Lettre de liaison N° 183 – 30 mars 2011
En signant le protocole « précarité »
sur la Fonction Publique avec le gouvernement Sarkozy Fillon, les directions CGT
et FO collaborent à la destruction du statut général de la Fonction Publique.
Malgré les efforts de la direction
de la FSU pour la signature, la résistance des militants et des syndiqués à
empêché la FSU de signer
« Je souhaite une
Fonction Publique moins nombreuse. Il serait souhaitable qu’on laisse le choix
aux nouveaux entrants entre le statut de la Fonction Publique ou un contrat de
droit privé négocié de gré à gré »
(Sarkozy à Nantes le 19
septembre 2007)
Sarkozy l’a rêvé. Les
dirigeants CGT et FO (pour ne pas parler de la CFDT, de l’UNSA, etc.) l’ont
fait !
Le « protocole d’accord
sur la précarité dans la Fonction Publique », sous couvert d’un nombre de
titularisations dérisoire de précaires (il n’y a aucun chiffre dans l’accord,
qui précise que le nombre sera à la discrétion du pouvoir) introduit à côté des
emplois statutaires 100 000 CDI. C’est un coup majeur contre le statut.
La direction de la FSU,
malgré le forcing de l’appareil central, n’a pu signer, face aux résistances qui
se sont manifestées dans l’organisation (le SNASUB (personnels administratifs),
le SNCS (recherche), le SNESup, des sections départementales FSU, des sections
académiques du SNES – Orléans Tours – se sont prononcés contre la signature).
Ainsi, la direction de la FSU n’a pu obtenir la majorité de 70% pour la
signature.
Le courant Front Unique
a contribué à cette résistance. Mais force est de constater que la signature de
la CGT et de FO donne le blanc seing au gouvernement pour porter ce nouveau
coup. Il faut combattre pour le retrait de cette signature scélérate. Il faut
regrouper partout, dans l’enseignement public comme chez les travailleurs, sur
la ligne de la rupture de la collaboration des appareils syndicaux avec le
gouvernement via le dialogue social.
C’est ce à quoi
s’emploie Front Unique qui vous invite à vous associer à son combat.
Intervention dans le débat général du
représentant Front Unique au Bureau National FSU du 28 mars
Une chose au moins est claire à l’issue des élections cantonales: c’est
que le gouvernement Sarkozy-Fillon vient de prendre une râclée. C’est un
gouvernement haï, vomi par l’écrasante majorité de la population, vertébré
par un parti qui rassemble 9% des inscrits, réduit à sa plus simple
expression: celui d’une bande d’escrocs. Mais des escrocs arrogants, qui
dans l’entre-deux tours ont essayé de se remonter en agressant non seulement
les immigrés, mais aussi les fonctionnaires à travers la bouche de Guéant.
Et c’est avec cette bande d’escrocs-là qu’on nous propose de signer un
accord.
Bernadette Groison a parlé d’ « accord politique »: c’est l’expression
qui convient. Sarkozy a besoin de cet accord. Il a besoin d’assurer ses
arrières, en liant les mains des fonctionnaires dans leur dos, dans la
foulée vers 2012, et mieux lutter avec le FN pour le partage du terrain
politique et électoral qu’ils ont en commun.
Et quel accord! En guise de « titularisations », absolument aucun
engagement, aucun… Ah, si: la certitude que le gouvernement poursuivra
jusqu’au bout sa politique de suppressions de postes par dizaines de
milliers! En revanche, le protocole donne au gouvernement toute latitude
pour substituer le recrutement en CDI à des créations de postes statutaires.
Mais encore: le vide juridique total autour du CDI, c’est la possibilité
offerte au gouvernement de remettre en cause absolument toutes les garanties
collectives liées aux statuts: salaires, horaires, missions, protection
sociale etc. Ce sont précisément ces garanties-là, arrachées par les
fonctionnaires, qui fondent l’existence même du syndicalisme dans la
Fonction Publique!
Il n’y a pas de « mandat » syndical plus impératif que celui-là: la
défense des statuts, des garanties qui y sont associées. Et pourtant, depuis
trois semaines, c’est une véritable tentative de putsch que la direction
fédérale tente de réaliser pour signer coûte que coûte, conserver coûte que
coûte un strapontin auprès du gouvernement dans le cadre du « dialogue
social », quitte à brader tous les acquis des collègues!
D’abord, le Conseil National de la mi-mars a été dessaisi du vote, sous
prétexte que c’était au BDFN de trancher. Aujourd’hui, parce que la
direction fédérale sait qu’elle n’obtiendra pas la majorité qualifiée, on
nous dit qu’il ne s’agira que d’un « vote indicatif ». Mais encore, on nous
dit que la CGT et FO doivent se prononcer eux aussi dans les heures qui
viennent. Autrement dit ce BDFN est décisif.
FSU, CGT, FO représentent à eux trois plus de la moitié des personnels
de la Fonction Publique. A eux trois, ils peuvent non seulement refuser de
signer, mais aussi mettre un coup d’arrêt à toute l’opération lancée par
Sarkozy et Tron contre les statuts, en exerçant leur droit d’opposition au
protocole. C’est cela que la FSU devrait décider: s’adresser aux dirigeants
des autres fédérations dans ce sens.
