Le
projet de réforme des collèges du gouvernement et de sa ministre Vallaud-Belkacem:
le collège de l’ignorance, de l’inégalité des élèves, de la destruction des
statuts et des qualifications des enseignants!
La direction du SNES doit se prononcer
pour le retrait du projet de réforme et en
conséquence
boycotter la concertation organisée par la
ministre pour faire passer son projet!
Après la “réforme des rythmes scolaires”, plaçant les enseignants sous
la coupe des collectivités locales, effaçant les programmes nationaux au profit
des “projets éducatifs territoriaux”, le gouvernement Hollande Valls Macron
Pinel et sa ministre Vallaud-Belkacem entendent
d’ici 3 semaines instaurer une réforme des collèges du même tonneau. Débute
immédiatement une concertation avec les directions syndicales, visant à associer
ces dernières à cette réforme.
Les enseignants de collège sont déjà confrontés à une situation
insupportable : classes surchargées, tentatives permanentes de la hiérarchie de
les accabler de réunions. Les DHG qui viennent de tomber prévoient des dizaines
de suppressions d’heures. Et la contre réforme qui s’annonce vise encore à
aggraver cette situation.
Un diagnostic démagogique, appuyé sur des résultats largement
imputables aux précédentes contre réformes
La ministre justifie la réforme par les résultats de l’actuel collège.
On exhibe des statistiques sur la baisse du niveau des élèves sans en donner les
véritables causes : classes surchargées, suppression des dédoublements,
modification des programmes dans le sens de la négation du contenu scientifique
(à titre d’exemple l’enseignement de l’histoire qui a été réduit à une bouillie
idéologique “anti totalitaire”). Comme d’habitude, les effets des désastreuses
contre réformes antérieures servent d’argument pour promouvoir une nouvelle
réforme encore plus réactionnaire.
On ne recule pas devant la démagogie : “Les élèves s’ennuient”,
exhalant le mépris du travail des enseignants.
Le contenu des disciplines profondément amputé, voire liquidé
20% des heures des élèves sont désormais consacrés à des “projets
interdisciplinaires”. Cela signifie que l’enseignement disciplinaire lui-même,
les programmes nationaux seraient profondément amputés. En même temps, la
ministre annonce des programmes profondément dénaturés.
Ainsi, depuis des mois, Vallaud-Belkacem martèle sa
volonté de substituer à la transmission des savoirs, de la culture, la
transmission de prétendues “valeurs”… notamment celles de “la République” (?): à
la formation de l’esprit critique, indissociable des connaissances qui
permettent de réfléchir et d’argumenter, se substituerait un nouveau catéchisme
par définition abrutissant. Certaines matières disparaîtraient purement et
simplement en tant que telles à l’image du Latin, relégué au gré des “projets
d’établissement” dans le cadre des projets interdisciplinaires : “langue et
culture de l’Antiquité”. L’effet d’annonce sur l’introduction de l’enseignement
de la seconde langue dès la 5ème est une escroquerie : ce rajout est payé d’une
diminution horaire sur l’ensemble du cursus du collège et de la “globalisation”
des heures d’enseignement en langues, transformant ces heures en variables
d’ajustement et fragilisant sensiblement les postes des enseignants concernés.
“Projets interdisciplinaires” : l’inégalité érigée en principe
Vallaud Belkhacem prétend lutter contre les “discriminations sociales”
au collège. La vérité est que la réforme des collèges l’entérine et la renforce.
En décidant que le contenu de 20% des horaires sera défini localement, sa
réforme instaure le collège des riches et celui des pauvres. Au lieu de
permettre – par l’allègement des effectifs, les dédoublements – que les enfants,
quelle que soit leur origine, accède aux même savoirs consignés dans des
programmes nationaux, la réforme institue la ségrégation. Dans les collèges des
quartiers bourgeois, les “projets” consigneront (peut-être) un approfondissement
des disciplines. Pour les quartiers populaires, on fera du “ludique” et de
l’“occupationnel” sous couvert de lutter contre “l’ennui”. On le voit déjà dans
les établissements qui appliquent la réforme à titre “expérimental”. Le Monde
nous livre les thèmes de projets interdisciplinaires du collège Pasteur aux
Mureaux (Yvelines) : “Tous en scène”, “Héroes and superheroes” (sic!),
etc. Par ailleurs, ces projets constituent le cadre du formatage idéologique des
élèves comme des enseignants : “développement durable”, “monde économique et
professionnel”, “citoyenneté”. Les têtes de chapitre annoncées permettent toutes
les propagandes patronales, gouvernementales et cléricales, via l’invitation
dans les classes des membres de la “réserve citoyenne” créée par le ministre.
La contre réforme s’articule sur le nouveau statut des
professeurs : des profs taillables et corvéables à merci
Pour les professeurs, la contre réforme, c’est d’abord la négation de
leur qualification disciplinaire puisque, pendant 20% de leur temps, ils feront
autre chose qu’enseigner leur discipline.
C’est le pouvoir renforcé des chefs d’établissement, dans le cadre de
l’”autonomie”, leur permettant d’astreindre les enseignants à d’innombrables
réunions auxquelles, dans le cadre du nouveau statut d’août 14, liquidant les
décrets de 50, ils auront obligation de participer : réunion d’élaboration de
projets, réunion du Conseil pédagogique (dont les membres seront désignés par le
chef d’établissement), réunion Ecole Collège pour les profs d’école et les profs
de collège enseignant en 6ème, sans compter les innombrables réunions parents
profs, puisque la réforme prévoit que les premiers doivent être étroitement
associés aux “projets”. On voit ce qu’il en est
du nouveau décret dont les dirigeants du SNES continuent à nous dire qu’il
“sécurise” les services!
La responsabilité de la direction du SNES est centrale : il faut
lui imposer de se prononcer pour le retrait du projet de contre réforme du
collège ce qui signifie : boycott de la concertation visant à la mettre en
place!
Face à une telle offensive, tout doit être fait pour que le syndicat
soit mis au service des enseignants dans leur volonté de voir retiré ce projet.
La direction du SNES titre sa position ainsi : “Réforme des collèges
: pas comme ça!”. On sait ce que cela signifie : au nom d’une “bonne
réforme”, la direction du SNES s’engage à discuter de celle du gouvernement!
D’ailleurs on ne peut à aucun moment séparer la dite réforme du “socle commun”
dont le principe même est l’effacement des disciplines au profit des
“compétences”. Ce socle commun vient d’être adopté par le CSE (Conseil Supérieur
de l’Education) le 12 Mars. Comme tous les autres responsables syndicaux, ceux
de la FSU et du SNES y ont participé allant jusqu’à s’abstenir, avec
l’appréciation suivante : “Le socle commun de connaissances de compétences et
de culture marque une rupture avec le socle de 2005 : il construit une culture
scolaire commune en vue de la poursuite des études et non un ensemble de
compétences utilitaristes visant une employabilité.”
C’est sur la collaboration des dirigeants du SNES que compte Vallaud
Belkhacem lorsqu’elle organise – au pas de charge – une concertation qui doit se
terminer par l’annonce officielle de la réforme le 10 avril.
Nous invitons les enseignants à prendre toutes les initiatives pour
s’adresser aux dirigeants de l’ensemble des organisations syndicales et d’abord
à celle du SNES, premier syndicat :
– Rejetez la contre réforme Vallaud Belkacem des collèges! Exigez le
retrait du projet!
– Boycottez la “concertation” qui commence visant à la mettre en place!
Un tel
combat s’inscrit dans le combat général pour imposer à la direction du SNES, de
la FSU la rupture avec le gouvernement Hollande Valls Macron Pinel, qu’elle
cesse de soutenir l’ensemble des contre réformes du gouvernement, en particulier
contre le statut (réforme des rythmes scolaires, nouveaux décrets statutaires
d’août 2014). Le courant Front Unique n’a pas d’autre ambition que d’aider à
l’organisation de ce combat.
