Lettre de liaison N° 185 – 31 mai 2011
Pour que soit brisée la
coopération des directions syndicales, en particulier celle de la FSU, avec le
gouvernement Sarkozy- Fillon.
Depuis la tenue du CDFN de la FSU des 24 et 25
Mai, Tron a démissionné de son poste de secrétaire d’Etat à la Fonction
Publique. Mais la presse bourgeoise ne manque pas de saluer son bilan : blocage
du point d’indice de la Fonction Publique entérinant la diminution massive du
pouvoir d’achat des fonctionnaires, signature de l’accord « précarité » dans la
Fonction Publique par l’essentiel des fédérations de fonctionnaires (CGT et
FO) ; la direction de la FSU contrainte par de nombreux syndicats nationaux à ne
pas signer indiquant à qui veut l’entendre et notamment au ministre que, quoique
non signataire, elle est pour.
C’est plus qu’une coïncidence : quelques jours
après cette signature, Châtel annonce le recrutement par Pôle Emploi de
centaines de contractuels et vacataires. Les candidats font la queue au rectorat
de Paris, traités comme du bétail (voir l’édifiant article du Monde du 28 Mai).
Ainsi va la lutte « contre la précarité » telle que l’ont approuvée les
directions syndicales. Dans le même temps, on apprend que réformant la réforme
de la formation des maîtres, le gouvernement vient d’instaurer la maîtrise
éducation par alternance. Parmi les différentes « formules » proposées, le mi
-temps d’enseignement pour à peine plus de 500 euros par mois. Le prof à mille
euros par mois ! Et on ne le répétera jamais assez : il y a à peine plus de deux
ans, la direction de la FSU, celle du SNES se dressaient contre le mot d’ordre :
retrait de la « réforme de la formation des maîtres » sous le prétexte que
celle-ci, nous disait- on, élevait le niveau de qualification des enseignants à
la maîtrise.
Le CDFN de la FSU a confirmé la volonté de la
direction de la FSU de continuer dans cette voie. La direction de la FSU a
annoncé sa participation au Conseil Supérieur de la Fonction Publique, dernière
étape avant le passage au Parlement du projet de loi Fonction Publique qui
entérine le recrutement direct en CDI dans la FP[1] ;
elle sera présente partout et à tous les niveaux dans les « comités de suivi »
pour sa mise en œuvre. Elle est d’ailleurs dans le comité de suivi de la contre
– réforme des retraites, dans l’ensemble des instances de mise en œuvre de la
politique gouvernementale.
Rien n’est d’ailleurs plus significatif que le
rejet unanime par l’ensemble des autres courants de la motion demandant l’arrêt
immédiat de l’intervention impérialiste et en premier lieu française en Libye.
Du soutien grossier à celle-ci (U et A) à la version « radicale » de la
justification de l’intervention (Emancipation demandait à l’impérialisme…
d’armer l’ « insurrection » contre Kadhafi), tous sont au moins d’accord pour
estimer que ce sont les puissances impérialistes qui doivent décider du sort des
peuples.
Aucune illusion ne doit être entretenue. Le
soutien des appareils syndicaux, agrémenté de « journées d’action » bidon comme
le 31 Mai sur les salaires ne sera pas rompu par la volonté de l’appareil
syndical. Ce sont les travailleurs qui dans leur mouvement imposeront cette
rupture. L’aggravation imminente de la crise du capitalisme (voir notamment la
Grèce, le Portugal, l’Espagne) mettra inéluctablement cette rupture à l’ordre du
jour. S’associer au combat de Front Unique, c’est préparer ensemble ces
échéances.
[1]
Notons pour la petite histoire la position de Lefebvre, dirigeant de PRSI.
PRSI s’est présenté pendant quelque temps comme le champion du combat contre
la signature de l’accord précarité. Et puis patatras : voilà que la
fédération des fonctionnaires FO signe l’accord – d’ailleurs dans la
dernière période, FO signe tous les accords (retraites
complémentaires, insertion des jeunes, assurance chômage)-. Du coup Lefebvre
baisse d’un ton. Car les dirigeants de PRSI – POI étroitement soumis à
l’appareil FO ne voudraient rien faire qui lui déplaise. Changement de ton :
« Je ne suis pas pour le boycott du Conseil Supérieur de la FP. Il faut
qu’il y ait une voix qui s’exprime contre le projet de loi ». Il s’agit
donc désormais par la participation au CSFPE de permettre au gouvernement de
franchir la dernière étape avant le Parlement, quitte bien sûr, de manière
purement formelle à faire quelques phrases « contre ». Et lorsque le
représentant Front Unique trace la voie d’un véritable combat contre la
loi : Front Unique pour le retrait ! Et donc retrait de la signature de la
CGT et de FO, ce crime de lèse majesté Mailly en est plus que Lefebvre n’en
peut supporter : « Tu travailles pour le ministre », apostrophe t-il
notre camarade.
Après la
falsification des votes Front Unique, la déformation systématique dans le
bulletin PRSI des interventions FU au BDFN et dans le CDFN, Lefebvre
emprunte à l’arsenal du stalinisme pour calomnier les militants Front
Unique : tant vaut l’orientation, tant valent les méthodes !
Intervention de Benoît Linqué dans le débat général, mardi 24 mai
Le placement vendredi dernier de la dette de la
Grèce en « territoire hautement spéculatif », et l’abaissement de la
perspective de la note de crédit de l’Italie confirment le fait que, décidément
non, la crise n’est pas finie. Le krach financier reste suspendu au-dessus de
l’union européenne comme une épée de Damoclès.
C’est un fait majeur qui ne peut que renforcer la
détermination des capitalistes et des gouvernements à leur service à durcir
encore les coups qu’ils nous portent.
Le plan qui doit être mis en place au Portugal
pour les 3 prochaines années en apporte une nouvelle confirmation dramatique :
diminution des pensions, augmentation de la TVA, réduction massive des postes de
fonctionnaires, diminution massive des budgets des hôpitaux etc.
Une dégradation sans fin de leurs conditions de
vie, voilà ce que réserve le capitalisme en crise aux plus larges masses et en
particulier à la jeunesse
Après la jeunesse grecque, italienne et anglaise,
c’est au tour de la jeunesse espagnole d’entrer en mouvement contre la situation
insupportable qui lui est faite : en particulier, un taux de chômage touchant
45% des moins de 25 ans
De manière significative, ce mouvement est né à la
fois en dehors des syndicats espagnols et contre leur politique de
collaboration forcenée avec le gouvernement Zapatero, c’est ce que révèle le
porte-parole de la plate-forme, « Une vraie démocratie maintenant » : « la
société espagnole a attendu, peut-être trop patiemment, que les syndicats
fassent leur travail mais en signant le pacte social (1), ils ont hypothéqué le
futur de millions d’espagnols. Nous les considérons autant responsables de la
situation actuelle que les politiques ».
Alors, il faut être clair : ce que dit ce jeune
homme sur l’Espagne vaut pour la France.
Depuis janvier 2009, les dirigeants syndicaux
ont cogéré la crise main dans la main avec Sarkozy au sein d’une intersyndicale
fixant comme cadre de son action » les lois du marché ». Cette orientation
en défense du capitalisme et de Sarkozy est encore montée d’un cran ces
dernières semaines. En effet, profitant du désarroi des travailleurs suite à la
défaite sur les retraites dont les dirigeants syndicaux portent l’entière
responsabilité, ces derniers, FO en tête, fourbissent sans retenue aucune leurs
stylos pour signer des accords tous azimuts avec le MEDEF et le gouvernement :
·
signature d’un accord sur
les retraites complémentaires qui valide le recul de l’âge de départ à la
retraite
·
signature de la nouvelle
convention sur l’assurance chômage qui prévoit la baisse des cotisations
patronales
·
signature d’un accord sur
l’insertion des jeunes sur le marché du travail, en réalité une nouvelle mouture
de l’alternance
-Et, enfin, cerise sur le gâteau, signature par la
CGT et FO d’un accord sur la précarité dans la fonction publique, dont
l’objectif central est d’engager la substitution du statut par le cdi comme voie
d’accès à la fonction publique
A cette floraison de signatures que le journal
patronal « les Echos » décrit comme un « printemps du dialogue social », il
faut opposer une orientation de combat contre le gouvernement Sarkozy-Fillon
Combattre ce gouvernement, cela implique d’abord de
rompre le silence complice qui règne dans les rangs syndicaux au sujet de
l’intervention impérialiste en Libye qui depuis hier est entrée dans une
nouvelle phase, avec l’envoi d’hélicoptères de combat. La responsabilité de la
FSU est de se prononcer pour l’arrêt immédiat de cette intervention, à commencer
par les opérations françaises .
La nécessité du combat contre le gouvernement se
pose également de manière urgente sur une autre question, celle des salaires,
question vitale pour la grande majorité des travailleurs et de leurs familles.
La seule façon à même de garantir durablement le
pouvoir d’achat face à la montée de l’inflation, c’est de mettre en avant la
revendication de l’échelle mobile des salaires, revendication qui porte en elle
la nécessité de l’affrontement avec le gouvernement Sarkozy-Fillon.
Voilà pourquoi elle ne figure pas dans le texte
d’appel à la nouvelle journée d’action du 31 mai dont toute l’orientation est
axée sur le terrain du dialogue social et de la supplique inoffensive adressée
au gouvernement.
Et, comme souvent, la forme rejoint le fond : le
communiqué intersyndical n’appelle pas clairement à la grève, mais à « des
rassemblements, à des manifestations délocalisées ou sectorielles » qui ne
peuvent qu’émietter le potentiel de combat des fonctionnaires contre le
gouvernement et sa politique de baisse de leurs salaires
Dans ce
dispositif constitué par un dialogue social en continu ponctué de journées
d’action sans perspectives ni réelles revendications, la seule brèche ouverte
fut l’impossibilité pour la direction de la FSU de signer l’accord sur la
précarité.
C’est bien pour cette raison que jusqu’à présent,
celle-ci a cherché à dissimuler cette non-signature comme une maladie honteuse,
comme une insulte au « syndicalisme responsable » dont elle se réclame
Le communiqué en date du 13 avril est un modèle de
« syndicalisme responsable » contrarié : la direction de la FSU y explique les
raisons pour lesquelles elle aurait dû signer cet accord, et annonce qu’en
conséquence elle veillera à ce que certaines de ses dispositions s’appliquent !
Il y a au contraire urgence à tirer jusqu’au
bout les conclusions du vote émis par le bureau national du 28 mars
Le gouvernement vient en effet de présenter un
projet de loi sur la précarité dans la fonction publique qui non seulement
reprend dans son intégralité l’accord signé par les dirigeants de la CGT et de
FO mais qui en plus y ajoute des articles sur la mobilité et sur l’application
de la contre-réforme des retraites, en particulier le passage à la limite d’âge
portée à 67 ans
La responsabilité de la FSU n’est pas d’agir dans
les faits comme si elle avait effectivement signé l’accord sur la précarité,
sa responsabilité est au contraire de prendre appui sur le point de rupture que
constitue sa non-signature pour engager le combat contre le projet de loi
gouvernemental.
Dans cette perspective, deux conditions
s’imposent :
·
premièrement, il faut que ce
CDFN se prononce pour le retrait pur et simple du projet de loi sur la précarité
et rejette toute concertation dans ce cadre.
·
deuxièmement, pour que les
conditions d’un combat unitaire soient réunies, il est nécessaire que la FSU
s’adresse à la CGT et à FO afin qu’elles fassent de même, ce qui implique qu’une
campagne soit menée à leur endroit pour qu’elles retirent leur signature de
l’accord sur la précarité
C’est l’orientation que défendra le courant Front
Unique durant ce CDFN
(1) : pacte « social », produit de 98 jours de
négociations et signé le 2 février par Zapatero, le patronat et les secrétaires
généraux de l’UGT et des Commissions ouvrières (CCOO). Cet accord politique
comprend pour l’essentiel le report de l’âge de la retraite de 65 à 67 ans, une
baisse des pensions, la poursuite du démantèlement de la Fonction Publique et
des privatisations, la remise en cause de la négociation collective et du code
du travail
Intervention de Denis Dutheil, mercredi 25 mai
(motion Livret Personnel de Compétence)
Camarades
Actuellement, pour de nombreux collègues, la
position des syndicats au sujet du Livret Personnel de Compétence, se pose de
manière urgente.
La validation du LPC est imposée aux enseignants du
primaire et constitue la base des évaluations en CE1 et CM2.
Au collège, la validation du LPC en 3ème
devient obligatoire pour l’obtention du brevet.
Dans de nombreux établissements, la volonté de
résistance des enseignants s’exprime, en témoigne la position du conseil
national du SNUipp des 17 et 18 mai où la majorité s’est prononcée pour appeler
les équipes enseignantes à ne pas remplir ce Livret Personnel de Compétences.
Des camarades ont rappelé à quel point cette
nouvelle conception de l’enseignement est inique.
Du côté des élèves, de la jeunesse, en particulier
la jeunesse ouvrière, c’est un décervelage à grande échelle qui est en marche.
Ce livret s’oppose à la logique des savoirs et des diplômes. L’objectif
poursuivi est la liquidation des qualifications reposant sur des diplômes
nationaux au profit de la notion d’employabilité.
Avec un livret de compétences numérisé, il s’agit
de réinstaurer une sorte de livret ouvrier de sinistre mémoire qui permettrait
aux patrons d’individualiser les salaires car le profil des compétences ne
serait jamais le même. Allons-nous accepter ce fichage systématique de la
maternelle à l’université ?
De plus, le gouvernement en imposant aux
enseignants de compléter une multitude de cases pour chacun de ses élèves veut
les transformer en simples agents d’exécution et en auxiliaires de sa politique
de concassage de l’enseignement public.
Du côté des enseignants, c’est également la
déqualification qui est à l’ordre du jour.
Dans le dispositif ECLAIR, la référence ne sera
plus le programme mais le socle commun ; et le socle commun au collège est
trans-disciplinaire. Qu’est-ce qui est visé ? Les compétences disciplinaires et
des disciplines elles-mêmes (musique, arts plastiques…) qui sont amenées à
disparaître avec l’objectif d’accroître la polyvalence déjà entamée et
d’organiser la montée des enseignants du primaire vers le collège ? C’est la
remise en cause des statuts et des qualifications.
Cela accompagne la casse générale de l’enseignement
public et les dizaines de milliers de suppressions de postes successives.
Voilà ce qui est au cœur de cette nouvelle attaque
et ce que veut généraliser le gouvernement.
En l’état actuel des choses, il n’y a pas de
position claire de la part de la FSU.
Le texte action soumis au CDFN apporte son soutien
« aux initiatives » des personnels.
Les enseignants sont ainsi livrés à eux-mêmes.
Cette orientation ne peut qu’aider le gouvernement à faire avaler ses
directives.
La responsabilité du CDFN aujourd’hui est d’exiger
le retrait pur et simple du livret de compétences et d’appeler nationalement les
enseignants à ne pas le renseigner.
Motion Front Unique Livret
Personnalisé de Compétence
Le gouvernement entend généraliser le livret de
compétences dès la rentrée en imposant de plus une numérisation de son
contenu. L’évaluation par compétences consiste en particulier à substituer à
un enseignement des connaissances et des savoirs, un ensemble de
savoir-faire et de savoir-être. L’objectif poursuivi est la liquidation des
qualifications reposant sur des diplômes nationaux au profit de la notion
d’employabilité. Avec un livret de compétences numérisé de la maternelle à
l’université, il s’agit de réinstaurer une sorte de livret ouvrier du XXIème
siècle qui permettrait aux patrons d’individualiser les salaires car le
profil des compétences ne serait jamais le même. De plus, le gouvernement en
imposant aux enseignants de compléter une multitude de cases pour chacun de
ses élèves veut les transformer en simples agents d’exécution et en
auxiliaires de sa politique de concassage de l’enseignement public.
Le CDFN de la FSU, réuni le 24 et le 25 mai
2011, exige le retrait pur et simple du livret de compétences et appelle les
enseignants à ne pas le renseigner.
Il demande aux syndicats nationaux concernés
de se prononcer dans ce sens.
Pour : 12 Contre : 67 Abst : 4 NPPV : 34
Intervention d’Olivier Rougerie, mercredi 25 mai
(motion projet de loi fonction publique)
En présentant le 17 05 11 son projet de loi sur la
fonction publique, le gouvernement entend poursuivre ses attaques contre le
statut général de la fonction publique (présentation CSPE 14 juin puis adoption
à l’automne). Il peut s’appuyer pour cela sur les directions syndicales
puisqu’une grande partie de ce projet reprend le protocole dit sur la
« résorption de la précarité » signé le 31 mars dernier par les directions de la
CGT et de Force Ouvrière.
Ce projet de loi n’est en rien un plan de
titularisation. C’est un outil pour substituer aux procédures de titularisation
actuellement en vigueur le recrutement massif de contractuels en CDI, répondant
aux souhaits de Sarkozy en 2007: « il serait souhaitable qu’on laisse le
choix aux nouveaux entrants entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de
droit privé négocié de gré à gré ». Cela aggrave la politique de suppression
de postes. On passerait d’une FP de fonctionnaires à une FP de contractuels
(sous CDI ou CDD d’ailleurs !).
Mais le texte est aussi un couteau à plusieurs
lames puisqu’il comporte des chapitres sur le licenciement des fonctionnaires,
sur le dialogue social … et sur l’application de la contre- réforme des
retraites dans la FP, en reculant la limite d’âge de 65 à 67 ans pour les non
titulaires.
Camarades, ce qui est demandé aux organisations
syndicales à travers ce projet de loi, c’est de boire jusqu’à la lie la coupe
des contre-réformes !
Le projet de loi est donc d’une violence inouïe
contre le statut de la FP
Dans cette affaire, la direction de la FSU est
engagée :
– D’une part, le vote du bureau national
du 28 mars est un point d’appui afin de réaliser le FU des organisations
syndicales pour le retrait du projet de loi.
– D’autre part, il ne peut être question,
conformément à cette position, de prétendre amender aujourd’hui un texte, rejeté
lors du BDFN.
Le CDFN doit donc, sans ambiguïté, dénoncer le
projet de loi. La FSU n’a pas eu le mandat pour signer le protocole : elle n’a
pas de mandat pour négocier ce texte réactionnaire. La défense des statuts exige
au contraire de le combattre.
Et s’il s’agit vraiment de se battre pour une vraie
titularisation des collègues précaires, alors la revendication, c’est l’arrêt
des suppressions de postes, la création des postes nécessaires. Au contraire,
Tron, le maître d’œuvre du protocole, a annoncé il y a peu une aggravation de
cette politique !
Le CDFN doit :
– se prononcer pour le retrait pur et
simple du projet de loi FP.
– Indiquer dès maintenant que la FSU ne
participera à aucune concertation sur le projet de loi, à commencer par
le CSFPE du 14 juin qu’elle boycottera.
– Appeler les organisations CGT
et FO à retirer leur signature du protocole « précarité » et à reprendre la
même position sur le projet de loi.
C’est sur une telle orientation que la FSU doit se
présenter lors des élections professionnelles dans la perspective de rassembler
un maximum de personnels contre la politique destructrice du gouvernement.
C’est ce que propose le courant FU.
Motion Front Unique : Projet de
loi Fonction publique.
Le CDFN considère le projet de loi « relatif
à l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions d’emploi
des agents contractuels dans la fonction publique … » comme un
instrument visant à la destruction du statut général de la Fonction
publique.
Conformément au vote du BDFN du 28 mars
dernier de refuser de signer le protocole « précarité » dans la Fonction
publique, le CDFN de la FSU réuni les 24 et 25 mai 2011 décide :
-d’exiger le retrait pur et simple du
projet de loi.
-de refuser toute concertation sur ce projet,
et donc de boycotter le CSFPE du 14 juin.
La FSU s’adresse aux fédérations syndicales de
fonctionnaires CGT et FO pour qu’elles fassent de même et donc qu’elles
retirent leur signature du protocole « précarité » dans la fonction
publique.
Pour : 8 Contre : 82 Abst : 4 NPPV : 14
Intervention d’Yvon Breda, mercredi 25 mai
(motion Libye)
Depuis le 19 mars, le gouvernement Sarkozy-Fillon
consacre 1 à 2 millions d’euros chaque jour à bombarder la Libye. Le Conseil de
Sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1973 qui cautionne cette guerre à la
demande pressante de Sarkozy – quelques mois après l’élection d’un représentant
de Kadhafi au sein de sa prétendue commission des « droits de l’Homme ». Les
forces françaises que Sarkozy n’a pas pu dépêcher au secours de Ben Ali, le
gouvernement les emploie aujourd’hui à bombarder Tripoli.
A l’Assemblée Nationale, on a entendu un concert de
louanges et de démonstrations de soutien à Sarkozy, sous prétexte qu’il
s’agirait de « soutenir l’insurrection » de la Cyrénaïque. Du côté des
organisations syndicales, silence dans les rangs. Sarkozy a pu bénéficier d’un
climat d’union nationale.
Pas un mot non plus sur le fait qu’au moment même
où la première bombe s’abattait sur la Libye, l’armée saoudienne alliée de
Washington et de Paris intervenait à Bahreïn, siège de la Vè flotte américaine.
Aujourd’hui pourtant, il n’est plus question d’insurrection, ni en Libye ni à
Bahreïn – sauf lorsque des dirigeants de l’insurrection de Bahreïn sont déférés
devant un tribunal d’exception.
La vérité, c’est que la guerre en Libye participe
d’une opération globale des grandes puissances pour la reprise en main de
l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Elle va de pair avec le soutien apporté
aux appareils d’Etat issus des dictatures en Tunisie et en Egypte, le soutien
financier et militaire au gouvernement Lieberman-Netanyahu réaffirmé par Obama,
le cadenassage du peuple palestinien sous la mystification du prétendu « droit
international ».
La perspective qui se dessine aujourd’hui en Libye,
c’est après le départ en catimini de Kadhafi, la mise en place d’un régime à la
botte des grandes puissances, vertébré par les anciens piliers du régime de
Kadhafi. Ce sont eux qui se rassemblent aujourd’hui derrière la façade du
« Conseil National de Transition » : ils changent de trottoir, mais pas de
métier. Nettement, crûment, l’impérialisme français fait la guerre pour assurer
son accès au pétrole libyen et la poursuite de la politique anti-immigration
assurée par Kadhafi dans les termes les plus barbares.
Le rôle du mouvement ouvrier, c’est de dénoncer la
mystification selon laquelle ceux qui soutenaient hier les dictateurs – les
impérialistes, leur assemblée mondiale l’ONU – pourraient intervenir pour faire
autre chose que défendre le système d’exploitation et de pillage que les
soulèvements en Tunisie et en Egypte remettent en cause. La place du mouvement
ouvrier est aux côtés des insurgés, pas des « solutions » criminelles
préconisées par la Maison Blanche ou l’Elysée.
Rien ne justifierait que la FSU continue de laisser
libre cours aux opérations de brigandage de Sarkozy et consorts en Libye. Elle
doit exiger l’arrêt immédiat et sans conditions de l’intervention en Libye. Elle
doit également s’adresser aux partis et syndicats du mouvement ouvrier pour
qu’ils reprennent cette exigence.
Motion Front Unique Libye
Le CDFN de la FSU se prononce pour l’arrêt
immédiat et sans condition de l’intervention impérialiste en Libye, à
commencer par les opérations françaises.
La FSU s’adresse aux autres syndicats et partis
du mouvement ouvrier (CGT, FO, UNEF, PS, PCF…) pour qu’ils en fassent de
même.
Pour : 4 Contre : 68 Abst : 18 NPPV : 26
