Lettre de liaison N° 255 – 11 novembre 2015
[Version pdf]
Vote d’orientation de la FSU du 5 au 26 novembre:
Pour que
la FSU rompe sa collaboration avec le gouvernement,
Votez, faites voter Front
Unique
La FSU renouvelle ses instances nationales et
les syndiqués sont invités à voter dès maintenant et jusqu’au 26 novembre.
Face à un gouvernement qui multiplie les attaques contre les travailleurs (Air
France, Code du travail…) et les fonctionnaires, les syndiqués ont eu au cours
de ces dernières semaines matières à réflexion.
Statut des
fonctionnaires :
Valls a d’annoncé, violant les règles
que le gouvernement avait lui-même fixées, que l’accord PPCR
(Parcours professionels, Carrières et
Rémunération) s’appliquerait.
Cet accord est minoritaire suite à la non signature de la CGT et FO. Il permet
d’organiser la mutation contrainte, fonctionnelle ou géographique de milliers de
fonctionnaires, territorriaux en particulier, dans le cadre de la réorganisation
régionale. Pour pouvoir signer cet accord, la direction de la FSU a organisé un
vote frauduleux lors du Conseil National le 16 septembre, jouant le rôle de
béquille du gouvernement. Elle a argué du fait que l’accord comprenait des
revalorisations de carrière dont les fonctionnaires ne verront jamais la couleur
(l’essentiel est prévu après 2017). Par contre, dès maintenant, l’accord PPCR
s’applique contre les personnels comme dans l’Enseignement Supérieur et la
Recherche qui est en pleine restructuration pour constituer de grandes
universités régionales et privatisées. Ainsi la direction du CNRS vient de
mettre en place une circulaire pour mutualiser ses Ingénieurs et Techniciens sur
plusieurs unités de recherche. Voici ce qu’en dit le syndicat CGT de la
recherche (SNTRS-CGT) : "Des services informatiques et logistiques sont
mutualisés à l’échelle de la région parisienne, un réseau interrégional vise à
mutualiser équipements et personnels sur 33 plateformes technologiques en
sciences du vivant impliquant le CNRS, l’Inserm, les collectivités
territoriales, les universités."
Statut des enseignants du second degré :
En
juin
2014, les enseignants du second degré ont subi une attaque majeure : la
liquidation des garanties statutaires concentrées
dans les décrets de 50. Ceux–ci
définissaient les obligations de service en heures d’enseignement. A travers le
principe de la double notation, ils garantissaient aux enseignants
l’indépendance pédagogique,
y compris par rapport à la hiérarchie administrative. Le nouveau décret de 2014
liquide ces garanties et le
gouvernement ne s’en cache. Ainsi,
Florence Robine,
directrice de la direction générale de l’enseignement scolaire, représentante
directe de la ministre,
déclarait tout récemment à Caen, qu’avec
le décret de 2014, « le
temps de travail des enseignants, c’est 1607 heures réparties sur 36 semaines ».
Notre
courant Front Unique avait dénoncé cette
attaque majeure (www.front
unique.com) et exigé
que la direction du SNES
et celle de la FSU se
prononcent
en défense inconditionnelle des
décrets
de 50. Au contraire, la
direction du SNES avait soutenu de manière éhontée ce nouveau décret en
camouflant son contenu réel et allant jusqu’à prétendre qu’il était plus
protecteur que ceux de 1950.C’est
ce qu’avait annoncé il y a plus d’un an notre courant Front Unique (www.front
unique.com) en indiquant alors que la direction du SNES, de la FSU devait se
prononcer en défense inconditionnelle du décret de 50. La position de la
direction du SNES, de la FSU a été exactement inverse : camoufler le contenu du
nouveau décret, faire croire qu’il était l’inverse de ce qu’il était en réalité,
et le soutenir de manière éhontée comme on peut le lire à de nombreuses reprises
, par exemple dans le supplément « décret » à l’US du 27 septembre 2014 :
« Des
mesures qui ne relevaient jusque–là
que de l’interprétation des textes existants, voire du bon vouloir de la
hiérarchie, sont désormais inscrites dans un texte réglementaire, réduisant
ainsi les possibilités d’instrumentalisation par les chefs d’établissement de la
confection des services. »
Les enseignants
apprécieront, particulièrement ceux des collèges soumis au feu roulant des
convocations pour mettre en œuvre la réforme des collèges !
Réforme du
collège :
La réforme du
collège constitue une attaque d’une ampleur inédite contre l’Éducation
Nationale : liquidation des programmes nationaux, massacre de disciplines, mais
surtout à travers l’ « autonomie » des établissements, les enseignants mis sous
la coupe des chefs d’établissement et des nouveaux caporaux de la réforme. Pour
imposer la kyrielle des réunions prévues, il fallait que les décrets de 50
soient liquidés.
L’intersyndicale sous la
pression des enseignants a fini par rompre la concertation (qui durait depuis
des mois) et par appeler à la grève largement suivie du 19 Mai. Mais depuis
cette date, le dispositif d’ « action » qu’elle a initié ne permet en aucun cas
d’imposer le retrait de la réforme (répétition
de journées
de grève
, manifestation
à Paris
un samedi
en direction d’un ministère désert).
La
seule mesure qui permettrait
de bloquer le gouvernement, c’est
l’appel national au boycott clair et net des « formations »
à la réforme. Jusqu’à présent,
la direction du SNES
(et de la FSU) s’y refusent. Elles
lui opposent une prétendue
opération « grain de sable » où l’infinie variété des « actions » proposées
revient en fait à laisser les enseignants isolés et désemparés face à la mise en
place de la réforme.
Le
maintien formel de l’exigence
d’abrogation
de la réforme, par la direction du
SNES (et de la FSU) est contredit par le
refus de cet appel national au boycott des formations à la réforme.
Et quand
F.
Rolet, secrétaire générale du SNES
déclare :
« Nous
ne voulons pas la suppression du décret qui pose un cadre très général mais la
réécriture de l’arrêté et de la circulaire d’application. »
(Libération
13 Octobre), qu’est–ce
d’autre que l’acceptation de la réforme « aménagée » ?
Pour une autre orientation :
la FSU doit rompre avec le gouvernement Hollande–Valls–Macron !
PPCR, statut des
enseignants, réforme des collèges,
réforme des rythmes scolaires :
chacune de ces questions particulières renvoie à une seule question : celle de
l’indépendance et du combat contre le gouvernement Hollande–Valls–Macron.
A l’inverse de la
collaboration avec ce gouvernement via le « dialogue social », la défense des
personnels exige que soit avancé :
– A bas l’accord PPCR !
Retrait de la signature de la FSU ! Aucune participation au Comité de suivi !
– Défense du statut des
enseignants ! Abrogation du décret de 2014 ! Retour aux décrets de 50 !
– Abrogation de la réforme
des collèges et par conséquent du décret l’instituant ainsi que de tous les
arrêtés et circulaires d’application !
– Abrogation de la réforme des rythmes
scolaires ! Halte à l’ingérence des élus dans les écoles !
Et donc :
– Rupture du dialogue social
et organisation du combat pour bloquer l’offensive gouvernementale.
C’est sur cette
orientation que nous invitons les syndiqués
de la FSU à voter Front Unique.
Contre les interventions
militaires de l’impérialisme français en Afrique et au Moyen Orient, pour
l’accueil et la régularisation de tous les sans–papiers,
contre la répression des militants ouvriers et des travailleurs,
nous renvoyons les collègues à nos interventions constantes
(www.frontunique.com)
Votez, faites voter Front Unique
