminuant les enseignements de sciences, d’histoire, de géographie pour les élèves les plus en difficulté, il compte les priver de l’accès aux bases de la culture.
En exigeant la réussite au DNB pour accéder au lycée y compris le lycée professionnel, il compte barrer la route du lycée à des milliers de collégiens.
Ce sont principalement les enfants des classes populaires qui subiraient les conséquences de ses mesures. Et il ne faut rien attendre des classes dite « prépa-lycée », une par département, une supercherie qui ne vise qu’à leurrer ceux qui tenteraient de persévérer dans la poursuite de leurs ambitions.
G.Attal a déclaré « j’assume que les taux de réussite au brevet, au bac diminuent dans les prochaines années. » Ce sont donc des centaines de milliers d’élèves qui se verraient interdire le droit à la poursuite de leurs études.
C’est par le moyen du « choc des savoirs » que Macron peut annoncer qu’il maintient son ambition du « million d’apprentis » d’ici la fin de son quinquennat, livrant une main d’œuvre juvénile et bon marché au patronat.
Et pour s’assurer d’une main d’œuvre docile, il a complété l’offensive : uniforme, doublement des horaires d’E.M.C et S.N.U. Il s’agit de remplacer l’enseignement par l’embrigadement.
La nomination par Macron de la ministre de l’Éducation Nationale Amélie Oudéa-Castéra qui s’est illustrée comme militante de la ségrégation scolaire et de l’enseignement privé confessionnel, n’est pas une erreur. C’est la manifestation de sa volonté politique.
La F.S.U. porte une responsabilité particulière pour faire pièce à cette offensive, pour défendre le droit des enfants des classes populaires à l’émancipation, pour garantir leur droit aux études.
Elle doit se prononcer clairement pour le retrait intégral et immédiat des mesures contenues dans le « choc de savoirs ».
Elle doit donc décider de rompre toute concertation sur « le choc des savoirs », quel que soit le ministre qui la porte, et s’adresser aux autres organisations syndicales de l’enseignement pour qu’elles fassent de même.
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Motion Pour le retrait du « choc des savoirs »
Le « choc des savoirs » du gouvernement Macron-Attal constitue une offensive brutale contre le droit aux études des collégiens, en particulier pour ceux des classes populaires.
Le CDFN de la F.S.U. exige le retrait intégral et immédiat des mesures contenues dans le « choc des savoirs ».
Il décide en conséquence :
– que la FSU ne participera à aucune concertation visant à le mettre en œuvre.
– qu’elle s’adressera aux autres syndicats de l’enseignement pour qu’ils reprennent à leur compte cette position.
– qu’elle leur proposera de constituer un front uni pour imposer le retrait du plan Macron-Attal.
(Pour : 6 / Contre : 66 / Abstentions : 7 / Refus de vote : 22)
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Présentation de la motion Aucune concertation sur le projet de loi FP
Macron a annoncé une réforme historique de la Fonction Publique.
Il s’agit d’achever le dynamitage du statut, déjà sérieusement entamé par la loi dite « de transformation de la fonction publique » de 2019 qui produit actuellement ses effets désastreux sur les agents publics.
Macron et Guérini ont été clairs : rémunérations et carrières au mérite c’est-à-dire destruction de ce qui reste des statuts.
Il est évident que le gouvernement tente d’associer les organisations syndicales à cette nouvelle offensive généralisée contre les fonctionnaires avec les concertations planifiées.
La F.S.U. doit donc refuser toute concertation qui permettrait de faire aboutir ce projet et en exiger le retrait pur et simple.
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Motion : Aucune concertation sur le projet de loi fonction publique
Macron a confirmé le caractère « historique » de la contre-réforme en préparation contre le statut de la fonction publique, en particulier par la généralisation de la rémunération et de l’avancement au mérite.
En conséquence, le CDFN de la F.S.U décide :
– que la FSU ne participera à aucune concertation préparatoire à ce projet et qu’elle en exigera le retrait pur et simple.
– et qu’elle s’adressera aux autres organisations syndicales de la fonction publique pour qu’elles reprennent cette position à leur compte.
(Pour : 7 / Contre : 62 / Abstention : 15 / Refus de vote : 18)
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Présentation de la motion Contre la signature d’un nouveau projet d’accord PSC
Ce 26 janvier, un nouveau projet d’accord P.S.C. devrait être soumis à signature dans le périmètre des ministères de l’E.N., de l’E.S.R. et des sports. Ce 26 janvier, soit tout juste 2 ans après celui signé avec de Montchalin, l’accord de la honte.
Benoît Teste nous a ressorti ce matin la fable de la mauvaise ordonnance et du bon accord. Un accord qui décline une scandaleuse ordonnance l’est forcément tout autant.
Prétendre que l’accord de 2022 atténuerait la portée de l’ordonnance de 2021 est un mensonge grossier.
L’ordonnance de 2021 n’imposait pas que les actifs soient obligés de souscrire le contrat collectif proposé par le ministère. Les actifs seraient restés libres de conserver leur propre mutuelle voire de ne pas souscrire à une complémentaire.
C’est la signature de l’accord du 26 janvier 2022 – et elle seule – qui a rendu obligatoire pour les actifs la souscription du contrat collectif choisi par le ministère. Et c’est ce caractère obligatoire qui permet de dresser les assurances privées en concurrence de la Sécu et à son détriment.
Si vraiment notre objectif est d’aller vers le 100% Sécu alors il faut dénoncer l’accord du 26 janvier 2022 qui indiscutablement nous en éloigne. Telle a toujours été la position du courant Front Unique.
Mais aujourd’hui, ce qui est à l’ordre du jour, c’est l’éventualité de la signature d’un nouvel accord sur la P.S.C.
Alors que le gouvernement avec sa loi immigration entend priver les étrangers de soins et de prestations sociales ; alors que le nouveau gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales ;alors que la Ministre qui est censée signer l’accord est celle qui provoque un rejet unanime des personnels ; comment la FSU pourrait-elle apporter son soutien au gouvernement en cautionnant la signature envisagée ?
Le CDFN de la FSU exhorte les syndicats concernés à refuser de signer ce projet d’accord.
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Motion : Contre la signature du nouveau projet d’accord sur la PSC
Au moment,
– où la Loi Immigration entend priver les étrangers de soins et de prestations sociales,
– où le nouveau gouvernement, dont ce projet de loi est l’acte de naissance, est constitué,
– où Macron a annoncé le doublement des franchises médicales (médicaments, soins, consultations,…),
Le CDFN de la F.S.U. exclut d’apporter son soutien au gouvernement en cautionnant la signature par ses syndicats du projet d’accord sur la protection sociale complémentaire dans les ministères de l’EN, de l’ESR et de la jeunesse et des sports.
Le CDFN exhorte ses syndicats nationaux concernés à refuser de signer ce projet d’accord.
(Pour : 7 / Contre : 65 / Abstention : 19 / Refus de vote : 11)
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Présentation de la motion Palestine
Cela fait désormais plus de trois mois que l’État d’Israël poursuit son entreprise génocidaire, sans rencontrer de réel obstacle, à l’encontre du peuple palestinien à Gaza. Dans tout le reste de la Palestine, c’est le nettoyage ethnique qui est à l’œuvre. Inutile d’évoquer le moindre bilan officiel : la réalité, c’est que personne n’est capable de donner le bilan réel de cette boucherie. Nous le savons : personne n’est épargné, ni les hôpitaux, ni les écoles, ni les enfants majoritaires à Gaza.
En plus de trois mois, les dirigeants des organisations issues du mouvement ouvrier n’ont pas eu une seule parole claire en défense du peuple palestinien, pas une condamnation claire des crimes de l’État sioniste. Les manifestations qui ont été appelées se sont tenues sur d’autres bases et ne se situent pas en réalité sur le terrain du soutien au peuple palestinien.
La ligne, c’est celle de la « paix juste et durable » entre Israël et les palestiniens, qui plus est dans le cadre de la prétendue « solution à deux États ».
Que les Algériens n’y ont-ils pensé quand ils ont combattu pour leur libération et leur indépendance ! Ils auraient dû réclamer une « paix juste et durable » avec la France coloniale, dans le cadre de deux États : un État colonial pour l’OAS et une réserve pour les « indigènes » !
Les masses noires d’Afrique du sud, elles, ont bien connu la « paix juste et durable » avec le régime de Pretoria, dans le cadre d’une « solution à plusieurs États » : là-bas, on appelait ça « apartheid » et « bantoustans » .
La « paix juste et durable » est un mot d’ordre profondément ridicule face à la lutte entre l’opprimé et l’oppresseur. Dans le contexte actuel, il se teinte d’obscénité et d’abjection.
La « paix juste et durable » entre le peuple palestinien et l’État raciste, colonial, meurtrier d’Israël, personne n’y croit, à commencer par ceux qui la brandissent.
Biden parle de « paix » ces jours-ci : mais l’État sioniste n’aurait pu mener son offensive un seul jour sans l’aide multiforme de l’impérialisme américain.
Tout en parlant de « paix » à long terme, les impérialismes anglais et américain déploient leurs forces navales et aériennes. Ils bombardent aujourd’hui le Yémen, déjà meurtri par des années d’offensive saoudienne et de famine organisée avec des armes françaises, anglaises et américaines.
Les opérations de la résistance houthie qui servent de prétexte, en défense des eaux territoriales yéménites, en soutien au peuple palestinien, contre le soutien des puissances impérialistes à l’État d’Israël sont justes et légitimes. Faut-il leur proposer une « paix juste et durable » avec leur agresseur ? Ou faut-il considérer qu’entre l’opprimé et l’oppresseur, le mouvement ouvrier a un camp ?
Cette « paix juste et durable », la paix impérialiste, c’est la paix des cimetières, la paix du génocide.
De leur côté, faute de perspective, les manifestations massives de soutien au peuple palestinien ont aujourd’hui largement reflué. En France, la fraction immigrée ou issue de l’immigration qui on le sait se trouve au premier rang de ces manifestations sait qu’elle est isolée face à l’État policier, qui plus est dans la ligne de mire du gouvernement.
Il revient au mouvement ouvrier de leur offrir la perspective et la protection qui leur manquent, de rompre avec une orientation qui sous couvert de « paix » a pour seule fonction de maintenir un lien avec Macron au lieu de le combattre. C’est le sens de la motion que nous soumettons au vote du CDFN.
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Motion : Boycott effectif d’Israël, État raciste, colonial et meurtrier
La FSU condamne l’entreprise génocidaire que l’État d’Israël mène contre le peuple palestinien à Gaza, et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et dans toute la Palestine.
Elle se prononce :
– Inconditionnellement du côté du peuple palestinien, peuple opprimé.
– Contre l’État d’Israël, État raciste, colonial et meurtrier.
– Contre ses principaux soutiens : Biden, Sunak et Macron.
Elle considère que, pour venir en aide au peuple palestinien, il est de la responsabilité du mouvement ouvrier d’organiser le boycott effectif de l’État d’Israël.
(Pour : 7 / Contre : 58 / Abstention : 8 / Refus de vote : 26)
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