Déclaration à la CA du SNES Clermont du 23
juin 2014
La séquence électorale qui a
eu lieu au printemps doit être appréciée : il s’agit évidemment d’une défaite
pour le gouvernement, tant aux municipales, qu’aux européennes. Les conditions
de cette défaite doivent être clairement marquées, ces élections marquent un
record d’abstention, et une abstention spectaculaire dans les communes qui ont
voté Hollande en 2012.
Alors qu’en 2012 le
prolétariat et la jeunesse avaient utilisé le vote Hollande et élu une majorité
de députés du PS et du PCF, le prolétariat et la jeunesse en 2014 s’abstiennent
massivement. Aux municipales qu’aux européennes, contrairement à ce que
racontent les médias, le vote ouvrier, c’est, et c’est loin d’être positif pour
autant, l’abstention. Mais dans les médias on mène campagne, exsudant la haine
de classe, “le vote ouvrier c’est le vote FN”… Le FN représente les intérêts
d’une fraction de la bourgeoisie française, celle qui nostalgique du temps des
colonies et de la puissance n’accepte pas les règles et les conséquences de la
concurrence que l’UE lui imposent. Le vote FN représente la putréfaction de la
société dans le capitalisme en crise, il représente plutôt la décomposition de
la classe ouvrière, le chômage, la précarisation, la marginalisation sociale
produite par la crise du caputalisme. La progression du FN, il faut le dire elle
a une cause, et la politique du gouvernement Hollande-Valls-Pinel l’amplifient,
en bouchant toute alternative politique, en reprenant et en amplifiant la
politique que menait Sarkozy, par exemple par le pacte de responsabilité.
Les directions des
organisations syndicales, de la FSU, du SNES, ont elles aussi leur part de
responsabilité ! En participant au dialogue social, en entrant dans le cadre de
la discussion notamment sur le pacte de responsabilité, en ne menant aucun
combat concret pour son retrait, pour empêcher par exemple le vote à l’assemblée
par les députés du PS et du PCF, lors de la présentation du pacte, alors que le
PS est traversé de contradictions sur la question, en n’appelant pas à une
manifestation à l’assemblée nationale, lors du vote des projets rectificatifs du
budget et du financement de la sécurité sociale, dont la discussion commence
aujourd’hui même à l’assemblée… La direction du Snes, celle de la FSU en ne
rompant pas avec le gouvernement contribuent à soutenir sa politique.
En participant à la discussion
sur les carrières, les rémunérations dans la fonction publique, les directions
directions e t notamment celle de la FSU s’engagent dans une discussion dont le
but est la liquidation du statut de fonctionnaire, des catégories, des
différentes fonctions publiques, c’est à dire à la recherche effreinée des
coupes budgétaires permettant de s’inscrire dans les cadeaux au patronat dans le
cadre du pacte de stabilité, et bien au-delà encore. Car les exigences du
capital sont sans fin.
Cette politique se traduit
dans l’enseignement par l’attaque contre le statut d’enseignant, la liquidation
des décrets de 1950.
Cela se traduit par l’attaque
contre l’enseignement lui même, les programmes, que le CSP veut remplacer par le
curriculum, des examens et diplômes, le brevet qu’il veut liquider au profit de
la validation des compétences, et évidemment en ligne de mire le bac. Au lieu de
se féliciter du socle comme le fait la direction dans le dernier US, la position
de notre organisation doit être la dénonciation de cette déqualification de
l’enseignement et d’appeler ls enseignants au boycott de la consultation prévue
à l’automne.
Alors oui , c’est avec cette
politique qu’il faut rompre.
Prenons exemple sur la SNCF,
où d’ailleurs les contempteurs du bac, l’ont utilisé exceptionnellement pour
l’opposer aux grévistes ! A quoi sont confrontés les cheminots ? à une réforme
qui, pour permettre à la SNCF de s’adapter aux lois et règles du marché, cherche
à faire exploser l’entreprises, et le statut avec derrière salaires, retraites,
et temps de travai. La question posée par le conflit : ou la volonté des
cheminots de garder leur statut, donc empêcher l’adoption de la loi, et
affronter le gouvernement, ou alors prétendre comme le fait Le Paon s’inscrire
dans une logique de pression pour susciter des amendements ? Le Paon a même
déclaré contre les cheminots qu’il n’avait jamais été question de réclamer le
report ou le retrait de la prétendue réforme ferroviaire. Bref, où on affronte,
ou l’on permet de faire passer le projet gouvernemental. Le problème vient du
fait que la direction de la CGT n’exige pas le retrait du projet de loi et la
montée de toute la profession à l’assemblée nationale.
Affronter, permettrait
d’ouvrir une perspective aux travailleurs, permettrait de mobiliser, de redonner
vie à l’élan qui en 2012 a permis de chasser Sarkozy. Continuer à se placer dans
le dialogue social, au contraire c’est permettre au gouvernement de poursuivre
sa politique de sauvetage du capital et du patronat, et produit la
démobilisation, amplifie la putréfaction sociale, et donc ses expressions
politiques.
C’est donc sur deux points que
nous proposons immédiatement de mener cette politique de rupture, avec le
gouvernement : fonction publique et décret de 1950. Vous vous inquiétez de la
participation et du résultat des élections professionnelles, mais la condition
pour les aborder de façon sereine, c’est de défendre ce que veulent les
enseignants, se prononcer pour le retrait du projet de décret Peillon, et la
défense des décrets de 1950.
