Lettre de Liaison N°312 – 25 janvier 2021
Lettre de Liaison N° 312 – 25 janvier 2021 :
| Le gouvernement accentue son offensive d’une violence inédite contre l’enseignement public , les statuts de ses personnels, dans le cadre d’une remise en cause générale des libertés démocratiques. La première exigence : que les directions syndicales, de la FSU et des syndicats nationaux, rompent ce dialogue social mortifère avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal ! |
Contre l’enseignement public et les diplômes nationaux
Le gouvernement Macron-Castex-Blanquer profite cyniquement de la pandémie pour accentuer brutalement une offensive de démantèlement généralisé de l’enseignement public et des statuts :
– dans le primaire : mise en place rampante d’un statut de directeur d’école, supérieur hiérarchique et chargé d’imposer les mesures gouvernementales ; nouvelle offensive contre l’école maternelle ; diminution des postes aux concours de professeurs des écoles pour accentuer le recours aux personnels précaires (contractuels, étudiants)
– dans le secondaire : liquidation des REP remplacés par un système de contractualisation mettant en concurrence les établissements ; parachèvement de la liquidation du bac comme premier diplôme universitaire (Blanquer s’autorise même à changer les épreuves 15 jours avant et étend le contrôle continu aux épreuves de spécialité) et instauration d’une sélection pour l’entrée en fac, avec pour résultat l’éviction des jeunes d’origine populaire ; véritable massacre des contenus disciplinaires et poursuite des suppressions massives de postes.
– dans le supérieur : avec la LPR, réduction des heures de cours et de TD en faisant sauter les normes nationales ; instauration de diplômes « locaux » – utilisant la pandémie pour faire sauter toutes les normes nationales – ; contractualisation des universités avec le ministère aboutissant à des moyens différents selon les universités avec facs pour riches et facs de misère.
Contre les garanties statutaires des personnels
Pour les personnels, enseignants et non enseignants :
– destruction du statut de professeurs stagiaires. Seront mis devant les élèves des étudiants contractuels n’ayant pas encore passé le concours. Pour à peine plus de 800 euros par mois, ils seront mis en responsabilité devant des classes
– liquidation des garanties en matière d’affectation, de mutation, de carrière. Après la liquidation du rôle des commissions paritaires, instauration du management d’entreprise avec en particulier la perspective du recrutement par les chefs d’établissement, objectif central du « Grenelle de l’Education »
– dans le supérieur : dans le cadre de la LPR, nomination par les présidents d’université avec la suppression de la qualification par la CNU ; généralisation de la précarité à travers les « tenure tracks » (personnels surexploités non fonctionnaires avant titularisation éventuelle… pendant 6 ans !)
– expulsion de la Fonction Publique d’État des personnels non enseignants à commencer par les personnels de la Santé scolaire dans le cadre de la loi dite 4D.
Organiser le combat pour défaire l’offensive gouvernementale ou s’associer à cette offensive via le « dialogue social » ?
Force est de le constater : l’offensive gouvernementale se déploie sans obstacle réel. Est-ce parce que, comme le répète à l’envie les dirigeants syndicaux, en particulier ceux de la FSU, parce que les personnels « ne veulent pas se battre » ?
Mais quel est le leitmotiv des directions syndicales ? Cela consiste à réclamer plus de dialogue social, à se plaindre de l’insuffisance de celui-ci alors que le dialogue social n’a pas d’autre objectif que d’associer les directions syndicales aux attaques gouvernementales. D’ailleurs, la réalité, c’est que le « dialogue social » pour la mise en place de la politique gouvernementale est ininterrompue :
– concertation sur la prétendue « amélioration » de la situation des directeurs d’école
– comité de suivi de la réforme du lycée et du bac
– participation quasi jusqu’au bout au « Grenelle de l’Education » et tout à fait jusqu’au bout aux « ateliers de travail » qui en dépendent et qui , méthodiquement programment le détricotage du statut
– participation à toutes les concertations préalables à la LPR et aujourd’hui demande de concertation sur la mise en œuvre des nouvelles procédures de recrutement dans le supérieur (déclaration SNESUP 13 Janvier) etc. etc.
Une telle orientation, assortie de « journées d’action » visant à soutenir ledit dialogue, pave la route du gouvernement et paralyse les possibilités de riposte réel des personnels.
La première exigence : que les directions syndicales, de la FSU, des syndicats nationaux rompent ce dialogue social mortifère avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal !
Cette exigence est d’autant plus impérieuse quand on voit par ailleurs le gouvernement réprimer avec la dernière brutalité les collègues qui cherchent à s’opposer à sa politique : après les sanctions contre les collègues de Melle (même la justice dans ce cas n’a pas pu suivre Blanquer jusqu’au bout), autour des collègues du lycée Mauriac de Bordeaux !
Cette répression s’inscrit dans le cadre de toutes les mesures d’instauration de l’État policier de Macron (loi Sécurité Globale, loi Séparatisme, décrets de fichage généralisé y compris concernant les activités syndicales). Il faut le noter : les syndicats de journalistes, les organisations de défense des droits démocratiques ont été laissés seuls dans leur tentative de se dresser contre les mesures liberticides de Macron en particulier le 17 Novembre dans la manifestation à l’Assemblée Nationale.
Pour que la direction de la FSU, de ses syndicats nationaux rompent avec le gouvernement Macron-Castex-Blanquer-Vidal , pour que les syndicats combattent effectivement l’avalanche de « réformes » destructrices et l’instauration de l’État policier, portez vous candidats sur la liste Front Unique !
(formulaire)
On nous communique :
Adresse à la direction du SNES
Les enseignants du collège Tavan (84), réunis en HIS le 19 janvier 2021 à l’initiative de la section SNES, ont pris connaissance du projet de réforme des concours et de destruction du statut de fonctionnaire stagiaire, qui impliquerait que les étudiants en M2 devraient mener de front 6 heures de cours devant les élèves, la formation INSPE, la rédaction du mémoire et la préparation du concours… pour 865 euros mensuels.
L’architecture globale du projet de réforme de la formation initiale et des concours, à commencer par la mise en responsabilité des candidats, en qualité de contractuels, avant les concours, et l’introduction d’un oral qui relève de l’entretien d’embauche, est inacceptable.
Les objectifs du gouvernement sont clairs : hausse de la précarité, assèchement du recrutement statutaire, formatage. Ce projet de réforme s’inscrit dans la logique de la redéfinition du métier voulue par le ministère.
C’est pourquoi nous demandons au SNES de se prononcer pour le retrait du projet de réforme de la formation initiale et des concours et de quitter le comité de suivi des INSPÉ.
Adoptée à l’unanimité des présents
Appel à nos abonnés, à nos lecteurs,
Au cours des derniers mois, le courant Front Unique a mené un combat intense contre le gouvernement Macron-Castex, lui qui conjugue la marche à l’État policier à la liquidation systématique des acquis ouvriers.
Sur les lieux de travail et dans les instances syndicales, les militants du courant Front Unique ont combattu, en particulier, pour :
– que les dirigeants syndicaux s’opposent réellement à la LPR en refusant de signer le protocole LPR,
– qu’ils boycottent le «Grenelle de l’éducation»,
– qu’ils convoquent une manifestation nationale au siège du pouvoir pour imposer le retrait de la loi «Sécurité globale» et de toutes les lois liberticides.
Pour que les délégués de notre courant puissent continuer à combattre au sein des instances nationales de la FSU, pour soumettre notre orientation au vote des syndiqués cette année, nous devons constituer une liste de 160 syndiqués de la FSU.
Nous appelons nos militants, nos soutiens, nos abonnés et nos lecteurs à nous aider dans cette tâche en se portant candidat
(formulaire)
