CDFN de la FSU des 23 et 24 septembre
Au service des
capitalistes, le gouvernement Hollande-Valls-Pinel concentre ses coups
contre les acquis ouvriers avec ses projets de budget 2015 et de loi de
financement de la Sécurité sociale.
Pour les travailleurs,
il existe une issue : exiger des députés du PS et du PCF qui ont la majorité
à l’Assemblée nationale, qu’ils rejettent ces projets.
Au CDFN, les
représentants Front unique ont combattu notamment :
– Pour l’appel à une
manifestation à l’Assemblée nationale pour que la majorité de députés du PS
et du PCF rejette le budget 2015 et la loi de financement de la Sécurité
sociale
– Pour que la
direction de la FSU rompe les discussions qui visent la liquidation des
garanties statutaires des fonctionnaires
– Pour que la
direction de la FSU exige l’abrogation des décrets contre les statuts des
personnels et appelle au boycott des concertations préparant de nouvelles
régressions contre l’enseignement public
– Pour que la
direction de la FSU condamne l’intervention militaire de la France en Irak
– Pour que la
direction de la FSU initie une campagne publique pour la levée immédiate des
poursuites judiciaires contre Alain Pojolat
Introduction
Le CDFN se tenait quelques semaines après
la formation du nouveau gouvernement Hollande-Valls-Pinel, gouvernement en
guerre ouverte contre les travailleurs au service des capitalistes. Après
des mois d’attaques contre l’enseignement public et ses personnels, ce
nouveau gouvernement, avec la présence hautement symbolique de Macron à
l’Economie, veut faire payer brutalement aux masses populaires, sous forme
de réductions de dépenses publiques, les dizaines de milliards de cadeaux
octroyés au patronat (CICE et pacte de responsabilité). C’est ce que
développe notre représentant dans son intervention dans le débat général
Depuis le CDFN, les annonces se font plus
précises. Le gouvernement veut retirer aux familles des centaines de
millions en divisant par 3 le montant de la prime à la naissance à partir du
deuxième enfant et en réduisant de moitié la durée possible du congé
parental pour les mères de famille. Et pour la santé, c’est une restriction
de plus de 3 milliards qui est en projet.
Cette politique qui s’inscrit dans la
continuité de celle du gouvernement Sarkozy-Fillon a été rejetée par le vote
des travailleurs en 2012. L’existence d’une majorité de députés du PS et du
PCF est la matérialisation de ce rejet et représente la possibilité d’une
issue ouvrière. Les travailleurs sont en droit d’exiger de ces députés
qu’ils rejettent le projet de budget 2015. C’est le sens de l’intervention
de notre représentant avec la motion contre le budget (ci-après), pour un
appel des dirigeants des organisations syndicales ouvrières à une
manifestation centrale à l’Assemblée nationale.
Le CDFN se tenait au lendemain d’une
séance de « discussions » sur « l’avenir de la fonction publique » entre les
représentants de toutes les fédérations de fonctionnaires et la ministre
Lebranchu. Notre représentante a indiqué (ci-après) la volonté du
gouvernement de remettre en cause la gestion statutaire au profit de la
reconnaissance du « mérite » avec la perspective la liquidation du statut
des fonctionnaires. B. Groison dans son introduction n’a pas évoqué cette
séance de « discussions ». Et lorsqu’elle a été obligée d’en parler, c’est
pour dire que bien évidemment, la FSU participerait à ces « négociations »,
« comme toutes les fédérations de fonctionnaires »…
« Négociations », « concertations »,
« dialogue social », telle est la panoplie du gouvernement pour associer les
directions syndicales à la mise en œuvre de ses attaques contre les
travailleurs. La grève des pilotes d’Air France quant à elle ne visait pas à
aménager les régressions programmées par la direction, mais à en obtenir le
retrait. C’était insupportable pour le gouvernement, mais aussi pour tous
les dirigeants syndicaux qui acceptent d’en être les auxiliaires. Cette
grève devait être brisée et le gouvernement a tout mis en œuvre pour cela.
Avec le concours des organes dits d’information et des dirigeants des
organisations syndicales qui ont isolé les grévistes, le gouvernement est
parvenu à ses fins en obtenant la capitulation de la direction du principal
syndicat des pilotes (SNPL) qui a signifié la défaite des pilotes. Valls a
alors pu déclarer : « La démonstration est donc faite que rien ne peut
arrêter la réforme. (…) Il est temps que le dialogue reprenne, se
poursuive » chez Air France après une grève « incomprise, corporatiste,
égoïste ».
Lors du CDFN, il faut noter que les
secrétaires nationaux du SNES, du SNUIPP et du SNESUP ont éludé les attaques
statutaires qui viennent d’être promulguées par décret contre les
enseignants des écoles, ceux du second degré et les enseignants-chercheurs.
A l’approche des élections professionnelles ils ne tiennent pas à souligner
le soutien plein et entier qu’ils ont apporté au gouvernement en la matière.
Notre représentant (ci-après) a insisté sur le fait que ces attaques
statutaires étaient intimement liées à une attaque plus générale contre tout
l’enseignement public (rythmes scolaires, programmes, notation) et que la
responsabilité de la direction de la FSU était de défendre à la fois les
statuts des personnels et l’enseignement public, en exigeant l’abrogation
des décrets déjà pris et en appelant au boycott des concertations préparant
les nouvelles régressions.
Par ailleurs, Hollande a annoncé une
nouvelle intervention militaire – la 3ème en 2 ans et demi – en
Irak. Mais qui est responsable du chaos qui affecte des zones de plus en
plus étendues de l’Afrique et du Proche-Orient ? Ce sont justement les
puissances impérialistes qui à nouveau aujourd’hui prétendent régler les
désordres dont elles sont les auteurs. Quant à l’indignation proclamée face
à la barbarie, elle est à géométrie très variable. Ainsi Obama et Hollande
ont soutenu indéfectiblement Israël qui par ses bombes et ses obus a
massacré cet été plus de 2000 palestiniens dont 577 enfants à Gaza. On ne
peut donc que condamner cette nouvelle intervention impérialiste en Irak. Il
est bien évident qu’on ne peut que s’opposer à la tentative d’union
nationale que le gouvernement tente de promouvoir à cette occasion. Notre
courant, fidèle à la tradition internationaliste du mouvement ouvrier, a
présenté une motion en ce sens.
Il nous faut évoquer le cas d’Alain
Pojolat. Ce militant ouvrier a, au nom de plusieurs organisations, déposé
cet été un appel à manifester à Paris contre l’intervention d’Israël à Gaza.
Il est poursuivi par la justice pour ne pas avoir retiré cet appel lorsque
le gouvernement a interdit ces manifestations.
Le droit de manifester est une liberté
démocratique qui a été arraché de haute lutte par le mouvement ouvrier. Il
est donc de la responsabilité des organisations ouvrières de sauvegarder ce
droit face aux restrictions qui le menacent. Ce n’est donc pas un problème
accessoire mais une question essentielle, fondamentale, qui nécessite une
campagne puissante et publique pour faire cesser les empiètements du
gouvernement contre le droit de manifester. La direction de la FSU a refusé
de donner à cette question la place centrale qu’elle revêtait. Elle a
seulement concédé d’évoquer au détour d’une phrase dans un document de 8
pages le cas « Pojolat ». Nous avons revendiqué au contraire que ce combat
prenne une place centrale. C’est pourquoi nous avons proposé, en commun avec
le courant Emancipation, une motion pour la levée des poursuites judiciaires
contre Alain Pojolat.
C’est L. Zappi, le principal responsable
du courant École Émancipée, qui est venu à la tribune au secours de la
direction. Dans une intervention lamentable, il a fustigé notre motion comme
étant une attitude de division (sic). Il a appelé de fait les membres du
CDFN à la rejeter en proposant en opposition, le vote dissocié d’un
paragraphe fourre-tout sur la Palestine, extrait du texte Action de 8 pages,
qui évoquait tout aussi bien Alain Pojolat, que l’Union européenne et la
saisine de la Cour pénale internationale.
Cet incident est révélateur. Pour les
dirigeants des organisations syndicales, il n’est pas question de combattre
le gouvernement. Pas question de refuser le rôle qui leur est assigné par
les gouvernements au service des capitalistes : celui d’auxiliaires, de
supplétifs totalement subordonnés aux besoins de la bourgeoisie française en
crise. Le « dialogue social » est une expression de cette subordination
puisqu’il revient à discuter de la mise en œuvre des contre-réformes du
gouvernement au lieu d’en exiger le retrait. Mais les organisations
syndicales sont des organisations ouvrières. Et même si leurs dirigeants
nationaux sont plus proches du gouvernement que des travailleurs, les
syndicats sont traversés par des contradictions. Même si celles-ci ne
prennent pas à tout moment un caractère explosif, elles existent toujours et
se manifestent parfois au grand jour. Récemment au sein de la CGT des
manifestations hostiles au pacte de responsabilité ont été adoptées dans
diverses instances en opposition au secrétaire général de la Confédération.
Et dans le SNUIPP, sur la question des rythmes scolaires, des sections
départementales de la même tendance que la direction nationale se sont
opposées vigoureusement à elle.
Face aux dirigeants syndicaux qui vont
solliciter leurs votes pour les élections professionnelles, les personnels
de l’enseignement public seront en droit d’exiger d’eux qu’ils rompent le
dialogue social avec le gouvernement et qu’ils appellent dans l’unité à le
combattre et en particulier par une manifestation centrale à l’Assemblée
nationale pour exiger des députés du PS et du PCF qu’ils rejettent le budget
2015 et la loi de finance de la Sécurité sociale.
Les militants du courant Front Unique
solliciteront leurs collègues pour mener ce combat en commun. Ils leurs
proposeront aussi de s’associer à la liste Front Unique pour les élections
internes de la FSU qui auront lieu dans un an.
Intervention dans le débat général (Yves
Ankaoua)
Après les interventions impérialistes au
Mali et en Centrafrique, Hollande vient de lancer une campagne de
bombardements en Irak. Il y a deux mois, rappelons qu’il avait apporté son
soutien à Israël et cautionné ainsi les massacres des habitants de Gaza.
Le CDFN ne peut que condamner cette nouvelle
intervention en Irak et exiger le retrait de toutes les troupes françaises
stationnées hors de France.
Le CDFN doit aussi condamner la loi qui sous
prétexte de lutte contre le terrorisme restreint encore les libertés
démocratiques et a été adoptée dans une quasi union nationale du Front de
Gauche à l’UMP.
Notre courant s’associera à toute motion du
CDFN exigeant la levée immédiate des poursuites contre Pojolat, poursuivi
pour avoir osé maintenir un appel à manifestation contre l’agression
d’Israël à Gaza.
Même si le système capitaliste est toujours
plongé dans la crise, la bourgeoisie française se distingue
particulièrement. Et ce sont toujours les masses populaires qui subissent
cette déconfiture avec un chômage qui ne cesse de progresser. Et avec la
baisse du pouvoir d’achat qui restreint la consommation, c’est la déflation
qui maintenant se profile.
La mission que le nouveau gouvernement
Hollande-Valls-Pinel s’est fixée au compte des capitalistes, c’est de
diminuer le coût du travail pour tenter de restaurer leur taux de profit.
Placer le banquier Macron au ministère de
l’économie est très significatif.
Les propos de Sapin repris par Macron contre
les employées de Gad tout comme ceux de Rebsamen contre les chômeurs
prouvent leur mépris de classe. Les chômeurs seraient soit des incapables
soit des profiteurs et pas les victimes du système capitaliste.
Valls est aux côtés de la direction d’Air
France et exige des pilotes qu’ils cessent leur grève.
Les 21 milliards d’économies de dépenses
publiques programmées dans le seul budget 2015 visent la Sécurité sociale,
le budget de l’Etat et celui des collectivités territoriales. Coupes
drastiques et suppressions massives de postes dans les différentes fonctions
publiques sont à l’ordre du jour.
Le gouvernement cible les fonctionnaires
et leur statut
Le gouvernement est parvenu à supprimer plus
de postes de fonctionnaires que prévu en 2013 et il a pu maintenir le gel du
point d’indice initié depuis 2010 par Sarkozy-Fillon. Mais il doit aller
beaucoup plus loin contre les fonctionnaires et leur statut : c’est l’objet
des discussions, qui largement préparées depuis des mois, ont débuté hier.
Elles visent à instaurer l’avancement au mérite et à supprimer celui à
l’ancienneté. Les objectifs du gouvernement contre les fonctionnaires sont
d’une telle ampleur que Le branchu a préconisé de mettre cela en sourdine
jusqu’aux élections professionnelles.
Il n’y a qu’une réponse à apporter aux
prétentions gouvernementales : appel au boycott de ces discussions et mise
en avant des revendications.
Le courant Front Unique présentera une
motion en ce sens.
Contre les enseignants, le bilan
impressionnant du gouvernement :
–
Promulgation d’un décret
complétant les dispositions Pécresse du gouvernement Sarkozy-Fillon contre
les enseignants-chercheurs
–
Liquidation des décrets de
1950 concernant dès cette rentrée les enseignants des Rep+ et à la rentrée
2015, tous les autres
–
Contre-réforme des rythmes
scolaires avec un décret qui annualise le temps d’enseignement des
remplaçants et des enseignants sur des postes fractionnés
La direction de la FSU et celles des
syndicats concernés ne peuvent qu’exiger l’abrogation de ces décrets. Nous
proposerons une motion en ce sens.
Les contre-réformes en préparation sont tout
aussi ambitieuses :
Au nom de l’évaluation « bienveillante » des
élèves, le gouvernement veut en finir avec les diplômes nationaux en
accentuant le contrôle en cours de formation.
Et la grande opération sur l’apprentissage
ne vise qu’à affaiblir l’enseignement professionnel et permettre de
continuer la fermeture d’établissements.
Il existe une issue pour les travailleurs
Toute la politique du gouvernement en
soutien aux capitalistes est à l’opposé du sens du vote de 2012, tant à la
présidentielle qu’aux législatives qui exigeait d’en finir avec Sarkozy et
sa politique. Valls déclare : « C’est moi ou Marine Le Pen ». Or c’est
justement la poursuite de la politique de Sarkozy-Fillon en contradiction
des votes de 2012 qui plonge les travailleurs en plein désarroi, les pousse
à l’abstention dans les élections et favorise la progression du Front
National.
Il y a une toute autre issue que
l’acceptation de la politique de Valls ou la dissolution prônée par
Mélenchon.
Que les députés du PS et du PCF majoritaires
rejettent Valls et la politique de son gouvernement, qu’ils rejettent son
budget. Alors les conditions seront réunies pour la constitution d’un
gouvernement des seuls PS et PCF dont les travailleurs exigeront la
satisfaction de leurs revendications.
Dans quelques semaines va être soumis à
l’assemblée nationale le projet de budget 2015 qui est la concrétisation du
pacte de responsabilité.
Alors qu’une partie des députés du PS
témoignent d’un certain malaise, une manifestation de centaines de milliers
de travailleurs à l’Assemblée nationale pourrait imposer à l’ensemble des
députés du PS et du PCF de refuser ce budget.
C’est pourquoi, la responsabilité du CDFN
est de s’adresser aux directions des autres organisations syndicales
ouvrières d’appeler à une telle manifestation pour exiger des députés du PS
et du PCF qu’ils rejettent le projet de budget 2015 et la loi de financement
de la Sécurité sociale.
Intervention de Denis Dutheil
(présentation motion budget 2015)
Toute la politique du gouvernement en faveur
de la bourgeoisie se concentre dans le projet de budget 2015 et le projet de
loi de financement de la Sécurité sociale.
Le budget 2015, qui concrétise le pacte de
responsabilité – les 50 milliards promis au patronat –, cela signifie :
–
blocage des salaires et des
pensions des fonctionnaires
–
diminution massive des postes
dans la plupart des ministères,
–
diminution drastique des
dotations aux collectivités territoriales avec suppressions de postes de
fonctionnaires territoriaux dans le cadre de la réforme territoriale.
Pour ce qui est de la Sécurité sociale :
–
déremboursement des
médicaments,
–
étranglement de l’Hôpital
public,
–
mis à mal du statut de ses
personnels,
–
attaques contre les
allocations familiales…
La responsabilité des directions syndicales
est engagée ! La FSU doit se prononcer inconditionnellement contre cette
attaque. A bas ce budget !
Il y a une issue politique : il y a une
majorité PS-PCF à l’Assemblée nationale qui a été élue contre la politique
de Sarkozy-Fillon poursuivie par le gouvernement Hollande-Valls-Pinel.
La FSU doit donc s’adresser aux
confédérations syndicales CGT, FO, ainsi qu’à l’UNEF, pour appeler ensemble
tous les travailleurs et les jeunes à une puissante manifestation à
l’Assemblée nationale au moment de la discussion budgétaire en octobre,
et ce, afin d’imposer à la majorité PS-PCF qu’elle refuse de vote le
budget 2015 et la loi de financement de la Sécurité sociale.
L’actualité doit nous instruire. Les pilotes
d’Air France sont restés fermes sur leur revendication de retrait du projet
de leur direction. En grève depuis 10 jours à l’appel du front uni de leurs
syndicats, ils ont manifesté hier devant l’Assemblée nationale. Et ce matin,
le secrétaire d’Etat aux transports est monté en première ligne pour
annoncer le retrait du projet de la direction d’Air France, ce que vient de
confirmer Valls à l’instant.
Les pilotes d’Air France nous ont indiqué la
voie. Le CDFN doit en tirer les conclusions.
Motion A bas le budget 2015 !
C’est dans le cadre du budget 2015 que
l’essentiel des mesures annoncées dans le « pacte de responsabilité »
doit être adopté. Il prévoit 21 milliards de restrictions budgétaires
pour la Fonction publique, ce qui signifie diminutions massives de
postes, blocage des salaires et des pensions, déremboursements, attaques
contre l’Hôpital public.
Conscient que ce budget s’oppose
frontalement aux revendications des personnels, le CDFN de la FSU se
prononce clairement : A bas le budget 2015 !
En conséquence, la FSU s’adresse aux
confédérations syndicales CGT, FO, ainsi qu’à l’UNEF, pour appeler
ensemble tous les travailleurs et les jeunes à une puissante
manifestation à l’Assemblée Nationale au moment de la discussion
budgétaire en octobre, et ce, afin d’imposer à la majorité PS-PCF
qu’elle refuse de voter le budget 2015 et la loi de financement de la
Sécurité sociale.
[pour : 4 ; contre : 93 ; abst : 11 ;
refus de vote : 20]
Intervention de Marie-Claire Saint-Lager
(présentation motion Fonction publique)
Des « négociations » vont s’ouvrir sur
« l’avenir de la Fonction Publique ».
Hier B. Groison n’en a pas parlé dans son
introduction générale et d’après ce qui a été dit en commission, pour
l’instant il n’y aurait pas « matière » à en discuter ! Pourtant, le
compte rendu du conseil des ministres du 27 août, qui a approuvé la feuille
de route présentée par la ministre M. Lebranchu concernant ces négociations,
a de quoi mettre en alerte notre fédération : Elle se fixe l’objectif de
« réduire le poids de la gestion statutaire au bénéfice du droit souple
et de la négociation collective » : il s’agit donc d’une
offensive directe contre le statut de la Fonction publique.
La ministre dit vouloir « revoir les
mécanismes d’avancement à l’ancienneté [qui – précisons-le – permet
vaille que vaille aux fonctionnaires de limiter la baisse de leur pouvoir
d’achat] pour mieux reconnaître les mérites des agents »
c’est-à-dire l’individualisation des salaires et l’arbitraire.
Quand en février, avant les élections
municipales et régionales, Peillon avait annoncé le gel de l’avancement des
fonctionnaires, déclaration d’ailleurs faussement démentie, cela a été la
bronca. La secrétaire générale de la FSU avait dit ne pas vouloir
« croire à cette rumeur » mais s’il y avait confirmation et après le gel
du point d’indice, ce serait « une déclaration de guerre »
(France Inter le 6 février).
Elle avait raison : remettre en cause
l’avancement à l’ancienneté est une véritable déclaration de guerre au
statut général de la Fonction publique ! La liquidation du statut de la
Fonction publique est bel et bien le programme du gouvernement.
Et pour y parvenir il compte sur la
collaboration des directions des fédérations de fonctionnaires à travers ces
pseudo-négociations sur « l’avenir de la fonction publique ». Peut-on
penser que si les fédérations de fonctionnaires décidaient unanimement de
boycotter ces négociations sur la révision-liquidation du statut de la
Fonction publique, le gouvernement oserait y toucher ?
Alors il n’y a qu’une réponse à apporter aux
prétentions gouvernementales :
Appeler au boycott de ces « négociations »
et mettre en avant les revendications , bas les pattes devant le statut des
fonctionnaires, fin du gel du point d’indice, rattrapage du pouvoir d’achat
et revalorisation des salaires et des pensions, respect des carrières et des
avancements, maintien des corps et de toutes les garanties statutaires
nationales et notamment celle de l’emploi.
Motion Pour la défense du statut
général de la Fonction publique :
boycott des négociations sur
« l’avenir de la Fonction publique »
Des « négociations » vont
s’ouvrir sur « l’avenir de la Fonction publique »
Le point de départ non négociable des
dites « négociations », c’est le blocage du point d’indice donc la
diminution du pouvoir d’achat des fonctionnaires.
L’objectif des négociations a été donné
par le conseil des ministres du 27 août : « revoir les mécanismes
d’avancement à l’ancienneté [qui permettait vaille que vaille
aux fonctionnaires de limiter la baisse de leur pouvoir d’achat – NDLR]
pour mieux reconnaître les mérites des agents » c’est à
dire individualisation et arbitraire. Il s’agit aussi de réduire
considérablement les corps de la Fonction publique, de remplacer la
gestion nationale dans le cadre des statuts nationaux par des
négociations locales, de généraliser la flexibilité de l’emploi et la
mobilité inter- et intra-fonctions publiques, etc.
L’offensive contre le statut est
ouvertement affirmée puisqu’il s’agit de « réduire le poids de la
gestion statutaire au bénéfice du droit souple et de la négociation
collective »
Cette « négociation » par ailleurs vise
à la mise en œuvre d’ « accompagnement des réorganisations
territoriales », c’est-à-dire les milliers de mutations d’office et
suppressions de poste induites par les regroupements de régions et
suppressions de conseils généraux.
Nul ne peut sérieusement prétendre que
dans le cadre ainsi fixé il serait possible de défendre les
revendications des fonctionnaires. Chacun comprend à l’inverse qu’il
s’agit d’associer les fédérations de fonctionnaires à la destruction du
statut de la Fonction Publique : l’avancement à l’ancienneté constitue
en particulier la pierre angulaire de ce statut.
En conséquence le CDFN de la FSU
décide de refuser de participer à cette prétendue « négociation » et
appelle les fédérations de fonctionnaires notamment CGT et FO à faire de
même.
[pour : 10 ; contre : 85 ; abst : 7 ;
refus de vote : 26 ]
Intervention de Julien Barathon
(présentation motion défense des statuts)
J’interviens pour présenter la motion FU "défense
des statuts et de l’enseignement", parce qu’en cette rentrée le
gouvernement peut se prévaloir d’attaques sur ce terrain.
Si l’on observe les résultats de la
généralisation des rythmes scolaires, on se rend compte que la soumission de
l’école aux conditions locales a des conséquences sur le statut, puisque le
20 août 2014, un décret a modifié le statut des enseignants remplaçants et
en service partagé en l’annualisant. L’annualisation c’est une vieille
revendication de la bourgeoisie pour le temps de travail des enseignants.
Quant au contenu de l’enseignement, c’est la disparation de cours le
vendredi après-midi dans certaines communes, avec du périscolaire payant, ou
pas du tout…
Le 20 août 2014, un autre décret a été pris,
qui abroge les décrets de 1950, et redéfinit complètement le service des
enseignants dans le sens de sa fixation locale, y compris pour une part des
salaires, et une augmentation du temps de travail.
Il doit être appliqué en septembre 2015, il
est donc encore temps d’exiger son abrogation.
Pour le moment néanmoins ce sont des points
d’appui pour lancer nouvelle phase, l’attaque contre le contenu de
l’enseignement et les diplômes nationaux.
Des concertations s’ouvrent sur le LPC, les
programmes, l’évaluation…
Le LPC est maintenu, et ouvre sur la
rédaction de programmes a minima, dans la logique curriculaire contre les
programmes nationaux. La question de l’évaluation dite bienveillante, qui
présente l’échec scolaire comme le produit de la méchanceté des enseignants,
recouvre en réalité l’évaluation par compétences, et la liquidation des
diplômes nationaux, brevet, et surtout le bac comme premier grade
universitaire.
Vous retrouverez les revendications dans la
motion, mais il est urgent de changer d’orientation, jusqu’ici la fédération
et ses syndicats ont accompagné ces "réformes", allant même jusqu’à
s’abstenir au CTM sur le décret sur les enseignants du second degré.
On a beaucoup parlé des élections
professionnelles, de la page facebook, mais ce qui déterminera le vote des
collègues pour les syndicats de la fédération, c’est la défense du statut et
de l’enseignement public.
Motion Pour la défense du statut
des enseignants et de l‘enseignement
Le CDFN de la FSU se prononce pour
l’abrogation du décret du 20 août 2014 mettant fin aux décrets de 1950,
qui offre toute possibilité pour alourdir la charge de travail des
enseignants du second degré tout en les soumettant toujours plus au
pouvoir de la hiérarchie locale.
Le CDFN de la FSU se prononce pour
l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires, qui soumet les
enseignants, les horaires et les enseignements aux exigences locales,
disloquant ainsi le cadre national de l’enseignement primaire. Le CDFN
de la FSU se prononce pour l’abrogation du décret du 20 août 2014 qui
annualise le service des titulaires remplaçants.
Ce sont les statuts, qui outre la
protection des personnels, assurent la défense de l’enseignement qu’ils
dispensent dans un cadre national.
A cet égard l’offensive du gouvernement
contre les programmes (LPC, curriculum), la notation ou la suppression
totale du redoublement, doit être dénoncée comme une vaste opération
contre l’Enseignement public. Elle vise la déqualification de
l’enseignement, la disparition des diplômes nationaux, en particulier du
bac, premier grade universitaire, mais aussi la fin de la liberté
pédagogique de l’enseignant.
Aussi, le CDFN de la FSU appelle au
boycott des concertations et consultations que le gouvernement entend
organiser pour parvenir à ses fins.
[pour : 6 ; contre : 76 ;
abstention : 4 ; refus de vote : 42]
Autres motions déposées par le courant
Front Unique
Motion Contre l’intervention
militaire de la France en Irak
Le CFDN de la FSU condamne
l’intervention française en Irak, qui s’inscrit dans une longue suite
d’agressions impérialistes qui ont semé le chaos dans la région, exige
l’arrêt immédiat des bombardements, et le retrait des troupes engagées.
[pour : 17 ; contre : 77 ;
abstention :0 ; refus de vote : 34]
Motion proposée par Front Unique
et par Émancipation
Pour la levée des poursuites
judiciaires contre Alain Pojolat !
Alain Pojolat est convoqué par le TGI de
Paris le 22 Octobre. Il est poursuivi pour avoir déposé en préfecture,
au nom de plusieurs organisations, les appels aux manifestations à Paris
des 19 et 26 juillet en soutien à la Palestine, manifestations qui ont
été ensuite « interdites » par le gouvernement.
Le CDFN de la FSU considère qu’il s’agit
là d’une atteinte intolérable au droit de manifester.
Aussi, le CDFN :
– exige l’arrêt immédiat des
poursuites engagées contre Alain Pojolat.
– décide de s’adresser aux
autres organisations syndicales pour porter dans l’unité cette exigence
au gouvernement et mener une campagne publique en ce sens.
[pour : 12 ; contre : 68 ;
abstention : 0 ; refus de vote : 48]
