Lettre
de liaison N° 269 – 27 avril 2017 [Version pdf]
Au
Bureau National de la FSU du 24 avril 2017,
le
représentant du courant Front Unique a combattu pour que la FSU
se prononce pour :
Pas
une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour Macron !
au
second tour des élections présidentielles
Voici
sa déclaration, et la motion soumise au vote
« Camarades,
Réunis au lendemain du premier tour des
présidentielles, il nous faut faire un constat net et sans faux-semblant.
Les candidats de la bourgeoisie ont remporté hier une victoire
nette et sans bavure. La simple addition des principaux candidats
bourgeois, Macron, Le Pen, Fillon, Dupont-Aignan aboutit à plus
de 70% des suffrages exprimés – alors même que la
participation n’a pas été significativement plus basse qu’aux
élections présidentielles antérieures. Il faut ajouter à cela
que si incontestablement des millions de travailleurs et de
jeunes ont voté pour Mélenchon, ils l’ont fait au profit d’un
candidat qui se présentait lui-même "au-dessus des partis"
sur le terrain du patriotisme rassemblant toutes les classes.
Quant au candidat du PS, Hamon, il essuie une cuisante
défaite. La première raison tient sans doute dans le fait qu’une
bonne partie des dirigeants du PS lui ont consciencieusement
savonné la planche, appelant ouvertement à sa défaite au
profit de Macron, et parmi eux Valls, Le Drian, et dans le style
jésuitique qui est le sien, Hollande lui-même. Mais elle tient
aussi au fait que Hamon élu contre le représentant du
gouvernement Valls, n’a eu de cesse durant toute sa campagne de
faire acclamer ces mêmes Hollande, Cazeneuve, Le Drian, honnis
à juste titre par les travailleurs du fait de 5 ans de politique
anti-ouvrière.
Au total, le résultat électoral exprime le profond
désarroi des travailleurs, écœurés par les 5 ans de
gouvernement Hollande et dénués de toute véritable issue
politique.
Ce résultat ne laisse en présence que deux candidats,
représentant de la bourgeoisie, qui, quelles que soient leurs
différences, ont en commun d’être des ennemis résolus de la
classe ouvrière, de la jeunesse, de leurs droits.
D’une part, Le Pen, chef d’un parti raciste, qui promet
d’interdire l’accès de l’Hôpital aux immigrés et de l’École
à leurs enfants, qui félicite ouvertement les flics violeurs de
Théo, qui "promet" un budget militaire à 3%, qui fait
l’apologie de la colonisation etc.
D’autre part, le banquier Macron qui a annoncé la
suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, la chasse aux
chômeurs pour les priver de leurs indemnités, la "refondation
de l’École" qui commence par la nomination des enseignants
par les chefs d’établissement, la "libération du travail",
c’est à dire la liquidation totale du code du travail, remplacé
par la "négociation d’entreprise", c’est-à-dire la
loi El Khomri portée à la puissance 10.
Dans ces conditions, nous savons que face à la
déferlante qui s’annonce au lendemain des élections, les
travailleurs auront un besoin vital que se réalise le Front Uni
des organisations syndicales pour repousser ces attaques. Ils
auront besoin que les organisations syndicales refusent de
prêter la main à ces attaques à travers le "dialogue
social".
Ils ne peuvent le faire qu’en commençant par
caractériser la candidate xénophobe Le Pen et le banquier
Macron pour ce qu’ils sont : des ennemis des travailleurs.
Ils ne peuvent le faire qu’en en tirant les conclusions
– et en appelant les travailleurs à le faire avec eux :
Pas une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour
Macron !
Camarades,
La question se pose sérieusement quand on voit, au nom
du prétendu "moindre mal", Cambadélis, premier
secrétaire du PS, Laurent, secrétaire général du PCF appeler
à voter Macron.
La question se pose quand bien évidemment Berger de la CFDT
– précédé par Notat de sinistre mémoire – appelle à
voter Macron.
La question se pose quand on voit Hamon appeler à voter
Macron (Mélenchon s’en remettant quant à lui au "vote"
électronique de ses partisans – parmi ces derniers,
pourtant, Autain s’est déjà prononcée pour Macron).
Rappelons-le : nous avons tous une expérience
antérieure. En 2002, au lendemain du premier tour, ce même
Bureau National appelait (contre la proposition du seul
représentant Front Unique) à voter Chirac. On se rappelle la
misérable argumentation qui était alors fournie en faveur de ce
vote. "Si Chirac est élu grâce aux voix ‘de gauche’,
il n’aura pas les mains libres pour faire une politique
réactionnaire". Quelques mois plus tard nous avions la plus
violente offensive contre le Code des pensions de la Fonction
Publique : la contre-réforme Chirac-Raffarin-Fillon des
retraites !
Quant au vote "pour faire barrage à l’extrême
droite" – contre laquelle d’ailleurs Macron n’a pas dit
un mot hier soir ! – on sait ce qu’il en est. Nourri
par la politique de défense du grand capital successivement
menée par Chirac, Sarkozy, Hollande, le Front National n’a
cessé de progresser !
Créer les conditions du Front Uni des organisations
syndicales contre les offensives anti-ouvrières à venir, je le
répète, c’est se prononcer : pas une voix pour Le Pen !
Pas une voix pour Macron ! C’est en appeler aux
organisations syndicales ouvrières (CGT, FO), au syndicat
étudiant (UNEF) pour qu’ils se prononcent dans le même sens.
Tel est le sens de la motion que je soumets à ce Bureau National. »
Motion du courant Front Unique soumise au
vote
Le Bureau National de la FSU au lendemain du premier
tour constate que ne restent en lice que deux candidats
clairement ennemis des intérêts des travailleurs, de leurs
droits, de leurs organisations : la candidate raciste Le Pen
et le banquier Macron.
En conséquence de quoi, le Bureau National de la FSU
fait connaître aux travailleurs sa position :
– Pas une voix pour Le Pen ; pas une voix
pour Macron.
Il s’adresse immédiatement aux dirigeants nationaux de
la CGT, de Force Ouvrière, de l’UNEF pour qu’ils adoptent la
même position.
Résultat du vote :
1 pour, 27 contre, 1 abstention, 3 refus de vote
