Lettre de liaison N°246 – 2 avril 2015

LETTRE DE LIAISON

Lettre de liaison N°246 – 2 avril 2015  

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Bureau National de la FSU du 30 Mars 2015 : le représentant du courant Front
Unique est intervenu


Annulation immédiate des
sanctions contre


Jean François Chazerans
!


Réintégration
dans son poste!


L’essentiel
de mon intervention portera sur notre collègue JF Chazerans. Mais avant

cela,  quelques mots sur la situation générale :


Par trois fois en un an, lors d’échéances électorales, la politique
anti-ouvrière du gouvernement Hollande-Valls-Macron-Pinel a été largement
rejetée notamment par une très importante abstention des travailleurs et des
jeunes. Plus que jamais se pose la question de la rupture de notre fédération
avec ce gouvernement qui veut en particulier pulvériser les garanties
statutaires des fonctionnaires. Cela implique de quitter dès à présent les
négociations PPCR qui poursuivent cet objectif. La motion unanime de la c
ommission
nationale du Snasub pour engager le combat contre le
décret RIFSEEP et ses applications me paraît encourageant
e.
Cela implique également pour notre fédération de condamner le projet de réforme
du collège, d’en exiger le retrait pur et simple et de refuser toute
concertation à son sujet.


Notre collègue Jean-François Chazerans est victime depuis plusieurs mois d’un
acharnement exceptionnel de la part du recteur de Poitiers, je ne rappelle pas
l’ensemble des faits.


Le 27 mars, il a été déplacé d’office dans un autre département, en tant que
remplaçant, rattaché à un établissement situé à 85 km de Poitiers.


Si officiellement, le recteur a pris seul sa décision, qui peut penser qu’il a
pu agir ainsi sans l’aval du gouvernement ?


Il faut le dire, cette sanction scandaleuse s’inscrit dans tout un contexte. Le
gouvernement est bien décidé à exploiter l’indignation suscitée par les
massacres de janvier. Il accélère les restrictions aux libertés démocratiques,
en particulier à la liberté d’expression. Il veut mettre au pas l’ensemble des
fonctionnaires et prépare pour ce faire une loi dite de déontologie. Et c
’est
dans l’enseignement public que le gouvernement veut aller le plus loin. Quand le 14 janvier, à
l’Assemblée nationale, la ministre Vallaud-Belkacem avait dénoncé les «
questions insupportables
» des élèves, le ton était donné. Il s’en est suivi
une large campagne de mise en cause d’élèves et d’enseignants. Et maintenant, le
gouvernement cible la liberté pédagogique des enseignants, veut les détourner de
leur mission d’enseignement pour en faire des propagandistes de supposées «
valeurs de la république ». Il veut aussi attaquer la laïcité de l’école en y
permettant, avec l’instauration d’une dite « réserve citoyenne », l’intrusion de
représentants religieux, patronaux, policiers, militaires
,
etc…


Et gare aux enseignants récalcitrants. Est-ce que les professeurs du lycée Paul
Eluard à Saint-Denis seront à leur tour sanctionnés pour avoir refusé, il y a
quelques jours, de répondre à une commission sénatoriale ?


Le combat pour obtenir la levée immédiate des sanctions contre J.-F
.
Chazerans est donc essentiel. Obtenir que cessent la
persécution, l’acharnement, le harcèlement dont il est la victime, c’est la
responsabilité première du syndicalisme et c’est donc celle de notre fédération.


Mais au-delà de notre collègue, il s’agit d’indiquer au gouvernement que nous
n’accepterons pas que les enseignants aient peur de faire leur métier et soient
placés sous une constante surveillance suspicieuse.


 


Notre BDFN doit donc dénoncer publiquement la décision du recteur de Poitiers et
exiger que la Ministre fasse rétablir immédiatement J.-F. Chazerans dans ses
fonctions à Poitiers.


Il faut indiquer clairement à la ministre que cette affaire est pour la FSU un
casus belli.


Pour terminer :


Notre CDFN le 18 mars a demandé unanimement « [la] réintégration immédiate
[de J.-F. Chazerans] et qu’aucune mesure disciplinaire ne soit prise à son
encontre
» Il était aussi indiqué : « La FSU intervient en ce sens auprès
de la Ministre.
»


J’aimerais savoir ce qu’il en est de cette intervention et des réponses obtenues
?


Il est regrettable que la position du CDFN soit restée confidentielle et ne
figure même pas sur le site national de la FSU.”


Suite à l’intervention de notre camarade, le Bureau a adopté à l’unanimité  la
motion suivante :

 En soutien
des actions entreprises par la section départementale et des  syndicats
nationaux de la Vienne, le BDFN de la FSU s’adresse publiquement à la
ministre de l’Education nationale pour exiger la levée de toutes sanctions
contre Jean François Chazerans et sa réintégration dans son poste.

Le courant Front Unique interviendra avec vigilance
pour la mise en œuvre effective de cette motion

Précision :


Jean-François Chazerans, professeur
de philosophie, est victime d’un acharnement exceptionnel de la part du recteur
de Poitiers. Le tort de notre collègue : avoir accepté le 8 janvier, à la
demande de ses élèves, d’organiser un débat sur le massacre commis au siège de
Charlie Hebdo.


Sur simple lettre de dénonciation
d’un parent d’élève concernant des propos qu’aurait tenus J.-F. Chazerans,
lettre dont le caractère malveillant a été reconnu par la suite, le recteur l’a
suspendu de ses fonctions. Il a aussi transmis au procureur un dossier sur la
base duquel celui-ci a mené une instruction contre n
otre
collègue pour « apologie du terrorisme ». Après
enquête et une garde à vue de 8 heures, le procureur a abandonné ses poursuites.
Mais au lieu de classer le dossier qu’il avait constitué, il l’a transmis au
recteur. Celui-ci, après avoir convoqué une commission disciplinaire le 13 mars,
a déplacé d’office J.-F. Chazerans.

 

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