Lettre de liaison N°274 – 12 novembre 2017

LETTRE DE LIAISON


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Après la casse du code du travail, le gouvernement
Macron-Philippe entreprend une offensive en règle contre la jeunesse. Avec
son projet de loi instaurant la sélection à l’université, il veut remettre
en cause le bac comme 1er grade universitaire. Comme pour les
ordonnances, il s’appuie sur de larges concertations auxquelles les
dirigeants syndicaux ont accepté de participer. Dès à présent, deux
nouvelles séries de concertations s’ouvrent.


La 1ère pour promouvoir l’apprentissage et liquider
l’enseignement professionnel.


La 2nde pour en finir avec le caractère national
et anonyme du bac et pour instaurer une contre-réforme du lycée.

 

La responsabilité de la FSU, du
SNESup, du SNES, du SNUEP, du SNEP,

c’est d’exiger le retrait du projet de loi instaurant la
sélection à l’université

et d’œuvrer à la réalisation d’un front uni pour obtenir
ce retrait.

 

C’est aussi de refuser de participer aux concertations
dont le seul objectif

est de permettre au gouvernement d’atteindre ses objectifs
contre la jeunesse

et contre l’enseignement public.

 


 


Voici l’intervention en ce sens du représentant du courant
Front Unique au Bureau national de la FSU le 9 novembre.

Le gouvernement Macron-Philippe veut atteindre des objectifs
historiques de la bourgeoisie. Après la casse du code du travail par
ordonnances, il a décidé de porter des coups majeurs contre la jeunesse en
instaurant la sélection dès l’entrée de l’Université.

Son projet prévoit que le bac cesse d’être le premier grade
universitaire permettant l’accès en licence. Il ne serait plus qu’un des
prérequis parmi d’autres pour accéder ou pas à l’Université.

Pour les filières dites en tension, ce sont les présidents
d’Université ou leurs délégués qui choisiraient parmi les bacheliers
candidats ceux qui seraient acceptés sur la base de leurs dossiers. Fini, le
bac diplôme national et anonyme et place aux avis des conseils de classe
dont la valeur dépendra du lycée où ils auront été émis. Ce système ferait
porter aux professeurs de lycée une responsabilité écrasante pour l’avenir
de leurs élèves et altérerait la relation de confiance avec eux. Il est
vraisemblable que les responsables universitaires profiteraient de cette loi
pour multiplier le nombre de formations aux capacités d’accueil limitées
comme ils l’ont déjà fait à cette rentrée pour les masters.

Pour les filières qui ne sont pas en tension, les autorités
universitaires auraient la possibilité de conditionner l’inscription des
bacheliers dont elles jugeraient le niveau insuffisant. Seuls ceux qui
accepteraient de suivre une mise à niveau pouvant durer une année entière
seraient acceptés. Ceux qui refuseraient, estimant que leur bac doit leur
permettre d’entamer une licence, resteraient à la porte. On sait que ce sont
surtout les lycéens des lycées professionnels et des lycées des quartiers
populaires qui sont visés.

Comme on le voit, la formule du Code de l’Éducation « Le
premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat (…) »

deviendrait purement factice.

La première responsabilité de la FSU est bien sûr d’exiger le
retrait pur et simple de ce projet de loi instaurant la sélection dès
l’entrée de l’Université.

Encore une fois, c’est par la concertation que le
gouvernement se fait fort d’aboutir. C’est ainsi qu’il a réussi à faire
passer la casse du code du travail. Et la concertation a été tout autant
intense pour le projet de sélection à l’université. On ne peut que partager
l’avis de Claire Guéville, secrétaire nationale du secteur lycée du SNES,
qui a participé à cette concertation. Elle écrit dans l’US mag (journal du
SNES) : « La méthode ministérielle rejoint ainsi une pratique de
gouvernement éprouvée qui consiste à noyer le débat dans une large
consultation pour finalement s’en affranchir et imposer des décisions tout
en se parant de la légitimité du dialogue social.
 » Et elle poursuit en
écrivant : « Le SNES avec la FSU dénonce avec force le fond comme la
forme de ces pseudo-concertations.
 »

Cette leçon tirée de l’expérience doit s’appliquer dans
l’actualité. Après le code du travail et la sélection à la fac, c’est contre
le bac et le lycée que le gouvernement veut rééditer sa méthode de la
concertation. Déjà la loi de sélection à l’Université ôte de fait au bac sa
valeur de 1er grade universitaire. Mais le gouvernement veut en
plus liquider le bac comme diplôme national et anonyme. C’est l’objet de la
concertation qu’il a initiée. En finir avec les filières, remplacer les
épreuves écrites par le contrôle continu, instaurer le bac modulaire ou à la
carte, autant de mesures pour le dynamiter.

Le projet de réforme du bac induit celle du lycée. En
s’appuyant sur les préconisations de la Cour des comptes et par le levier de
la réforme du bac, c’est des coups majeurs qu’il veut porter contre les
options, contre les enseignements. Réformes structurelles et attaques contre
les statuts enseignants devant permettre une baisse considérable du budget
du secondaire. Pour donner le ton, ce sont déjà 2600 suppressions d’emplois
de stagiaires du 2nd degré qui sont programmées pour la rentrée 2018.

La responsabilité de la FSU, du SNES, du SNEP et du SNUEP est
donc de boycotter les concertations et les groupes de travail sur le bac et
le lycée que le gouvernement veut utiliser pour atteindre ses objectifs.

Pour finir, le gouvernement a multiplié les coups contre les
fonctionnaires dans l’objectif de réduire drastiquement les dépenses
publiques. Les fonctionnaires ont été nombreux à faire grève le 10 octobre
contre la politique gouvernementale. Mais l’objectif du gouvernement est de
supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Pour ce faire, il a mis en
chantier le plan « action publique 2022 » dont les « forums action
publique » sont le 1er acte. Bien sûr il veut associer les
syndicats à son offensive en obtenant leur participation à ces forums.

Pour la défense des services publics et des fonctionnaires,
la responsabilité de la FSU est de boycotter ces forums « action publique »
et de s’adresser aux autres directions syndicales pour qu’elles fassent de
même.

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Motion proposée par FU :


Le Bdfn de la FSU, réuni le 9 novembre 2017, exige le retrait
pur et simple du projet de loi instaurant la sélection à l’entrée de
l’Université.


Le Bdfn mandate la direction de la FSU pour qu’elle propose
aux organisations syndicales de constituer un front uni pour imposer au
gouvernement ce retrait.

 Résultat du vote : Pour : 1 /
Contre : 0 / Abst : 8 / Refus de vote : 8

Appel à candidatures (Vote orientation
national FSU-2018)

Le courant Front Unique défend en toutes circonstances
une orientation en défense de l’enseignement public et des personnels. Ses
militants combattent dans les réunions au sein des établissements, dans les
instances syndicales pour que la direction de la FSU et celles de ses
syndicats rompent avec le gouvernement et réalisent le front uni des
organisations syndicales pour faire obstacle aux contre-réformes
gouvernementales.

Pour que Front Unique puisse continuer ce combat y
compris dans les instances nationales de la FSU, nous devons constituer une
liste de 150 syndiqués pour pouvoir soumettre au vote notre orientation.

Pour surmonter cet obstacle, nous en appelons aux syndiqués
en accord avec notre orientation – mais aussi à ceux qui estiment que
nous devons avoir le droit de soumettre au vote notre orientation

d’accepter de figurer sur notre liste. Le formulaire peut être téléchargé
sur notre site (frontunique.com) et envoyé à l’adresse suivante (Front
Unique, 46 rue de Trémonteix, 63100 Clermont-Ferrand) ou remis à un militant
de notre courant.

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