Lettre de liaison N°314 – 24 février 2021

Lettre de Liaison N°314 – 24 février 2021

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Sous couvert de chasse à « l’islamo-gauchisme », Vidal confie au CNRS une enquête pour « distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève justement du militantisme et de l’opinion » et provoque un tollé général.

La responsabilité des directions syndicales de l’ESR :
Appeler à une manifestation devant le ministère de Vidal
Pour exiger l’abandon intégral et définitif de sa « commande »
Ni rapport, ni enquête, aucune collaboration, ni implication du CNRS dans cette opération de police politique !

 

Les déclarations de Vidal : une offensive maccarthyste dans l’ESR, instrumentalisant le CNRS

Dans une interview au JDD du 21 février, Vidal a confirmé que son enquête « contre l’islamo-gauchisme qui gangrène l’université » sera bien menée par le CNRS. Elle persiste une semaine après ses déclarations coup de tonnerre sur Cnews où elle avait expliqué qu’une telle enquête devait faire le point « sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université de manière à ce qu’on puisse distinguer de ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève justement du militantisme et de l’opinion. ».

Cette violente attaque a suscité un tollé général de la communauté scientifique, scandalisée par l’utilisation d’un langage calomnieux propre à l’extrême droite (et néonazie) qui met l’université et la recherche sur le banc des accusés. Avec cette demande d’ « enquête », Vidal veut franchir un nouveau pas pour le compte du gouvernement qui veut s’arroger le droit de définir le contenu des recherches et lancer une chasse aux sorcières digne des années noires du maccarthysme aux États-Unis en suscitant la division, la peur et le soupçon.

En ciblant, les études postcoloniales et décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, les études de genre, à l’université, Vidal donne un ton résolument politique à cette menace de censure. Le gouvernement Macron-Vidal emboîte ainsi le pas des Bolsonaro au Brésil, Orban en Hongrie, Erdogan en Turquie, et des … suprématistes qui soutiennent Trump !

Dans cette croisade, elle a un allié, le PDG du CNRS, qui dans le communiqué du 17 février, annonce que le CNRS va « participer à l’étude souhaitée par la Ministre ». Tout en affirmant que l’islamo-gauchisme « n’est pas une réalité scientifique », entonnant le même discours que Macron au conseil des ministres du matin, il assure qu’il s’agit de donner à cette commande un « éclairage scientifique » et « des bases méthodologiques » ! Mais à quoi veut-il donner cet éclairage et des bases, s’il n’y a pas de réalité scientifique ? Non, c’est une attaque directe contre les libertés académiques qui menace particulièrement les sciences sociales et humaines. Mais aussi tous les agents et le CNRS lui-même qui deviendrait aux yeux de tous, un instrument de cette police politique dans ses labos et dans les universités.

 

Dans la logique de la politique du gouvernement Macron-Castex-Vidal contre l’ESR et de leur LPR

L’offensive de Vidal s’inscrit dans l’attaque frontale de Macron lui-même contre l’université. Celui-ci déclarait le 10 juin 2020 : « le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. …. Cela revient à casser la République en deux ». Blanquer a renchéri en octobre 2020. Vidal n’a donc pas commis un dérapage hors de contrôle.

« Le Premier ministre Jean Castex reste lui silencieux et Emmanuel Macron garde ses distances. » dit la presse. Ils laissent en première ligne le « soldat Vidal » qui reste droite dans ses bottes, confortée par le soutien ouvert de Darmanin et … du RN et surtout par le chef de l’État qui la maintient à la tête de son ministère.

Ces déclarations se situent dans la logique de la LPR. En effet il y a eu à l’automne la tentative de faire chapeauter cette loi par un article cadenassant les libertés académiques dans le cadre du « respect des valeurs de la république » et un autre instaurant un délit « de trouble à la tranquillité » passible de peine de prison pour réprimer toute mobilisation sur les campus. Et même si ce 2ème article a été retoqué par la suite, pour des raisons techniques le recours aux forces de l’ordre contre les mobilisations sur les campus est devenue systématique (Sorbonne, Bordeaux, Saclay, Nanterre …).

La LPR a été promulguée le 24 décembre et le gouvernement a profité de la pandémie pour accélérer sa mise en place. Sous prétexte de crise sanitaire, il a institutionnalisé le distanciel et un fonctionnement en mode dégradé qui entraîne l’explosion des heures de travail au-delà des services, la dévalorisation des activités de recherche et d’enseignement. Sa politique fait éclater la pauvreté chez les étudiants et provoque une terrible sélection sociale. Et l’ordonnance qui donne toute latitude pour organiser les examens fac par fac, filière par filière, matière par matière, ruine le caractère national de leurs diplômes. Les étudiants de la Sorbonne qui se sont opposés à leurs conditions d’examens se sont fait dégager manu militari par la police.

 

L’ « enquête » de Vidal, une pièce constitutive d’un État policier

En fusionnant dans la LPR son plan de destruction de l’ESR avec des mesures liberticides, le gouvernement Macron-Castex-Vidal démontre que sa politique de la matraque et de répression politique lui est nécessaire pour porter les attaques les plus violentes contre la jeunesse et les travailleurs.

Le gouvernement profite de l’état d’urgence sanitaire, indéfiniment prolongé, pour se doter de tout un arsenal de mesures qui sont autant de pièces constitutives d’un État policier : loi « sécurité globale »; décrets liberticides légalisant notamment le fichage des opinions politiques ; loi « séparatisme », loi raciste et xénophobe. A cela, il faut ajouter le traitement inhumain des migrants (expulsés, molestés, privés de tentes et de couvertures par grand froid …).

Il s’agit de museler, d’interdire toute opposition, tout mouvement contre cette politique ultraréactionnaire.

 

A bas la commande de Vidal, clé de voûte d’une offensive maccarthyste dans l’ESR

La condamnation de cette tentative de mettre au pas les chercheurs et les universitaires est unanime, à l’université, au CNRS. Cette enquête ne doit pas avoir lieu ! Des milliers d’universitaires, de chercheurs et de personnels de l’ESR réclament la démission de Vidal.

Hier, Vidal affichait son mépris face à l’opposition à sa LPR, aujourd’hui l’enjeu pour elle est sa mise en œuvre. Dès janvier, elle annulait la qualification au CNU pour le concours de professeurs alors même que les candidats avaient déposé leur dossier. Le 19 janvier, le ministère a remis aux organisations syndicales le planning serré de la préparation de 22 décrets d’application de la LPR, la plupart dans le cadre de l’application du protocole LPR, pour être promulgués avant l’automne. Tout y passe, primes, CDI, recrutement EC hors qualifications CNU, « réforme » du Comité National (CoNRS), …. Chacun d’eux fait l’objet de discussions – qui se mènent dans la plus grande discrétion – avec le ministère. Signataires ou non du protocole, toutes les organisations syndicales sont conviées à la table des négociations. Quelle victoire pour le gouvernement si même les non signataires, dont la FSU – faisant fi du mandat de leurs syndiqués – se rendent à ces invitations !

Aujourd’hui certaines d’entre elles, comme le SNCS-FSU et le SNESUP-FSU, sous la pression des chercheurs et des enseignants, demandent la démission de la Ministre. Comment dans ces conditions, les directions syndicales peuvent-elles continuer de participer à ces discussions avec Vidal et son ministère ? Comment mieux dire qu’ils n’en veulent plus sinon de rompre tout dialogue avec elle et son cabinet ? La direction du SNESUP le dit tout de go : il s’agit « remplacer » la ministre Vidal « pour retrouver le chemin du dialogue et que les dossiers puissent être traités sereinement » or le principal dossier actuel est la préparation … des décrets LPR.

Les déclarations de Vidal le prouvent, rien ne peut être obtenu sans affronter ce gouvernement. Le SNCS-FSU s’est prononcé pour l’abandon de l’ « étude » commandée par la Ministre et que le CNRS n’y participe pas. La FSU et tous les syndicats de l’ESR doivent réaliser l’unité sur ces exigences.

La responsabilité des directions syndicales de l’ESR est d’appeler à manifester devant le ministère pour exiger :

– L’abandon pur et simple de la demande d’enquête de Vidal,

– Aucune implication du CNRS dans cette opération de police politique

Aucune collaboration, sous quelque forme que ce soit, à l’ « enquête » de Vidal !

 

Obtenir satisfaction sur cette exigence ouvrirait la voie au combat contre toute la politique de Macron-Castex-Vidal dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche.

 

 

 

 

Lettre de Liaison N° 313 – 3 février 2021 :
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Le « Grenelle de l’éducation » a livré ses « conclusions » soumises à Blanquer : - recrutement des profs par les chefs d’établissements, - transformation des directeurs d’école en chefs hiérarchiques, - liquidation de la progression à l’ancienneté etc. : c’est la mort programmée du statut ! La direction de la FSU et celle de ses syndicats, la direction de tous les syndicats de l’enseignement public doivent rejeter ces conclusions et refuser toute concertation à leur sujet. Il n’y a rien à discuter !

 

Intervention de la représentante du courant Front Unique

au Conseil National de la FSU, le 3 février 2021

« Lorsque Blanquer annonce un Grenelle des professeurs, fin août 2020, il ne cache pas ses objectifs : sous prétexte de « revalorisation », il vise à une transformation profonde du système éducatif et du métier d’enseignant.

Pas moins de 42 demi-journées de réunion se sont tenues depuis le 2 novembre.

Quelles en sont les conclusions ?

Dans le primaire, un statut de directeur d’école, responsable du pilotage pédagogique local, qui se situerait « à bonne distance entre ses pairs et l’IEN ». Le directeur d’école serait donc le co-évaluateur de ses collègues, déterminant leur progression de carrière. C’est l’aboutissement d’un projet des différents gouvernements depuis des décennies, à chaque fois rejeté par les enseignants.

Dans le secondaire, recrutement hors mouvement des professeurs par le chef d’établissement. Après avoir supprimé les prérogatives des CAP, logiquement, le gouvernement veut liquider les barèmes du mouvement national. C’est un coup mortel au statut mais aussi à l’organisation syndicale elle-même dont la place auprès des collègues tient largement à la défense de ces acquis.

Les moyens dont disposent les établissements ne seraient plus déterminés par le nombre d’élèves attendus mais en fonction d’un contrat entre l’académie et l’établissement. Autrement dit il n’y a plus de normes. C’est la loi de l’inégalité des moyens impliquant la mise en concurrence des établissements, et désolidarisant de fait le corps enseignant ! D’ores et déjà les DHG sont déterminées cette année par une prétendue étude sur le « profil de l’établissement ».

C’est aussi la fin de la progression de carrière à l’ancienneté ! Pire : en lieu et place de la grille des rémunérations indiciaires, est en tout et pour tout proposé « Un niveau minimum de rémunération d’entrée dans le métier », complété par une part variable sous forme de primes diverses et des primes « au mérite », « selon les résultats de réussite individuelle ou collective ».

Enfin, c’est l’extension à l’infini du temps de travail exigible des enseignants : intégration aux obligations de service, en plus de l’horaire obligatoire devant élèves, d’un temps de travail en équipe, d’un temps de formation continue obligatoire, de crédits d’heures de remplacements sous forme d’astreinte. C’est l’explosion du statut d’enseignant !

Le caractère « systémique » de l’offensive contenue dans les conclusions du Grenelle, si elles étaient mises en œuvre, signerait la fin du statut des enseignants et de l’Enseignement public, la fin de l’égalité de traitement de tous les élèves.

Plusieurs mesures prises par le gouvernement posent déjà des jalons vers la mise en place de ce plan d’ensemble : ainsi les Infirmiers sont expulsés de la Fonction Publique d’Etat ; les REP sont liquidées au profit d’une répartition des moyens sur la base des contrats locaux ; des étudiants non fonctionnaires et sans concours sont placés en responsabilité devant élèves pour un salaire de misère…

Voilà les conclusions du Grenelle ! Voilà le point de départ de la concertation à laquelle Blanquer entend convoquer les dirigeants syndicaux ! Voilà ce qui devrait être au centre du travail de ce conseil national !

Et le CDFN devrait répondre à cette unique question : comment interdire à Blanquer et au gouvernement de mener à bien un tel projet ?

La première décision à prendre est la suivante :

Le CDFN de la FSU doit se prononcer pour le rejet de la totalité des conclusions du Grenelle. Il doit alerter les collègues sur ces conclusions qui ne sont autres que celles du ministre : tout le monde le sait.

En conséquence, Le CDFN doit décider de refuser la convocation du ministre sur ce terrain quel que soit le cadre, y compris « l’agenda social ». La destruction du métier d’enseignant, ça ne se discute pas, ça se combat ! »

 

Motion Front Unique : Aucune concertation sur les conclusions du Grenelle de l’éducation Les conclusions du « Grenelle de l’éducation » dessinent une offensive générale contre le cadre national de l’enseignement public, contre l’égalité de traitement des jeunes scolarisés et contre les statuts des enseignants et personnels. En conséquence, le CDFN de la FSU, réuni les 2 et 3 février 2021, considère que ces conclusions sont inacceptables. Il se prononce pour le rejet de l’intégralité de ces conclusions.  La FSU et ses syndicats rejetteront, en conséquence, toute invitation du ministre à participer aux concertations sur ce terrain. (10 pour ; 86 contre ; 5 abstentions ; 28 refus de vote)

Face à l’offensive du gouvernement Macron-Castex-Blanquer contre l’Enseignement public et contre les personnels, multiplions les prises de positions à l’adresse des directions syndicales (à commencer par celles de la FSU et de ses syndicats) pour qu’elles rejettent les conclusions du Grenelle et refusent toute concertation à leur sujet.

 

 

 

Lettre de Liaison N° 312 – 25 janvier 2021 :

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Appel à candidatures Front Unique pour le renouvellement du Conseil National de la FSU

Le gouvernement accentue son offensive d’une violence inédite contre l’enseignement public , les statuts de ses personnels, dans le cadre d’une remise en cause générale des libertés démocratiques. La première exigence : que les directions syndicales, de la FSU et des syndicats nationaux, rompent ce dialogue social mortifère avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal !

 

Contre l’enseignement public et les diplômes nationaux

Le gouvernement Macron-Castex-Blanquer profite cyniquement de la pandémie pour accentuer brutalement une offensive de démantèlement généralisé de l’enseignement public et des statuts :

dans le primaire : mise en place rampante d’un statut de directeur d’école, supérieur hiérarchique et chargé d’imposer les mesures gouvernementales ; nouvelle offensive contre l’école maternelle ; diminution des postes aux concours de professeurs des écoles pour accentuer le recours aux personnels précaires (contractuels, étudiants)

dans le secondaire : liquidation des REP remplacés par un système de contractualisation mettant en concurrence les établissements ; parachèvement de la liquidation du bac comme premier diplôme universitaire (Blanquer s’autorise même à changer les épreuves 15 jours avant et étend le contrôle continu aux épreuves de spécialité) et instauration d’une sélection pour l’entrée en fac, avec pour résultat l’éviction des jeunes d’origine populaire ; véritable massacre des contenus disciplinaires et poursuite des suppressions massives de postes.

dans le supérieur : avec la LPR, réduction des heures de cours et de TD en faisant sauter les normes nationales ; instauration de diplômes « locaux » – utilisant la pandémie pour faire sauter toutes les normes nationales – ; contractualisation des universités avec le ministère aboutissant à des moyens différents selon les universités avec facs pour riches et facs de misère.

 

Contre les garanties statutaires des personnels

Pour les personnels, enseignants et non enseignants :

destruction du statut de professeurs stagiaires. Seront mis devant les élèves des étudiants contractuels n’ayant pas encore passé le concours. Pour à peine plus de 800 euros par mois, ils seront mis en responsabilité devant des classes

liquidation des garanties en matière d’affectation, de mutation, de carrière. Après la liquidation du rôle des commissions paritaires, instauration du management d’entreprise avec en particulier la perspective du recrutement par les chefs d’établissement, objectif central du « Grenelle de l’Education »

dans le supérieur : dans le cadre de la LPR, nomination par les présidents d’université avec la suppression de la qualification par la CNU ; généralisation de la précarité à travers les « tenure tracks » (personnels surexploités non fonctionnaires avant titularisation éventuelle… pendant 6 ans !)

expulsion de la Fonction Publique d’État des personnels non enseignants à commencer par les personnels de la Santé scolaire dans le cadre de la loi dite 4D.

 

Organiser le combat pour défaire l’offensive gouvernementale ou s’associer à cette offensive via le « dialogue social » ?

Force est de le constater : l’offensive gouvernementale se déploie sans obstacle réel. Est-ce parce que, comme le répète à l’envie les dirigeants syndicaux, en particulier ceux de la FSU, parce que les personnels « ne veulent pas se battre » ?

Mais quel est le leitmotiv des directions syndicales ? Cela consiste à réclamer plus de dialogue social, à se plaindre de l’insuffisance de celui-ci alors que le dialogue social n’a pas d’autre objectif que d’associer les directions syndicales aux attaques gouvernementales. D’ailleurs, la réalité, c’est que le « dialogue social » pour la mise en place de la politique gouvernementale est ininterrompue :

concertation sur la prétendue « amélioration » de la situation des directeurs d’école

comité de suivi de la réforme du lycée et du bac

participation quasi jusqu’au bout au « Grenelle de l’Education » et tout à fait jusqu’au bout aux « ateliers de travail » qui en dépendent et qui , méthodiquement programment le détricotage du statut

participation à toutes les concertations préalables à la LPR et aujourd’hui demande de concertation sur la mise en œuvre des nouvelles procédures de recrutement dans le supérieur (déclaration SNESUP 13 Janvier) etc. etc.

Une telle orientation, assortie de « journées d’action » visant à soutenir ledit dialogue, pave la route du gouvernement et paralyse les possibilités de riposte réel des personnels.

La première exigence : que les directions syndicales, de la FSU, des syndicats nationaux rompent ce dialogue social mortifère avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal !

Cette exigence est d’autant plus impérieuse quand on voit par ailleurs le gouvernement réprimer avec la dernière brutalité les collègues qui cherchent à s’opposer à sa politique : après les sanctions contre les collègues de Melle (même la justice dans ce cas n’a pas pu suivre Blanquer jusqu’au bout), autour des collègues du lycée Mauriac de Bordeaux !

Cette répression s’inscrit dans le cadre de toutes les mesures d’instauration de l’État policier de Macron (loi Sécurité Globale, loi Séparatisme, décrets de fichage généralisé y compris concernant les activités syndicales). Il faut le noter : les syndicats de journalistes, les organisations de défense des droits démocratiques ont été laissés seuls dans leur tentative de se dresser contre les mesures liberticides de Macron en particulier le 17 Novembre dans la manifestation à l’Assemblée Nationale.

Pour que la direction de la FSU, de ses syndicats nationaux rompent avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal , pour que les syndicats combattent effectivement l’avalanche de « réformes » destructrices et l’instauration de l’État policier, portez vous candidats sur la liste Front Unique !

 

(formulaire)

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On nous communique :

Adresse à la direction du SNES

Les enseignants du collège Tavan (84), réunis en HIS le 19 janvier 2021 à l’initiative de la section SNES, ont pris connaissance du projet de réforme des concours et de destruction du statut de fonctionnaire stagiaire, qui impliquerait que les étudiants en M2 devraient mener de front 6 heures de cours devant les élèves, la formation INSPE, la rédaction du mémoire et la préparation du concours… pour 865 euros mensuels.

L’architecture globale du projet de réforme de la formation initiale et des concours, à commencer par la mise en responsabilité des candidats, en qualité de contractuels, avant les concours, et l’introduction d’un oral qui relève de l’entretien d’embauche, est inacceptable.

Les objectifs du gouvernement sont clairs : hausse de la précarité, assèchement du recrutement statutaire, formatage. Ce projet de réforme s’inscrit dans la logique de la redéfinition du métier voulue par le ministère.

C’est pourquoi nous demandons au SNES de se prononcer pour le retrait du projet de réforme de la formation initiale et des concours et de quitter le comité de suivi des INSPÉ.

Adoptée à l’unanimité des présents

 

 

 

Appel à nos abonnés, à nos lecteurs,

Au cours des derniers mois, le courant Front Unique a mené un combat intense contre le gouvernement Macron-Castex, lui qui conjugue la marche à l’État policier à la liquidation systématique des acquis ouvriers.

Sur les lieux de travail et dans les instances syndicales, les militants du courant Front Unique ont combattu, en particulier, pour :

– que les dirigeants syndicaux s’opposent réellement à la LPR en refusant de signer le protocole LPR,

– qu’ils boycottent le «Grenelle de l’éducation»,

– qu’ils convoquent une manifestation nationale au siège du pouvoir pour imposer le retrait de la loi «Sécurité globale» et de toutes les lois liberticides.

Pour que les délégués de notre courant puissent continuer à combattre au sein des instances nationales de la FSU, pour soumettre notre orientation au vote des syndiqués cette année, nous devons constituer une liste de 160 syndiqués de la FSU.

Nous appelons nos militants, nos soutiens, nos abonnés et nos lecteurs à nous aider dans cette tâche en se portant candidat

(formulaire)

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Lettre de Liaison N° 311 – 4 janvier 2021 :

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Compte Rendu Font Unique du 47ème congrès du SNCS – 10 & 11 décembre 2020

A bas la LPR, son protocole et les lois liberticides !
 (LPR, « Sécurité globale » et de « loi confortant les principes républicains »)
Front uni des organisations syndicales (CGT, FO, FSU, UNEF…)
 pour obtenir leur retrait intégral!
Pour défaire Macron qu’elles appellent : à une grande manifestation nationale au siège du pouvoir

Le congrès national du Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (SNCS-FSU), s’est tenu dans un contexte de marche accélérée vers l’instauration d’un état policier. L’Enseignement supérieur et la recherche est au cœur de cette offensive avec la LPR qui est devenue, en fin de parcours législatif, une des pièces de l’arsenal des mesures liberticides du gouvernement.

Les délégués du courant Front Unique ont combattu pour que les dirigeants syndicaux prennent en charge le combat contre les lois liberticides : pour une manifestation nationale au siège du pouvoir exigeant leur retrait pur et simple.

La motion présentée par Front Unique a rencontré un large écho au sein du congrès, relayée par les interventions d’autres délégués.

L’appareil du SNCS s’est livré à diverses manœuvres pour empêcher le congrès de se prononcer sur cette motion. Dans n’importe quelle organisation fonctionnant démocratiquement, cette motion avait les voix pour être considérée comme adoptée. Il a fallu tout le raffinement d’un règlement intérieur taillé pour le bénéfice de l’appareil pour que prévale l’orientation minoritaire de l’appareil contre l’opinion majoritaire des délégués.

Dans le même temps où la direction du SNCS s’opposait à cette motion, les dirigeants syndicaux de la FSU, la CGT, FO, de l’UNEF… décidaient de ne pas appeler à la manifestation du samedi 12 décembre à Paris laissant le champ libre à Darmanin et Lallement pour cogner sauvagement sur les manifestants. Il y a eu plus de 140 arrestations, la plupart libérés un ou deux jours après, la police n’ayant réussi à trouver aucun grief contre eux.

Dans la continuité de l’action menée depuis la rentrée, les délégués front unique sont aussi intervenus pour que le congrès exige le retrait pur et simple de la LPR, dénonce son protocole et toute participation à son application. La direction du SNCS a maintenu mordicus son soutien au protocole LPR contre la volonté d’un grand nombre de syndiqués. Le désaveu de ce soutien s’est traduit dans les votes sur les textes d’orientation par la forte progression de notre courant qui a pratiquement doublé ses voix en passant de 54 à 98 voix (et de 10% à 16,5% des exprimés) et sa représentation à la commission administrative du SNCS, de 2 à 4 sièges.

Rien n’est réglé. Le combat résolu pour la défense des libertés démocratiques, est plus que jamais à l’ordre du jour, le combat contre le gouvernement… contre ses attaques majeures déjà engagées et celles en préparation contre les droits et acquis des travailleurs, en supprimant les libertés démocratiques et en mettant en place un Etat policier.

Ce combat est aussi celui pour replacer les syndicats au service des travailleurs contre l’appareil dirigeant des syndicats appareil bureaucratique de plus en plus intégré à la machinerie gouvernementale.

C’est celui que mène notre courant pour imposer la rupture des organisations syndicales avec le gouvernement, et la convocation par les organisations syndicales d’une manifestation nationale unitaire au siège du pouvoir, à Paris, pour le retrait du projet de loi « sécurité globale ».

C’est sur cette perspective que nous vous appelons à soutenir et rejoindre notre courant Front Unique, en particulier en nous permettant de présenter notre orientation au vote des syndiqués de la FSU (formulaire sur notre site)

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Intervention Front Unique – débat général

Nous sommes dans un tournant historique, loi de sécurité globale, LPR, « projet de loi confortant les principes républicains », décrets…, le gouvernement est en train d’assembler méthodiquement les pièces constitutives de l’État policier.

Les manifestants sont sauvagement réprimés, gazés, mutilés par des policiers surarmés.

Ce qui est en jeu est rien de moins que de savoir si oui ou non nous allons pouvoir continuer d’avoir le droit de lutter contre la politique du pouvoir, pour nos droits.

Il y a eu cette semaine choc avec :

  • L’interpellation de journalistes à la manifestation du 17 novembre ;

  • L’évacuation brutale du camp de migrants place de la République ;

  • Et le tabassage en règle du producteur de musique.

Les manifestations pour exiger le retrait du projet de loi de sécurité globale ont été massives et pourtant elles se sont tenues en marge de tout appel à la mobilisation par la FSU, la CGT et FO.

Elles montrent une réelle disponibilité pour engager le fer contre le gouvernement pour qu’il retire son projet de loi, pour arrêter cette marche accélérée vers un état policier.

Mais si aujourd’hui le gouvernement opère un tel tournant « sécuritaire », ce n’est pas par électoralisme.

Il s’agit d’une guerre qu’il a engagée, non pas contre le coronavirus, mais contre la population laborieuse et la jeunesse. Parce que les capitalistes, pris à la gorge par la crise économique, veulent leur faire payer le coût de la crise pour continuer à extorquer leur profit. Ils veulent porter des coups historiques en liquidant des pans entiers des conquêtes ouvrières (la sécu, les retraites, les garanties collectives, le droit aux études, le droit à la santé …).

La LPR concentre cette continuité.

De façon inédite, le gouvernement assortit ses plans destructeurs de l’ESR à des mesures de répression … interdisant les mobilisations contre ces plans !

Il a pu compter sur le dialogue social et la concertation pour associer les représentants syndicaux à l’avancée de ses plans afin d’annihiler, de paralyser toutes mobilisation contre lui. Car à cette étape, le gouvernement Macron-Castex-Vidal est parvenu à faire adopter sa LPR. Et ce, alors que jamais on n’avait vu un rejet aussi massif et aussi profond dans tous l’ESR. Car la LPR est la négation de toutes nos revendications, la résorption de la précarité, les financements pérennes, la hausse des salaires scandaleusement bas par l’augmentation du point d’indice, etc. Car elle généralise les fléaux qui gangrènent notre métier : la précarité, les appels à projet, la mise en concurrence qui cassent les acquis et le travail collectifs et fagocitent nos libertés.

Le gouvernement a été intraitable, non seulement la LPR a été adoptée mais elle a été aggravée dans la dernière ligne droite. La question qu’on doit se poser c’est comment en est-on arrivé là ?

A la fin de la séance mémorable du CNESER de fin juin, c’était clair le gouvernement était prêt à tout pour faire adopter sa LPR.

Le 26 juin, FU a soumis une motion à la CA pour qu’elle décide

  • de boycotter toutes les discussions sur la LPPR

  • qu’elle prenne contact avec les autres syndicats de l’ESR

  • pour organiser dès la rentrée une Assemblée Nationale des délégués élus par les AG des labos et des facs

  • et une manifestation centrale à Paris au ministère

Cette motion a été repoussée.

Le gouvernement a profité des vacances d’été pour enclencher la procédure accélérée pour l’adoption de la LPR à la rentrée en septembre. Il a mené des tractations avec les directions syndicales pour mettre au point son protocole.

Et dès le 31 août les instances de nos syndicats sont placées devant l’ultimatum de sa signature.

La rentrée universitaire a été catastrophique, en pleine crise sanitaire, Vidal n’avait qu’une préoccupation : faire passer la LPR.

D’autres l’ont dit et écrit, avec la signature du protocole, Vidal voulait se prévaloir du soutien de sa LPR.

L’affaire était cousue de fil blanc, pouvait-on jouer aux faux naïfs ?

C’est donc avec indignation et colère que les syndiqués ont appris que la direction de notre syndicat approuvait la signature de ce protocole.

Comment accepter de sacrifier les précaires, nos statuts, nos libertés, pour quelques miettes ?

Il y a un impératif pour nous ici : dégager le SNCS du soutien au protocole LPR.

Alors on nous dit mais cela n’empêche pas d’être contre la LPR, la preuve, le SNCS signe tous les appels intersyndicaux.

Mais comment peut-on être crédible auprès des collègues quand on soutien un tel protocole ?

Comment le gouvernement peut-il craindre ces appels quand ceux qui les signent font passer ses cadeaux empoisonnés pour des avancées sur nos revendications ?

Il y a l’appel aujourd’hui 10 décembre de l’intersyndicale de l’ESR.

Concernant la LPR, les signataires demandent sa « non promulgation » et à Castex de les recevoir afin d’apporter « une réponse à la hauteur des enjeux ». Comme si Castex et Vidal, tout le gouvernement ne marchaient pas main dans la main. C’est bien Castex, qui le jour de la signature, portait le protocole comme un étendard.

Plus on discute avec le gouvernement plus la LPR s’aggrave.

La seule chose à demander est que la LPR soit dégagée, retirée purement et simplement.

Nous sommes appelés à manifester à Matignon pour exiger le retrait de la loi sécurité globale.

C’est effectivement là qu’il faut aller, en direction du siège du pouvoir.

Mais pourquoi la réduire à une question d’universitaires ?

C’est l’affaire de tout le mouvement ouvrier de toute la jeunesse, de tous les opprimés de ce pays.

Pour riposter à la guerre que le gouvernement leur a déclaré, c’est au niveau des fédérations et confédérations syndicales, de la FSU, la CGT de FO, de l’UNEF … que se situe la responsabilité d’organiser la mobilisation nationale pour ces lois liberticides.

Leur responsabilité est de se situer sur le terrain de la lutte des classes. C’est toujours sur ce terrain qu’il a été possible de défaire la politique des gouvernements.

Il est évident que si le rapport entre le gouvernement et les travailleurs n’est pas renversé par une mobilisation générale contre cette loi, nous aurons toutes les difficultés de résister au feu roulant de la LPR.

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle !

Nous devons demander à nos fédérations et confédération syndicales de convoquer une grande manifestation nationale au siège du pouvoir pour imposer le retrait de ces lois scélérates.

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Présentation de la Motion : Retrait pur et simple des lois liberticides !

Le gouvernement est en train d’assembler méthodiquement les pièces constitutives d’un État policier. Déjà avec son état d’urgence sanitaire, il définit ce qui dans nos vies est essentiel ou pas. Il restreint drastiquement le droit d’aller et venir, de se réunir, de se mobiliser, de se rassembler, les manifestations sont sauvagement réprimées … quand elles sont autorisées !

La LPR est devenu une loi ouvertement liberticide visant à réprimer toutes mobilisations sur les campus. Elle donne des pouvoirs de police démesurés aux présidents des universités qui pourront décider des réunions « qui troublent l’ordre publique ». Rompant avec une tradition séculaire des libertés sur les campus, elle supprime définitivement les franchises universitaires, puisque les forces de l’ordre pourront intervenir directement et les procureurs pourront engager immédiatement des poursuites sous prétexte de flagrant délit.

Il faut aussi rappeler les déclarations de Blanquer qui va jusqu’à accuser « la communauté universitaire, des organisations syndicales (UNEF, SUD éducation) » d’être les « complices intellectuels du terrorisme » voire « des auteurs intellectuels des attentats »! Et ce dans des termes que ne renierait pas le Rassemblement National. Un intervenant hier a expliqué comment la liberté de recherche dans les sciences humaines et sociales (SHS) est véritablement en danger. Des collègues ont été désignés à la vindicte des réseaux sociaux par des députes de LR comme de dangereux islamo-gauchistes. Les lois et décrets qui se succèdent, installent progressivement les délits d’intention et d’opinion mettant en danger des pans entiers de la recherche en SHS, en allant jusqu’à menacer pénalement les chercheurs de ces domaines.

Avec son projet de loi Sécurité globale, le gouvernement veut franchir un cran supplémentaire :

– Renforcer le rôle des polices locales et des sociétés privées de sécurité.

Instaurer le flicage généralisé des manifestants à coup de drones, de caméras mobiles et de reconnaissance faciale automatisée.

– Et surtout, en empêchant la diffusion des images des exactions de la police, il veut consacrer l’impunité des violences policières.

Le projet de loi «confortant les principes républicains » quant à lui ouvre la voie à un contrôle de l’ensemble des associations. Il stigmatise encore davantage les personnes musulmanes ou perçues comme telles.

Trois décrets sont venus récemment donner la possibilité d’un fichage massif des militantes, de leur entourage (y compris des enfants mineur-es), de leur santé, de leurs activités sur les réseaux sociaux et de leurs opinions politiques et syndicales !

C’est toutes nos libertés qui sont menacées ! 

C’est le droit de manifester, le droit de s’opposer aux contre-réformes que le gouvernement voudrait interdire !

Des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs ont manifesté, ils cherchent la voie du combat contre le projet « sécurité globale ».

Qui peut comprendre que la CGT, FO et notre fédération la FSU se soient abstenues d’appeler haut et fort aux mobilisations le 17 à Paris et le 21 dans tout le pays ?

Qui peut comprendre, que jusqu’à maintenant elles ne se soient pas encore prononcées pour le retrait de ces projets de loi ?

Hier le secrétaire de la FSU dans son salut au congrès a banalisé cette situation et renvoyé dos à dos manifestants et policiers en expliquant « On est dans une situation inquiétante, les manifs ont dégénéré, Il y a des gens qui viennent pour casser Et des policiers qui gênent les manifestations ».

Or il revient aux dirigeants des organisations syndicales du mouvement ouvrier, garantes des libertés démocratiques, d’ouvrir une perspective la mobilisation contre ces lois liberticides.

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle !

La responsabilité des fédérations et confédérations syndicales est d’appeler dans l’unité à une manifestation nationale centrale, massive, au siège du pouvoir à Paris, sur le mot d’ordre de retrait pur et simple de ces lois liberticides. Notre congrès doit s’adresser à la direction de la FSU pour qu’elle œuvre en ce sens.

Motion : Retrait pur et simple des lois liberticides !
Le 47ème congrès du SNCS, réuni les 11 et 12 décembre, condamne l’ensemble des lois liberticides du gouvernement (LPR, Sécurité globale et projet de « loi confortant les principes républicains ») et en exige le retrait pur et simple.
Il se prononce pour qu’une grande manifestation nationale au siège du pouvoir soit convoquée par les organisations syndicales (en particulier CGT, FO, FSU, UNEF…) pour imposer ce retrait.
Il s’adresse à la direction de notre fédération, la FSU, pour qu’elle œuvre en ce sens.
28 Pour, 27 contre, 20 Abs et 6 NPPV

Présentation de la Motion : A bas la LPR et son protocole !

Pourquoi nous devons nous prononcer contre ce protocole ?

Parce que quoiqu’on dise, soutenir ce protocole signifie soutenir la LPR, seuls les syndicats pro-LPR l’ont signé. C’est ce que pense nombre de syndiqués, nos collègues. C’est la raison pour laquelle la FSU, sous la pression du SNESUP et du SNASUB, ainsi que la CGT, FO, SUD n’ont pas signé.

Plusieurs intervenants ont décrit à quelle vitesse les conditions d’exercice de nos métiers de la recherche et de vie se dégradent. Les collègues ont bien compris que la LPR fait peser une menace vitale sur nos statuts et la recherche publique d’où le profond rejet qu’elle suscite et qui ne faiblit pas. Nos camarades de l’INRIA sont intervenus pour dire comment ce processus de destruction est en train de s’accélérer dans leur institut [qui a toujours été un précurseur dans l’application des contre-réformes].

Et si soutenir la LPR en octobre était condamnable, mais que dire de ce soutien depuis les modifications qui en ont fait une loi scélérate ? C’est quelque part avoir sa part de responsabilité dans le fait que dorénavant les étudiants qui se mobilisent sur les campus risquent d’écoper plus de 45 000€ d’amendes et 3 ans de prison.

Mais il faut rajouter que le protocole est l’un des piliers de l’application de la LPR.

Vidal dans sa dernière lettre annonce que les chaires de professeurs juniors, actées dans le protocole, pourront atteindre 20% des recrutements dans les organismes de recherche, c’est la fin programmée des recrutements sur le statut de chercheurs à temps plein.

Vidal vante le régime indemnitaire et de quelle manière ! Elle promet une prime de 7 à 8 000€ qui correspondrait à 1 ou 2 mois de plus ! Ce n’est pas du chercheur moyen dont elle parle, car dans ce cas cela correspond plutôt 3 à 4 mois de plus ! Il s’agit probablement des « stars » d’Antoine Petit [PDG du CNRS] qui considère qu’il faut en finir avec le régime égalitaire des revalorisations salariales par le point d’indice qui coûte beaucoup trop cher !

Seront récompensés les plus « performants » à répondre aux critères de la LPR, dans la chasse aux contrats, la mobilité public-privé, la création de start-ups, ceux qui ramèneront des financements aux labos et à l’université et aussi ceux qui manageront le plus grands nombre de précaires.

Et les autres ? Rappelons les propos menaçants de Macron lui-même aux 80 ans du CNRS concernant les chercheurs qui seront évalués comme « mauvais » : ils devront « en assumer les conséquences » !

Quant à l’uniformisation des régimes indemnitaires entre organismes de recherche et universités. Pas d’angélisme ! L’objectif est de faciliter les mobilités pour lever tout frein à la dissolution des organismes dans de grands « pôles de recherche et d’innovation » concurrentiels et en voie de privatisation. Les présidents des 10 pôles d’excellence viennent de s’organiser pour former l’UDICE. Ils entendent bien mettre à profit les nouveaux pouvoirs que leur confère la LPR notamment vis-à-vis des organismes de recherche qu’ils veulent mettre sous leur coupe.

Ils revendiquent le droit de regard sur les embauches dans les organismes, auront la main sur les recrutements des professeurs juniors. Directeurs de labos et présidents d’université vont être directement intéressés aux appels à projet sur lesquels ils vont prélever leur préciput qui vont atteindre 40% des contrats et qu’ils vont se partager. C’est eux qui finiront par décider des primes. Comme le CNU, le comité national va être vidé de sa substance, l’évaluation par les pairs par des instances nationales est directement menacée.

Alors comment voir dans ces primes des avancées sur nos revendications ?

Comment prétendre, comme le fait la motion de la CA du 8, que le SNCS va pouvoir porter [les revendications] pour faire évoluer ce protocole durant son application » ?

Comment oserons-nous sortir la bannière du SNCS, devant nos collègues si notre syndicat s’associait à l’application de ce régime indemnitaire qui va instaurer le règne de la compétition [le « darwinisme » selon le PDG du CNRS] ?

Pour faire passer ses plans destructeurs, le gouvernement cherche à faire des syndicats ses agents d’exécution. Il veut généraliser la signature de tels accords comme nous l’a annoncé hier Patrick Montfort. C’est un rôle destructeur pour le syndicat. Nous devons le refuser, il faut rompre avec le dialogue social.

Plus que jamais les chercheurs, les IT, ont besoin de leur syndicat pour se défendre.

La responsabilité de ce congrès est de dénoncer le protocole LPR et toute participation à son application.

L’heure est au front uni des syndicats de l’ESR pour préparer l’affrontement avec le gouvernement et le défaire.

Motion : Pour la défense inconditionnelle de l’enseignement supérieur et de la recherche publics, des statuts et des libertés démocratiques :
A bas la LPR et son protocole !

La LPR est la négation de nos revendications qui sont la création massive de postes statutaires de chercheurs et d’IT pour résorber la précarité, des financements pérennes pour la recherche, l’augmentation des salaires par celle du point d’indice … .
Cette loi de précarisation, démultiplie les contrats précaires, généralise la concurrence à tous les niveaux avec la politique d’appel à projets, instaure un dispositif de primes individuelles en guise de revalorisation salariale. C’est une loi qui va détruire nos statuts, les organismes de recherche publics, les disloquer dans des établissements régionaux concurrents et en voie de privatisation.
Elle remet en cause nos libertés et pénalise toute contestation au sein des universités.

Le 47ème congrès du SNCS, réuni les 10 et 11décembre, se prononce pour le retrait pur et simple de la LPR. Il refuse d’apporter sa caution à une telle loi.
C’est pourquoi il dénonce le protocole LPR et toute participation à son application.

21 Pour, 43 contre, 10 Abs et 8 NPPV

 

 

 Motion FU présentée au Conseil départemental de la FSU de l’Hérault (8/12/2020)

Le Cdfd de la FSU34 condamne l’ensemble des lois liberticides du gouvernement (LPR, Sécurité globale, Séparatisme) et en exige le retrait pur et simple.

Le Cdfd se prononce pour qu’une grande manifestation nationale au siège du pouvoir soit convoquée par les organisations syndicales (en particulier CGT, FO, FSU, UNEF…) pour imposer ce retrait.

Le Cdfd s’adresse à la direction de notre fédération pour qu’elle œuvre en ce sens.

(Pour: 5 / Contre: 11 / Abstentions: 4

Présentation des motions Front Unique au Conseil national de la FSU le 25 novembre 2020

 

Intervention de présentation de la motion pour le Boycott du « Grenelle de l’Éducation » :

Boycott du « Grenelle de l’Éducation »

Quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty, s’ouvrait le Grenelle de l’Éducation. Cyniquement, Jean-Michel Blanquer récupérait cette tragédie pour placer la concertation sous le signe de l’union nationale derrière le gouvernement,

L’objectif assumé, c’est de « réfléchir à une évolution profonde des métiers des personnels de l’Éducation Nationale » sous la houlette de « personnalités issues de la société civile ».

Démolir ce qui reste des statuts des enseignants et substituer un système de primes à la rémunération indiciaire pour tous, c’est bien le sens des annonces qui ont été faites par le ministre le 16/11/2020. C’est essentiellement par le biais des discussions sur la pseudo « revalorisation » que les dirigeants des organisations syndicales sont associées à l’entreprise de remise en cause des statuts, dans le secteur de l’Éducation comme dans ceux de la Santé, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Accepter de discuter cette pseudo « revalorisation », c’est accepter le dispositif du « Grenelle » qui est inacceptable.

La revendication de la profession ce n’est pas des primes mais bien le dégel du point d’indice, le rattrapage du pouvoir d’achat perdu et l’augmentation des traitements indiciaires.

Les primes sont, elles, directement associées à de nouvelles charges de travail, à de nouvelles « missions » ajoutées aux missions statutaires et rémunérées de la manière la plus défavorable. Qu’on en juge à l’annonce d’une « prime d’équipement » dérisoire, dont la contrepartie cousue de fil blanc est d’intégrer le télé-enseignement aux obligations de service !

Au lendemain du vote à l’Assemblée Nationale de la « Loi Sécurité Globale », deux jours après une intervention policière d’une violence inouïe place de la République, personne ne peut ignorer que l’État Français vient de franchir une nouvelle étape dans sa marche à L’État policier.

Lorsque Blanquer menace de faire preuve d’une très grande fermeté face à ceux qui tolèrent « la radicalité », il faut comprendre que les sanctions contre les 4 de Melle sont une illustration de ce qui attend ceux qui veulent s’opposer à la politique gouvernementale de démolition de l’enseignement public.

A propos d’Avenir Lycéen, Blanquer est allé jusqu’à caractériser le SNES comme une officine d’« extrême gauche » dont les médias devraient ignorer les propos.

Et il faudrait continuer de discuter avec lui, avec ce gouvernement qui nous déclare la guerre ?

Plus que jamais, la participation de notre fédération et de ses composantes au dialogue social est injustifiable, alors que Blanquer semble impliqué dans un scandale d’État.

Pour ne pas servir de caution au gouvernement, pour défendre les intérêts des enseignants, les représentants de notre fédération et de ses syndicats doivent quitter sans délai le Grenelle de Blanquer et s’adresser aux organisations issues du mouvement ouvrier, CGT-FO-UNEF, pour qu’elles en fassent de même. Elles doivent le dire clairement : à bas le Grenelle de l’éducation !

Motion Front Unique pour le Boycott du « Grenelle de l’Éducation »

Blanquer, au service du gouvernement Macron-Castex, a lancé l’opération « Grenelle de l’Éducation ».

Sous couvert d’une pseudo-revalorisation sous forme de primes, le Grenelle de l’Éducation vise à s’en prendre aux statuts au travers d’une redéfinition des métiers.

Pour ne pas servir de caution au gouvernement, pour défendre les intérêts des enseignants, le CDFN de la FSU, réuni les 24 et 25 novembre 2020, se prononce pour le boycott immédiat du Grenelle de Blanquer.

Le CDFN demande que les représentants de notre fédération s’adressent à ceux des autres organisations concernées (en particulier ceux de la CGT et de FO) pour qu’ils se prononcent dans ce sens.

Le CDFN décide d’engager une mobilisation pour la satisfaction des revendications des personnels :

– Déblocage immédiat du point d’indice et rattrapage du pouvoir d’achat perdu

– Augmentation des rémunérations indiciaires pour tous

(motion présentée mais non soumise au vote)

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Intervention de présentation de la motion : Contre la marche accélérée à l’État policier

L’intervention policière sur la place la République aussi ignominieuse qu’elle a été, n’a rien de surprenant, tant elle s’inscrit dans toute la marche à l’État policier du gouvernement Macron-Castex.

Le vote hier de la loi dite de sécurité globale ajoute encore une pièce essentielle à cet État policier.

Mais quand je vois que le texte Action à rallonge dilue cette transformation qualitative de la situation, je me demande où se situe la limite que devrait franchir le gouvernement pour que les dirigeants de notre fédération déclarent qu’il y a casus belli, et que face à la guerre déclarée, ils décident de rompre avec lui et d’engager le combat contre lui.

On peut même se demander si pour certains, une telle limite existe.

En mai 1958, contre le coup d’état de De Gaulle, la direction de la FEN s’était montrée digne de sa responsabilité en appelant à la grève générale contre ce coup d’État.

Aujourd’hui le gouvernement assemble méthodiquement les pièces constitutives de l’État policier et s’il n’est pas stoppé, alors les conditions pour pouvoir combattre la politique du pouvoir deviendront très difficiles.

Pour riposter à la guerre déclarée par le gouvernement au mouvement ouvrier, à la jeunesse et à tous les opprimés, la responsabilité de notre fédération est de se situer sur le terrain de la lutte des classes. C’est toujours sur ce terrain qu’il a été possible de défaire la politique de gouvernements.

La responsabilité de notre fédération est, en commun avec les autres organisations du mouvement ouvrier et de la jeunesse, de préparer une grande manifestation centrale au siège du pouvoir, pour défaire la politique du gouvernement, pour défaire le gouvernement Macron-Castex.

Motion Front Unique Contre la marche accélérée à l’État policier

Pour l’abrogation de la LPR, pour le retrait de la loi dite de Sécurité globale, attaques d’une rare violence contre les libertés démocratiques, la responsabilité de notre fédération est de s’adresser aux autres organisations du mouvement ouvrier et de la jeunesse (en particulier CGT, FO et UNEF) pour préparer dès à présent une manifestation centrale au siège du pouvoir pour défaire le gouvernement Macron-Castex.

(Motion présentée mais non soumise au vote)

 

 

 

 

On nous communique :

Motion présentée le 26 novembre 2020 au CDFD de la FSU 84

Le 17 novembre, la loi LPR, bien que largement rejetée par les personnels, les étudiants et les principales organisations de l’enseignement supérieur et de la recherche, a été adoptée. Elle contient un amendement qui interdit aux étudiants et aux personnels de se mobiliser, puisqu’il prévoit jusqu’à trois ans de prison et 45000 Euros d’amende pénalisant « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement universitaire (…) dans le but de troubler la tranquillité et le bon ordre de l’établissement ».

Le 24 novembre, a eu lieu le vote solennel de la loi dite de « Sécurité globale », qui prévoit entre autres jusqu’à 45000 Euros d’amende et un an de prison ferme pour la diffusion d’images de policiers dans l’exercice de leurs fonctions, ce qui « entre sinistrement en résonnance avec (…) la montée en puissance des violences policières » et remet directement en cause la liberté d’informer.

Le samedi 21 novembre, dans de nombreuses villes, les travailleurs et les jeunes ont montré leur disponibilité à se mobiliser pour obtenir l’abrogation de la loi Sécurité globale et de l’ensemble des mesures visant à l’instauration d’un Etat policier et la liquidation des libertés démocratiques : des milliers de manifestants ont par exemple défilé à Toulouse et à Montpellier.

Le CDFD 84 s’adresse donc à la direction de la FSU pour :

  • Qu’elle se prononce pour l’abrogation de la loi LPR et de la loi Sécurité globale.

  • Qu’elle organise la mobilisation centrale des travailleurs et des jeunes, dans l’unité avec les autres organisations syndicales, afin d’obtenir l’abrogation de ces deux lois.

POUR : 2 – CONTRE : 1 – ABST : 7

 

 

 

 

 

Lettre de Liaison N° 310 – 24 novembre 2020 :
[Version pdf

 

 

Pour le retrait/abrogation de la loi Sécurité Globale dans son intégralité ! Pour l'abrogation de la LPR, attaques d'une rare violence contre les libertés démocratiques, Front Unique des organisations du mouvement ouvrier ! Pour défaire Macron, qu'elles appellent à une grande manifestation nationale au siège du pouvoir !

 

Intervention du courant Front Unique

au Conseil national de la FSU le 24/11/2020

Le 17 novembre, LPR et projet de loi Sécurité globale figuraient en même temps à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Il s’agit d’un nouveau pas décisif dans l’instauration d’un État policier sanctionnant de prison ferme l’exercice de la liberté de la presse et le droit de combattre à l’université les plans du gouvernement. Il s’agit de l’instauration d’un « monde d’après » où les libertés démocratiques sont réduites comme peau de chagrin.

Déjà avec son état d’urgence sanitaire, le gouvernement restreint drastiquement le droit d’aller et venir, de se réunir, de se mobiliser, de se rassembler et de manifester.

Il définit ce qui dans nos vies est essentiel ou pas.

Il réprime brutalement la jeunesse qui début novembre ose se rassembler devant les lycées pour revendiquer des mesures de protection sanitaire.

Il sanctionne violemment des enseignants de Melle qui se sont mobilisés contre sa réforme du lycée et du bac.

Et il fait adopter définitivement la LPR qui pénalise toute contestation au sein des universités.

Avec son projet de loi Sécurité globale, il veut franchir un cran supplémentaire :

– Renforcement du rôle des polices locales et des sociétés privées de sécurité.

– Instauration du flicage généralisé des manifestants à coup de drones, de caméras mobiles et de reconnaissance faciale automatisée.

– Et surtout, en empêchant la diffusion des images des exactions de la police, il veut consacrer l’impunité des violences policières.

Ce sont principalement les organisations de défense des libertés démocratiques et les syndicats de journalistes qui ont appelé à la mobilisation contre ce projet.

Le 17 novembre, jour du début de l’examen de ce projet scélérat, un rassemblement s’est tenu à l’Assemblée.

Les manifestants ont été durement réprimés et les journalistes particulièrement ciblés en anticipation de l’adoption de la loi.

Le 21 novembre, dans de nombreuses villes, des manifestations importantes se sont opposées à ce projet de loi.

A Paris, la manifestation a été interdite et seul un rassemblement dans une nasse a été autorisé avec un accès sous contrôle policier.

Qui peut comprendre que la CGT, FO et notre fédération se soient abstenues d’appeler haut et fort aux mobilisations le 17 à Paris et le 21 dans tout le pays ?

Qui peut comprendre, que jusqu’à maintenant elles ne se soient pas encore prononcées pour le retrait de ce projet de loi ?

Il y a quelques jours, le CN du SNUipp et la CA du SNCS, se sont formellement prononcés pour le retrait de ce projet.

On lit enfin dans le projet de texte Action destiné à être publié demain, le 25 : « la FSU exige le retrait de ce projet de loi. » C’est un premier pas bien que tardif, puis que c’est aujourd’hui – le 24 – que ce projet est censé être adopté en 1ère lecture à l’Assemblée.

Mais comment empêcher le gouvernement de faire passer son projet ?

D’abord, il revient aux dirigeants de notre fédération de s’adresser à leurs homologues des organisations du mouvement ouvrier (CGT et FO en particulier) pour qu’ils exigent aussi le retrait pur et simple du projet de loi Sécurité globale.

Un front uni de ces organisations doit se constituer pour préparer, dès à présent, une manifestation centrale au siège du pouvoir pour imposer ce retrait.

C’est la responsabilité de notre Conseil national de se prononcer en ce sens et de se placer à la hauteur de cette attaque historique.

Car c’est bel et bien une guerre que le gouvernement a déclaré au mouvement ouvrier et à la jeunesse.

Et pour lui, dans cette guerre tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Les capitalistes, pris à la gorge par la crise économique, veulent faire payer aux travailleurs le coût de la crise. Ils veulent porter des coups historiques contre le mouvement ouvrier et la jeunesse en liquidant des pans entiers des conquêtes ouvrières.

Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement peut compter sur le dialogue social et la concertation qui remplissent parfaitement leur fonction en associant les représentants syndicaux à l’avancée de ses plans destructeurs.

Ainsi, c’est la concertation généralisée sur la LPR et son protocole de pseudo revalorisation qui a permis au gouvernement de faire passer définitivement sa loi. Et même de se permettre d’aggraver encore son projet initial.

La première revendication pour sauvegarder l’enseignement supérieur et la recherche, les personnels et les étudiants est d’abord de se prononcer clairement pour l’abrogation de la LPR.

Qui peut penser qu’en implorant le gouvernement de ne pas appliquer sa réforme celui-ci pourrait y renoncer ?

Quant au Grenelle de l’Éducation, Blanquer a clairement indiqué par ses annonces que sa pseudo-revalorisation, c’étaient des clopinettes pour la très grande majorité des enseignants et encore sous forme de primes avec le maintien du blocage du point d’indice.

Mais ces millions brandis n’ont qu’une fonction : permettre une large opération de concertation généralisée dont l’objectif essentiel est l’attaque contre les statuts des enseignants, la liquidation des règles communes pour substituer aux solidarités, la concurrence entre les personnels et entre les établissements scolaires.

Défendre les personnels de l’enseignement public commence par le boycott du Grenelle de l’Éducation. Telle est la responsabilité première des représentants des syndicats des enseignants et de ceux de notre fédération.

 

 

Lettre de Liaison N° 309 – 13 novembre 2020 :
[Version pdf

 

Avec ses projets LPR et « Sécurité globale », le gouvernement Macron-Castex-Vidal-Darmanin déclare la guerre

à la jeunesse et au mouvement ouvrier.

Front uni des organisations du mouvement ouvrier et de la jeunesse pour arracher le retrait de ces projets scélérats !

 

 

Le 24 septembre, était adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, le projet de loi LPR (« loi de programmation de la recherche »). Ce projet est une attaque en règle contre l’enseignement supérieur et la recherche, le droit aux études, avec un vaste plan de précarisation des personnels, de privatisation, de mise en concurrence généralisée pour briser les statuts, concasser le cadre national, les vider de leur contenu et les mettre au service des intérêts directs du patronat. Les personnels et les étudiants se sont largement mobilisés avant le confinement de mars pour exiger le retrait de ce projet.

 

En plus, le gouvernement a décidé de porter un coup majeur aux mobilisations sur les campus universitaires en donnant son aval à un amendement au projet LPR adopté par la commission mixte paritaire (composée de députés et de sénateurs) réunie le 9 novembre.

Voici cet amendement introduit dans le projet de loi sous la forme d’un nouvel article :

« Le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement, est passible des sanctions définies dans la section 5 du chapitre Ier du titre III du livre IV du code pénal »

Ainsi donc, le gouvernement entend interdire toutes les manifestations dans les universités qui troubleraient « la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement », c’est à dire toutes les formes habituelles de mobilisation de la jeunesse étudiante (assemblées générales, interventions pendant les cours, occupations …). Et à la clef, la répression se veut terrible avec des peines d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende, portées – si les actions ont lieu « en réunion », c’est-à-dire à plusieurs – à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Avec cet amendement, la LPR passe du statut de loi destructrice au rang de loi de criminalisation, et le gouvernement veut profiter de la quasi-fermeture des universités et du confinement des étudiants pour faire passer, le 17 novembre, cette loi scélérate.

Le gouvernement continue donc de s’en prendre de manière délibérée et systématique aux libertés démocratiques (d’expression, de réunion, de contestation, de mobilisation, de manifestation …). Encore la semaine dernière, ce sont des lycéens et des personnels de santé qui ont subi la répression du gouvernement avec ses violences policières.

Le 17 novembre, débute en même temps, à l’Assemblée nationale, l’examen du projet de loi « Sécurité globale » dont l’article 24 interdit la diffusion d’images de policiers commettant des violences avec les mêmes sanctions pénales que pour l’amendement de la loi LPR. Avec la restriction du droit à l’information, c’est une nouvelle étape accélérant brutalement l’offensive de destruction des libertés démocratiques qui est franchie par le gouvernement.

Le gouvernement Macron-Castex déclare une guerre généralisée au mouvement ouvrier et à la jeunesse. Il accélère la répression contre les mobilisations et contre toutes les libertés démocratiques. Il accentue encore sa marche vers un état policier.

La responsabilité de l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier et en particulier de la CGT de FO et de la FSU et des organisations de la jeunesse et en particulier de l’UNEF est d’exiger le retrait immédiat des projets de lois scélérats LPR et « Sécurité globale ».

Si le gouvernement persiste, leur responsabilité est de préparer le combat contre lui pour obtenir l’abrogation de ces lois. La direction de la FSU doit s’adresser sans délai aux autres organisations syndicales dans ce sens.

 

 

 

 

Lettre de Liaison N° 308 – 8 novembre 2020 :
[Version pdf]

 

Face à l’urgence sanitaire, les dirigeants des organisations syndicales enseignantes (FSU, FO, CGT…) ont une responsabilité immédiate.

Ils doivent reprendre à leur compte la revendication des enseignants mobilisés :

– demi-groupes alternés sans enseignement en « distanciel »

Ils doivent appeler nationalement à la grève jusqu’à satisfaction de cette revendication.

Depuis la rentrée du 2 novembre, dans plusieurs dizaines d’établissements (notamment des lycées et lycées professionnels), des enseignants sont entrés spontanément en grève pour dénoncer la parodie de « protocole sanitaire » imposée par Blanquer dans l’enseignement public. Ils exigent la division immédiate de leurs classes en demi-groupes, l’alternance hebdomadaire de ces demi-groupes pour assister aux mêmes enseignements, sans que soit imposé aux enseignants un doublement de leur service au travers de l’enseignement « en distanciel ».

Les enseignants mobilisés ont raison : dans un entretien accordé au Monde du 7 novembre, le chef du service de réanimation de l’Hôpital Saint-Antoine à Paris déclare déjà qu’ « il y a des malades qui ne seront pas pris en réanimation. » Face à cette gabegie dont le gouvernement porte la responsabilité, les établissements d’enseignement public se taillaient déjà la part du lion dans l’identification des nouveaux « clusters » dès avant les vacances d’octobre, avec un tiers des foyers d’infection constatés. Les enseignants, les travailleurs et leurs familles ne veulent pas mourir pour sauver le capitalisme.

Face à cette menace mortelle, Blanquer ment. Il affirmait encore au Figaro, vendredi 6 novembre : «Aujourd’hui vendredi, on est à 3528 élèves qui ont un test positif et 1165 personnels». Pourtant, entre le 2 et le 4 novembre, l’observatoire de la Santé Publique Geodes recensait 5 fois plus de contaminations entre 0 et 19 ans, avec 25 151 cas ! Le dernier mensonge du ministre vient couronner une série ininterrompue, ponctuée par l’ « allègement » du protocole sanitaire le 22 septembre, l’éviction administrative de milliers de « cas contacts », l’occultation des données recensées par les rectorats.

L’urgence sanitaire vitale concerne tout l’enseignement public, et au-delà toute la population laborieuse : elle ne peut trouver aucune réponse satisfaisante au cas par cas ! C’est pourquoi le dispositif annoncé par Blanquer le 5 novembre ne constitue aucune avancée pour les enseignants : les mesures définies dans la « souplesse locale », établissement par établissement, seront soumises au pouvoir discrétionnaire des rectorats, en contrepartie d’engagements anti-statutaires tels que le suivi en « distanciel »… ou le saccage du bac national sous couvert de contrôle continu. Blanquer se sert de la gabegie sanitaire pour accélérer la mise en place de ses contre-réformes !

C’est donc aux dirigeants des organisations syndicales enseignantes de reprendre à leur compte, sans conditions, la revendication immédiate des enseignants, et d’appeler nationalement à la grève pour l’imposer au gouvernement. Or, l’appel intersyndical à la grève du 10 novembre occulte complètement la revendication des enseignants au profit d’un catalogue de « demandes » taillées sur-mesure pour le dispositif Blanquer : « des mesures pour les collèges », la prise en compte de la « spécificité » des lycées professionnels, « des précisions » sur les mesures de nettoyage… ou encore l’exigence d’un « plan de recrutement » des personnels qui permettrait au gouvernement de renvoyer sine die la satisfaction de la revendication immédiate des enseignants.

Les enseignants doivent donc se regrouper, s’organiser pour imposer leur volonté aux organisations syndicales, sur le modèle de l’adresse envoyée aux dirigeants syndicaux par les enseignants du lycée de Riom le 5 novembre :

 

Adresse aux directions des organisations syndicales adoptée par les enseignants du lycée Virlogeux de Riom (63)

Les enseignants réunis en HMI à l’initiative du SNES au lycée Virlogeux de Riom (63) le 05/11/2020

S’adressent aux directions des organisations syndicales pour qu’elles reprennent la revendication suivante :

– Demi-groupes sans distanciel. (ce qui implique la modification du calendrier de l’année, des allègements de programme, et l’annulation des EC)

Pour obtenir satisfaction sur de telles revendications, une action nationale est nécessaire : appelez à la grève jusqu’à l’obtention de la revendication.

 

 

 

 

Lettre de Liaison N° 307 – Enseignement Supérieur et Recherche – 30 octobre 2020 :
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Contribution Front Unique au 47ème congrès du SNCS – 10&11 décembre 2020

Avec les conditions catastrophiques de la rentrée, les coupes budgétaires, la LPR et la précarité, l’Enseignement Supérieur et la Recherche sont confrontés à l’offensive sans répit du gouvernement Macron-Castex-Vidal.
Les leçons à tirer du combat contre la signature du protocole LPR :
Front uni des organisations syndicales, FSU, CGT, FO, SUD et UNEF pour la défense
de l’université et de la recherche publique et des statuts
Rupture du dialogue social

 

Protocole LPR :

Le gouvernement n’est pas parvenu à museler la résistance à ses plans destructeurs de l’ESR

A la rentrée le gouvernement n’avait qu’un but : arracher aux organisations syndicales la signature de son protocole d’accord au moment même où la LPR devait être adoptée en procédure accélérée. Le 12 octobre, l’accord est signé, « Un premier accord sur les carrières et les revalorisations dans le cadre de la loi de programmation pour la recherche » annonce le journal du CNRS en première page. Mais sur la photo, seuls les représentants des syndicats ouvertement pro-LPR (SGEN-CFDT, UNSA et SNPTES) se tiennent aux côtés de Vidal et Castex.

Manquent à l’appel FO, SUD, la CGT et surtout la FSU qui regroupe les principaux syndicats de l’ESR celui des enseignants-chercheurs (SNESUP) et des chercheurs (SNCS). Le gouvernement se donnait alors une dernière chance en acceptant la main tendue par la direction de la FSU et celle de ses syndicats concernés, qui, après un petit relookage de l’accord avaient demandé un délai d’une semaine pour réunir à nouveau leurs instances et réexaminer leur position.

Mais celles-ci ont été confrontées à une levée de bouclier exprimant le rejet profond que suscite la LPR dans l’ensemble de l’ESR.

Le 15 octobre, la CA du SNESUP et celle du SNASUB rejettent unanimement la signature du protocole. A la CA du SNCS du 16 octobre, les voix pour la signature fondent de 29 à 14, désavouant implicitement le vote plébiscite arraché à la CA du 8 octobre dans des conditions ultra-bureaucratiques.

La FSU ne signera pas !

C’est un camouflet pour tous ceux, le gouvernement et tous ses alliés dans les syndicats, qui voulaient museler les syndicats de l’ESR, les enchaîner à la LPR afin d’anéantir toute possibilité de résistance à la politique de casse de l’ESR et des statuts des personnels.

Il reste que malgré cet échec, rien ne semble pouvoir empêcher le gouvernement de parvenir à ses fins et de faire adopter sa LPR. Que s’est-il passé ces derniers mois pour en arriver là ? Comment arrêter le bras du gouvernement ?

Le lien intrinsèque entre le protocole et la LPR 

Tout d’abord, ce protocole n’est pas une verrue qui est apparue dans la dernière ligne droite de l’adoption de la LPR. Il est, comme l’a dit Vidal, le résultat « d’une grande consultation avec les syndicats » qui a commencé en 2019. Fin novembre 2019, le ministère remet un document titré « LPPR, mesures indemnitaires ». Tous les ingrédients de la « revalorisation » du protocole, basée sur système de primes individuelles y sont déjà présents, y compris le budget de … 92M€ pour 2021 (0.6% d’une masse salariale qui, pour le périmètre concerné, atteint 14Mds€) ! Il faut rappeler qu’à l’époque le gouvernement prétendait compenser ainsi la baisse faramineuse des pensions qui découlaient de son projet de réformes des retraites et de la chute de 74,3% à 16,9% de son taux de cotisation, soit plusieurs milliards d’€ par an.

Ce système de primes est basé sur l’extension aux enseignants-chercheurs et chercheurs des principes fondant le Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (RIFSEEP) applicable chez les BIATSS depuis 2014. Il comprend 3 composantes (une liée aux grades, et deux autres modulables liées aux fonctions et aux résultats (la performance) avec une véritable grille et des critères communs. L’objectif est clairement l’uniformisation pour faciliter, pour tous les corps, les mobilités entre organismes de recherche et universités. Il s’agit de mettre les agents en concurrence et aussi d’enlever tous les freins à la dissolution des organismes et des universités dans de grands « pôles de recherche et d’innovation » concurrentiels et en voie de privatisation.

Ce document « soulève » la question de qui va décider de l’attribution des deux parts variables. La réponse, le ministère l’a donnée avec son projet avorté au CT du MESR en février 2019. Elles ne dépendraient pas d’instances nationales basées sur l’évaluation par les pairs mais des DRH et des supérieurs hiérarchiques. Ceux-ci sont bien plus directement intéressés aux résultats financiers des appels à projet sur lesquels ils prélèvent leur préciput qu’aux résultats scientifiques ! Mais plus radicalement, ils seront incités à récompenser ceux qui vont leur permettre d’accroître leur dotation puisque la LPR prévoit la généralisation du « dialogue stratégique et de gestion » comme mode de financement. Celui-ci vise à ne plus baser la dotation en fonction des besoins (comme le nombre d’étudiants pour les universités ou un budget de recherche pérenne) mais sur une logique de projets et de résultats en adéquation avec la LPR (développement des recrutements hors statuts, de la mobilité public-privé, de l’enseignement à distance, de la création de startups …)

L’aboutissement de « négociations » qui ont pavé la voie à l’adoption de la LPR en procédure accéléré dès la rentrée

Malgré ce contexte explosif, alors que les contours de la LPR commençaient à devenir clairs, les directions syndicales ont accepté de participer de bout en bout en bout à ces négociations.

En décembre 2019 se tient le congrès national de la FSU, le courant Front Unique propose une motion pour que le congrès exige « le retrait pur et simple du projet de LPPR » et se prononce contre la participation à « toute concertation visant à préparer cette loi notamment celle engagée sur les carrières et les primes ». Un dirigeant du SNESUP monte à la tribune pour appeler, au nom du SNESUP et du SNCS, à voter contre cette motion (https://www.snesup.fr/article/congres-fsu-2019-theme-1-du-congres-fsu-intervention-snesup-fsu-lppr-12-decembre-2019).

Les concertations se sont poursuivies pendant que les personnels tentaient par tous les moyens de s’opposer à ce projet de loi. Elles ont continué pendant le confinement, alors même que toutes mobilisations étaient interdites et que les instances syndicales ne fonctionnaient plus. Après la séance du CNESER du 18 juin, il était évident que le gouvernement était déterminé à faire passer sa LPR en force et que dans ce but il était prêt à toutes les manœuvres pour enchainer les syndicats à sa loi. Le conseil des ministres adoptait le projet de LPR le 22 juillet et planifiait son examen en procédure accélérée par le parlement dès la rentrée de septembre.

Le ministère a convoqué les syndicats en plein été pour préparer le protocole inscrit dans la LPR. Le 31 juillet, le secrétaire national de la FSU monte en première ligne pour accepter au nom de la FSU et de ses syndicats (SNESUP, SNCS et SNASUB) la discussion sur ce protocole concocté avec les syndicats pro-LPR. Cela aboutit à un document envoyé par le ministère le week-end du 30 août à la veille d’une ultime séance, le matin du lundi 31 août. Les directions syndicales se sont toutes pliées, sans mot dire, au calendrier du gouvernement.

Sous la pression des personnels, CGT, FO, SUD et FSU ont refusé de signer le protocole LPR

Dès que le contenu du protocole a été connu, le refus de la signature d’un accord qui les lie ouvertement à la LPR s’est exprimé dans tous les syndicats de façon très nette. Fin septembre, la CGT, FO et SUD avaient annoncé leur refus de le signer et aucune des instances des syndicats de la FSU n’avait approuvé la signature. Au Conseil national de la FSU du 22 septembre, Front Unique soumettait une motion contre la signature par la FSU de ce protocole. Contre toute attente, aucun des membres des courants qui se sont exprimé contre la signature dans leurs syndicats respectifs (École Émancipée (EE) dans la SNESUP et le SNASUB ou URIS dans le SNCS) n’ont voté cette motion ni même présenté une motion dans ce sens.

La direction de la FSU a donc eu les mains libres pour négocier une nouvelle mouture du protocole. La nouvelle version est publiée le 5 octobre, avec – sans surprise – des modifications cosmétiques, et fixant comme échéance le 12 octobre. La direction du SNCS, qui n’a jamais caché sa volonté de signer quoiqu’il en coûte, a poussé le zèle jusqu’à convoquer une CA en urgence le 8 octobre pour respecter les délais du gouvernement, alors même que son calendrier en prévoyait une le 16 octobre. La FSU faisait repousser l’échéance d’une semaine, espérant avoir les mains libres pour signer.

Peine perdue, les réactions venant du terrain sont claires, pas question de revenir sur le refus de signer. Elles sont d’autant plus virulentes que la rentrée universitaire est catastrophique : enseignants, IT et BIATSS sont tous les jours confrontés aux conséquences de l’asphyxie financière, du fait qu’aucun financement n’a été accordé pour faire face à la crise sanitaire. Partout les universités doivent opérer des coupes budgétaires parce que le gouvernement ne leur paie plus le glissement vieillesse technicité (GVT) et qu’il est clair qu’avec un tel budget les primes données aux uns seront payées par moins de recrutements, des suppressions de formations et d’heures d’enseignement, etc. Le 15 octobre les CA du SNESUP et du SNASUB confirment unanimement leur refus de signer.

Seule la direction du SNCS a réussi à sauver sa mise à la CA du 16 en appelant à voter contre la motion Front Unique. Pour notre courant ce combat contre la signature devait se mener jusqu’au bout. La CA se devait de prendre en compte les multiples « remontées » de sections, de militants et sympathisants sidérés par la prise de position du 8 octobre. La caution à la LPR dans son ensemble qui généralise le financement par les appels à projet (1) et surtout celle apportées à la fin programmée du statut de la fonction publique via notamment les « tenure track » ne passent pas. A tel point que le SNCS n’a pas osé sortir ses banderoles à la manif du 13 à Paris où beaucoup de précaires étaient présents – sacrifiés sur l’autel de la LPR- de peur « de subir des réactions contre sa position «  !!! Là encore, les représentants des courants EE et URIS (qui s’étaient dissous dans la tendance majoritaire « ensemble » et qui ont leur strapontin à la CA grâce à la direction du SNCS) ont manifesté leur réprobation contre la signature mais … ont refusé de remettre en cause la décision de la CA du 8 et renvoyé leur règlement de compte au congrès du SNCS en décembre.

Conséquence, le 19 octobre, la direction de la FSU a pu se fendre d’un communiqué alambiqué où elle annonce son refus de signer tout en tentant d’en limiter la portée :

« Le SNCS, conscient des insuffisances mais analysant des avancées pour les rémunérations et les carrières des personnels des EPST, s’est prononcé très majoritairement favorablement lors de son instance délibérative du 8 octobre, et a confirmé très majoritairement sa position lors de son instance délibérative du 16 octobre. La FSU respecte les mandats de ses syndicats nationaux. Il appartient au SNCS d’étudier les éventuelles suites à donner à son mandat en dehors d’une signature fédérale. »

Le fait est que, malgré toutes ses manœuvres, la FSU n’a pas signé.

Les pseudo- « avancées » de ce protocole pour justifier le dialogue social

Il est remarquable que toutes les organisations syndicales, signataires ou non, soient d’accord pour créditer ce protocole d’ « avancées » sur les revendications en termes de revalorisations et de carrière. Toutes ces négociations auraient servi à arracher des améliorations ? Le bilan, depuis leur début, en 2019, est tout autre. Loin d’avoir fait baisser les prétentions du gouvernement, elles lui ont permis de pousser son avantage plus loin, il y a inclus les « tenure track », et aussi la prise en charge totale de la LPR. Concernant les revalorisations, il n’a pas bougé d’un iota sur le fait qu’il n’y aurait pas de revalorisation via l’indiciaire et que tout passerait par le régime indemnitaire avec la généralisation des primes liées aux fonctions ou à la performance. Le budget pour 2021 reste identique, il a balayé toute illusion sur le fait que cela s’ajouterait à d’autres augmentations. Par contre il a prolongé son « plan » jusqu’en 2027 avec des promesses qui ne l’engagent en rien, lui permettant de faire miroiter des repyramidages, des revalorisations pour dans … 7 ans, autant dire aux calendes grecques ( voir le dossier de presse du protocole sur le site du ministère).

Alors à quoi sert de mettre en avant des « avancées » si ce n’est pour justifier ces mois de négociations dans le dos des travailleurs de l’ESR ? Pour justifier la poursuite du dialogue social pour des « améliorations » qui se révèlent être des reculs, pour courir après le mirage d’une « bonne » LPPR ?

Un gouvernement en guerre contre les travailleurs

Le bilan de ces mois de négociations démontre que loin d’affaiblir le gouvernement, celles-ci n’ont fait que lui donner les moyens d’accélérer son offensive. Il n’y a rien à attendre de ce gouvernement, son but est de réduire à néant tous les acquis des travailleurs, dans l’ESR comme ailleurs, dynamiter les statuts et privatiser l’université, soumettre recherche et enseignement à la loi d’airain du profit capitaliste. Il sait qu’il est de plus en plus rejeté, c’est pourquoi il a un besoin impérieux de ce dialogue social. Il a besoin de signer des accords avec les syndicats pour mener ses plans destructeurs à leur terme, pour paralyser toute résistance contre lui.

Comme le protocole LPR, le but du Ségur de la santé était, sous couvert d’une « revalorisation »-bidon que les soignants attendent encore, d’associer les dirigeants des organisations syndicales à la mise à sac de leur statut et de l’hôpital public qui se trouve dans un état de délabrement encore plus avancé face à cette deuxième vague de l’épidémie du COVID que la première.

Aujourd’hui il tente la même opération avec le Grenelle de l’éducation contre les enseignants, menant une instrumentalisation tous azimuts de leur émotion face à l’assassinat de l’un des leurs, dans un contexte de dégradation de leurs conditions de travail, produit d’une avalanche de contre-réformes et de campagnes de dénigrement répétées. Blanquer va jusqu’à accuser la communauté universitaire, des organisations syndicales (UNEF, SUD éducation) d’être les « complices intellectuels du terrorisme » voire « des auteurs intellectuels des attentats »!

A bas le protocole ! A bas la LPR ! A bas les coupes budgétaires !

Boycott de toutes les instances et concertations chargées leur application.

Le gouvernement s’apprête à mettre en place un arsenal de décrets, de textes législatifs, de comité de suivi pour mettre en place son protocole et la LPR. Ils vont être à l’ordre du jour des CA, CT etc. Les conseils d’universités sont déjà en première lignes pour les appliquer. Actuellement sont à l’ordre du jour des conseils, les plans de réduction des coûts, l’embauche de contrats de mission. Les élus syndicaux doivent trancher entre primes, embauches, heures de cours etc. Ce n’est pas leur rôle, ils doivent refuser de participer à ces conseils et exiger le dégel des embauches sur postes statutaires, le maintien de toutes les heures de cours et des formations, exigez des postes et des moyens pour faire face aux exigences de la protection sanitaire des personnels et des étudiants.

Face au feu roulant des attaques du gouvernement, plus que jamais les personnels ont besoin de leurs organisations syndicales. Leur rôle n’est pas d’être les agents d’exécution de la politique de casse des statuts, de généralisation de la précarité; leurs directions doivent porter les exigences des travailleurs. Ainsi, la pression des adhérents et des personnels a réussi à imposer à la FSU de ne pas signer le protocole du gouvernement malgré la volonté affichée de ses dirigeants.

La tâche de l’heure est d’imposer le front uni des syndicats de l’ESR, FO, CGT, FSU et de l’UNEF pour la défense inconditionnelle de l’université et de la recherche publique, des statuts et du droit aux études pour les étudiants, des libertés démocratiques et académiques sur les campus.

C’est cette orientation que défend Front Unique et que nous vous appelons à soutenir et à rejoindre.

 

1 Tout chercheur ou enseignant-chercheur peut se reconnaitre dans cette lettre-acte d’accusation de Bruno Canard, chercheur en virologie au CNRS, qui s’est vu refusé ses appels à projet portant sur le coronavirus jusqu’en 2019 !

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8783

 

Lettre de Liaison N° 306 – 28 octobre 2020 :
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Après l’assassinat de notre collègue Samuel Paty, Blanquer déclare : « L’expression « Pas de vague », je ne la supporte plus ». Avec son « Grenelle de l’éducation », il fait appel à la « société civile » pour détruire les statuts enseignants.

La responsabilité des dirigeants des organisations syndicales (FSU, FO, CGT…), c’est de rompre l’ « union nationale » avec le gouvernement:

 

Pas touche aux statuts des enseignants !

Dégel du point d’indice, rattrapage du pouvoir d’achat perdu, augmentation pour tous des rémunérations indiciaires !

À bas le « Grenelle de l’éducation » !

De manière unanime, les enseignants et personnels de l’enseignement public ont été touchés au cœur par l’assassinat de leur collègue Samuel Paty, décapité vendredi 16 octobre par un fanatique, à l’issue d’une cabale montée contre l’enseignant par un parent d’élève et alimentée par un militant islamiste.

Mais c’est avec écœurement qu’ils ont constaté l’instrumentalisation tous azimuts de leur émotion, sans dignité ni respect pour la victime ou pour ses proches, dans le cadre de l’ « union nationale » autour de Macron et du gouvernement. Leur voix – que les organisations syndicales auraient à charge de faire entendre – est noyée, étouffée.

C’est dans le prolongement de cette opération d’ « union nationale » que Blanquer a lancé son « Grenelle de l’éducation » chargé de procéder à une redéfinition du métier d’enseignant : il fait appel à la « société civile » pour décider à la place des enseignants de leurs conditions de travail et de leur rémunération !

 

Samuel Paty : isolé, mis en cause, livré en pâture par sa hiérarchie

Dès le 18 octobre, Blanquer s’est empressé de disculper le rectorat de Versailles dans la gestion de la cabale dirigée contre Samuel Paty : « Bien sûr qu’il y a eu soutien de Monsieur Paty. J’ai parlé avec la principale, avec la rectrice, j’ai vu aussi le travail des inspecteurs.» (Le Figaro, 18 octobre).

Pourtant, les faits communiqués par la presse permettent d’établir comment le professeur d’histoire-géographie a été isolé et mis en porte-àfaux par sa hiérarchie :

    – le 6 octobre, au lendemain du cours de Samuel Paty sur la liberté d’expression, la principale du collège le convoque et lui demande de « s’excuser s’il a été maladroit ». Il est pourtant avéré, désormais, que les calomnies dirigées contre l’enseignant provenaient d’une jeune fille qui n’était pas présente lors du cours concerné !

    – le 8 octobre, le père de cette jeune fille est reçu par la principale en compagnie d’un « imam » accueilli ès qualité, Abdelhakim Sefrioui. Au sortir de cet entretien, ces derniers diffusent des vidéos sur les réseaux sociaux : le professeur est qualifié de « voyou », ses coordonnées sont diffusées…. et Sefrioui annonce des sanctions de la part de l’Inspection académique !

  • – le 9 octobre, Samuel Paty est à nouveau convoqué au bureau de la principale, en présence d’un inspecteur pédagogique, pour un « rappel » sur « les règles de la laïcité et de la neutralité ». La principale reçoit ensuite les parents d’élèves en l’absence de l’enseignant et diffuse un mail d’ « apaisement », aux antipodes d’une défense du professeur.

  • – le 12 octobre, Samuel Paty se rend au commissariat sur convocation des services de police « concernant la plainte d’un parent d’élève pour « diffusion d’images pornographiques ». » (AFP, 20/10). Si la principale fait part de « d’appels menaçants depuis ce cours et des tensions autour du collège », c’est en son seul nom que l’enseignant porte plainte pour diffamation.

  • – la presse fait état d’une note des renseignements territoriaux des Yvelines datée du même jour : cette note « conclut que la communication entre la direction et les familles a permis d’apaiser les tensions, tensions principalement dues aux deux hommes qui se sont présentés. » (BFM, 19/10). Quatre jours plus tard, Samuel Paty est assassiné.

    Du 5 au 16 octobre : 11 jours aux cours desquels Samuel Paty n’a jamais bénéficié de la protection fonctionnelle que le rectorat devait lui accorder, a été laissé non seulement seul, mais traité en suspect par sa hiérarchie. 11 jours au cours desquels la cabale contre lui a pu se développer.

    C’est un scénario familier pour tous les enseignants : celui qui a donné naissance à l’expression « pas de vague » et qui fait des ravages dans la profession. Blanquer déclarait sur Europe 1 le 21 octobre à ce sujet : « Vraiment cette expression, je ne la supporte plus ».

    Et pourtant : si le rectorat de Versailles avait appliqué les lois existantes (droit pénal, laïcité, protection des fonctionnaires et respect des programmes nationaux) Samuel Paty aurait bénéficié d’une protection et d’une défense de sa hiérarchie, ses détracteurs auraient été rappelés à la loi et sanctionnés !

    En lieu et place d’une « union nationale » avec le gouvernement, la responsabilité des dirigeants des organisations syndicales devrait être de dénoncer ce scandale étouffé par le ministère !

« L’Éducation nationale, notre majorité l’a particulièrement choyée, et nous allons continuer de le faire » (Castex à l’Assemblée Nationale le 20 octobre)

Dès lors qu’il a procédé à son auto-disculpation, le gouvernement a besoin d’un « fautif » : bien vite, ce dernier est trouvé… il s’agit des enseignants. En rangs serrés, les chiens de garde se relaient dans les médias pour mettre les enseignants en cause : « autocensure », « manque de formation » voire de « courage »… En somme, si Samuel Paty a été décapité, c’est parce que les enseignants ont peur d’enseigner, ou enseignent mal.

La volonté de mettre les enseignants en coupe réglée, de les transformer en courroies de transmission pures et simples de la propagande gouvernementale, de mettre à mort leur liberté pédagogique s’incarne déjà au travers de l’organisation de la rentrée du 2 novembre.

Mais Blanquer va encore plus loin en proférant des attaques inadmissibles contre des enseignants et des organisations syndicales : il accuse la communauté universitaire, des organisations syndicales (UNEF, SUD éducation) d’être les « complices intellectuels du terrorisme » ! Et pour être encore plus clair, il conclut : « Je serai d’une très grande fermeté face à tous ceux qui, aujourd’hui, en se croyant progressistes, en réalité font le tri d’une forme de tolérance à la radicalité » (Europe 1, 22/10).

Ces menaces sont très concrètes : lors de la mobilisation des enseignants contre la tenue des E3C, Blanquer avait déjà accusé les enseignants mobilisés d’être « radicalisés » et « anti-républicains ». À Melle (79), dans l’académie de Poitiers, 4 enseignants sont menacés d’une sanction disciplinaire malgré l’opposition unanime de toutes les organisations syndicales. Malheur à quiconque s’oppose aux injonctions ministérielles !

L’auto-célébration du gouvernement culmine dans cette déclaration de Castex à l’Assemblée Nationale : « L’Éducation nationale, notre majorité l’a particulièrement choyée, et nous allons continuer de le faire » . Chacun connaît le bilan de ce gouvernement en la matière : droit aux études supérieures liquidé à travers Parcoursup, bac national détruit, contre-réforme des lycées, celle des lycées professionnels au bénéfice de l’apprentissage patronal, suppressions de postes par milliers, contre-réforme de la formation des enseignants, liquidation des commissions paritaires, « réforme »-destruction des retraites, gel du point d’indice…

C’est bien cette politique de démolition méthodique de l’enseignement public que le gouvernement entend « continuer ».

Blanquer fait appel à la « société civile » pour s’en prendre aux salaires et aux statuts… avec la caution des directions syndicales !

De la même manière que les « parents d’élèves » sont utilisés contre les enseignants pour mettre ces derniers en coupe réglée, Blanquer pousse aujourd’hui l’avantage de l’ « union nationale » pour lancer son « Grenelle de l’éducation » : il place tous les travaux de ce processus sous la houlette de représentants de la « société civile ». Comme de juste, ces « personnalités » font la part belle aux affidés du gouvernement ou au patronat : ainsi Pascal Papé, ancien rugbyman mais surtout PDG d’une entreprise de « consulting » pour les entreprises. Les enseignants savent depuis longtemps à quoi s’en tenir sur la « revalorisation » « concertée » depuis des mois avec les dirigeants syndicaux : la somme déjà dérisoire de 500 millions d’euros annoncée fin 2019 s’est réduite dans le projet de budget 2021 à moins de 400 millions. Une misère, dont la répartition via une augmentation des rémunérations indiciaires a été écartée dès le départ et qui doit être concentrée sur les premiers échelons sous la forme de primes.

Mais Blanquer prévient : l’objectif est de « réfléchir aux modernisations de l’éducation nationale, pas seulement à l’amélioration de la rémunération, mais aux différents aspects de reconnaissance, les différents parcours personnels et enjeux de carrière, de santé, et de sécurité » (Les Echos, 22/10), en somme « une évolution profonde des métiers des personnels de l’Éducation nationale » – démolir ce qui reste des statuts enseignants, où le cœur du métier reste défini par la définition du temps de travail en heures de cours, et substituer un système de primes discrétionnaires à la rémunération indiciaire pour tous.

Qu’on en juge aux intitulés des « commissions » mises en place : « mobilités », « déconcentration et autonomie », « numérique », « valeurs de la République », « gouvernance des écoles et des établissements », « encadrement », « collectifs pédagogiques »… tout se situe dans le prolongement des contre-réformes. C’est pour permettre la poursuite de la démolition méthodique de l’enseignement public, pour transformer les enseignants en factotums pédagogiques soumis à une hiérarchie plénipotentiaire que le gouvernement s’en prend aux statuts enseignants. Ces travaux se situent en opposition frontale avec les revendications des enseignants : en quarante ans, c’est jusqu’à 40% de leur pouvoir d’achat qu’ils ont perdu !

Le « Grenelle de l’éducation » constitue ainsi la pointe avancée de toute la politique gouvernementale. La stratégie employée par le gouvernement dans l’enseignement public est identique à celle qui est employée dans les hôpitaux publics à travers le « Ségur de la santé », dans la recherche publique et l’enseignement supérieur au travers de la « Loi de programmation pour la recherche » : sous couvert d’une « revalorisation »-bidon que les travailleurs concernés cherchent encore, il s’agit d’associer les dirigeants des organisations syndicales à la mise à sac des services publics et des statuts.

Or, le gouvernement s’est heurté dernièrement, dans l’enseignement supérieur, à une difficulté : sous la pression des personnels, les syndicats CGT, FO, et surtout FSU majoritaires parmi les enseignants-chercheurs et les chercheurs ont refusé de signer le « protocole salarial » associé à la LPR, sous la pression des syndiqués et malgré la volonté de signer affichée par les dirigeants. Un obstacle que Blanquer ne peut se permettre de rencontrer dans l’enseignement public, où le SNES, le SNUipp, le SNEP sont incontournables.

Alors, les enseignants et personnels doivent se saisir de leurs organisations syndicales pour dénoncer les positions telles celle de Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, au sujet du Grenelle de l’éducation : « Le point positif c’est le mot « reconnaissance » utilisé par JM Blanquer » (Café pédagogique, 22/10) ! Et si le dernier numéro de l’US, le bulletin du SNES réussit à ne pas même prononcer le mot « Grenelle de l’éducation », on découvre en pages intérieures que la concertation sur le Grenelle a en réalité déjà commencé. Il faut donc exiger des directions syndicales, encore engoncées dans l’ « union nationale » : rompez avec le gouvernement !

 Ce que veulent les enseignants et que les syndicats doivent reprendre à leur compte, ce sont les exigences : Bas les pattes devant nos statuts ! Dégel du point d’indice, rattrapage du pouvoir d’achat perdu, augmentation pour tous des rémunérations indiciaires ! Ces revendications sont incompatibles avec la participation au dispositif gouvernemental : c’est pourquoi les dirigeants syndicaux doivent cesser de participer à toutes les « concertations » sur ce terrain et se prononcer sans équivoque : À bas le Grenelle de l’éducation !

 

 

 

Lettre de Liaison N° 305 Enseignement Supérieur et Recherche – 14 octobre 2020 :
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A bas la signature du protocole LPR !

Jusqu’au bout il faut combattre contre la signature de la FSU !

 

Sur une photo du 12 octobre, publiée sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR), on voit Castex brandir, comme un trophée, le protocole d’accord dit de « revalorisation de l’ESR », partie intégrante de la Loi de Programmation de la Recherche (LPR). Il pose avec Vidal devant le siège du gouvernement, avec à leurs côtés, les représentants des 3 syndicats signataires, CFDT, SNPTES et UNSA – 3 syndicats ouvertement pro-LPR. Vidal dans un message évoque : « un moment historique, résultat d’une grande concertation avec les syndicats ». Le gouvernement prétend que cet accord est majoritaire. Pourtant, alors qu’il avait fixé une ultime limite à cette signature, il l’a repoussée au 19 octobre pour que la FSU puisse, a posteriori, apposer sa signature.

En effet « majoritaire » ou pas, il est d’une importance primordiale pour le gouvernement que la FSU signe cet accord parce qu’elle regroupe les principaux syndicats de l’ESR celui des enseignants-chercheurs (le SNESUP) et des chercheurs (SNCS). Avec cette signature il s’agit d’anéantir toute possibilité de résistance à la LPR en les enchaînant à l’adoption et à l’application de sa loi.

Car le gouvernement sait que la LPR est massivement rejetée parce qu’elle programme la généralisation de la précarité, la mise en concurrence à tous les niveaux avec les appels à projets tant pour la recherche que pour les formations, l’asservissement de la recherche au profit des entreprises privées, la liquidation des libertés académiques, la dislocation de l’ESR en « universités » régionales concurrentes et privatisées.

Le volet « social» de la LPR n’est rien d’autre que le dynamitage des statuts avec la fin programmée des recrutements sous le statut de fonctionnaires, et, en guise de revalorisation, un système de primes individuelles basées sur la concurrence dans le zèle à appliquer la politique de la LPR. Le confinement a stoppé net la mobilisation dans l’ESR, et le gouvernement a profité de la crise sanitaire et des vacances pour accélérer sa procédure d’adoption. La préparation du protocole s’est faite pendant les vacances dans le dos des personnels de l’ESR et il a été publié le 31 août pour être signé avant la discussion de la LPR à l’AN le 21 septembre.

Car dans l’ESR comme ailleurs, malgré la haine qu’il suscite, le gouvernement peut avancer dans son offensive parce qu’il prend appui sur la participation sans faille, jusqu’à l’association à ses projets, des directions syndicales. Dans les entreprises, alors que les plans de licenciements se multiplient, les accords dits « de performance collective » servent à les associer et à paralyser toute résistance à la liquidation d’acquis, à l’augmentation du temps de travail, à la baisse des salaires et aux licenciements. Quant au Ségur de la Santé, derrière des annonces d’augmentation toujours en attente, il s’agit de lier les syndicats au dynamitage statutaire de la fonction publique hospitalière qu’il prévoit (négociation locale du temps de travail et son annualisation, salaire lié à la performance, augmentation du plafond des heures supplémentaires etc.).

Une telle compromission des directions syndicales avec le gouvernement pour appliquer la LPR s’est heurtée à une franche opposition. FO, SUD, la CGT ont refusé de signer, et dans la FSU l’opposition s’est exprimée jusqu’au niveau des instances nationales des 3 syndicats FSU de l’ESR. La CA du SNESUP a affiché dès le départ son refus net de signer. Même le secrétaire national du SNCS, ouvertement pour la signature, n’avait pas réussi à obtenir le blanc-seing pour signer de la CA qui s’est tenue le 18 septembre. La CA du SNASUB se prononçait aussi contre la signature.

Mais la direction de la FSU a décidé de mener jusqu’au bout une bataille pour vaincre cette résistance pour porter secours au gouvernement Macron-Castex-Vidal. Elle a annoncé que les instances de ses syndicats allaient se réunir une nouvelle fois pour revoir leur position sur la signature. Elle s’appuie en cela sur le la capitulation de la CA du SNCS réunie à nouveau le 8 octobre. Ce jour-là, la direction du SNCS, en multipliant les manœuvres bureaucratiques, est parvenue à extorquer une approbation pour la signature. Elle prétend que cet accord prend en compte certaines revendications dont l’augmentation de la prime des chercheurs jusqu’à 6400€ annuel, tout en oubliant de préciser que c’est pour … dans 7 ans.

Seule promesse à peu près fiable, une augmentation de 1000€ en 2021 de la prime « statutaire » pour les chercheurs et enseignants-chercheurs, sans garantie aucune qu’elle soit maintenue … l’année suivante. C’est brader à vil prix les statuts et les garanties que ce protocole sacrifie en échange ! En effet les chiffres parlent d’eux-mêmes, le gouvernement promet 92 M€ par an, c’est 0.6 % d’une masse salariale de l’ESR qui atteint 14 Mds€. En réalité il programme une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat et une compétition grandissante sur les primes. Quant aux personnels techniques, que valent les promesses les concernant au regard du budget annoncé ? 18 M€ en 7 ans, 3% de l’enveloppe totale de ce plan, alors qu’ils constituent plus de la moitié des travailleurs de l’ESR !

Malgré toutes ses manœuvres, la direction de la FSU et tous ses affidés dans les syndicats nationaux de l’ESR n’ont pas encore réussi à venir à bout des résistances à la signature de ce protocole inique. Jusqu’au bout le combat contre la signature doit être mené.

Pour se battre contre le feu roulant des attaques du gouvernement qui veut réduire à néant tous leurs acquis, pour vaincre et arrêter le bras du gouvernement Macron-Castex-Vidal, les travailleurs ont un impérieux besoin de leurs organisations syndicales mais pour cela il doivent se les réapproprier, imposer que leurs directions se soumettent aux exigences des travailleurs et non à celles du gouvernement ! Voici ce qui est au cœur du combat mené aujourd’hui contre la signature du protocole LPR dans l’ESR.

 

 

 

Lettre de Liaison N° 304 – 28 septembre 2020 :
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Au Conseil national de la FSU des 21 et 22 septembre 2020, le courant Front Unique est intervenu :

– Pour que la FSU se prononce pour le refus de signer le protocole dit de revalorisation des personnels de l’ESR qui s’inscrit dans le cadre de la LPR ;
– Pour que la FSU refuse de participer au « Grenelle des professeurs » organisé par Blanquer qui, sous couvert de pseudo-revalorisation, vise à redoubler les attaques contre les enseignants, leurs statuts et tout ce qui s’y rapporte.

 

Intervention du courant Front Unique dans le débat général (21 septembre 2020)

La crise sanitaire a déchaîné la crise économique et toutes deux ravagent la planète avec les pires attaques contre les travailleurs, les jeunes et les populations.

En France, les plans de licenciements se multiplient, les accords dits de performance collective conjuguent liquidation d’acquis, augmentation du temps de travail, baisse des salaires et licenciements.

Le gouvernement Macron-Castex veut exploiter les circonstances pour aider le patronat à porter des coups historiques au prolétariat. Il veut aussi accentuer les attaques contre les fonctionnaires, leurs statuts et ce qu’il reste des règles nationales quant à leur temps de travail, leur rémunération, leurs conditions de travail, leur déroulement de carrière.

Il déchaîne la répression contre les travailleurs qui tentent de résister. Tout est prétexte pour déployer les flics contre les manifestants, contre ceux qui ne portent pas de masques, jusqu’au sein des établissements scolaires. Nous devons dénoncer et combattre la persécution orchestrée par Blanquer contre nos collègues de Melle.

La scandaleuse condamnation de notre camarade Olivier Sillam témoigne de la marche ininterrompue à l’État policier que ce gouvernement poursuit Covid ou pas. Et la nouvelle doctrine policière qui consiste à « aller au contact » et intervenir dans les manifestations n’est que la systématisation de ce qui a été pratiqué à Nice et ailleurs.

La détermination gouvernementale contre les migrants ne connaît pas de trêve. Signalons la récente interdiction préfectorale aux organisations humanitaires de livrer des repas à ceux de Calais. Et avec le projet de loi sur le « séparatisme », Macron poursuit le pillage du programme du RN.

Le gouvernement reste pleinement concentré sur sa politique réactionnaire en faveur exclusive des capitalistes. Son plan de relance en est l’illustration avec des dizaines de milliards en faveur des capitalistes, la mise à disposition d’apprentis sans bourse déliée etc.

Mais affaibli par la haine croissante qu’il suscite, pour poursuivre et amplifier ses attaques, il a besoin du soutien des directions des organisations syndicales. C’est pourquoi dès le départ, Castex a insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue social avec elles. Le 16 juillet il a organisé une conférence du dialogue social qui a permis aux dirigeants de FO et de la CGT de se féliciter du changement de ton du gouvernement.

Pourtant celui-ci n’a nullement renoncé à ses contre-réformes. Pour l’assurance chômage les mesures ont été simplement différées. Quant à celle des retraites, il a commandé au Conseil d’orientation des retraites (COR) un nouveau rapport pour justifier des mesures drastiques contre les actifs et les retraités.

Notre fédération doit quitter le COR, instrument du gouvernement.

Quant au Ségur de la Santé, derrière des annonces d’augmentation toujours en attente, le principal objectif du gouvernement, c’est le dynamitage statutaire de la fonction publique hospitalière qu’il prévoit (négociation locale du temps de travail et son annualisation, salaire lié à la performance, augmentation du plafond des heures supplémentaires etc).

Dans la même perspective, les annonces de financement en moins, le gouvernement prépare un « Grenelle » dans l’Education. Là aussi, il s’agit pour lui de porter de nouveaux assauts contre les statuts des personnels.

Aussi, notre fédération et ses syndicats doivent refuser de participer à ce « Grenelle ».

Aujourd’hui, s’ouvre en procédure accélérée l’examen de la LPR (Loi de programmation de la recherche) à l’Assemblée Nationale. Son contenu est totalement conforme au projet LPPR qui avait suscité une forte mobilisation pour son retrait parmi les étudiants et les personnels de l’Enseignement supérieur et la recherche.

Au moment où le gouvernement laisse les universités gérer une rentrée catastrophique, sa seule préoccupation est de faire passer sa LPR. Pour cela, il a concocté un projet de protocole dit de revalorisation dont l’objectif majeur est d’associer les dirigeants syndicaux qui le signeraient à l’adoption de la LPR.

La CA du SNESup du 10 septembre, unanime, qualifie ce protocole ainsi : « Une « revalorisation » conditionnée à l’acceptation de la LPPR : un chantage inacceptable » et en conclut : « Le SNESUP-FSU s’oppose à la signature d’un accord qui pose comme préalable l’acceptation de la LPPR ».

D’autres syndicats de notre fédération sont aussi sollicités pour apporter une caution au gouvernement par une éventuelle signature.

Notre fédération qui est engagée sur cette question doit refuser cette signature.

Présentation de la motion : Non à la signature du protocole LPR

Au moment d’une rentrée universitaire catastrophique, le gouvernement n’a qu’une préoccupation : faire passer sa LPR.

Il sait qu’elle est massivement rejetée, le confinement a stoppé net la mobilisation dans l’ESR, et il a dû profiter de la crise sanitaire et des vacances pour accélérer sa procédure d’adoption.

C’est pourquoi il cherche à obtenir la caution des directions syndicales avec la signature d’un accord qui valide sa loi.

En effet, le titre complet du protocole est : « Projet de loi de programmation pour la recherche [=la LPR] : « Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières »

La CA du SNESUP a déclaré : « Une « revalorisation » conditionnée à l’acceptation de la LPPR : un chantage inacceptable » et s’oppose à la signature d’un accord avec un tel préalable.

Le dernier tract intersyndical de l’ESR dénonce qu’il s’agit de : « faire acter en force les dispositifs de précarité prévus dans la LPR en « échange » de promesses d’augmentation de primes largement individualisées. »

En fait, acter la disparition des recrutements sur les statuts de la fonction publique, et côté « revalorisations », les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le gouvernement promet 92M€ par an, c’est 0.6 % d’une masse salariale de l’ESR qui atteint 14 Md€. La part pour le personnel technique serait de 12 M€ : en moyenne 10€/mois et par agent !

La sélection se fera sur les critères de la LPR qui s’attaquent aux libertés académiques et met tout le monde en concurrence : sur les appels à projet, l’implication dans le privé, dans l’enseignement numérique, accepter toujours plus de travail, etc.

Le protocole planifie l’application du RIFSEEP aux chercheurs et enseignants-chercheurs et l’augmentation des parts variables pour les IT et BIATOS.

Pourquoi ce CDFN doit se prononcer ?

Parce que la FSU est directement impliquée :

Ainsi Benoit Teste répondait le 31 juillet aux sollicitations du ministère, au nom de la FSU :

« la FSU, avec ses syndicats concernés (SNESUP, SNCS, SNASUB), participera aux discussions que vous vous apprêtez à ouvrir, sans que cela ne préjuge d’un futur éventuel accord sur le contenu du protocole qui en résultera. »

Le CDFN doit se prononcer contre la signature de ce protocole.

C’est ce que veulent syndiqués, et au-delà tous nos collègues. Ainsi à Grenoble, la section SNCS, l’intersyndicale du campus CNRS, l’AG FSU du campus universitaire, tous se sont prononcées à l’unanimité contre la signature.

Aucun ne comprendrait, qu’alors qu’ils se battent contre la LPR, contre les effets délétères de la politique gouvernementale, notre fédération accepte en leur nom un tel accord.

 

Motion : Non à la signature du protocole LPR

 Le CDFN de la FSU, réuni les 21 et 22 septembre 2020 à Bobigny, se prononce contre la signature du protocole d’accord « Projet de loi de programmation pour la recherche (2021-2030) : Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières » qui vise à faire valider par la FSU, la LPR. 

 (Pour : 8 ; Contre : 59 ; Abst : 0 ; NPPV : 21)

Présentation de la motion : Aucune participation au « Grenelle des professeurs »

Une intervention [celle du co-secrétaire du SNUipp] faite à la tribune hier sur le « Grenelle des professeurs » indiquait : « Des moyens dérisoires, pas pour tout le monde et avec des contreparties »

Mais que sont ces supposées contreparties ? Le projet de texte Action évoque :

« des annonces sur une redéfinition des métiers dans le sens d’une plus grande individualisation et d’un alourdissement des missions »

Et encore :

une « « revalorisation » qui induirait le recours accru à la précarité, qui reposerait sur une individualisation des rémunérations basées sur le mérite, qui serait conditionnée à la dénaturation des métiers »

Le texte Action affirme que la FSU n’acceptera pas de telles mesures.

Mais ce qui justifie pour le gouvernement ce « Grenelle », c’est l’attaque en règle contre les statuts, les métiers et tout ce qui subsiste encore après la liquidation du rôle essentiel des commissions paritaires.

Rappelons que pendant tout le processus qui allait conduire à la Loi de transformation de la Fonction publique, et dont l’aboutissant était connu dès le départ, le gouvernement n’attendait pas des directions syndicales et en particulier de celle de notre fédération qu’elles approuvent son projet. Il lui suffisait qu’elles acceptent de participer à tout le processus jusqu’à son adoption. Et hélas, c’est bien ce qui s’est produit.

En cette rentrée, avec la crise sanitaire, nos collègues sont confrontés à des difficultés et des souffrances extraordinaires pour simplement tenter d’exercer leur métier.

Ils subissent également les contre-réformes qu’ils ont combattues et qui s’appliquent sans relâche.

Et encore une fois Blanquer se manifeste par son cynisme en parlant d’une « rentrée de la joie ».

Comment notre fédération, ses syndicats pourraient-ils entrer dans des discussions avec le gouvernement Macron-Castex sur une « transformation profonde du système éducatif » selon les mots de Blanquer.

Alors la responsabilité de notre fédération est de refuser toute participation à ces discussions programmées par le « Grenelle des professeurs ».

Notre Fédération pourra alors mener une campagne contre le gouvernement pour exiger :

– l’augmentation du point d’indice et le rattrapage du pouvoir d’achat perdu depuis des années,

– la suppression de la journée de carence,

  • de véritables revalorisations dans le respect des statuts des personnels.

 

Motion :
Aucune participation au « Grenelle des professeurs »
Fin août, Blanquer a annoncé la tenue d’un « Grenelle des professeurs ». Pour le gouvernement, il s’agit, après toutes les contre-réformes déjà réalisées contre l’enseignement public, de porter de nouveaux coups contre les statuts des enseignants (règles de rémunération et de nomination, obligations de service etc).
Le CDFN de la FSU, réuni les 21 et 22 septembre 2020 à Bobigny, rejette cette opération et se prononce contre toute participation au « Grenelle des professeurs ». (Pour : 13 ; Contre : 45 ; Abs : 0 ; NPPV : 31)

 

     

     

  • Vous lirez ci-dessous la motion soumise par les élus FRONT UNIQUE lors de la CAN du SNASUB-FSU du 29 septembre 2020. Il faut noter qu’au delà de nos interventions certains élus au sein de la CAN se sont exprimés contre la signature, conduisant la direction du syndicat à modifier sa motion d’actualité pour écrire : « C’est dans ce sens que le SNASUB-FSU ne peut signer le projet de protocole »

    • Non à la signature du protocole LPR

      Au moment d’une rentrée universitaire catastrophique, le gouvernement n’a qu’une préoccupation : faire passer sa LPR.

      Il sait qu’elle est massivement rejetée, le confinement a stoppé net la mobilisation dans l’ESR, et il a pu profiter de la crise sanitaire et des vacances pour accélérer sa procédure d’adoption.

      Aujourd’hui, il cherche à obtenir la caution des directions syndicales avec la signature d’un accord qui valide sa loi.

      C’est l’objet du protocole dont le gouvernement a fourni deux premières versions. En effet, le titre complet du protocole est : « Projet de loi de programmation pour la recherche (la LPR) : « Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières »

      Le protocole concerne aussi bien les enseignants-chercheurs que les chercheurs et les BIATSS.

      L’ensemble des mesures visent à faciliter la casse des garanties statutaires inscrites dans la LPR.

      Cela signifie notamment :

      -Généralisation des recrutements par tenure-track en lieu et place des postes d’Enseignants-chercheurs (EC) sur statut

      -Accroissement des primes liées à la performance chez les EC et les chercheurs

      -Hausse de l’IFSE chez les BIATSS conditionnée à la mise en œuvre du Complément indemnitaire annuel (CIA) la prime à la performance.

      Les repyramidages envisagés chez les BIATSS ne concernent que certaines BAP ITRF ignorant la demande de requalification des autres BAP et des filières AENES et BIB soit 85% des agents!

      Côté « revalorisations », les chiffres parlent d’eux-mêmes et ne répondent en rien à notre

      revendication de revalorisation des carrières et des rémunérations. Le gouvernement promet 92M€ par an, c’est 0.6 % d’une masse salariale de l’ESR qui atteint 14 Md€… moins que l’inflation!

      Les hausses de prime chez les BIATSS sont symboliques.

      Ce protocole est un chantage inacceptable qui engage les organisations syndicales signataires dans un comité de suivi chargé non seulement d’examiner l’application dudit protocole et des mesures néfastes qu’il contient, mais « plus largement des mesures statutaires et indemnitaires issues de la LPR ».

      Il s’agit bien d’enchaîner les signataires à l’adoption et la mise en œuvre de la LPR.

      Nous refusons de conditionner une hypothétique revalorisation à la casse de nos garanties statutaires et à celle de la recherche et du Sup.

      Rejoignant les prises de position du SNESUP, de la Ferc CGT, Sud Recherche et de la CAA du Snasub d’Aix-Marseille la CAN du SNASUB-FSU, réunie le 29 septembre 2020 se prononce contre le protocole d’accord «Projet de loi de programmation pour la recherche (2021-2030):

      Accord relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières» qui vise à faire valider la LPR par les organisations syndicales. Elle se prononce contre sa signature si le gouvernement entendait maintenir sa volonté de la soumettre l’approbation des syndicats.

      Faire échouer ce chantage du Ministère, ce serait œuvrer à l’affrontement pour le retrait de la LPR et pour obtenir une véritable revalorisation de nos carrières et salaires.

 

 

Lettre de Liaison N° 303 – Supplément Clermont 19 septembre 2020 :
[Version pdf]

COMPTE RENDU DE L’INTERVENTION DES ELUS FRONT UNIQUE A LA CA ACADÉMIQUE DU SNES LE 14 SEPTEMBRE

LA RESPONSABILITE DU SNES EST DE REJETER L’INVITATION DU MINISTRE A PARTICIPER A « L’ARNAQUE » DU GRENELLE DES PROFS

Intervention du courant Front Unique dans le débat général :

 

« Chaque jour, les travailleurs mesurent les effets dévastateurs de la crise économique (en particulier l’augmentation du chômage) dont l’épidémie du Covid 19 n’est qu’un amplificateur. 

Crise du covid qui permet toutes les justifications à la bourgeoisie pour s’attaquer à ce qui reste d’acquis ouvriers. 

Crise du covid qui par ailleurs n’a en rien mis fin aux violences policières, à la répression sous toute ses formes, y compris contre les militants syndicaux, bien au contraire, nous y reviendrons.

Dans son offensive généralisée contre les acquis des travailleurs, le gouvernement Macron Castex Blanquer réserve aussi une place de choix à la destruction de ce qui reste du statut des enseignants à travers son « Grenelle des professeurs » annoncé le 30 août dernier, à l’image du « Ségur de la santé », ce dernier ayant marqué un pas important dans la pulvérisation du statut de la Fonction publique (négociation locale du temps de travail et de l’annualisation, salaire à la performance…. )

Alors, que recherche réellement le gouvernement avec son Grenelle ? 

Augmenter le salaire réel des enseignants par une augmentation du point d’indice ?

Augmenter le nombre de postes statutaires d’enseignants recrutés sur la base de concours nationaux permettant une réduction significative du nombre d’élèves par classe ?

Les enseignants savent bien que non ! Ils savent que derrière l’argument fallacieux d’une prétendue revalorisation salariale des enseignants, le gouvernement vise l’objectif de la liquidation complète du statut.

En présentant le Grenelle, Blanquer ne le cache en rien : « ça passe par une transformation profonde du système éducatif : gestion des ressources humaines… promouvoir l’esprit d’équipe » (Voir Café pédagogique du 31 08 2020).

Traduisons, cela veut dire accentuer l’autonomie, donc le pouvoir des chefs d’établissement dans tous les domaines, avancement, promotions, mutations…

 Cela veut donc dire la multiplication des mutations forcées à l’image de celle d’une collègue du Lycée de Chamalières quelques jours avant la rentrée (réintégrée depuis).

Ce dispositif qui renvoie directement aux méthodes managériales du secteur privé complète évidement la liquidation des commissions paritaires, seules à même de permettre un contrôle réelle par les organisations syndicales et leurs représentants.

Quelle est la position de notre syndicat par rapport à la présence au Grenelle ?

Doit-il se « prêter au jeu » du « dialogue social » avec le gouvernement en rentrant dans les discussions sur « la transformation profonde du système éducatif » alors même que l’objectif du ministre est parfaitement clair ?

Doit-il au contraire refuser de s’inscrire dans ce cadre et tout mettre en œuvre pour faire reculer le gouvernement et sa « contre-révolution scolaire » comme certains la nomment ?

En effet, l’article de Marianne du 11 septembre sur ce sujet et intitulé « Les cinq attaques du duo Macron-Blanquer contre le métier de professeur » dit ce que la direction de notre syndicat ne dit pas. C’est quand même extraordinaire ! Je cite : « Dans ces conditions, l’inquiétude peut être de mise de manière on ne peut plus légitime. Car un des piliers de la contre-révolution scolaire actuellement en marche sous la férule du duo Macron / Blanquer réside dans la remise en cause fondamentale du métier et de l’expertise des enseignants»

L’école ouverte au profit dans toutes ses dimensions passe nécessairement par la casse définitive du statut. Tel est l’objectif réel du Grenelle.

L’article conclut sur « L’arnaque du futur Grenelle ». Est-ce vrai ou faux ?

Frédéric Rolet, secrétaire générale de notre syndicat, a fait preuve de « son scepticisme » sur Europe 1 le lendemain de l’annonce de Blanquer .

Quelle place y a t’il pour un quelconque scepticisme, pour la moindre interrogation, sur les objectifs du Grenelle? 

Sceptique? Pour la direction de notre syndicat les objectifs du ministre seraient ambigus?

Est ce pour cela que rien n’a été encore publié sur le Grenelle par notre organisation ?

Or les discussions devraient commencer en Octobre. C’est tout de suite qu’il faut alerter les collègues, c’est tout de suite qu’il faut prendre position, dénoncer, annoncer que nous ne nous prêterons pas à ce jeu de dupes.

Indiquer d’ores et déjà que le Snes refuse toute participation au « Grenelle des professeurs » est la première des responsabilités de notre direction syndicale. »

La direction académique a appelé à rejeter notre motion (voir plus bas) en expliquant :, « ne pas aller au Grenelle serait une erreur, il faut qu’on y aille pour porter nos demandes, comme la revalorisation du point d’indice, etc ». Chacun peut mesurer déjà les acquis engrangés par le biais du « dialogue social » sur la revalorisation depuis la loi de transformation de la fonction publique !!!.

Sur ce dernier point de la « revalorisation », notons que le secrétariat académique a indiqué vouloir se battre pour obtenir le doublement de l’ISO. S’il apparaît qu’une telle augmentation de l’ISO serait un gain de pouvoir d’achat non négligeable, la seule revendication salariale conforme à la défense de notre statut et qui unifie tous les fonctionnaires est celle de l’augmentation du point d’indice, sans condition. Aujourd’hui, sans condition, cela veut dire, sans contre partie sur la destruction du statut. C’est ce que nous devons défendre !

Nous avons aussi déposé une motion contre la répression syndicale dont est victime O. Sillam (adoptée à l’unanimité) et avons voté une motion en défense du combat des travailleurs de Biélorussie présentée par le secrétariat académique (adoptée à l’unanimité également). 

Motion sur la répression :

Le 9 septembre notre camarade O. Silam a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 5000 euros d’amende pour des slogans dans une manifestation à Nice.

La CA académique du Snes de Clermont exige la relaxe du camarade.

La CA académique exige aussi l’arrêt des procédures judiciaires, et disciplinaires, les mutations d’office pour tous les camarades pour des raisons syndicales.

LLa CA académique estime qu’une campagne nationale publique et nationale contre la répression antisyndicale est nécessaire, tant à l’échelle du Snes, que de la fédération. 13 Pour 0 Contre O Abstention

Motion « Pas de participation au « Grenelle des professeurs » :

La CA académique du Snes considère que cette concertation n’a pour but que de liquider ce qui rest du statut des enseignants.

Le 30 aout dernier, Blanquer a annoncé la tenue d’un « Grenelle des professeurs ».

En conséquence, elle s’adresse à la direction du Snes : « Aucune participation au « Grenelle des professeurs ».

2 Pour 11 Contre 0 Abstention

 

 

Lettre de Liaison N° 303 – Supplément 2 Clermont 19 septembre 2020 :
[Version pdf]

Pour le retrait de la LPR ( Loi de programmation de la recherche), les directions syndicales ne doivent pas signer le « protocole revalorisation »

Le conseil départemental de la FSU 63 s’est prononcé à l’unanimité pour que nationalement la FSU se détermine contre la signature

Intervention d’un représentant du courant Front Unique au conseil départemental le 16 septembre

« Le gouvernement soumet à l’Assemblée Nationale dans quelques jours, le projet de loi LPR sur l’Enseignement supérieur. Ce projet est caractérisé par les organisations syndicales comme un projet de démantèlement de l’enseignement supérieur et de la recherche : suppression des critères de financement égalitaire au profit d’un financement différencié selon la qualité estimé des projets, donc différenciation en « pôles d’excellence » et facs misérables, généralisation de la précarité des personnels en particulier à travers l’instauration d’une nouvelle catégorie de précaires : les « tenure tracks » etc.

En même temps, le gouvernement propose aux organisations syndicales de signer un « protocole dit de revalorisation ».

L’intersyndicale a caractérisé elle même ce protocole :

« Aujourd’hui la Ministre tente, à travers un protocole d’accord « relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières » de faire acter en force les dispositifs de précarité prévus dans la LPR en « échange » de promesses d’augmentation de primes largement individualisées » Intersyndicale du 8 septembre

Sans entrer dans le détail, voici ce que contient entre autres ce protocole :

« Un comité de suivi composé des organisations syndicales signataires du protocole d’accord sera chargé de contribuer à l’élaboration des textes réglementaires d’application du présent protocole et plus largement de l’ensemble des mesures statutaires et indemnitaires issues de la LPPR.( devenu LPR suite au Conseil d’État ndlr)

Afin d’accompagner la mise en œuvre de la LPPR sur la durée de la programmation, les parties signataires se réservent la possibilité de convenir d’un commun accord d’un réexamen tous les trois ans pour préciser ou amender les stipulations du présent protocole.Pendant toute la durée de la LPPR, le comité de suivi sera réuni au moins une fois par an en formation élargie aux représentants des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche en présence desquels le présent protocole a été signé. « 

S’agissant de la « revalorisation », voilà ce que dit le protocole :

« .Les revalorisations programmées seront réparties entre ces trois composantes selon le schéma suivant: au moins 55% pour la composante liée au grade, 20% pour la composante fonctionnelle, au plus 25% pour la composante «individuelle. « .

Il s’agit de la fameuse mise en œuvre du « salaire trinôme », qui non seulement abolit le principe statutaire qui lie la rémunération au grade et non à l’emploi, mais qui en plus fait compter pour un quart de la rémunération la « composante individuelle » c’est à dire le mérite apprécié par la hiérarchie.

Cela suffit largement pour dire : en aucun cas, la FSU ne doit à travers ses syndicats signer un tel protocole.

Motion adoptée à l’unanimité :

Le CDFD ( Conseil départemental) de la FSU 63 considérant qu’à travers le « protocole » le gouvernement vise à associer les syndicats à la mise en œuvre de la LPR .

Considérant que notre fédération s’est prononcé contre la LPR ;

mandate son représentant pour que le CDFN ( Conseil National) adopte une position claire de non signature du « protocole »

 

 

 

Lettre de Liaison N° 302 – 29 juin 2020 :

[Version pdf]

Le 14 juin, Macron a donné le signal de lancement d’une guerre-éclair contre l’enseignement public

Pour y faire face, préparer l’affrontement inévitable, les enseignants doivent imposer leur volonté aux dirigeants des organisations syndicales :

  • À bas le « 2S2C » !

  • Retrait de la proposition de loi transformant les directeurs d’école en fonctionnaires d’autorité ! Retrait du projet de décret ouvrant le recrutement des chefs d’établissement au privé !

  • Rupture des « concertations » en vue du saccage de la rentrée 2020

 

Lettre de Liaison N° 301 – 18 juin 2020 : Enseignement supérieur Recherche

[Version pdf]

 

La LPPR : Précarisation, privatisation, concurrence à tous les étages, universités-entreprises, sélection sociale :

La responsabiblité des directions syndicales de l’enseignement supérieur et de la recherche (FSU, CGT, UNEF,…) est de réaliser un front uni pour
Exiger le retrait pur et simple du projet LPPR
Boycotter toutes les instances de concertation et d’application de la LPPR
Organiser l’affrontement avec le gouvernement Macron-Phillipe-Vidal pour obtenir de retrait

 

 

Faisant fi de l’opposition de l’ensemble des personnels de l’ESR, le gouvernement Macron-Philippe-Vidal a décidé de faire adopter son projet Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

Comprenant 28 articles et un rapport annexe (de 47pages !), la LPPR programme :

Un budget taillé pour appliquer la LPPR. Son plan budgétaire n’engage le gouvernement que pour 2021. Il planifie une augmentation ridicule inférieure à celle de l’an dernier ! Il proroge la politique d’asphyxie financière de l’ESR en l’amplifiant, car les budgets iront prioritairement à l’ANR, qui se taille la part du lion (+20%), et au financement de « l’attractivité des carrières » (92M€) c’est-à-dire des primes et des « nouvelles voies de recrutements » hors statut.

La dislocation des statuts et de toutes garanties collectives des personnels avec :

  • La démultiplication des contrats précaires avec les « tenure tracks », les CDI de missions, mais aussi dans les entreprises avec les contrats doctoraux et postdoctoraux de droit privé, hors du cadre du code du travail … ;

  • Le renforcement et l’uniformisation des régimes indemnitaires de tous les corps pour « faciliter les mobilités entre les universités et les organismes » de recherche ;

  • L’application du régime indemnitaire aux enseignants-chercheurs (EC) et aux chercheurs (type RIFSEEP) pour y introduire une part variable basée sur l’engagement professionnel et individuel, notamment dans l’enseignement : une façon de faire sauter la référence au 192h de service des EC et d’imposer aux chercheurs à s’engager dans l’enseignement.

La marche accélérée vers la dislocation de l’ESR en « grandes universités » régionales concurrentielles qui échappent au statut public …

La ratification des ordonnances de décembre 2018 pour généraliser la formation d’« établissements expérimentaux », intégrant régionalement des universités, des écoles publiques et privées, des pans des organismes de recherche avec une liberté accrue dans la gestion des personnels (recrutement, primes, mobilité infra), de leur patrimoine, la possibilité de faire payer des prestations de services, d’exploiter des brevets et licences, de commercialiser les cours en ligne, de délivrer des diplômes maison, de fixer librement les frais d’inscription, de créer des filières sélectives … .

fonctionnant comme des entreprises et financées en fonction des résultats avec :

  • L’évolution du mode de financement vers un « dialogue stratégique et de gestion » qui permettrait de ne plus baser la dotation des universités sur le nombre d’étudiants mais sur une logique de projets et de résultats en adéquation avec la LPPR (développement des recrutements hors statuts, de la mobilité public-privé, de l’enseignement à distance, mise en place de « pôles universitaires d’innovation » mêlant formations recherche et entreprises, … création de startup)

  • Tout un arsenal de mesures pour que les personnels se mettent au service des entreprises et appliquent avec zèle la politique du gouvernement, les détournant de leur missions premières de recherche fondamentale et de formation des étudiants : généralisation du financement par appel à projet au détriment des financements pérennes, …, primes d’intéressement, évaluation des « performances » dans la course aux contrats, partenariat et mobilité vers le privé … .

La LPPR est une machine de guerre contre l’enseignement supérieur et de la recherche publique qui vise à saper tous leurs fondements. Un vaste plan de précarisation, de privatisation, de mise en concurrence généralisée pour briser les statuts, concasser le cadre national, les vider leur contenu et les mettre au service des intérêts directs du patronat.

Une exigence s’impose : Retrait pur et simple du projet de LPPR !

 

Le piège du dialogue social

Dans sa lettre du 7 juin adressée au CNESER, la Ministre Vidal explique : « l’ensemble des enjeux de la programmation de la recherche, qu’ils soient de nature législative ou réglementaire ont vocation à faire l’objet d’un dialogue nourri, devant vous en tout premier lieu mais également avec les partenaires sociaux… ». Voilà à quoi servent CNESER, CT, … qui en moins d’un mois doivent se tenir pour qu’elle puisse soumettre son projet de LPPR au conseil des ministres du 8 juillet en se targuant d’avoir « dialogué » avec les « partenaires sociaux ».

Les représentants de la FSU n’ont pas siégé à la 1ère séance du CNESER (qui s’est réuni en 2 fois, les 12 et 18 juin). S’agissait-il de signifier au gouvernement qu’ils refusent de collaborer à sa réforme liquidatrice ? Non ! C’est parce qu’« ils exigent le temps nécessaire à une concertation « en présentiel » pour défendre d’autres mesures, pour une loi de programmation ». Une semaine après, ils participaient à la 2ème séance du CNESER!

Cela donne le véritable contenu des appels intersyndicaux à se mobiliser « pour exiger le retrait de ce texte et obtenir l’ouverture de véritables négociations». Ce qui compte c’est la deuxième partie de la phrase qui enferme la mobilisation dans les filets du dialogue social, terrain où le gouvernement est le maître.

Examens, enseignement à distance, recherche COVID, …

Le gouvernement a profité de sa loi d’urgence sanitaire pour accélérer ses contre-réformes

Comment vouloir encore discuter avec un gouvernement qui a utilisé toutes les ficelles de la loi d’urgence sanitaire pour avancer au forcing dans ses contre-réformes ? Il y a eu la suppression de jours de congés, la prime COVID pour diviser les personnels, le processus de fusions d’universités qui s’est poursuivi (ex : Paris-Saclay est en train de mettre en place une charte-maison pour chaque catégorie de personnels). L’ordonnance 2020-351 du 27 mars a autorisé les chefs d’établissements à déroger au Code de l’Education afin qu’ils organisent les examens par n’importe quels moyens (examens en ligne, QCM, devoirs à la maison, télésurveillance) instaurant les diplômes à la carte et brisant leur caractère national. Pour cela ils se sont appuyés sur la participation de tous les élus syndicaux dans les conseils d’université.

Et le gouvernement entend bien pousser son avantage. Ces examens ont légitimé l’enseignement à distance ouvrant la voie à sa généralisation. Pour les étudiants, le résultat de son test grandeur nature au cours du confinement est catastrophique, particulièrement pour ceux issus des couches populaires. Les enseignants, quant à eux, ont pu mesurer à quel point cela signifiait une dégradation de leur métier, de leurs conditions de travail et de leur liberté pédagogique.

Sur son site le ministère donne la consigne aux établissements de « prévoir des enseignements en distanciel et/ou en présentiel dans une mesure et selon des modalités qu’il leur appartiendra de déterminer et qui leur permettront d’anticiper une éventuelle dégradation des conditions sanitaires. ». L’enjeu : donner encore plus de latitude aux instances universitaires pour définir leurs propres règles, accélérer le processus de suppression de toute référence à un nombre d’heures de cours en présentiel (comme le plancher des 1500 heures en licence) pour vider les diplômes de leur contenu, faire sauter la référence des 192h de service des EC, réduire le nombre d’enseignants, faire des économies sur les locaux, les moyens … et donner libre cours au marché lucratif des cours en ligne.

Le combat pour le maintien de tous les cours en présentiel est partie intégrante de celui contre la LPPR.

Côté recherche, les fonds dédiés à celle sur la COVID l’ont été via des appels à projet à court terme (garantie de résultats en 12 à 18 mois !) avec des sommes ridicules et à budget du MESRI constant. Dans le même temps le patron du trust Sanofi, qui a reçu 1,5 Mds € de CIR en 10 ans, s’est permis de menacer de réserver ses vaccins aux USA parce que les profits y sont plus juteux. L’alpha et l’oméga de la politique du gouvernement Macron-Philippe dans l’ESR est d’en faire un instrument dans les mains du capitalisme français pour faire face à la concurrence des autres impérialismes.

Bref une politique en totale cohérence avec le programme de la LPPR. Prétendre qu’une autre loi de programmation est possible est un leurre et ne peut mener qu’à la défaite ! Et, c’est une évidence, le gouvernement profite que les universités, les labos sont vides de leurs étudiants et de leurs personnels pour faire passer son projet de loi. Il décide de maintenir fermées les universités promouvant le télé-enseignement pour des raisons soi-disant sanitaires alors qu’il ordonne la réouverture des écoles et des collèges!

Comment préparer l’affrontement avec le gouvernement pour le vaincre 

Cette LLPR est un véritable affront, la négation de toutes les revendications. Mais la question que chacun se pose : est comment arrêter le bras du gouvernement ?

La première condition est que les directions syndicales de l’ESR (SNESUP, SNCS, SNASUB, CGT, FO, UNEF, …) réalisent l’unité sur un objectif clair :

  • Retrait pur et simple de la LPPR, il n’y a pas de loi de programmation à discuter avec ce gouvernement;

  • Réouverture de toutes les universités et maintien intégral de l’enseignement en présentiel.

Qu’en conséquence, elles organisent le boycott de toutes les instances de concertation et d’application de la LPPR.

Un tel boycott créerait les conditions de la mobilisation massive et centrale des personnels. Le premier effet serait de faire capoter le calendrier serré du ministère et l’empêcherait de perpétrer ses coups bas pendant les vacances !

Et, pour dresser la force unie de tous les travailleurs de l’ESR (chercheurs, enseignants, ingénieurs techniciens, titulaires et précaires …) avec les étudiants, leur responsabilité est d’appeler dès la rentrée à une Assemblée Nationale des délégués élus par les AG des labos et des facs et préparer une manifestation centrale à Paris au ministère pour obtenir ce retrait.

 

 

On nous informe de l’adoption à l’unanimité de deux motions par le Conseil syndical du SNUipp du Puy-de-Dôme le 9 juin 2020.

La première s’adresse à la direction nationale du SNUipp pour qu’elle se prononce pour le retrait immédiat du projet de loi LREM qui vise à faire du directeur d’école un supérieur hiérarchique.

La deuxième demande aux directions nationales du SNUipp et de la FSU d’appeler à des manifestations pour obtenir l’abrogation de la loi d’urgence sanitaire et de toutes les ordonnances qui en découlent.

Motion Fonction de direction

Face au danger que représente la proposition de loi visant à créer la fonction de directeur ;

Face à l’urgence du combat à mener pour obtenir le retrait de cette proposition de loi,

Conformément aux résultats des enquêtes menées nationalement rejetant massivement la création d’un statut des directeurs,

le conseil syndical du SNUipp-FSU 63, réuni le 09 juin 2020, se prononce pour le retrait immédiat de cette proposition de loi visant à créer la fonction de directeur et appelle le secrétariat national du SNUipp-FSU à faire de même.

Le conseil syndical demande fermement au secrétariat national du SNUipp-FSU de faire savoir au gouvernement que si le projet est maintenu, il appellera, dans les plus brefs délais, la profession à la grève et à la manifestation.

Adoptée à l’unanimité

Motion Loi d’état d’urgence sanitaire

Constatant l’instrumentalisation faite de la pandémie pour maintenir l’état d’urgence sanitaire ;

Constatant que la loi d’état d’urgence sanitaire est un moyen utilisé par le gouvernement pour porter atteinte notamment aux libertés syndicales et au droit à manifester mais également aux conquêtes sociales et aux droits des travailleurs,

le conseil syndical du SNUipp-FSU 63, réuni le 9 juin 2020 demande au secrétariat national du SNUipp-FSU de s’adresser à la FSU pour qu’elle appelle, sans attendre la décision du Conseil d’État, à des manifestations, dans un cadre unitaire le plus large, pour obtenir l’abrogation de la loi d’état d’urgence sanitaire et de toutes les ordonnances qui en découlent.

Adoptée à l’unanimité

Lettre de Liaison N° 300 – 5 mai 2020 :
[Version pdf]

Intervention du représentant Front Unique, professeur des écoles, au CDFN de la FSU par visioconférence

A bas le plan Philippe !

A bas le pseudo-protocole sanitaire !

Les dirigeants de la FSU doivent se prononcer sans détour :

Pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai !

Le confinement avait été décidé à l’improviste, en conséquence de la gabegie sanitaire dont le gouvernement et ses prédécesseurs portent la responsabilité : aucune anticipation, non-renouvellement des réserves stratégiques de masques, des tenues de protection et médicaments notamment.

Pendant toute la période du confinement, le gouvernement a poursuivi sa politique criminelle en libéralisant par exemple le marché des masques au profit de grandes entreprises comme Michelin, Renault ou les grandes surfaces !

Aujourd’hui, ce même gouvernement affirme d’un côté qu’il serait urgent de « déconfiner » sans aucune garantie sanitaire sérieuse, et de l’autre côté il prolonge sa loi dite d’ « urgence sanitaire », ce qui lui permet de légiférer par ordonnance et de poursuivre sans entrave le saccage méthodique du droit du travail et des libertés démocratiques. Il ne combat pas l’épidémie, mais il l’invoque à sa guise pour cautionner sa politique anti-ouvrière !

C’est dans ce cadre que nous sommes sommés de reprendre le chemin des écoles et des bahuts. Nous savons pertinemment que c’est au nom des intérêts économiques du capitalisme français que le gouvernement a décidé de sacrifier les enseignants et les enfants des familles populaires (parce que ce sont leurs parents qui sont envoyés au charbon) ; et de risquer de provoquer la 2ème vague de la pandémie.

Le plan présenté par Philippe et voté au pas de charge par l’Assemblée présente deux caractéristiques fondamentales : le premier, c’est qu’il évacue de lui-même toutes les arguties sanitaires ou sociales invoquées par le gouvernement ; quel sens cela a-t-il d’envoyer les enfants en première ligne du déconfinement si ce n’est d’instaurer une garderie au compte du patronat ? Et d’autre part, c’est la dislocation programmée et consciente de la force constituée par les enseignants et personnels de l’Éducation Nationale qui rejettent massivement la réouverture des établissements scolaires : en étalant cette rentrée par niveaux, en décalant les réouvertures d’écoles, collèges et lycée, avec sa carte des départements “rouges” ou “verts” etc.

Il est donc de la responsabilité de la FSU et de ses syndicats de dénoncer cette politique ! A bas le plan Philippe !

Par ailleurs, il faut prendre très au sérieux les propos tenus par Blanquer dans son interview au

Figaro du 3 mai : « Nous sommes en train d’inventer un système » . L’école « à la carte », en fonction des couleurs de département et des décisions des maires, l’école « au volontariat » des parents, sous contrainte du patronat et du gouvernement qui supprime le droit au chômage partiel, l’école avec des « priorités » pour certaines catégories plutôt que d’autres : c’est la destruction de l’enseignement public. C’est le saccage de toute pédagogie, le saccage des statuts (présentiel/distanciel…), le saccage de toute chance de préparer correctement la rentrée de septembre, ce qui veut dire que ce qui est expérimenté aujourd’hui a vocation à être prorogé !

Cette réouverture crée avant tout les conditions d’un désastre sanitaire, avec un « protocole » qu’aucune autorité scientifique ne cautionne ; qui n’est même pas un protocole, car il dégage toute responsabilité du gouvernement. Ce sont des injonctions ineptes, irresponsables et intenables qui exposent les enseignants en première ligne du point de vue des responsabilités.

Les enseignants se sentent dans l’impasse et l’impuissance parce qu’aucun appel syndical national n’exprime la seule revendication qu’ils veulent entendre : « il est hors de question de reprendre le 11 mai ! ».

Il est de la responsabilité de notre organisation de ne pas laisser les enseignants isolés, reprendre le chemin de l’école lundi, la peur au ventre, la gorge serrée.

Le communiqué de la FSU du 26 avril disait que « les conditio ns ne sont pas réunies pour une réouverture le 11 mai » . Depuis le discours de Philippe, cette appréciation a disparu ! Et les directions du SNES et du SNUipp lui emboîtent le pas, jusqu’à signer, pour cette dernière, un appel lamentable avec le SGEN-CFDT et le SE-UNSA. Ce tournant brutal et bureaucratique, imposé d’en haut, est d’ores et déjà rejeté par de nombreuses sections départementales du SNUipp.

Benoît Teste nous dit que la FSU a déposé un préavis. Mais ça ne rassure pas les collègues ! Ça veut dire : chacun se débrouille dans son coin. C’est la marque de l’abandon d’un mot d’ordre qui unisse, c’est la marque de la volonté d’abandonner tout combat collectif et unitaire face au gouvernement.

Benoît ajoute : « La grève, il ne faudrait pas que ce soit l e moyen principal. Il y a le droit de retrait, le droit d’alerte, il y a différents moyen s. » Mais le droit de retrait, c’est exactement la même chose : les collègues se retrouvent seuls, ce sont des actions individuelles soumises à la pression hiérarchique.

Au contraire de cette orientation, le CDFN doit se prononcer clairement :

Pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai !

A bas le plan Philippe !

A bas le  » protocole sanitaire » !

La FSU doit adresser un véritable ultimatum au gouvernement : si ce gouvernement persiste, il est de sa responsabilité d’appeler nationalement et dans l’unité avec les autres organisations syndicales à la grève pour permettre aux enseignants de résister.

Le courant Front Unique infor me les enseignants et personnels

Défense du pseudo-protocole, refus de se prononcer et d’appeler nationalement à la mobilisation contre le 11 mai : ce qu’ont expliqué les dirigeants de la FSU

En ouverture de ce CDFN sans vote (pour la première fois de l’histoire de la FSU), Benoît Teste a précisé :

« La FSU dépose un préavis de grève à partir du 11 mai pour couvrir les actions collectives destinées à obtenir le respect des conditions sanitaires strictes qui ne pourraient pas s’obtenir dans un autre cadre. L’écriture signifie que de l’avis du secrétariat, le 11 mai, la grève ne sera pas, ou il ne faudrait pas que ce soit le moyen principal pour obtenir les garanties sanitaires et pour contester éventuellement des réouvertures dans un cadre qui ne serait pas sécurisé. Il y a le droit de retrait, y a le droit d’alerte, il y a différents moyens (…) Ce n’est donc pas un appel à la grève, qui par ailleurs pourrait être mal compris, mal interprété. »

Dans sa réponse aux interventions du CDFN, il a ajouté :

Rejet de tous les amendements mettant en cause le pseudo-protocole Blanquer : « Il faut quand même qu’on dise à nos collègues qu’il faut s’appuyer sur ce protocole qui fixe des conditions minimales (…) Il ne faudrait pas qu’on donne l’idée qu’il ne peut pas être un point d’appui (…) Oui on est assez acritiques sur le protocole mais (sa phrase s’arrête, ndlr)… oui il faudra l’améliorer pour septembre. »

La secrétaire nationale du SNES, Frédérique Rolet, est intervenue dans le même sens.

Régis Metzger, représentant de la direction nationale du SNUipp, a indiqué que le pseudo-protocole répondait au besoin d’un cadre sanitaire national, et que l’enjeu était désormais de le décliner localement : « Le SNUipp sera aux côtés des professeurs, par un préavis de grève et autres outils : droit d’alerte, droit de retrait. C’est aux collègues sur place de décider de la reprise ou non. »

Les enseignants et personnels apprécieront.

Supplément à la Lettre de Liaison N° 299 – 30 avril 2020 :
[Version pdf]

On nous communique :

Adresse aux dirigeants syndicaux adoptée à l’unanimité par les enseignants de l’école A. Dumas de Courbevoie (92), réunis en visio-conférence le 27/4/2020

Contre l’avis de l’ordre des médecins ou du « conseil scientifique », contre la volonté d’une immense majorité d’enseignants, de parents d’élèves, le gouvernement Macron-Philippe est déterminé à imposer une rentrée scolaire le 11 mai.

Le 26 avril, le communiqué de la FSU se concluait ainsi : « Dans l’immediat, les garanties sanitaires ne sont pas satisfaites et les conditions ne sont pas reunies pour une reouverture le 11 mai. »

Les enseignants de l’école A. Dumas de Courbevoie (92), prennent acte de cette déclaration et appellent par conséquent la direction de la FSU à adresser d’urgence, dans l’unité avec toutes les organisations syndicales qui refusent le 11 mai, un ultimatum au gouvernement :

  • Pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai !

  • Si le gouvernement persiste dans ses intentions, la responsabilité des organisations syndicales est d’appeler nationalement à la grève le 11 mai.

    ( unanimité des 14 participants )

 

Adresse aux dirigeants syndicaux adoptée à l’unanimité par les enseignants du collège Paul Éluard de Port-de-Bouc (13), réunis en visio-conférence le 28/4/2020

Contre l’avis de l’ordre des médecins ou du « conseil scientifique » précisant que « le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes », contre la volonté d’une immense majorité d’enseignants, de parents d’élèves, le gouvernement Macron-Philippe est déterminé à imposer une rentrée scolaire le 11 mai. Édouard Philippe entend coûte que coûte, présenter et faire voter son « plan de déconfinement » à l’Assemblée Nationale aujourd’hui.

Les enseignants du collège Paul Éluard à Port de Bouc réunis en visioconférence ce 28 avril à 10h savent que cette réouverture représente un risque majeur de seconde vague et une mise en danger directe de la vie des élèves, de leur famille et des personnels.

Il n’y a et il n’y aura aucune garantie que les établissements scolaires aient suffisamment de masques chaque jour, que la population scolaire soit testée régulièrement, que les conditions d’accueil dans les établissements permettent de faire respecter les gestes barrières.

De plus, cette réouverture est le déni de notre métier d’enseignant, quand notre rôle sera essentiellement un rôle de garderie en présentiel et la poursuite d’un télé-enseignement.

Le 26 avril, le communiqué de la FSU se concluait ainsi : «…dans l’immédiat, les garanties sanitaires ne sont pas satisfaites et les conditions ne sont pas réunies pour une réouverture le 11/05 »

C’est pourquoi il est urgent que nos organisations syndicales lancent un ultimatum au gouvernement : « pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai ! »

La responsabilité des organisations syndicales, en premier lieu du Snes et de la FSU, est de reprendre à son compte nos exigences :

  • Pas de réouverture des établissements scolaires le 11 mai !/p>

  • Rupture de toutes les « concertations » mises en place en vue d’organiser cette réouverture.

  • SSi le gouvernement persiste dans ses intentions, leur responsabilité est d’appeler nationalement à la grève le 11 mai !

    (unanimité des 25 présents)

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