LETTRE DE LIAISON


Lettre de liaison N° 204 – 24 octobre 2012

Le texte
adopté par la direction de la FSU au CDFN des 16 et 17 Octobre soutenu par les
courants UA EE URIS (ex PRSI) confirme une orientation de coopération complète
avec le gouvernement  en particulier sur la loi d’orientation à venir.

 

Aucun soutien au gouvernement Hollande
Ayrault Duflot Pinel aux ordres du MEDEF

Pour que la FSU cesse de participer à
l’écriture de la loi d’orientation

 

POUR RENFORCER CE
COMBAT A PARTIR DU 12 NOVEMBRE,

VOTEZ, FAITES VOTER FRONT UNIQUE !

 


Au moment où nous écrivons ces lignes, le budget
2013, budget d’austérité historique (blocage total des salaires, des milliers de
suppressions de poste aux Finances, à l’environnement, la culture, l’équipement
etc. coupes sombres dans les budgets des opérateurs de l’Etat) est discuté au
parlement sans que l’ombre d’une mobilisation soit organisée pour exiger de la
majorité de députés PS PCF PG qu’elle ne l’adopte pas. L’éventualité d’une
mobilisation contre ce budget n’est, du reste, pas même évoquée par le texte du
CDFN de la FSU présenté par la direction UA/EE, texte auquel s’était
officiellement ralliés les représentants URIS.


Quant à la loi d’orientation, voici ce qu’en dit
le même texte : 
«  La FSU s’est
pleinement impliquée dans la concertation pour la « refondation de l’Ecole » en
mettant sur la table ses propositions. Les débats ont été intéressants même si
des questions importantes n’ont pas toujours pu être approfondies. La FSU
regrette que les personnels n’aient pas été mieux associés à cette concertation.
L’heure est maintenant aux négociations. La loi d’orientation et de
programmation devra opérer une réelle rupture avec la loi de 2005 et la
politique scolaire du précédent gouvernement et donc revenir sur les réformes
mises en œuvre (contenu de la scolarité obligatoire, lycées et lycées
professionnels, formation des enseignants, etc.). Les mesures engagées dans la
loi devront être inscrites dans la durée et être garanties quelle que soit la
situation de notre pays. ». Passons sur l’assez incroyable hypocrisie sur le
fait que « la loi d’orientation devra opérer une réelle rupture avec la loi de
2005 »
 lorsqu’on sait que le « rapport sur la concertation » préparant
la loi fait état d’un accord unanime… pour maintenir l’arsenal de
contre-réformes adoptées contre l’école sous les quinquennats Chirac Sarkozy. 
Retenons que la direction de la FSU se prononce pour que cette loi d’orientation
qui s’annonce comme entièrement réactionnaire (voir intervention Front Unique
reproduite plus loin) soit « inscrite dans la durée… quelle que soit la
situation de notre pays… »[1]


Pas sûr pourtant que les enseignants s’avalent
sans broncher l’augmentation du temps de travail, l’annualisation des services,
la régionalisation de l’orientation et de la formation professionnelle – avec
les conséquences pour le statut – la liquidation du bac comme diplôme national
et anonyme etc., toutes mesures susceptibles de figurer dans le projet de loi
d’orientation, après avoir figuré dans le rapport sur la concertation. Quoi
qu’en dise et  veuille la direction de la FSU, cela risque bien de dépendre…
justement « de la situation dans le pays ». Les enseignants italiens qui,
passant par-dessus les consignes des dirigeants syndicaux, viennent d’imposer au
gouvernement Monti un recul sur le projet d’augmentation de 6 heures de leur
temps de travail hebdomadaire viennent d’en administrer la preuve.


Préparer les affrontements inévitables, telle est
la véritable fonction des interventions des représentants Front Unique dont vous
pouvez prendre connaissance ci-dessous[2].


Voilà pourquoi aussi nous vous invitons à 
voter, faire voter Front Unique  pour le renouvellement du CDFN de la FSU du 12
au 28 Novembre, ainsi que pour les listes départementales FU là où il y en a

 

Intervention dans le
débat général

 

Au début du mois, en réponse à une
simple
pétition virtuelle bien vite
soutenue par le MEDEF et les organisations patronales, le gouvernement
Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel annonçait précipitamment qu’il allait revoir à la
baisse son projet de taxation sur les cessions d’entreprises.
Les patrons
obtenaient satisfaction de ce gouvernement sur une nouvelle exigence, sans même
avoir à quitter leurs fauteuils.

À l’opposé, les travailleurs de Sanofi
qui, eux, ont organisé la montée à Paris, jusqu’à l’Assemblée Nationale, aux
avant-postes des dizaines de milliers de travailleurs confrontés aux plans de
licenciements, se sont heurtés aux arguties, aux manœuvres indignes, bref à une
fin de non-recevoir de la part d’Arnaud Montebourg – le nouveau VRP de Renault.

Entre les deux, il y a eu la
ratification conjointe du traité européen TSCG par une écrasante majorité de
députés PS et UMP, ainsi que par un des membres du groupe parlementaire du PCF.

Il n’y a pas d’expressions plus
évidentes de cette situation : le gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel se
situe en opposition frontale avec les aspirations exprimées par les travailleurs
et la jeunesse lors des dernières élections. Ce gouvernement œuvre à satisfaire
les moindres exigences des capitalistes en crise. Et, pour ce faire, il prépare
aujourd’hui une offensive contre les travailleurs dont la violence est à la
mesure de la crise du capitalisme, qui ne cesse de se développer.

Mais ce qui donne au gouvernement la
confiance nécessaire à cette offensive, c’est la collaboration totale, jusqu’à
maintenant, des directions syndicales.

Ainsi, après les grands battages
autour du TSCG… l’examen du projet de budget 2013, qui commence aujourd’hui,
s’inscrit dans un horizon social sans nuages :

aucune remise en cause par les dirigeants syndicaux, ceux de la FSU comme les
autres. C’est pourtant ce budget qui va fournir le cadre de toutes les
contre-réformes en cours.

D’un côté : les cadeaux octroyés par
Sarkozy au patronat sont maintenus, notamment la suppression de la taxe
professionnelle. Les exonérations de « charges » sont non seulement maintenues,
mais accrues à travers la mise en place des « contrats de générations ». Les
licencieurs n’ont pas non plus à s’inquiéter pour leurs subventions… et le
paiement de la « dette », premier poste budgétaire, constitue une gigantesque
offrande au capital financier.

De l’autre côté : gel du barème de
l’impôt sur le revenu, nouvelles taxes sur le dos des travailleurs, gel des
traitements pour les fonctionnaires, suppressions de postes sans précédent dans
les ministères dits « non prioritaires », développement de la précarité avec 100
000 « emplois d’avenir »…

Ce budget annonce également une vaste
offensive contre la Sécurité Sociale :

plus de 2 milliards de coupes dans les dépenses, c’est-à-dire de nouveaux
déremboursements et des fermetures de lits d’hôpitaux.

Ce que le gouvernement prépare, et les
dirigeants syndicaux le savent, c’est un vaste hold-up, une bombe lancée contre
la Sécurité Sociale fondée sur le salaire différé : les suppressions massives de
cotisations, donc une baisse des salaires, via des « transferts » sous forme de
nouveaux prélèvements sur le dos des travailleurs.

Mais la direction fédérale compte les
« points positifs » du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale… et
participe au Haut Conseil de Financement de la Protection Sociale qui prépare
cette offensive.

C’est encore ce budget qui constitue
le point de départ de la « loi d’orientation » sur l’éducation dont la rédaction
commence cette semaine, à travers d’ultimes « consultations » avec les
dirigeants syndicaux.
Et c’est peu de
dire que les dirigeants de la FSU, qui sont décisifs dans ce domaine, ont porté
ce projet de loi sur les fonds baptismaux – reprenant sans y mettre de
guillemets la terminologie du ministère en reprenant à son compte la
« refondation ».

En guise de « refondation », c’est une
démolition en règle que prépare ce gouvernement. Peillon l’a dit : cette loi
sera aussi une « loi de programmation ». Elle comportera une annexe qui donnera
les coudées franches à son ministère pour répartir les moyens sans s’embarrasser
des cadres statutaires, et sans avoir besoin d’en passer par la procédure
législative. Il s’inscrit ainsi dans le droit fil de la LOLF.

Les mesures annoncées par Hollande et
Peillon, de même que le rapport issu de la « concertation » qui leur sert de
référence, reprennent et approfondissent toutes les contre-réformes que
Sarkozy-Fillon ont mises en œuvre au cours des cinq dernières années. Mais elles
vont encore plus loin, vers la réalisation de ce que Sarkozy et son gouvernement
n’ont pu accomplir : vers l’annualisation du temps de travail, la casse des
statuts, la liquidation pure et simple de certains corps comme les CO-Psy ou les
infirmières scolaires, et même la baisse des salaires. Les élus Front Unique y
reviendront au cours de ce CDFN.

Bernadette Groison elle-même vient de le dire il y a quelques
instants : c’est un « déluge de concertations » qui s’abat aujourd’hui sur les
dirigeants de la FSU. Cette
« concertation » est indispensable au gouvernement. Pour les travailleurs, à
l’opposé, il est indispensable que la collaboration des dirigeants syndicaux
avec ce gouvernement soit rompue.

Il y a urgence à ce que les dirigeants
syndicaux réalisent le front unique contre la politique de ce gouvernement, sur
le terrain de la défense des travailleurs et de leurs acquis. Dans ce sens, il
serait encore possible que les dirigeants de la FSU décident aujourd’hui
d’appeler à la montée nationale à Paris, à l’Assemblée, contre le projet de
budget 2013 – et qu’ils proposent aux dirigeants des confédérations ouvrières de
se joindre à eux.

Il est indispensable et nécessaire que
les dirigeants de la FSU dénoncent l’offensive qui se prépare contre la Sécurité
Sociale. Le premier pas dans ce sens serait de cesser d’en discuter avec le
gouvernement et de quitter le Haut Conseil de Financement de la Protection
Sociale.

Il est urgent, si c’est encore possible,
que les dirigeants de la FSU cessent d’aider Peillon à écrire son projet de loi,
et refusent de le rencontrer cette semaine. Leur responsabilité est d’appeler
sans attendre au retrait de ce projet, dont les axes annoncés par Peillon sont
inadmissibles.

C’est dans ce sens qu’interviendront les
élus du courant Front Unique

 


Intervention de Denis Dutheil sur la question du
budget et de la défense de la Sécurité Sociale

Il y a quelque chose de frappant dans les débats
de ce CDFN : d’un côté, certains crient presque victoire sur nos revendications,
nous assénant que les personnels ont été entendus par le gouvernement. Alors que
dans le même temps, Peillon nous annonce que les enseignants du primaire vont
travailler plus pour gagner moins ! Ça doit être ça la fameuse « priorité au
primaire ».

De l’autre, on n’a cessé d’essayer de nous faire
rire en détournant le slogan présidentiel : "Le changement, c’est pas pour
maintenant".

Mais de qui se moque-t-on ?

Est-ce que c’est le rôle des directions
syndicales de véhiculer des illusions que les travailleurs n’ont plus ou n’ont
même jamais eues pour certains, vis- à -vis de ce gouvernement ?

La réalité, c’est que nous sommes face à un
gouvernement de combat contre les conquêtes sociales ! 

Mais un gouvernement qui a besoin du "dialogue
social" pour porter les coups les plus durs aux travailleurs.

Et on ne pourra plus nier ce fait fondamental que
le gouvernement avance sur la base des concertations ; Bernadette Groison nous a
même avoué que la FSU était submergée par l’agenda social.

Dans le brouillard propagé par nos propres
directions, il y a eu l’opération TSCG, cet arbre qui cachait la forêt du
budget, car c’est le budget qui est la pierre angulaire pour nous faire payer
toujours plus la crise du système capitaliste. Or, ceux qui se sont prononcés à
juste titre, contre le TSCG, ont pourtant refusé de mener la bataille contre le
"budget de combat" annoncé par Ayrault. Ce combat, c’est celui mené contre les
acquis et les conditions d’existence des travailleurs, et notamment des
fonctionnaires :

suppression de postes et réduction des budgets,
maintien du gel du barème des impôts, gel du point d’indice et remise en cause
des progressions de carrière, accentuation de la précarité avec les 100 000
« emplois d’avenir », etc.

Ce budget comprend également de nouvelles coupes
dans la sécurité sociale : le projet de financement de la sécurité sociale
prévoit en particulier 2,4 milliards d’économie pour l’assurance maladie qui
vont se traduire par des nouveaux déremboursements de médicaments, des
fermetures de lits d’hôpitaux…

Tout à sa volonté de servir les intérêts du
patronat pour faire baisser le "coût du travail", le gouvernement s’apprête à
faire porter aux travailleurs, aux retraités, aux chômeurs, le poids des
diminutions massives de cotisations patronales, au nom du "choc de
compétitivité".

Voilà ce qu’il prépare contre la Sécu ! C’est ça
la réalité !

Comment expliquer aux collègues que malgré cela,
des concertations se déroulent dans les ministères ? Et que malgré les annonces
fracassantes, elles se poursuivent encore ? Ah, mais j’oubliais : le
gouvernement nous a entendus !!!!

Non, le gouvernement n’entendra pas les
personnels ! Il est au service du patronat français embourbé dans sa propre
crise. Et que pour porter un coup supplémentaire à la Sécu, il a réactivé
le Haut conseil sur le financement de la protection sociale, créé par Sarkozy
(encore un exemple de continuité), afin d’associer les directions syndicales à
l’élaboration de cette attaque.

C’est pourquoi la responsabilité de la FSU est de
refuser d’y siéger et d’appeler les autres syndicats à faire de même. C’est
aussi d’en appeler d’urgence aux autres syndicats (CGT/FO), car il est encore
temps, pour organiser une manifestation centrale à l’Assemblée en direction des
députés PS, PCF, PG sur les mots d’ordre suivants : ne votez pas le budget
2013 ! A bas la loi de financement de la sécurité sociale ! 

 

Motion

La responsabilité de
la FSU est d’œuvrer à la réalisation de l’unité des organisations syndicales
pour affronter la politique du gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel

En 5 mois, le gouvernement a montré toute sa
détermination à satisfaire les exigences du MEDEF et à faire porter le poids
de la crise du capitalisme sur l’ensemble des travailleurs et de la
jeunesse, dans la continuité du gouvernement Sarkozy-Fillon, gouvernement
massivement rejeté lors des dernières élections.

Toutes les contre-réformes de ce dernier ont
été maintenues. Pire, elles sont sur le point d’être prolongées et
amplifiées par le nouveau gouvernement dont l’arme principale est le "budget
de combat" tel que le nomme Ayrault : suppression de postes et réduction des
budgets à une échelle inégalée dans les ministères et les secteurs dits non
prioritaires, maintien du gel du barème des impôts, gel du point d’indice
pour les fonctionnaires et remise en cause des progressions de carrière,
nouveau coup d’accélération donné à la précarité via le financement de 100
000 « emplois d’avenir » et la CDIsation en lieu et place de postes
statutaires dans la fonction publique…

Ce budget comprend également de nouvelles
coupes dans la sécurité sociale : le projet de financement de la sécurité
sociale prévoit en particulier 2,4 milliards d’économie pour l’assurance
maladie qui va se traduire par des nouveaux déremboursements de médicaments,
des fermetures de lits d’hôpitaux…

Tout à sa volonté de servir les intérêts du
patronat pour faire baisser le "coût du travail", le gouvernement s’apprête
à faire porter aux travailleurs, aux retraités, aux chômeurs, le poids des
diminutions massives de cotisations patronales, au nom du "choc de
compétitivité".

Dans ces conditions, le CDFN constate qu’au
moment où s’ouvre la discussion parlementaire sur le budget, il est encore
temps pour la FSU d’en appeler d’urgence aux autres organisations syndicales
(CGT, FO) pour l’organisation d’une manifestation centrale à l’Assemblée en
direction des députés PS, PCF, PG sur les mots d’ordre suivants : ne votez
pas le budget 2013 ! A bas la loi de financement de la sécurité sociale ! 

Le CDFN constate que pour parvenir à ses
fins, le gouvernement entend associer les syndicats par le biais de leur
participation au Haut conseil sur le financement de la protection sociale,
créé par Sarkozy. En conséquence, le CDFN se prononce pour que la FSU ne
participe pas au Haut conseil et invite la CGT et FO à faire de même.

 5 pour, 80
contre (dont URIS/PRSI), 1 abstentions, 21 nppv

 

Intervention d’Y. Ankaoua
(rapport « refondation » et loi d’orientation)

Dans ce rapport sur la « refondation », en une
phrase, tout est dit :

« Riche dialogue, esprit ouvert et toujours
constructif, pas de clivage insurmontable mais au contraire un diagnostic
partagé et des perspectives communes » et le projet de budget de l’Education
nationale, qualifié de « prioritaire », met les choses au point :

Avec une hausse de 0,6% (hors pensions), on est
bien loin des 2% d’inflation

Et surtout, l’escroquerie des 43 000 recrutements
est maintenant démasquée. Hors du remplacement des départs à la retraite, tous
les recrutements sont ceux d’étudiants sous contrat de droit public avec un
tiers de service d’enseignement. Cela représente 8 300 équivalents temps plein
très en retrait des 13 000 suppressions de postes de la rentrée dernière.

Tout le rapport entérine les contre-réformes
antérieures :

Un exemple :

« La réforme de la voie professionnelle n’est pas
remise en cause dans ses fondements » (il s’agit du bac pro en 3 ans qui a
permis tant de suppressions de postes).

Mais le rapport veut aller plus loin :

« Développer au sein des lycées professionnels
les formations en apprentissage »

Il préconise aussi dans le cadre de l’accord
Etat/Régions le transfert de la formation professionnelle et de l’orientation
aux régions (avec celui des Co-Psy)

Le « socle » est omniprésent :

« Le socle commun doit être le principe
organisateur de l’enseignement obligatoire »

Et au nom de la liaison école primaire/collège,
le rapport préconise la baisse de la polyvalence des professeurs d’école et
l’augmentation de celle des certifiés dans la voie de la remise en cause de leur
statut respectif.

Sur la question des rythmes, écartons d’abord
l’intérêt des élèves dans les mesures avancées. On peut constater que l’aide
personnalisée qui allonge la journée scolaire pour les élèves en difficulté est
plus que jamais en vigueur.

Les modifications envisagées provoqueraient
l’aggravation des conditions de travail pour les enseignants du primaire avec la
suppression de la coupure du mercredi.

Il s’agit surtout d’en finir avec la définition
horaire hebdomadaire de service vers une annualisation et une globalisation.
Mais aussi avec l’ajout d’un temps de service obligatoire hors enseignement qui
permettrait la suppression de la formation continue pendant le temps de travail.

D’ailleurs, il est écrit sans fard : « Créer les
conditions matérielles adéquates permettant aux enseignants de passer davantage
de temps dans les établissements »

Il est aussi dit qu’il y aurait une priorité pour
le primaire, mais avec quels moyens ?

Deux pistes d’économies sont présentées :

« Le Lycée est mieux doté en France que dans la
plupart des pays comparables. Cette situation a été préjudiciable aux débuts de
la scolarité ». On sent que cette situation est insupportable pour les auteurs
du rapport aussi proposent-ils : « Aller vers un allègement et une globalisation
partielle et encadrée des horaires d’enseignement du Lycée… »

Peillon a signalé, au conseil supérieur de
l’Education le 11 octobre, son intention de reprendre le dossier de l’évaluation
des enseignants dès cette année. Le rapport préconise « l’individualisation de
la gestion et du suivi des personnels ». Ce sont en fait les barèmes et les
avancements statutaires qui sont dans le viseur.

Quant à la « priorité » pour le primaire,
parlons-en :

Diminution des crédits pédagogiques pour les
écoles de 9%

Aucune baisse des effectifs n’est prévue

Pas un mot sur l’avenir des Rased

Interdiction de fait des redoublements qualifiés
de « coûteux »

Et  enfin, en conclusion, doter les directeurs
d’un statut pour en faire des chefs d’établissement

Quant à la formule « plus de maîtres que de
classes », nos collègues de Seine St-Denis aimeraient qu’il y ait déjà autant de
maîtres que de classes, ils ont fait grève pour cela la semaine dernière. Mais
surtout la dernière fois qu’un ministre a mis en avant cette formule, c’était
pour faire passer l’aide personnalisée et organiser la liquidation des Rased.

Pour défendre réellement les personnels, la
direction de la FSU doit commencer par dénoncer le rapport sur la
« refondation », refuser de cautionner la loi d’orientation.

Pour la satisfaction des revendications, il
serait tout juste encore temps d’organiser la manifestation centrale contre le
budget 2013.

 

Motion « refondation
de l’école » et loi d’orientation

Le CDFN de la FSU réuni le 17 octobre 2012
constate que le rapport sur la « refondation  de l’école » se prononce pour
le maintien de l’essentiel des contre-réformes des quinquennats Chirac et
Sarkozy (socle, réforme des LP, réforme du lycée…) et qu’il préconise de
nouvelles attaques contre le caractère national de l’Enseignement public et
les statuts des personnels.

Les déclarations de Peillon montrent sa
volonté d’appliquer les préconisations de ce rapport même s’il écarte, pour
l’instant, les plus provocatrices (diminution des congés d’été, polyvalence
des professeurs de collège ou statut des directeurs d’école). Ainsi il
maintient la régionalisation de l’orientation et de la formation
professionnelle, le socle commun, les menaces sur le baccalauréat, les
réformes du Lycée et des LP.

De plus, le gouvernement, avec son projet de
budget de l’Education nationale, prélude à sa loi d’orientation, indique
clairement sa volonté de multiplier le nombre d’étudiants contractuels
auxquels serait confié un service d’enseignement en pleine responsabilité.

Pour défendre les personnels, leurs
conditions de travail et leurs revendications, la responsabilité de la FSU
est de condamner le « rapport sur la refondation », de refuser la co-élaboration
de la loi d’orientation et d’exiger l’abrogation des contre-réformes de la
dernière décennie et le rétablissement de l’intégralité des postes supprimés
ces dernières années.

9 pour, 72 contre, 5 abstentions, 19 nppv


Intervention d’Yvon BREDA.  Présentation de la
motion « Afrique du Sud »

En ce moment même, ce sont des dizaines
et des dizaines de milliers de mineurs qui sont engagés dans un mouvement de
grève qui tend vers la grève générale et se répercute dans d’autres secteurs de
la classe ouvrière, par exemple dans les transports. Ce mouvement est parti du
village de Marikana, où le gouvernement sud-africain vertébré par l’ANC a fait
tirer ses policiers sur les mineurs grévistes, à la fin du mois d’août : ce
massacre a été organisé pour empêcher que l’étincelle partie de Marikana ne
provoque un incendie.

Cet incendie s’est propagé malgré tout.
Et s’il en est ainsi, c’est que les mineurs de toute l’Afrique du Sud font face
aux même conditions de vie et de travail indignes : 6 jours sur 7 dans les
entrailles de la terre ; 3 travailleurs sur 4 sous contrat précaire ; les
maladies professionnelles comme la platinose, qui ne sont pas reconnues, donc
pas indemnisées, mais déciment quand même les mineurs bien avant l’âge ; et la
nuit, en guise de domicile, c’est au mieux un dortoir collectif, sinon les
bidonvilles.

Tout cela, pour un salaire moyen de 400
à 500 euros mensuels… tandis que les compagnies minières pour la plupart
issues de Grande-Bretagne, comme la Lonmin, s’enrichissent grâce au pillage du
sol sud-africain par des travailleurs sud-africains, près de vingt ans après la
prétendue « fin de l’apartheid » !

On comprend pourquoi, dans la presse
patronale française, ces grèves ont été qualifiées de « sauvages ». Mais pour le
mouvement ouvrier, il n’y a pas de « grèves sauvages », pas de « sauvages » chez
les grévistes : il y a des sauvages qui répriment les grèves !

Et quelle répression !

C’est d’abord celle qu’organise la
police sud-africaine, celle qui a tiré sur les mineurs de Marikana et qui
organise chaque jour des agressions contre les mineurs grévistes ;

C’est aussi celle que dirige le
gouvernement Zuma, vertébré par l’ANC, qui a tenté de réactiver des lois « anti-émeutes »
datant du temps de l’apartheid pour accuser les mineurs survivants du massacre
de Marikana… du meurtre de leurs propres camarades ! Ce gouvernement n’a été
contraint de reculer qu’en raison de l’essor du mouvement de grèves ;

C’est encore celle qu’organisent les
grands trusts miniers, qui menacent de licencier les mineurs par milliers pour
fait de grève ;

Et Zuma a déclaré à plusieurs reprises
qu’il n’excluait pas de faire donner l’armée contre les travailleurs si le
mouvement de grèves ne prenait pas fin.

Hier encore, la police donnait la charge
contre les mineurs d’une mine de chrome, raflant des dizaines de travailleurs
pour « délit » de résistance.

Face à ces sauvages-là, loin de
l’imagerie néocoloniale véhiculée par la presse, le mouvement des mineurs
sud-africains est exemplaire : les travailleurs contrôlent ce mouvement de bout
en bout, à travers leurs assemblées ; ils ont constitué des comités de grève
élus. Ce mouvement est ce que devrait espérer tout militant syndical, tout
militant ouvrier digne de ce nom. Les travailleurs sud-africains sont
aujourd’hui à l’avant-garde de tous les travailleurs confrontés aux conséquences
de la crise du capitalisme.

Le mouvement ouvrier ne peut pas être
neutre dans cet affrontement. C’est toute la tradition du mouvement ouvrier que
de s’organiser et de combattre en soutien aux opprimés et aux travailleurs en
lutte partout dans le monde – à l’image des manifestations contre le régime de
Franco dans les années 1970. Le combat contre l’apartheid a été soutenu
pratiquement, jusque sur les docks de France, par des actions de boycott, des
manifestations, des meetings.

 

Motion Afrique du
Sud

Il y a un mois, le gouvernement sud africain
faisait tirer sur les mineurs employés de la compagnie Lonmin en grève pour
leurs revendications et tuait 32 mineurs.

Malgré la répression, la grève s’est étendue
aux mines d’or puis à l’ensemble des mineurs de platine.

Aujourd’hui les mineurs sont confrontés non
seulement à la brutale répression du gouvernement et de sa police, mais à
l’annonce par les patrons du platine de 12 000 licenciements de mineurs pour
fait de grève.

Conformément à la tradition du mouvement
ouvrier, le CDFN de la FSU prend position :

Défense des revendications des mineurs sud
africains

A bas la répression !

La solidarité avec les mineurs sud africains
ne peut en rester aux déclarations de principes. Le CDFN de la FSU doit
s’adresser à toutes les organisations syndicales, aux partis se réclamant 
des libertés  démocratiques pour organiser ensemble une manifestation à
l’Ambassade d’Afrique du Sud sur ces objectifs.

10 pour, 58 contre, 3 abstentions (dont Secrétaire
Auvergne), 38 nppv



 



[1]

Remarquons que cette orientation de soutien au gouvernement s’accompagne
de propositions de modifications de fonctionnement interne. S’il n’est
pas sûr que le combat d’URIS qui plaide ouvertement pour la liquidation
du droit de tendance aboutisse immédiatement, il faut noter la
proposition de la direction du SNES de modifier les statuts : il ne
faudrait  plus que 50% des voix dans les instances nationales pour
permettre à la FSU de signer un accord avec le gouvernement (au lieu de
70% aujourd’hui). Mais par contre il faudrait toujours 70% des voix pour
décider  par exemple d’une manifestation à l’Ambassade d’Afrique du Sud
en soutien aux mineurs de ce pays !



[2]

On lira aussi l’intervention de nos
camarades pour le soutien aux mineurs d’Afrique du Sud contre la
répression où nos camarades ont repris la prise de position de la FSU 
Région Auvergne … que le secrétaire régional pourtant mandaté avait,
lui, renoncé à défendre !

 

Version .pdf (prêt à imprimer) – lettre de liaison N°204

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