LETTRE DE LIAISON


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CDFN des 21
et 22 Janvier 2014 :


Les
représentants Front Unique ont combattu  notamment:


 

Pour que la FSU rejette le « pacte de
responsabilité » et refuse de participer à la concertation visant
à le mettre en œuvre.

Pour que la FSU se prononce en défense des statuts des personnels en
particulier en défense des décrets de 50.

 


Avec quelques contorsions, la direction de la
FSU se situe « dans le cadre du pacte de responsabilité »

 (citation de la déclaration commune CFDT CGT
FSU UNSA)

Le CDFN avait lieu exactement une
semaine après la conférence de presse de F. Hollande au cours de laquelle il
avait présenté son pacte de responsabilité inspiré par le MEDEF. 35 milliards
seraient offerts aux patrons par exonération des cotisations famille, et plus de
50 milliards d’économies de dépenses publiques en 3 ans conduiraient à des
suppressions massives de postes de fonctionnaires ainsi qu’à des attaques
majeures de la sécurité sociale.

Dès lors une question capitale se
posait à la FSU comme à l’ensemble des organisations prétendant défendre les
travailleurs. Accepter ou combattre ce pacte dit de responsabilité ?

Avant même sa conférence de presse,
Hollande pouvait déjà se targuer du soutien fourni par une déclaration commune
CGT-CFDT-UNSA-FSU qui indiquait en conclusion que ces organisations
s’inscriraient dans le cadre de son pacte. Il pouvait donc affirmer qu’il
comptait faire aboutir son pacte par la méthode du dialogue social, comme pour
l’ANI ou pour la loi sur les retraites. Il devait préciser : « Le pacte de
responsabilité ne suppose pas nécessairement l’accord de tous et je le
comprends. Mais il appelle la participation de tous. ». On ne saurait indiquer
plus clairement ce que le gouvernement attend des dirigeants syndicaux ! L’enjeu
de ce CDFN était donc de savoir si le contenu de cette déclaration commune
serait confirmé ou infirmé.

Le seul fait que la direction de la
FSU ait bouleversé l’ordre du jour du CDFN pour pouvoir participer aux vœux de
Hollande aux « forces vives de la nation », réunissant devant lui les
représentants des patrons et ceux des syndicats, prouvait que le contenu de la
conclusion de la déclaration commune était pleinement assumé par la direction de
la FSU. Et même si B. Groison ne pouvait aller jusqu’à approuver le contenu du
pacte, elle répétait à de nombreuses reprises que la FSU répondrait à toutes les
invitations du gouvernement concernant ledit pacte.

L’Ecole Emancipée (EE), qui
co-dirige la FSU, était pour le moins gênée par la déclaration commune CFDT-
CGT-FSU -UNSA. Ainsi dans sa contribution au CDFN, il est écrit : « (…) nous
avons exprimé notre désaccord avec la signature du texte final de
l’intersyndicale par la FSU (…) ». Plus loin, il est indiqué que c’est la CFDT
qui a introduit au dernier moment la dernière phrase. L’EE en conclut : « Il
s’agit d’une volonté manifeste d’entraîner la démarche syndicale unitaire sur le
terrain du syndicalisme d’accompagnement défendu par CFDT et UNSA (…) ». Le
dirigeant de l’EE, Zappi, a certes repris à la tribune ce genre de propos
critique à l’ouverture du CDFN. Mais du mardi au mercredi, Zappi se dédit et
finit, tout honte bue, par dire oui au texte action dans lequel on trouve : « La
déclaration commune de la CGT, CFDT, FSU et UNSA, rendue publique juste avant la
conférence de presse de F. Hollande constitue, en dépit de ses limites, une
étape et un point d’appui (…) ». Pour Hollande, cette déclaration constitue sans
aucun doute un point d’appui.

Il est à noter que les représentants
du courant URIS n’ont pas demandé formellement que le CDFN rejette le pacte de
responsabilité. Ils ont présenté un seul amendement au texte Action qui  a été
intégré et pourtant, ils ont voté contre le texte amendé. Ils semblaient un peu
embarrassés, peut-être en manque de repères. Il est vrai que la direction de la
CGT est signataire de la déclaration commune qui l’inscrit donc dans le cadre de
ce pacte. Quant à la direction de FO, elle aussi était présente aux vœux de
Hollande, Mailly déclarant à sa sortie qu’il n’avait pas été convaincu par les
propos de Hollande…

Notre courant Front unique a axé
toute son intervention au CDFN contre le pacte de responsabilité, pour exiger de
la direction de la FSU son rejet. Force est de constater pourtant que pour
l’instant notre orientation ne s’est pas imposée, et loin s’en faut. Pour
autant, il serait faux de considérer que tout est « joué ». Les contorsions
exprimées par les représentants de la direction de la FSU (ou de celles de la
CGT et de FO) prouvent qu’il n’est pas aisé de conjuguer les « réserves » sur le
pacte de responsabilité avec le plein accompagnement de son adoption. Certes,
les dirigeants y sont parvenus récemment (ANI, Loi sur les retraites), mais les
mouvements récents de mobilisation chez les enseignants des écoles ou chez les
professeurs des classes préparatoires ont prouvé que certaines catégories de
travailleurs avaient réussi, en partie, à bousculer les dispositifs de soutien
au gouvernement.

Ces événements ne peuvent que nous
encourager dans le combat que nous menons auprès de nos collègues pour imposer
aux dirigeants syndicaux leur rupture avec le gouvernement et pour qu’ils
constituent un front uni contre sa politique réactionnaire incarnée dans le
pacte de responsabilité.

Quelques éléments
significatifs

Nos lecteurs se souviennent
certainement du combat mené pour empêcher que la direction de la FSU signe
l’accord du 31 mars 2011 visant prétendument à résorber la précarité dans la
fonction publique. Cet accord, signé par la CGT et FO mais pas par la FSU, avait
abouti, deux mois avant que Sarkozy ne soit chassé, au vote de la loi dite
Sauvadet. Anne Féray, dirigeante de la FSU qui avait ardemment milité pour la
signature de l’accord de mars 2011, a été obligée de reconnaître devant le CDFN
que, le plus souvent, la loi Sauvadet dégradait la situation des personnels
précaires. B. Groison insistait sur le fait qu’il fallait s’adapter à la réalité
de 2014.

A été soumis au vote de ce CDFN une
modification du règlement intérieur officialisant le reversement sur le compte
de la FSU des rétributions obtenues par le représentant (Gérard Aschiéri) de la
FSU siégeant au Conseil économique social et environnemental (Cese) et ceux
siégeant dans une structure analogue au niveau régional (Ceser). Le représentant
de notre courant a dénoncé la  participation à ces structures et a indiqué que
pour prouver l’indépendance syndicale des représentants de la FSU, ceux-ci
devaient commencer par refuser toute récompense ou médaille de la part du
gouvernement. C’était particulièrement Gérard Aschiéri qui était visé puisqu’il
s’est vu attribué la légion d’honneur. Ni lui, ni quiconque n’a daigné répondre
à cette interpellation. 

La direction de la FSU
soutient les mesures du gouvernement sur les ZEP, mesures qui préparent
l’offensive en gestation contre le statut des enseignants, en particulier les
décrets de 50

Sur la question de l’enseignement
prioritaire, l’appareil de la FSU s’est félicité des déclarations
ministérielles. Mais des interventions se sont multipliées pour indiquer que ces
annonces ne s’accompagnaient d’aucun moyen supplémentaire et qu’elles
signifiaient un redéploiement qui allait permettre de donner plus à un petit
nombre en enlevant à un nombre plus important. Ce plan ne prévoit aucunement la
diminution des effectifs des classes de ces établissements, effectifs qui ont
beaucoup augmenté pendant ces 10 dernières années. Mais surtout en matière
d’affectation, de soumission des enseignants à des tâches définies localement
par les chefs d’établissement, conseils d’administration et conseils
pédagogiques, les ZEP constituent un véritable banc d’essai à la pulvérisation
générale du statut.

Le courant Front Unique,
fidèle à sa tradition internationaliste est intervenu contre l’intervention de
l’impérialisme français en Afrique

Seul notre courant est intervenu
pour condamner les interventions de l’impérialisme en Afrique et en particulier
celle que Hollande a déclenchée en décembre en Centrafrique. On peut noter que
très peu de délégués ont soutenu notre motion. Il est vrai que,  du Front de
gauche au Front national, c’est une véritable union nationale qui s’est exprimée
en soutien à l’intervention impérialiste en Centrafrique comme ce fut également
le cas, un an plus tôt, pour celle au Mali.

Pour la réintégration immédiate de
Jacques Risso


Un événement scandaleux s’est produit quant à la
motion que nous avons présentée pour la réintégration immédiate de Jacques
Risso. Il s’agit d’un instituteur et directeur d’école du Vaucluse suspendu de
ses fonctions depuis 5 mois par un rare et terrible acharnement administratif
(plus d’informations dans la motion ci-après). Alors que dans le département de
ce collègue, un comité de soutien et une intersyndicale multiplient les actions
publiques pour obtenir sa réintégration immédiate, la direction nationale a
refusé de voter la motion que nous présentions en ce sens car il y était demandé
que la FSU mène une campagne publique pour obtenir cette réintégration.
Visiblement, la direction de notre fédération préfèrerait mener une campagne
discrète – peut-être pour ménager l’administration – alors qu’il paraît évident
qu’une puissante campagne publique permettrait d’abréger la situation dramatique
de cet enseignant et de le rétablir dans son honneur et dans ses fonctions.
Aussi, alors qu’aucun vote ne s’est exprimé contre notre motion, celle-ci  n’a
pas été considérée comme adoptée en fonction des statuts de la FSU.  Il est vrai
que selon ces statuts étranges, un vote en abstention équivaut en réalité à un
vote contre. Cela a permis à l’appareil  de cautionner la répression contre
notre collègue sans avoir à assumer formellement cette position honteuse.

 

 Intervention d’Yves Ankaoua pour le courant 
Front unique au CDFN le 21 janvier 2014 (débat général)

Camarades, le courant Front unique estime qu’une
question capitale est posée à notre CDFN comme à l’ensemble des organisations
syndicales :

Est-il possible de soutenir le pacte de
responsabilité de Hollande ou devons-nous de la manière la plus claire et la
plus nette le rejeter ?

Rappelons que ce pacte survient à la suite de
nombreuses attaques contre les travailleurs et en faveur des capitalistes :
crédit impôt compétitivité, loi de flexibilité (ANI) et loi sur les retraites,
pour n’en citer que trois.

Le pacte de responsabilité, c’est d’abord la
baisse drastique du coût du travail avec l’exonération des cotisations famille
ce qui représente une baisse de 5% de la masse salariale : c’est un véritable
hold-up de 35 milliards sur le salaire différé.

Chacun sait d’ailleurs que la fiscalisation
censée le compenser sera prétexte à un nouveau plan d’ampleur contre la sécurité
sociale.

Ce pacte, ce sont 50 milliards supplémentaires
d’économies de dépenses publiques pour les 3 années qui viennent après les 15
milliards d’économies du budget 2014. Cela impliquerait des suppressions
massives de postes de fonctionnaires dans toutes les fonctions publiques, y
compris dans l’Education nationale, ainsi que des diminutions de prestations
sociales.

Quand Hollande affirme vouloir « redéfinir
les missions de l’Etat »
et « mener des réformes structurelles »,
c’est la liquidation des statuts des différentes catégories de fonctionnaires
que prépare le rapport Pêcheur qui préconise la liquidation de la reconnaissance
des qualifications par les diplômes, le concassage du système des carrières, la
suppression des corps, la mobilité entre les différentes fonctions publiques.

En annonçant enfin un accroissement des
prérogatives des collectivités territoriales, Hollande veut sans doute encore
leur transférer des missions et des fonctionnaires d’Etat.

En fait, le gouvernement
Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel poursuit la politique contre laquelle la classe
ouvrière et la jeunesse s’étaient dressés en 2012 en chassant Sarkozy et en
élisant une majorité de députés du PS et du PCF.

Ainsi, Hollande assume pleinement les
destructions des campements des Roms y compris pendant l’hiver et, dans la
tradition de l’impérialisme français, il a conduit coup sur coup deux
interventions militaires, au Mali et en Centrafrique. Il s’apprête à être reçu
par le pape qui participe à une campagne contre le droit à l’avortement dont la
pointe avancée se situe en Espagne et qui se propage dans notre pays.

J’ai posé en début d’intervention la question :
soutien ou refus du pacte de compétitivité ?

On ne sera pas étonné de constater le soutien
ouvert du Medef ou celui plus embarrassé de l’UMP tant le pacte de
responsabilité est la reprise des revendications patronales.

Mais qu’en est-t-il des responsables des
organisations syndicales et en particulier de ceux de notre fédération ?

On a certes entendu le responsable de la Cgt
dénoncer le « pacte » comme un cadeau au patronat, mais on a surtout découvert
une position intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-FSU publiée quelques heures avant la
conférence de presse de Hollande. Ce texte ne dit pas un mot contre les plans de
licenciements ou pour la défense des salaires. Mais c’est surtout sa conclusion
qui en une phrase exprime sans équivoque l’essentiel : « Les organisations
signataires porteront ces revendications et objectifs communs lors des
discussions qui se dérouleront dans le cadre du pacte de responsabilité. »
Ce qui rassemble donc l’ensemble des organisations signataires, c’est
l’acceptation de s’inscrire dans ce pacte.

Ce matin, lors de ses vœux aux « forces vives »,
Hollande a donc pu présenter aux dirigeants syndicaux sa feuille de route et
rappelé sa méthode, celle du dialogue social. Rappelons que la 1ère
conférence sociale avait abouti à l’ANI, la 2ème à la loi sur les
retraites et l’objectif de la 3ème, à travers le pacte de
responsabilité, c’est la remise en cause de tout le système de protection
sociale.

Alors la responsabilité de toute organisation
affirmant parler au nom des travailleurs, la responsabilité de notre fédération
est de condamner clairement le pacte dit de responsabilité et de tout mettre en
œuvre pour imposer son retrait. Cela implique bien évidemment le refus de toute
concertation destinée à permettre son adoption.

La responsabilité de notre fédération est de
s’adresser aux confédérations ouvrières (CGT et FO) pour dresser un front uni
contre le « pacte » gouvernement-Medef.




 

Intervention de Marie Claire Saint
Lager : présentation de la motion Front Unique : pour le rejet du "pacte de
responsabilité"; aucune participation à la concertation visant à le mettre en
œuvre.

Je reviens à la question qui nous est
posée  aujourd’hui:

Est-il possible de soutenir le pacte de
responsabilité de Hollande ou devons-nous le rejeter de façon claire et nette ?
Et dans ce cas, comment le traduire ?

Ce pacte, inspiré par le MEDEF, ordonne
toute la politique anti-ouvrière du gouvernement. Et ce, sans le moindre
maquillage.

Son premier « grand chantier » est la
baisse des charges patronales.

Pour ce faire il veut saisir le Haut
conseil au financement de la Protection sociale, dans lequel siègent les
représentants syndicaux dont ceux de notre fédération, la FSU.

Il veut donc que nos organisations
syndicales prennent elles-mêmes en charge la baisse massive  de la part
patronale dans le financement de la protection sociale, c’est à dire de notre
salaire différé.

Les prétendues contreparties de cadeaux
aux patrons seraient l’embauche et le dialogue social.

Hollande l’a expliqué : « nous avons
fait le choix d’une méthode : celle du dialogue social et elle a fait ses
preuves »
exemples à l’appui !

De ce point de vue, le MEDEF n’a aucune
hésitation, ce dialogue se fait sur son terrain.

Quant à l’embauche, Gattaz l’a dit et
répété : pas question d’engagements chiffrés.

Pourtant la secrétaire générale de la
FSU nous a dit dans son rapport introductif que « l’objectif du pacte est la
création d’emploi »
« discours auquel nous ne sommes pas insensibles » !

Goodyear, Arcelor-Mittal, Peugeot PSA,
etc., etc.,  les  travailleurs quant à eux savent, par leur vécu, à quoi s’en
tenir concernant les promesses en matière d’emploi.

Mais c’est le seul os qu’auront à
ronger les directions syndicales dans le cadre de ce pacte.

B. Groison nous a dit aussi que le
gouvernement allait recevoir les directions syndicales dès lundi prochain et que
« ce sera l’occasion de redire ce que nous avons à dire, nos propositions,
nos exigences sur la Fonction Publique ».

Peut-être pourra-telle nous expliquer
ce qu’elle compte obtenir, quand le gouvernement annonce 15 à 18 milliards
d’économie par an de 2014 à 2017 sur les dépenses publiques ?

Le gouvernement a ciblé 3
« gros viviers d’économie »
selon ses propres termes :

–           La fonction publique d’Etat

–           la protection sociale : il
vise 5 milliards d’économie par an sur le dos de l’assurance maladie en
attaquant notamment l’hôpital !

–           les collectivités locales à
travers la décentralisation

Comme Zappi, responsable de l’Ecole
Emancipée l’a dit fort justement « le gouvernement veut étendre le pacte aux
organisations syndicales pour qu’elles s’y associent » ;
« ce terrain ce
n’est pas le nôtre »

En effet, la responsabilité de toute
organisation affirmant parler au nom des travailleurs, celle  de notre
fédération  est de condamner clairement ce pacte dit de « responsabilité ».

Elle est de déclarer dès maintenant
qu’elle ne participera pas à la « grande conférence économique et sociale »
annoncée par Hollande pour conclure ce pacte,  et par voie de conséquence à
aucune des discussions organisées pour le préparer. 

C’est là-dessus qui l’unité syndicale
conforme aux intérêts des travailleurs doit se réaliser.

 

Motion

Le CDFN de la FSU rejette le pacte de
responsabilité et déclare dès maintenant qu’elle ne participera pas à la «  
grande conférence économique et sociale   » annoncée par Hollande pour
conclure ce pacte, et par voie de conséquence à aucune des discussions
organisées dans le cadre de sa  préparation.   

Il décide que la FSU ne se rendra pas  à
la convocation du gouvernement au haut conseil pour le financement de la
protection sociale dont le but est de remettre en cause le financement
patronal de la protection sociale, en commençant par la suppression du
financement des allocations familiales.

Il s’adresse aux autres confédérations
syndicales, CGT et FO, pour qu’elles fassent de même.

Vote : pour 4, contre 63, abstention 8, NPPV
36

 


Intervention de Julien Barathon : présentation de la motion Front Unique  en
défense des décrets de 50

Je voudrais évoquer une question absent, trop absente de ces deux jours
de débats, qui a une grande importance corporative, mais aussi qui nous montre
la voie, puisque c’est un des rares cas où le gouvernement a dû surseoir… Il
s’agit de la question du métier d’enseignant.

Oui, il faut l’affirmer les décrets de 1950 sont une précieuse garantie
pour les enseignants, ils sont une véritable ligne de défense…

Ils sont un moyen de se défendre pour les enseignants, appuyés sur leur
syndicat national, parce qu’ils définissent le métier d’enseignant, en heures
d’enseignement, dans une matière de recrutement, ce qui garantit aux élèves un
enseignement qualifiant.

Ils sont un moyen de défense parce qu’en fixant des maxima de service,
ils contraignent l’administration à limiter la pression sur les enseignants, et
à payer des heures supplémentaires.

Ils sont un moyen de se défendre car les fonctions et les services ne
sont pas fixés selon le bon vouloir des chefs d’établissement.

En tant que tels ils doivent donc être défendus, et ce sans condition.

Mais pourrait-on croire qu’il y a du grain à moudre, qu’il pourrait
sortir quelque chose de positif des discussions sur le métier avec le
gouvernement ?

La discussion qui a eu lieu en novembre et décembre apporte la
réponse ! Ce que veut le gouvernement : annualiser les services, faire
totalement éclater la définition de la mission des enseignants en l’intégrant
dans un catalogue de tâches sans fin, il vaut faire fixer les tâches sur lettre
de mission du chef d’établissement, les faire adopter par les conseil
pédagogique et en CA, de manière locale et individualisée, il veut supprimer les
décharges et ainsi alourdir les services, baisser les salaires.

Les enseignants le savent, ceux qui travaillent dans les classes
préparatoires ont massivement fait grève début décembre, les autres ont adressé
en AG, en HMI des dizaines de motions aux directions syndicales, toutes pour
condamner le contenu de cette politique, pour défendre les décrets de 1950.
C’est aussi ce que manifeste l’enquête du Snes de l’académie de Créteil.

Si le gouvernement n’a pu annoncer officiellement son plan le 12
décembre, c’est bien parce que les enseignants étaient déterminés à se défendre,
à défendre les décrets. Ne voulant risquer un affrontement majeur avec la
profession, le gouvernement par la voix de Peillon a reporté la décision, qui ne
pourra donc s’appliquer en septembre 2014. Mais il n’a pas capitulé, il a besoin
de plus de temps, de plus de discussion avec les directions syndicales. En
réalité en difficulté il en appelle à la bouée de secours de la concertation.

Poursuivre cette politique de « dialogue social » c’est autoriser le
gouvernement à poursuivre son offensive. Est-ce là la tâche de notre
fédération ?

Au contraire, il faut rompre cette discussion, et le gouvernement
perdra les moyens de poursuivre son offensive de destruction du statut des
enseignants du second degré. C’est pourquoi il nous faut se prononcer

-en défense inconditionnelle des décrets de 1950

-rejeter catégoriquement le projet Peillon de liquidation de ces
décrets

-rompre la discussion avec le gouvernement !

Motion

Le CDFN de la FSU se prononce
inconditionnellement pour la défense des décrets de 1950.

Il rejette le projet de Peillon visant à
les liquider.

En conséquence le CDFN se prononce pour
la rupture de la discussion avec le gouvernement, et mandate la direction
nationale de la FSU pour qu’elle adopte une telle position.

Vote : Pour 5, contre 73, abstention 15,
NPPV 16

 

Intervention de Denis Dutheil :
présentation de la motion Front Unique : A bas l’intervention de l’impérialisme
français en Afrique

Lors de sa conférence de presse du 14 janvier,
Hollande s’est prévalu de l’intervention française en Afrique. Et du point de
vue de l’impérialisme, en moins de 2 ans, on peut dire qu’il a fait mieux que
Sarkozy : après l’intervention au Mali en janvier 2013 et les 2 800 soldats
français déployés, le gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel a envoyé plus
d’un millier de soldats supplémentaire en Centrafrique, ce qui amène à 1600 le
nombre de militaires sur place.

Une fois de plus, on voudrait nous faire croire
que l’intervention française, sous couvert de l’ONU, aurait un but humanitaire.
Mais de qui se moque-t-on ? 

Ce qu’il est allé défendre : 

– d’une part, les intérêts économiques des
grands groupes français (Bolloré, Total, Areva…) alors que les parts de marché
de la France ont diminué de moitié en Afrique sub-saharienne en une dizaine
d’années (passées de 10 à  moins de 5 %).

– D’autre part, sa position stratégique
d’impérialisme car la Centrafrique représente une place centrale dans le
dispositif de contrôle de la région et de ses intérêts.

Faut-il rappeler que depuis l’indépendance de la
Centrafrique, l’impérialisme français fait et défait des gouvernements à sa
botte, organise des coups d’Etat plus ou moins déguisés : Bokassa, Patassé,
Bozizé, Djotodia… des dictateurs sanguinaires ou des hommes de paille ! Tous ont
été mis en place puis éjectés par leur maître impérialiste lorsqu’ils ne
convenaient plus. 

Aujourd’hui, c’est Catherine Samba-Panza qui est
désignée pour défendre les intérêts de l’impérialisme français dans un
gouvernement transitoire : ancienne responsable des filiales africaines de
grands groupes d’assurance comme Allianz, elle donne les gages de la poursuite
de la soumission à l’Etat français.

Selon Libération : "Des élections générales
doivent être organisées au plus tard au premier semestre 2015, la France
souhaitant pour sa part qu’elles se tiennent en 2014
."

Le gouvernement français désigne les hommes ou
femmes de paille et donne même le calendrier. 

Mais la réalité est tout autre : à l’image de
toutes les interventions impérialistes, ce qui reste derrière elles, c’est la
misère, la désolation, le chaos.

L’armée française a désarmé une partie de la
population, laissant la porte ouverte à de nouveaux massacres et à de nouveaux
exodes massifs : plus de 700 000 réfugiés ont dû quitter leurs maisons, dont 300
000 à Bangui. 

Qui est responsable de ce chaos ?

C’est l’impérialisme français ! Qui pourtant
bénéficie d’une union nationale de soutien du front national au front de gauche
pour 2 interventions successives : c’est extraordinaire ! 

La responsabilité de la FSU est de dénoncer
cette union nationale et de se prononcer pour l’arrêt immédiat des interventions
impérialistes françaises en Centrafrique et au Mali et le retrait de toutes les
troupes présentes en Afrique.

Motion

Halte à l’intervention impérialiste
française en Afrique

Le CDFN de la FSU se prononce pour :

– l’arrêt immédiat des interventions
impérialistes françaises en Centrafrique et au Mali.

– le retrait immédiat de toutes les
troupes présentes en Afrique.

Vote : pour 9, contre 70, abstention 5, NPPV
29

 

Motion pour la réintégration
imédiate de Jacques Risso (présentée par Front Unique)

Jacques Risso a été suspendu
depuis le 1er septembre
2013 de ses fonctions d’enseignant et de directeur d’école qu’il occupait
depuis 24 ans à l’Ecole de Rustrel dans le Vaucluse.

Le Dasen, contrevenant aux
textes officiels, a prolongé au-delà de 4 mois la suspension de Jacques
Risso alors que celui-ci n’est l’objet d’aucune procédure judiciaire.

Le Dasen prétend que sa
décision a été prise au motif de « suspicion de non gestion ou de mauvaise
gestion, de harcèlement entre enfants en tant que directeur   ». Mais
Jacques Risso est un caricaturiste reconnu – il a illustré des livres de P.
Frackowiac et de Ph. Meirieu – qui illustre avec humour les injonctions
pédagogiques et administratives dont les enseignants des écoles sont
accablés. C’est sans doute cette impertinence qui lui vaut un tel
acharnement administratif.

Jacques Risso est soutenu par
un comité de soutien qui a recueilli plus de 10 000 signatures pour sa
réintégration immédiate, par une intersyndicale des Snuipp, Snudi et Se du
département qui ont multiplié les actions pour sa réintégration et contre
l’acharnement administratif scandaleux dont il est la victime.

Les secrétaires généraux
nationaux des mêmes syndicats se sont adressés au Ministre Peillon dans le
même but.

Le Cdfn de la Fsu exige la
réintégration immédiate de Jacques Risso et décide de mener, en liaison avec
les forces agissant en ce sens, une campagne publique nationale dans cet
objectif.

Vote : pour 44, contre 0,
abstention 52, NPPV 14  (en vertu des règles de la FSU… le texte n’est pas
considéré comme adopté! (voir article présentation)

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