Lettre de liaison N° 201 – 12 juin 2012
Suite à la décision du Conseil d’Etat
d’annuler les dispositions du décret Chatel imposant aux stagiaires un service
complet devant les élèves,
Les directions de la FSU, celles du
SNES, du SNUIPP, du SNESup, du SNEP, du SNUIPP, comme des autres directions
syndicales (SE, CGT, FO) ont la responsabilité d’exiger :
·
L’annulation effective et définitive du décret Chatel
·
Le rétablissement des conditions de stage antérieures à la contre
réforme Sarkozy Fillon de la formation des maîtres (1/3 de service seulement
devant les élèves)
·
Le rétablissement des postes nécessaires à ces conditions de
stage.
Le Conseil d’Etat a annulé le décret Chatel imposant aux stagiaires un
service à temps plein. Ce décret est partie prenante de la scélérate contre
réforme de la formation des maîtres qui, en réalité, sous couvert de « masterisation »,
liquide toute espèce de formation pédagogique des stagiaires. Le motif de cette
contre réforme était limpide : supprimer des milliers de postes.
La défaite de Sarkozy, le vote massif des enseignants pour les
candidats Hollande et Mélenchon au premier tour, puis Hollande au second
contenait l’exigence de retrait des contre réformes dévastatrices du
gouvernement Sarkozy Fillon. En particulier la contre réforme de la formation
des maîtres, mais aussi l’exigence de rétablissement des postes supprimés,
particulièrement les 14000 postes d’enseignants supprimés au budget 2012.
La décision du Conseil d’Etat met à l’ordre du jour le rétablissement
des conditions de stage antérieures à la contre réforme, et donc le
rétablissement des postes nécessaires à cet effet.
Or, on apprend par Le Monde du 6 Juin que « le ministère s’apprête à
signer – et donc à cautionner – les textes d’une réforme qu’il combat. ».
Autrement dit que le ministre s’apprête à s’asseoir sur le vote des enseignants
en mettant en œuvre la contre réforme Sarkozy Fillon Darcos et le décret Chatel.
Dans ces conditions, le moins que puissent exiger les enseignants des
directions syndicales – à commencer par la FSU et ses syndicats nationaux – est
qu’elles se prononcent clairement pour l’abrogation effective du décret Chatel
et le rétablissement des postes que cela implique.
La déclaration de la direction de la FSU commence par dire : « Les
personnels ne comprendraient absolument pas que le Gouvernement, en ne donnant
pas suite aux décisions du Conseil d’Etat… donne le signe de valider une réforme
qu’il s’est engagé à remettre à plat. »
Mais c’est pour ajouter : « les dégradations subies par les centres
de formation ces dernières années et les suppressions de postes dans les écoles
et établissements vont rendre difficile l’application de la décision du Conseil
d’Etat. Mais celle-ci impose malgré tout au nouveau ministre de prendre dès
maintenant la décision de rendre aux stagiaires des conditions véritables de
formation ».
Qu’est-ce à dire ? Le rôle de la direction syndicale est-il d’entériner
les suppressions de poste antérieures pour en conclure que la décision du
Conseil d’Etat – qui conduirait au rétablissement de véritables conditions de
stage et de formation pédagogique telles qu’antérieures à la contre réforme – ne
peut s’appliquer ? Ou au contraire d’exiger le rétablissement immédiat des
postes permettant le rétablissement de ces conditions.
La responsabilité de la direction syndicale n’est pas de prendre en
charge les « difficultés » du gouvernement, difficultés qui procèdent
entièrement de sa soumission aux exigences du capital financier, de sa décision
de payer rubis sur ongle la dette au moment où il s’apprête à verser de nouveaux
milliards à Dexia – ; sa responsabilité est de défendre les revendications.
Le courant Front Unique invite les enseignants, les syndiqués, à
exiger que les directions syndicales (FSU, SE-UNSA, FO, CGT) se prononcent dans
l’unité :
·
Pour l’abrogation
effective du décret Chatel
·
Pour le
rétablissement intégral des conditions de stage antérieures à la contre réforme
·
Pour le
rétablissement immédiat des postes nécessaires à cette fin.
Le 8 Juin
