Le gouvernement a déjà
annoncé comment allait se traduire les réformes du lycée et du LP en
termes de suppressions de poste. Les 2600 suppressions de poste sont
désormais ventilées par académie. Et même si les annonces officielles de
DHG par établissement ne sont pas encore faites, les collègues savent ou
commencent à deviner comment ces suppressions vont se traduire dans
chacun d’entre eux.
Sans compter que le
principe même de la réforme en particulier en lycée consiste par le
biais de la suppression des filières, à faire en sorte que dans toutes
les spécialités, les groupes constitués soient bourrés au maximum,
aboutissant partout à des effectifs avoisinant voir dépassant les 35
élèves : il s’agit donc d’une dégradation brutale des conditions
d’enseignement pour tous.
Blanquer se livre à un
mensonge cynique pour justifier sa politique : les suppressions de poste
seront "compensées" par l’augmentation des heures supplémentaires. Outre
le fait que l’augmentation des HS programmée est de toute façon bien
loin d’équivaloir en heures aux suppressions, de toute façon ce n’est
pas du tout cela que demandent les enseignants. Ils veulent
l’augmentation de leur salaire par l’augmentation du point d’indice et
non de leur "pouvoir d’achat" par un surcroît d’heures de travail avec
des effectifs surchargés!
Les revendications qui unissent les collègues sont
donc parfaitement claires :
– aucune suppression de poste!
– aucune suppression d’heures, dans aucune
matière!
– et donc abrogation des réformes des lycées et
des LP!
– retrait du projet des 2 HS obligatoires.
Augmentation du salaire de tous par augmentation du point d’indice
Le communiqué intersyndical qui appelle à la
grève le 24 indique : "elles (les organisations syndicales
notamment SNES,SNEP, SNUEP, SNETAP de la FSU, CGT Educ, SUD Education)
appellent lycéens et personnels à une journée nationale d’actions le 17
janvier, afin de construire une grève massive le 24 janvier pour: le
retrait de la réforme des lycées, du baccalauréat et de Parcoursup,
l’abandon du projet de service national universel, l’arrêt des
suppressions de postes, l’augmentation des salaires, le respect de la
liberté d’expression et de manifestation. "
Si tous les enseignants
voudraient pouvoir se féliciter du fait que les organisations se
prononcent pour le retrait des réformes des lycées et l’arrêt des
suppressions de poste, de nombreuses contradictions ne peuvent échapper
:
– Peut-on demander
l’arrêt des suppressions de poste et continuer à aller les "négocier" à
tous les niveaux dans les Comités techniques, dans le cadre parfaitement
contraint de la déclinaison académie par académie de ces suppressions?
– Peut-on demander le
retrait de la réforme et continuer à discuter des modalités de sa mise
en œuvre à tous les niveaux en particulier dans les Conseils
d’administration et les Conseils pédagogiques?
– Ne doit-on pas tirer
les conséquences des appels passés des directions syndicales à élaborer
établissement par établissement la carte des spécialités, à "s’investir
dans la définition des nouveaux programmes", etc? Qui ne voit que cet
appel à collaborer à la mise en œuvre de la réforme n’a rien constitué
d’autre qu’une aide précieuse au gouvernement lui-même?
Et puis une autre
question se pose avec insistance : par quels moyens faire reculer le
gouvernement ? Par la grève de 24 heures? Les enseignants ont de la
mémoire. Ils se rappellent que face à la réforme Hollande Valls
Balkhacem, les enseignants des collèges ont été appelés à pas moins de 6
fois à la grève de 24 heures. Au début ces grèves ont été largement
suivies. Il n’empêche que la réforme des collèges est passée.
Pour les enseignants le
"succès" d’une grève se mesure non aux statistiques sur la participation
mais au fait que le gouvernement recule effectivement sur ses projets,
et sur aucun autre critère!
Dans de nombreux
établissements, localement, les collègues tentent par divers moyens de
s’opposer aux conséquences des réformes. Mais en même temps ils ont
parfaitement conscience des limites très étroites des actions locales.
Dans le meilleur des cas, ils peuvent obtenir le rétablissement d’un
poste ici qui en compensation sera fermé ailleurs.
Il est impossible de
faire reculer le gouvernement sans l’affronter. Il est impossible
d’affronter le gouvernement avec succès sans imposer aux directions des
organisations syndicales qu’elles rompent avec l’accompagnement des
réformes à tous les niveaux (du local au national) dans laquelle elles
sont totalement engagées
Il faut donc leur imposer
qu’elles se mettent au service des enseignants permettent aux
enseignants, de décider au niveau au cela peut être efficace c’est à
dire nationalement ensemble de l’action efficace!
Que dans ce but les
organisations syndicales dans l’unité
convoquent une assemblée nationale des délégués des lycées, lycées
professionnels et collèges qui décident de l’action efficace pour
affronter le gouvernement!
L’offensive contre l’enseignement est partie
constituante d’une offensive violente et multiforme du gouvernement
contre les travailleurs et les libertés démocratiques. A partir du
29 Janvier, l’Assemblée est saisie d’un projet de loi dit "anti
casseurs" qui est une remise en cause sans précédent du droit de
manifester. En février, la même assemblée a à l’ordre du jour un
projet de loi Fonction Publique qui démantèle le statut des
fonctionnaires (salaire au mérite, liquidation des garanties liées à
l’existence des commissions paritaires, véritable "plan social"
visant au départ de dizaines de milliers de fonctionnaires,
recrutement par contrat). Depuis des mois les directions syndicales
participent à la "concertation" visant à l’élaboration de cette
dernière loi. Sur la loi anti casseurs, comme sur la loi Fonction
Publique, la responsabilité des organisations syndicales est au
contraire d’appeler pour le retrait de ces projets à une grande
manifestation à l’Assemblée Nationale pour empêcher les députés de
les adopter
