Lettre de liaison N°261 – 31 mai 2016

LETTRE DE LIAISON

 

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Au Conseil national de la FSU de mai 2016, le courant Front Unique a
combattu



pour que les dirigeants de la CGT, de FO, de la FSU et de l’UNEF



appellent à une manifestation nationale et centrale à l’Assemblée nationale
le 14 juin,



pour imposer le retrait de la loi travail



Intervention dans le débat général le 24 mai

Le
10 mai, Valls a recouru au 49-3 pour imposer sans vote l’adoption du projet
de la loi Travail en première lecture. Chacun comprend qu’un pas majeur a
alors été franchi même si nous ignorons s’il sera décisif.

Si
Valls a pu agir ainsi, c’est bien sûr parce qu’il savait que pour
l’essentiel, la majorité PS-PCF, était à nouveau disposée à se coucher,
d’autant plus qu’elle n’a nullement été soumise à la contrainte du mouvement
des masses. En effet si par centaines de milliers, travailleurs et jeunes
avaient manifesté à l’Assemblée nationale pour leur imposer le rejet du
projet de loi travail, la situation aurait pu en être bouleversée.

Mais
en ce domaine, hélas, le gouvernement a été rassuré par les déclarations des
directions syndicales.

A
aucun moment, celles-ci n’ont voulu appeler à une manifestation nationale
devant l’Assemblée au moment de l’examen de la loi prévu le 3 mai.

Un
mois avant cette date, à notre Bureau national du 4 avril, une seule voix a
approuvé une motion proposant de s’adresser aux directions de la CGT, de FO
et de l’UNEF en ce sens.

Et
les représentants du syndicat CGT Goodyear qui ont voulu s’adresser aux
délégués du congrès national de leur confédération à Marseille pour qu’elle
appelle à une manifestation nationale de plus d’un million à Paris, ils en
ont été empêchés par la direction.


Pendant des semaines, l’intersyndicale n’a jamais fait du retrait du projet
de loi qu’elle affichait un préalable. Toutes les directions syndicales ont
accepté de discuter avec le gouvernement quand celui-ci le leur proposait et
de réclamer davantage de dialogue social. Et comble de cynisme, la direction
de l’UNEF qui avait pourtant déclaré en février que le retrait du projet
était un préalable avant toute discussion, n’a pas hésité à jouer les
faire-valoir du gouvernement au moment où celui-ci généralisait la sélection
en master.

En
parallèle et en complément, la multiplication des journées d’action et de
manifestation a dilué et dilapidé les énergies au lieu de les concentrer et
de les centraliser.

Il
faut le dire, si comme en 2010, une telle stratégie est maintenue, même
agrémentée de grèves reconductibles appelées entreprise par entreprise, les
possibilités de victoire seront ruinées.

Le
gouvernement Hollande-Valls-Macron-Baylet est au service des capitalistes et
de l’impérialisme français. Il arme et soutient les pires régimes de la
planète. Il multiplie les interventions impérialistes qui font de notre pays
une cible prioritaire des terroristes.

Et
c’est justement au prétexte de lutte contre le terrorisme, qu’il fait
prolonger l’état d’urgence, qu’il attaque les libertés démocratiques, qu’il
interdit des manifestations et à certains de manifester, qu’il fait
violemment matraquer la jeunesse, qu’il modifie la loi pénale pour rendre
permanentes des mesures jusqu’alors exceptionnelles. Bref, qu’il avance à
marche forcée à l’Etat policier. A cet égard le soutien des directions
syndicales à la manifestation des flics du 18 mai est révoltante.

Au
contraire, les organisations syndicales doivent se dresser contre la
répression policière et se prononcer pour la levée de toutes les
inculpations et des condamnations. Notre CDFN doit se prononcer clairement
en ce sens.

Et
défendre vraiment le code du travail, implique d’affronter et de vaincre ce
gouvernement.k

Pour
cela, il faut d’abord que les directions syndicales cessent de quémander
plus de dialogue social à un gouvernement qui est prêt à tout pour ramener
les travailleurs des décennies en arrière.

Et
voilà qu’après s’être opposée à la perspective d’une manifestation nationale
à l’Assemblée au moment crucial, l’intersyndicale en propose maintenant une
au moment de l’ouverture du débat au Sénat. Mais que peut-on attendre de la
majorité LR-UDI du Sénat dont les dirigeants se plaignent que la loi n’est
pas assez violemment anti-ouvrière.


Alors s’il s’agit de l’emporter, et s’il est encore temps, c’est bien à
l’Assemblée nationale que doit être convoquée une manifestation
nationale. Car c’est là que siège la majorité PS-PCF qui rappelons-le a
été élue en 2012 pour en finir avec la politique de Sarkozy-Fillon.



Intervention contre la modification du règlement intérieur


(destinée à
faciliter la signature d’accords avec les gouvernements)

Le
gouvernement Hollande-Valls-Macron a largement prouvé pour qui il gouverne :
50 milliards de pacte de responsabilité pour le patronat et la loi El Khomri
explosant le code du travail contre le salariat. Pour imposer sa législation
antisociale, le gouvernement n’hésite pas à réprimer et à asseoir les bases
juridiques d’un État policier avec la loi pénale qui pérennise l’état
d’urgence.

Et
c’est aujourd’hui, au moment de cette offensive ultra violente du
gouvernement que notre direction engage une modification du règlement
intérieur pour faciliter la signature d’accords avec ce gouvernement. En
effet, cette modification ne s’appliquera pas à l’adoption de motions
d’action ou à toute autre décision d’orientation au sein des instances
syndicales de notre fédération.

Le
sens de cette modification ne peut être plus clair : il s’agit de faciliter
la signature d’accords avec ce gouvernement et celui qui suivra. C’est
pourquoi Front Unique appelle à voter contre la modification du règlement
intérieur.



Vote sur la modification du R.I. : Pour : 68 / Contre : 4 / Abstention :
1 / Refus de vote : 0



Intervention de présentation de la motion :



« Pour la manifestation centrale à l’Assemblée Nationale »

Dès
le CDFN du 16 mars, le courant Front Unique avait soumis au vote une motion
proposant la manifestation centrale au siège du pouvoir et, au Bureau
national du 4 avril, le délégué FU a proposé une motion pour que celui-ci

« s’adresse aux directions de la CGT, de FO et de l’UNEF pour appeler en
commun à une manifestation nationale et centrale à Paris, à l’Assemblée
nationale, pour imposer à la majorité PS-PCF, le retrait pur et simple du
projet de loi Travail. »

Au
lieu de cela, pendant des semaines, l’intersyndicale, sans faire du retrait
de la loi un préalable et tout en appelant à une concertation avec le
gouvernement pour de nouveaux droits, a multiplié les journées d’action et
de manifestation, désorientant et épuisant ainsi les énergies au lieu de les
concentrer et de les centraliser et laissant le champ libre à Valls pour
utiliser le 49.3.


Maintenant que l’intersyndicale appelle à cette manifestation le 14 juin,
s’il s’agit de l’emporter et s’il est encore temps, c’est à l’Assemblée
Nationale, où siège une majorité de députés PS/PCF élus en 2012 pour en
finir avec Sarkozy et sa politique, qu’elle doit être convoquée.



Motion : Pour la manifestation centrale à l’Assemblée Nationale le 14
juin


Pour imposer le retrait pur et simple de la loi Travail, le CDFN de la
FSU s’adresse aux directions de la CGT, de FO et de l’UNEF pour que la
manifestation nationale du 14 juin soit convoquée à l’Assemblée
Nationale, où siège une majorité de députés PS/PCF élus en 2012 pour en
finir avec la politique de Sarkozy-Fillon.



Pour : 4 / Contre : 60 / Abstention : 11 / Refus de vote : 18



Intervention de présentation de la motion :



« Pour la défense des libertés démocratiques »


Chacun peut le constater : tout l’arsenal mis en œuvre par le gouvernement
sous prétexte de lutte contre le terrorisme est en fait destiné à s’en
prendre brutalement aux libertés démocratiques :


interdiction de circuler et de manifester


assignations à résidence


perquisitions de nuit.


L’état d’urgence qui permet tout cela, vient d’être une nouvelle fois
prolongé. Le gouvernement laisse entendre que ce sera la dernière fois. Bien
entendu, puisque la loi pénale dite Urvoas, qui a été adoptée en 1ère
lecture à l’Assemblée Nationale, permettra la permanence des mesures
d’exception contenues dans l’état d’urgence.



Notre CDFN doit condamner sans ambiguïté ces dispositions liberticides et
exiger la levée immédiate de l’état d’urgence et le retrait de la loi Urvoas
en cours d’adoption.

Le
gouvernement avait fait preuve d’un rare acharnement contre les travailleurs
d’Air France et ceux de Goodyear. Aujourd’hui, il n’a plus aucune retenue
dans le cadre du mouvement pour le retrait de la loi travail. De nombreuses
interventions de camarades ont illustré le degré atteint par la répression :


Interventions policières au sein des manifestations avec violences
délibérées ; emploi systématique de grenades lacrymogènes, usage répété de
lanceurs de balles de défense avec un jeune manifestant qui a perdu un œil,
encore une fois. Rappelons-le, c’est ce gouvernement qui a fait tuer en
toute impunité Rémi Fraisse.


Arrestations injustifiées, gardes à vue prolongées de mineurs


Multiplication des mises en examen, lourdes condamnations par une justice
aux ordres.

Par
sa politique anti-ouvrière, anti-jeune, le gouvernement suscite une volonté
légitime d’en découdre avec lui, de l’affronter et de le vaincre.



Notre CDFN doit condamner avec la plus grande force ce gouvernement qui est
entièrement responsable des violences policières. Il doit exiger la levée
des mises en examen et la libération des manifestants condamnés.



Motion : Pour la défense des libertés démocratiques


Au prétexte de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement utilise
l’état d’urgence pour s’en prendre aux libertés démocratiques.


Le CDFN de la FSU, réuni le 25 mai 2016, exige :


– la levée immédiate de l’état d’urgence


– et le retrait du projet de loi pénale en cours d’adoption.


Il condamne les violences policières contre la jeunesse et les
travailleurs dont le gouvernement est responsable.


Il exige la levée des poursuites contre les manifestants.



Pour : 14 / Contre : 51 / Abstention : 0 / Refus de vote : 26

 

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