Le "pacte de responsabilité" Hollande –
Gattaz est une attaque violente contre la Sécurité Sociale, une réduction
brutale du salaire brut pour tous les travailleurs,
une offensive sans précédent contre la Fonction Publique et
l’ensemble des budgets sociaux.
La responsabilité des directions syndicales (CGT, FO, FSU) est
de rejeter de manière claire et nette le "pacte de responsabilité" et de refuser
de le mettre en œuvre
en ne participant pas à la concertation organisée dans ce but
par le pouvoir
Intervention
Front unique au CDFN de la FSU le 21 janvier 2014 (débat général)
Camarades, le courant Front unique estime qu’une question capitale est posée à
notre CDFN comme à l’ensemble des organisations syndicales :
Est-il
possible de soutenir le pacte de responsabilité de Hollande ou devons-nous de la
manière la plus claire et la plus nette le rejeter ?
Rappelons que ce pacte survient à la suite de nombreuses attaques contre les
travailleurs et en faveur des capitalistes : crédit impôt compétitivité, loi de
flexibilité (ANI) et loi sur les retraites, pour n’en citer que trois.
Le pacte
de responsabilité, c’est d’abord la baisse drastique du coût du travail avec
l’exonération des cotisations famille ce qui représente une baisse de 5% de la
masse salariale : c’est un véritable hold-up de 35 milliards sur le salaire
différé. Chacun sait d’ailleurs que la fiscalisation censée le compenser sera
prétexte à un nouveau plan d’ampleur contre la sécurité sociale.
Ce
pacte, ce sont 50 milliards supplémentaires d’économies de dépenses publiques
pour les 3 années qui viennent après les 15 milliards d’économies du budget
2014. Cela impliquerait des suppressions massives de postes de fonctionnaires
dans toutes les fonctions publiques, y compris dans l’Education nationale, ainsi
que des diminutions de prestations sociales.
Quand
Hollande affirme vouloir « redéfinir les missions de l’Etat » et
« mener des réformes structurelles », c’est la liquidation des statuts des
différentes catégories de fonctionnaires que prépare le rapport Pêcheur qui
préconise la liquidation de la reconnaissance des qualifications par les
diplômes, le concassage du système des carrières, la suppression des corps, la
mobilité entre les différentes fonctions publiques.
En
annonçant enfin un accroissement des prérogatives des collectivités
territoriales, Hollande veut sans doute encore leur transférer des missions et
des fonctionnaires d’Etat.
En fait,
le gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel poursuit la politique contre
laquelle la classe ouvrière et la jeunesse s’étaient dressés en 2012 en chassant
Sarkozy et en élisant une majorité de députés du PS et du PCF.
Ainsi,
Hollande assume pleinement les destructions des campements des Roms y compris
pendant l’hiver et, dans la tradition de l’impérialisme français, il a conduit
coup sur coup deux interventions militaires, au Mali et en Centrafrique. Il
s’apprête à être reçu par le pape qui participe à une campagne contre le droit à
l’avortement dont la pointe avancée se situe en Espagne et qui se propage dans
notre pays.
J’ai
posé en début d’intervention la question : soutien ou refus du pacte de
compétitivité ?
On ne
sera pas étonné de constater le soutien ouvert du Medef ou celui plus embarrassé
de l’UMP tant le pacte de responsabilité est la reprise des revendications
patronales.
Mais
qu’en est-t-il des responsables des organisations syndicales et en particulier
de ceux de notre fédération ?
On a
certes entendu le responsable de la Cgt dénoncer le « pacte » comme un cadeau au
patronat, mais on a surtout découvert une position intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-FSU
publiée quelques heures avant la conférence de presse de Hollande. Ce texte ne
dit pas un mot contre les plans de licenciements ou pour la défense des
salaires. Mais c’est surtout sa conclusion qui en une phrase exprime sans
équivoque l’essentiel : « Les organisations signataires porteront ces
revendications et objectifs communs lors des discussions qui se dérouleront
dans le cadre du pacte de responsabilité. » Ce qui rassemble donc
l’ensemble des organisations signataires, c’est l’acceptation de s’inscrire dans
ce pacte. Ce matin, lors de ses vœux aux « forces vives », Hollande a donc pu
présenter aux dirigeants syndicaux sa feuille de route et rappelé sa méthode,
celle du dialogue social. Rappelons que la 1ère conférence sociale
avait abouti à l’ANI, la 2ème à la loi sur les retraites et
l’objectif de la 3ème, à travers le pacte de responsabilité, c’est la
remise en cause de tout le système de protection sociale.
Alors la
responsabilité de toute organisation affirmant parler au nom des travailleurs,
la responsabilité de notre fédération est de condamner clairement le pacte dit
de responsabilité et de tout mettre en œuvre pour imposer son retrait. Cela
implique bien évidemment le refus de toute concertation destinée à permettre son
adoption.
La
responsabilité de notre fédération est de s’adresser aux confédérations
ouvrières (CGT et FO) pour dresser un front uni contre le « pacte »
gouvernement-Medef.
