LETTRE DE LIAISON


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Défense
inconditionnelle du statut et des décrets de 50!


Les dirigeants syndicaux, en particulier ceux du
SNES doivent défendre le statut et rompre la concertation qui ne vise que leur
liquidation.


 

Intervention du
représentant du courant Front Unique au BDFN de la FSU du 6 janvier 2014.

 

Les « vœux
aux français » de Hollande, le 31 décembre, dégagent deux dimensions
fondamentales dans la politique à venir du gouvernement : soutien sans fard au
patronat, offensive toujours plus brutale contre les travailleurs. Gattaz,
président du MEDEF, ne s’y est pas trompé, qui a immédiatement salué cette
déclaration – et pour cause !

Ce que Hollande a annoncé,
c’est d’abord une baisse massive des prétendues « charges » patronales, en
réalité une baisse des salaires. Et pour ce faire : le gouvernement met en
chantier une contre-réforme de liquidation de la Sécurité Sociale qui commence
par la branche « familles », vers la fiscalisation des allocations familiales.
Des dizaines de milliards laissés au patronat, pris sur les salaires, et des
conséquences dramatiques pour les familles ouvrières.

Hollande a évoqué ensuite une
« baisse des impôts »… mais pas pour tout le monde, puisque la TVA augmente !
Les voilà, les prémisses de la « réforme fiscale » ! Et cela conduit directement
à l’objectif annoncé d’une diminution accrue des « dépenses de l’Etat » –
c’est-à-dire encore plus de postes supprimés dans la Fonction Publique, encore
plus de services publics liquidés.

C’est évidemment dans ce sens
que s’inscrit l’offensive du gouvernement contre l’enseignement public, vers la
destruction du cadre national de l’enseignement public proprement dit. Et pour
aller plus loin dans ce sens, tout se concentre aujourd’hui dans le projet de
contre-réforme des statuts enseignants.

Par leur mobilisation au mois
de décembre, les enseignants des classes préparatoires, soutenus par leurs
étudiants, éveillant la crainte que cette mobilisation ne s’étende aux autres
fractions du corps enseignant, ont conduit Peillon à manœuvrer en recul sur ses
projets annoncés : il a dû relancer un nouveau tour de concertation sur les
« métiers » avec les dirigeants syndicaux. Mécaniquement, la contre-réforme doit
donc être reportée à 2015. Mais, pour autant, Peillon n’a reculé sur aucun de
ses objectifs fondamentaux : accroissement du temps de travail, baisse des
salaires, démultiplication des « missions » et renforcement des hiérarchies
locales dans la définition des services.

Cette manœuvre met en lumière
un problème central : si le projet Peillon reste à l’ordre du jour, c’est que
les dirigeants syndicaux, et d’abord ceux du SNES-FSU majoritaire dans le second
degré, continuent de participer aux « groupes de travail » chargés de mettre en
œuvre ce projet.

Et dans quels termes ! Je cite
l’article de Xavier Marand dans l’US du 7/12/2013, qui donne
l’orientation des dirigeants du SNES : « Pour le SNES-FSU, les décrets de
1950 ne sont pas suffisamment protecteurs pour les enseignants et, s’ils étaient
appliqués à la lettre, seraient extrêmement régressifs. Il y a lieu de les
améliorer afin qu’ils offrent plus de garanties pour les personnels et qu’ils
laissent moins de marge aux interprétations locales. Les orientations du
ministre tracent une piste qui va dans le bon sens, mais qui doit encore être
améliorée. »

D’un côté,
il y a eu une mobilisation sur le terrain de la défense résolue des garanties
statutaires, nationales des enseignants : cette mobilisation met le gouvernement
en difficulté. De l’autre, il y a une volonté acharnée des dirigeants du
syndicat à collaborer avec le gouvernement sous prétexte de « porter des
propositions » : elle permet au gouvernement de maintenir ses attaques contre
toute la profession.

Force est de
le constater : la position des dirigeants nationaux du SNES est à l’exact opposé
de ce pour quoi les enseignants se sont mobilisés. La responsabilité de la FSU,
de ses syndicats, est de se mettre au service des enseignants, en défense de
leurs acquis et garanties collectives : c’est pourquoi les dirigeants de la FSU
et de ses syndicats doivent décider de quitter immédiatement les groupes de
travail de Peillon pour donner un coup d’arrêt définitif à sa contre-réforme.

Eléments de discussion

S. Chabrol (SNEP) : « Face
au cadre fixé par les vœux de Hollande, les organisations syndicales sont
confrontées à deux écueils. Le premier, c’est une stratégie d’accompagnement
jusqu’au bout des réformes gouvernementales, mais ça, même la CFDT n’ose pas

(sic ! Ndlr). Le second, où certains voudraient nous emmener, c’est de
refuser toute discussion avec le gouvernement. Le problème, c’est qu’à force de
simplicité, pour ne pas dire de simplisme, ce discours pourrait trouver un écho
parmi nos collègues qui pourraient croire que dire « défense inconditionnelle
des décrets de 50 », ça serait positif ! (…) Les décrets de 50 n’ont jamais
résolu le problème de l’échec scolaire, et c’est dans ce sens que les syndicats
doivent être porteurs de propositions. »

B. Groison
(secrétaire générale de la FSU) : « Pour avoir participé à la première
réunion de concertation sur les métiers, je suis fière des propositions que les
syndicats nationaux ont portées (…) Ce que disent les collègues, ce n’est pas
« il ne faut pas toucher à ça ou à ça », c’est qu’il faut trouver des réponses
pour une école qui résolve les inégalités. »

F. Rollet, secrétaire générale
du SNES, ne s’est pas exprimée au BDFN. Deux jours plus tard, elle ouvrait
néanmoins son intervention sur la question des statuts, dans l’émission « Rue
des Ecoles » à France Culture, en ces termes : « Je crois qu’à juste titre
Vincent Peillon a dit qu’il ne s’agit pas de repartir du statut puisque le
statut ne fait que traduire ce qu’on veut en termes d’objectifs, en termes de
missions – que les missions des enseignants se sont élargies, se sont
diversifiées, se sont complexifiées et que les décrets de 50 (…) ces décrets ne
correspondent plus à la réalité (…) L’essentiel c’était de conforter les
missions et l’idée d’avoir les missions centrales et les missions oubliées nous
convenait. »

L’émission radiophonique déjà
citée, revenant sur la mobilisation des professeurs de classes préparatoires en
décembre, a répercuté leurs revendications : « Retrait du plan Peillon avant
le réveillon ! »

Le courant Front Unique
poursuivra son intervention dans la FSU et ses syndicats pour la défense des
décrets de 1950, pour que les dirigeants des syndicats enseignants de la FSU
quittent les groupes de travail mis en place par Peillon. Il invite les
enseignants, les syndiqués à faire remonter leurs exigences en ce sens.

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