Lettre de liaison N°282 – 9 novembre 2018

LETTRE DE LIAISON


   
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Pour faire passer sa loi de destruction du statut des
fonctionnaires,

le
gouvernement Macron-Philippe veut que les fédérations de fonctionnaires


signent son « protocole égalité professionnelle dans la Fonction
Publique ».

Il
faut imposer aux dirigeants de toutes les fédérations de fonctionnaires
:

NE
SIGNEZ PAS !

 

 

Le
journal "Le Monde" annonce le 27 octobre : "Olivier Dussopt,
secrétaire d’Etat (…) est parvenu à un accord avec les syndicats à
l’exception de Force Ouvrière, sur un texte qui reprend et renforce les
dispositions du protocole de mars 2013".
 Il s’agit de
"franchir un nouveau cap en matière d’égalité hommes
femmes… grande cause du quinquennat"

Le
gouvernement est d’un cynisme absolu. Sa contre réforme des retraites –
en "concertation" depuis 6 mois avec les directions syndicales veut
liquider le code des pensions. Les règles sur les pensions de réversion
dont bénéficient en majorité les veuves "seront revues", dit 
Delevoye. Le système universel par points détruit notre code des
pensions. Pour les femmes qui ont le plus recours au temps partiel, au
congés parental etc. c’est la double peine. Pour tous les
fonctionnaires, c’est une baisse massive du montant des retraites, mais
les femmes seront encore plus touchées. La première cible du
gouvernement, ce sont les femmes travailleuses!

Et
pourtant, le gouvernement se flatte de l’accord des syndicats (sauf FO)
sur son protocole. Que comprend le dit protocole? Evidemment la
satisfaction d’aucune revendication sérieuse , mais au milieu des 21
pages de fadaises, une phrase décisive :

"La
situation respective des femmes et des hommes fera ainsi l’objet d’un
examen attentif visant à assurer l’égalité de traitement entre les
femmes et les hommes dans le cadre des quatre chantiers engagés par le
Gouvernement au titre de la refondation du contrat social avec les
agents publics, et plus largement dans le cadre des futures réformes
ayant un impact sur les conditions d’emploi des agents publics notamment
dans celle relative aux retraites"

"Dans
le cadre des quatre chantiers engagés par le gouvernement"…

Ce sont les quatre chantiers de démolition du statut : généralisation du
recrutement par contrat (sauf les "fonctions régaliennes", à savoir les
flics, les militaires et les juges), salaire au mérite, "mobilité" des
fonctionnaires, c’est à dire plan de licenciement massif pour arriver
aux 120000 suppressions de poste, liquidation des commissions paritaires
pour arriver au recrutement direct par la hiérarchie.

La
ficelle est grosse ! Signer le "protocole égalité professionnelle"
"dans le cadre des quatre chantiers engagés par le gouvernement",

c’est signer la démolition du statut!

Aucun
enseignant, aucun fonctionnaire ne peut accepter qu’une seule fédération
de fonctionnaires (en particulier la CGT et la FSU, puisque FO a annoncé
qu’elle ne signerait pas)  commette la forfaiture de signer un tel
protocole.

Or rien
n’est joué. Si la direction de la FSU présente le protocole sous le jour
le plus favorable, confirmant les affirmations du Monde, s’il n’y a de
la part de la direction de la CGT  aucun démenti des propos que le Monde
attribue à son dirigeant Canon déclarant : "Il y a des avancées
réelles"
(sic), le gouvernement s’inquiète d’une éventuelle non
signature majoritaire .

Tant que
c’est possible, il faut partout agir  pour imposer le refus de signer
dans l’unité des fédérations de fonctionnaires en particulier CGT FSU FO

(C’est la responsabilité de FO qui ne signera pas d’en appeler dans ce
sens aux autres fédérations)

Un tel
refus créerait une situation  favorable pour combattre pour que les
fédérations de fonctionnaires dans l’unité se prononcent pour le retrait
pur et simple du projet de loi de destruction de la Fonction Publique et
du statut,
 rompent la concertation sur ce projet de loi (qui doit
reprendre après le 6 décembre, date des élections professionnelles), et
organisent le combat des fonctionnaires dans ce but.

Dans
l’enseignement, un tel refus créerait une situation favorable pour
obtenir des syndicats de l’enseignement qu’ils se prononcent pour le
retrait du projet de loi dit de l’ "école de la confiance" qui décline
pour le corps enseignant les attaques contre la fonction publique :

 recours généralisé aux contractuels avec la réforme programmée du
recrutement et de la formation des maîtres, liquidation du barème de
promotions et de mutations contrôlé par les commissions paritaires,
déqualification de l’enseignement avec la possibilité de mettre devant
élèves des AED à Bac+2, annualisation des services, augmentation du
financement de l’enseignement privé sous prétexte d’obligation scolaire
à 3 ans etc.


Multiplions les initiatives en direction des responsables syndicaux
nationaux pour la non- signature du "protocole"!

(prise de position de sections syndicales, pétitions,
adresse aux dirigeants sous diverses formes)

 

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