Lettre de liaison N°252 – 16 septembre 2015

LETTRE DE LIAISON


Lettre de liaison N° 252 – 16 septembre 2015 
 

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POUR QUE LA FSU ROMPE


AVEC LE GOUVERNEMENT HOLLANDE-VALLS-MACRON-PINEL !

 

Un gouvernement totalement aux ordres du capital

Contre le vote de 2012 qui avait chassé Sarkozy et élu une majorité
PS-PCF à l’Assemblée, Hollande et ses gouvernements ont mis leurs pas dans ceux
de Sarkozy.

– Ainsi la politique de ce gouvernement par rapport aux réfugiés, dont
l’afflux a pour cause la misère et les guerres conduites et provoquées par
l’impérialisme

– Les CRS à Calais, les soldats violeurs en RCA, le soutien et
l’armement des régimes d’Arabie Saoudite, du Qatar, d’Egypte, l’accueil
triomphal fait à Netanyahou le 11 janvier : voilà la politique de Hollande au
service de l’impérialisme français. Aujourd’hui, c’est l’intervention en Syrie

– Au nom de la "lutte contre le terrorisme", un arsenal qui permet un
flicage illimité : loi anti-terroriste, loi "sur le renseignement"

– C’est aussi en guise de "sauvetage" de la Grèce,
un troisième mémorandum accepté, plus dur encore que les deux précédents,
affamant la population grecque pour sauver les banques et institutions
financières.

Feu sur les acquis des travailleurs : tel est
le programme, en Grèce comme ailleurs, de tous les gouvernements attachés à la
défense du capitalisme en crise et miné par l’endettement

C’est à cet objectif que répond la mise en pièce des garanties
collectives sous la houlette du banquier Macron : loi Rebsamen, loi Macron,
projet d’"inversion de la hiérarchie des normes". Pour arroser les patrons des
milliards du pacte de responsabilité, on supprime massivement les postes, on
fait feu contre l’hôpital public (10% des services d’urgences doivent fermer !).
Quant aux 60 000 créations de postes dans l’Education Nationale, elles se
réduisent… à 4 000, les effectifs par classe continuent à croître. Des
milliers d’étudiants sont refoulés de l’Université.

Toutes les attaques anti-ouvrières sont passées grâce au
"dialogue social"

Toutes ces mesures ont été préparées minutieusement par de longues
séances de "concertation" avec les directions syndicales : rencontre avec les
"partenaires sociaux", "conférences sociales"… Gouvernement et MEDEF ne
cessent de vanter le "dialogue social" pour faire passer les réformes. Toutes
les directions syndicales participent à plein à ce dialogue social dont la
direction de la FSU ne cesse de se réclamer.

La direction de la FSU n’a cessé de porter la politique du
gouvernement

L’offensive gouvernementale n’a épargné ni la Fonction Publique ni
l’Education Nationale. La direction de la FSU "critique" les "politiques
d’austérité". Mais la critique s’arrête là où commencent les attaques
gouvernementales contre les fonctionnaires et l’Education Nationale. Sur la
Fonction Publique, c’est le soutien total à l’accord dit PPCR.

Dans l’enseignement, rappelons :

– le refus de la FSU de se prononcer pour le retrait de la réforme des
"rythmes scolaires", malgré la mobilisation massive des collègues.

– le soutien ouvert à la liquidation des décrets de 50 dans le
secondaire. Cette liquidation permet aujourd’hui à Vallaud-Belkacem d’imposer
une contre-réforme du collège qui place les enseignants sous la coupe des chefs
d’établissement, des CA et conseils pédagogiques. Elle permet de tenter
d’imposer aux enseignants la "formation à la réforme" sous forme d’un surtravail
gratuit.

– le soutien de fait à la création des ComUEs, dans le supérieur et la
recherche, en participant aux élections instaurant leur "gouvernance". Cette
régionalisation, sous asphyxie financière, va passer par des mutualisations, des
suppressions de services, des réductions des effectifs  et menace les statuts
nationaux.

Accord Fonction publique : Comment la direction UA-EE a imposé
que la FSU signe

De quoi s’agit-il ? Le gouvernement a fait passer une rafale de lois
(loi créant les métropoles, loi de délimitation des régions, loi NOTRe, loi
Touraine) visant à la suppression de milliers de postes de fonctionnaires (la
seule loi sur les régions entraîne la mutation géographique ou fonctionnelle de
10 000 fonctionnaires). Les garanties actuelles de la Fonction Publique
constituent un obstacle qu’il faut faire sauter. C’est ce que vise l’accord PPCR
dont Lebranchu dit : « Nous travaillons donc à réécrire l’histoire de cette
fonction publique, en travaillant notamment sur les grilles statutaires »

Son maître-mot : mobilité. Ses moyens : mobilité entre employeurs de la
Fonction Publique, constitution de corps interministériels, cadres statutaires
communs à plusieurs corps, règles statutaires de mutation remplacées par des
"directives de gestion", remise en cause du rôle des CAP, constitution de
"bourses de l’emploi" sur le modèle du privé etc.

La direction syndicale a délibérément camouflées ces attaques pour ne
parler que de prétendues "contreparties salariales" dont l’essentiel ne devrait
intervenir… qu’après 2017 ! Elle a présenté positivement le fait qu’en 2016 la
revalorisation du point d’indice serait soumise aux "indicateurs économiques" ?
Autrement dit, les revendications sont subordonnées à l’état de santé du système
capitaliste en crise jusqu’à diminuer les salaires !

Au Conseil National du 16/09, comme un premier vote lui interdisait
la signature, la direction de la FSU en a organisé un second pour obtenir un
résultat favorable. Cela après une interruption de séance pendant laquelle les
mandats de certains syndicats nationaux ont été transformés. Les dirigeants de
l’EE ont même fait pression sur leurs membres pour qu’ils renient leur premier
vote.

La réforme du collège

Il s’agit d’une offensive destructrice contre l’enseignement public :
disparition des horaires nationaux par niveau, réduction massive des contenus
disciplinaires, services à rallonge infinie pour les collègues, despotisme des
chefs d’établissement et des "petits chefs".

Du fait de l’indignation des collègues, la direction du SNES a dû
rompre la concertation, se prononcer pour le retrait de la réforme. En mai
dernier, 50% des collègues répondaient à l’appel à la grève. Mais le
gouvernement publiait le décret le soir même. La conclusion est que le retrait
de la contre-réforme suppose un vrai affrontement avec le gouvernement. Ce n’est
pas la voie qu’a choisie l’intersyndicale : appel à une troisième grève de 24
heures, et à une manifestation nationale un week-end. N’est-il pas clair que le
véritable affrontement supposerait que la profession soit appelée à manifester
là où se prennent les décisions, au ministère, au moment où la ministre ou ses
représentants sont présents ?

Mais les déclarations de Bernadette Groison (L’Expresso du 4/09)
ne vont pas dans ce sens. Son rejet de la contre-réforme est de pure forme quand
elle réclame la réouverture de la concertation et affirme que "La FSU est
pour réussir la réforme du collège…".

Pour que la FSU rompe avec le gouvernement

Accord Fonction Publique, réforme des collèges… : pour stopper
l’offensive gouvernementale, la première condition tient en une exigence : la
FSU doit rompre avec le gouvernement, cesser de conforter son offensive par le
dialogue social, en appeler aux autres organisations pour qu’elles fassent de
même.

– A bas l’accord PPCR ! Défense du statut ! Augmentation générale
des salaires via l’augmentation du point d’indice

– Défense de l’Ecole Publique ! Retrait pur et simple de la réforme
du collège !

– Non aux quotas ! Accueil et libre circulation des réfugiés !
Régularisation de tous les sans-papiers !

– Retrait des troupes françaises d’Afrique et du Moyen Orient !

Votez, faites voter Front
Unique

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