Lettre de liaison N° 187 – 9 octobre 2011
La FSU doit se prononcer :
Non au paiement de la dette
Manifestation à l’Assemblée
Nationale,
lors du vote du budget, contre ce budget.
Intervention du courant Front Unique au BDFN de la FSU,
le 5 octobre
Le 28 septembre, le gouvernement
Sarkozy-Fillon a adopté en conseil des ministres un projet de budget qui est une
véritable déclaration de guerre contre les travailleurs. Au nom de la "réduction
de la dette publique": pour la première fois depuis 1945, les dépenses
budgétaires diminuent en valeur absolue.
D’un côté: 48
milliards d’euros, plus de 13% des dépenses sont affectés aux intérêts de la
"dette", dont on sait que l’explosion ces dernières années est due avant tout
aux "plans de relance" en faveur des banques. Encore s’agit-il de la face
émergée d’un iceberg qui inclut des dizaines de milliards de cadeaux fiscaux et
d’exonérations de charges accordés au patronat – cadeaux qui sont prorogés par
ce budget, sous couvert de mini-taxes dérisoires.
De l’autre côté: hausse
des prélèvements et déremboursements à la Sécurité Sociale, poursuite de
l’asphyxie budgétaire des collectivités locales – avec toutes les attaques que
cela préfigure contre les travailleurs – plus de 30000 suppressions de postes,
etc. Fait sans précédent, l’enveloppe salariale de la Fonction Publique diminue.
Derrière le discours sur la
"réduction de la dette", il y a un choix politique: celui
de faire payer la crise, le maintien artificiel des taux de profit, les guerres
néo-coloniales de Sarkozy aux travailleurs et à leurs familles.
Accepter le paiement de la
"dette", accepter ce budget, c’est abdiquer par avance toutes les revendications
syndicales.
C’est accepter par avance toutes les contre-réformes qui découlent presque
mécaniquement de ce budget.
Or, c’est précisément sur ce
terrain-là que se situent les journées d’action du 27/9 et du 11/10. Bernadette
Groison s’est félicitée aujourd’hui du "succès" de la grève du 27 et de sa
"visibilité" dans les médias. Pourtant, ce qui a été "visible", c’est le fait
que la FSU ait accepté de défiler main dans la main avec les "syndicats" de
l’enseignement privé! Les "revendications" de ces syndicats sont par définition
hostiles à celles des enseignants du public: la FSU devrait, au contraire,
dénoncer tout financement par l’Etat de l’enseignement privé! Le 28, le
gouvernement a ainsi pu présenter son budget sans crainte – d’autant plus qu’au
même moment, la FSU organisait un colloque et s’entretenait avec Grosperrin,
représentant de l’UMP. Quant au 11 octobre, journée en trompe-l’oeil sans appel
national à la grève, elle se situe sur le terrain défini par l’intersyndicale du
18 août: celui d’un autre remboursement de la "dette publique" et de
l’interpellation des "élus"! A une semaine de l’ouverture du débat budgétaire à
l’assemblée, ce dispositif ne conduit qu’à une chose: laisser passer le budget
sans accroc.
Pour ceux qui cherchent à
s’engager sur le terrain d’une véritable grève, avec de vraies revendications,
c’est d’ailleurs la répression qui s’abat: à
Mayotte, où une grève générale se développe, les cortèges syndicaux ont été
dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Les blindés ont été déployés à Mamoudzou.
Une répression qui dans ce contexte prend un caractère néo-colonial!
Alors, la responsabilité de la
FSU devrait être de se situer sur un terrain de combat contre le gouvernement.
Pour commencer, ce devrait être de s’opposer au paiement de la "dette",
exigence sans laquelle il n’est même pas possible de défendre les
revendications. Au diable la dette! Les travailleurs ne sont pas responsables de
la crise, ils n’ont rien à payer, ils ne doivent pas payer. La FSU doit se
prononcer: non aux attaques contre la Sécurité Sociale, aucune suppression de
postes, défense des statuts, etc. Et dans ce sens, proposer à la CGT, à FO de préparer
une manifestation unitaire de tous les travailleurs à l’Assemblée Nationale,
lors du vote du budget, contre ce budget.
S’agissant de Mayotte, la
responsabilité de la FSU devrait être en outre de condamner la répression
néo-coloniale organisée par Sarkozy et son gouvernement, de réaffirmer le droit
élémentaire de faire grève et de manifester pour les revendications.
