LETTRE DE LIAISON

Lettre de
liaison N° 216 – 10 septembre 2013
      
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Contre toute intervention impérialiste en Syrie, comme pour le
retrait de la contre réforme des retraites, il faut infliger une défaite
politique au gouvernement Hollande Ayrault Duflot Pinel !


Il faut que se réalise le Front Unique des organisations du
mouvement ouvrier

 

Intervention du
représentant du courant Front Unique au Bureau National de la FSU du lundi 9
septembre 2013

 

J’interviendrai à ce BDFN sur deux points fondamentaux de la situation
politique : la possibilité d’une intervention militaire impérialiste contre la
Syrie et le projet de contre-réforme des retraites présenté par le gouvernement.

S’agissant
de la Syrie : la position du mouvement ouvrier ne peut être que de prendre
position dès maintenant contre toute intervention impérialiste.

On voudrait
nous émouvoir avec le sort dramatique du peuple syrien ? Mais au moment même où
le congrès américain délibère, l’ONU réduit ses aides aux millions de réfugiés
syriens, le gouvernement jordanien proche de Washington refoule et dépouille en
bloc les voyageurs syriens venus chercher asile. En France, des dizaines de
milliers de réfugiés syriens vivotent pour la plupart dans des conditions
indignes, sans même que le gouvernement français leur accorde systématiquement
le droit de séjour.

On voudrait
nous émouvoir à l’évocation des armes chimiques ? Mais les donneurs de leçons
sont les premiers experts en la matière ! Les milliers de tonnes de napalm
déversées sur le Viet-Nam, les milliers de missiles chimiques offerts à Saddam
Hussein pour saigner l’Iran et les kurdes, les enfants mort-nés ou malformés qui
naissent aujourd’hui à Fallouja en Irak ou à Gaza en Palestine en sont autant
d’illustrations.

On voudrait
nous faire croire qu’il s’agirait de « punir » le régime de Bachar Al Assad ?
Mais le ministre français de la Défense Le Drian comme ses homologues américains
ont tous insisté sur le fait qu’ils n’envisageaient pas de le renverser !

De fait, ce
qu’envisagent Hollande et Obama, c’est d’ajouter leurs bombes aux bombes du
régime Assad et à celles des milices islamistes. C’est « punir » le peuple
syrien et achever de l’écraser.

La
responsabilité de la FSU est de se prononcer contre toute intervention
impérialiste en Syrie. Si une telle intervention est décidée, la FSU devra
s’adresser aux dirigeants de la CGT, de FO et de l’UNEF pour organiser ensemble
la mobilisation contre cette intervention.

 

Quant au
projet de contre-réforme des retraites du gouvernement, il appelle une
caractérisation claire : c’est une nouvelle offensive de destruction de ce qui
subsiste de droit à la retraite pour les travailleurs, ainsi qu’un élément de
destruction de la Sécurité Sociale.

Pour les travailleurs : allongement de deux ans de la durée de cotisation ;
baisse du pouvoir d’achat à travers l’augmentation des cotisations ouvrières ;
ponction des retraités eux-mêmes et baisse du niveau des pensions. Tout cela,
dans un contexte où les réformes antérieures ont déjà conduit à une explosion de
la misère pour les retraités.

Pour le
patronat : 35 milliards de nouveaux cadeaux à travers
la suppression des cotisations patronales sur la branche famille, contre à peine
2,5 milliards d’augmentation des cotisations pour la branche retraites. C’est un
coup majeur porté à la Sécurité Sociale qui revient à voler aux travailleurs 32,
5 milliards et demi de salaire différé, alors même que les exonérations de
cotisations patronales et les licenciements organisés par le patronat sont la
source fondamentale des déficits.

Quant à
l’introduction d’une « compensation » liée à la « pénibilité » du travail, au
cas par cas, il faut dire les choses comme elles sont : il s’agit d’introduire
par la bande le système de retraites par points au détriment des garanties
collectives. Cette mesure doit être dénoncée et combattue comme les autres.

Pourtant, il
faut le constater : à la veille de la « journée d’actions » du 10 septembre, les
directions syndicales, qui ont co-élaboré le projet de contre-réforme pendant
tout l’été, soulignent toutes de prétendues « avancées » de la négociation et
appellent les travailleurs à « peser » sur la rédaction finale de ce projet
inacceptable.

C’est le cas
de la direction de la FSU, qui dans un communiqué du 27 août commence par
« prendre acte avec satisfaction » du projet du gouvernement. Cette
collaboration est inacceptable et doit cesser.

Pour
permettre aux travailleurs de se dresser contre l’offensive engagée par le
gouvernement, la première condition est au contraire que les directions
syndicales se prononcent pour le retrait pur et simple de cette contre-réforme
et réalisent le Front Unique sur ce mot d’ordre.

Je demande
qu’un vote ait lieu sur ce dernier point.

 

Motion

Le BDFN de la FSU du 9 septembre se prononce pour le retrait pur et
simple de la contre-réforme des retraites.

Elle s’adresse aux dirigeants de la CGT, de FO, de l’UNEF pour qu’ils en
fassent de même et réalisent le front unique sur cet objectif.

 La
direction de la FSU s’est positionnée pour le rejet de cette motion qui a donc
été repoussée.

 

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