Lettre de liaison N°256 – 2 décembre 2015

LETTRE DE LIAISON


Lettre de liaison N° 256 – 2 décembre 2015 
 

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Bureau national de
la FSU du 30 novembre :

Le représentant Front Unique est intervenu
pour que la FSU exige :

– la levée immédiate de l’état d’urgence

– le maintien des libertés démocratiques
(droit de réunion, de manifestation,…)

 

Ce lundi 30
novembre se tenait le Bureau national de la FSU, première instance délibérative
à se réunir depuis l’adoption à l’Assemblée nationale de la prolongation de
l’état d’urgence. Voici l’intervention de notre représentant :

« Dès le 15
novembre, notre courant a publié et diffusé une tribune titrée « Défense des
libertés démocratiques ! Levée immédiate de l’état d’urgence
 ». [Elle
se trouve encore
)
et nous y renvoyons nos lecteurs – Ndlr
]. Dans celle-ci, par-delà l’horreur
et la répulsion suscitées par les massacres revendiqués par l’EI, nous
déterminions comment les puissances impérialistes, par leurs interventions
répétées depuis 25 ans au Moyen Orient et en Afrique, portent une responsabilité
essentielle dans le développement des groupes islamistes. Et que donc la FSU
devait se prononcer pour l’arrêt immédiat des interventions militaires
françaises, en particulier en Irak et en Syrie.

Mais nous
évoquions aussi la mise en place de l’état d’urgence et ce qu’il signifiait.

Force est de
constater que nous sommes placés dans une situation d’une gravité
exceptionnelle. Hollande et Valls ont exploité la sidération née des massacres
pour s’en prendre de manière déterminée et radicale aux libertés démocratiques
en France.

Plus
personne ne peut ignorer que tel est bien le but de l’instauration de l’état
d’urgence dont la prolongation a été approuvée à une quasi-unanimité à
l’Assemblée nationale, dans une union nationale allant du Front de gauche au
Front national.

Le
gouvernement a décidé de déroger désormais à la Convention européenne des droits
de l’homme pour se prémunir de tout recours éventuel contre son arbitraire.

Avec cet
état d’urgence, le gouvernement peut, hors contrôle du pouvoir judiciaire,
interdire réunions, manifestations, diffusions de tracts, dissoudre des
associations pour « mise en cause de l’ordre public ». Il peut aussi procéder, à
toute heure du jour et de la nuit, à des perquisitions administratives et à des
assignations à résidence totalement arbitraires. On a vu que les assignés de ces
derniers jours étaient des militants écologistes.

Hier à
Paris, Place de la République, les policiers ont piégé des manifestants, les ont
gazés avec des lacrymogènes et ont procédé à une rafle : plus de 300
manifestants ont été arrêtés dont 174 placés en garde à vue. Parmi eux, non pas
de dangereux terroristes, mais des travailleurs, des jeunes, des syndicalistes
et des enseignants dont certains n’ont pas pu retrouver leurs élèves ce matin.
Des syndicats enseignants ont publié des communiqués de presse pour exiger leur
libération. Les enseignants d’un lycée se sont mis en grève. Et ces manifestants
risquent de lourdes peines pour avoir voulu exercer un droit élémentaire

Il ne s’agit
nullement de bavures mais de l’application de l’état d’urgence voulu et assumé
par le gouvernement Hollande-Valls-Cazeneuve-Taubira. Il faut noter que
Cazeneuve a donné des consignes d’« extrême fermeté » aux policiers dans la
répression des manifestants. « Extrême fermeté », ce sont les mêmes consignes
données il y a un an et qui avait conduit au meurtre de Rémi Fraisse.

Alors la
responsabilité de notre fédération n’est pas de « débattre de la bonne durée »
de l’état d’urgence ou « d’en assurer le contrôle ».


La
responsabilité de notre fédération est d’exiger la levée immédiate de l’état
d’urgence pour préserver les libertés démocratiques. »


 

Motion soumise au vote par Front Unique :

Le BDFN de la FSU, réuni le 30 novembre 2015 exige :

– la libération immédiate de tous les manifestants arrêtés le 29 novembre
et la levée de toute poursuite contre eux !

– la levée immédiate de l’état d’urgence pour préserver les libertés
démocratiques !

La direction de notre fédération s’adresse à toutes les organisations se
réclamant de la classe ouvrière et de la défense des libertés publiques,
afin de constituer l’unité pour obtenir satisfaction sur ces exigences.

Pour : 4  /  Contre : 17  /  Abstention : 2  /  Refus de vote : 8


Remarque : Les dirigeants Unité Action de la FSU, du Snes, du Snuipp, ont tous
voté contre la motion. Pour eux, le soutien inconditionnel qu’ils apportent au
gouvernement justifie de renoncer aux libertés démocratiques. Les dirigeants de
l’Ecole Emancipée, dont certains étaient embarrassés par les assauts du
gouvernement contre ces libertés, se sont réfugiés dans le « refus de vote ».
Qui ne dit mot …


Seuls ont
voté pour, les représentants de Front Unique (1), d’Emancipation (2) et d’URIS
(1).


 

Dernière minute : Le SNAC-FSU (syndicat des personnels des services
culturels), réuni en bureau national le 26 novembre, « réclame l’arrêt
immédiat de l’état d’urgence
 ».

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