LETTRE DE LIAISON


Lettre de liaison N° 203 – 26 septembre 2012

CDFN de la FSU
des 18 et 19 septembre


 


La direction de la FSU fait grand bruit
sur le traité européen (TSCG) …


 pour mieux faire silence sur le budget
2013 !


 


Elle a tenté au cours du CDFN d’interdire
la parole


au courant Front Unique qui combattait :


 

·                   
Pour
l’abrogation de la loi sur les « contrats d’avenir »

·                   
Pour
le front unique des organisations du mouvement ouvrier pour que la majorité PS
PCF ne vote pas le budget 2013

·                   
Pour
la rupture de la concertation sur la « loi de refondation de l’école »
(annualisation, diminution des congés, remise en cause du bac comme diplôme
nationale et anonyme)

 

C’est un fait nouveau et grave. C’est
le premier CDFN de la FSU où l’appareil a tenté d’interdire la parole au courant
Front Unique. De manière grossière, la présidence de séance coupait la parole à
nos représentants au bout de quelques dizaines de secondes sur les trois minutes
qui leur étaient officiellement  généreusement accordées. Mieux même, notre
camarade n’a pas même pu présenter la motion de solidarité avec les mineurs sud
africains (voir plus bas).

Il y a des raisons à cela, bien
au-delà du simple sort du courant Front Unique.

Le gouvernement Hollande Ayrault
Duflot Pinel s’apprête, pressé par les capitalistes, à mener la plus violente
offensive contre les acquis ouvriers. Des milliers de suppressions de  postes
sont programmées au budget 2013 au ministère des finances, à la Culture, au
« développement durable » (équipement, environnement). Les salaires vont être
bloqués et les progressions de carrière remises en cause. Pour diminuer les
cotisations patronales, se profilent augmentation de la CSG, et rétablissement
sous une autre forme de la « TVA sociale » de Sarkozy. Mais le gouvernement,
dont la faiblesse tient au fait qu’il s’est constitué à la suite d’une défaite
sévère des partis bourgeois aux présidentielles et législatives, a pour cela
besoin du dialogue social et du plein soutien des appareils. Il en a besoin et
il l’obtient : participation « constructive »  à la conférence sociale, deux
mois de concertation sur la loi de refondation – qui continue -, et aujourd’hui
participation aux concertations sur le « marché du travail » et le « financement
de la protection sociale ».

Dans ce contexte, pas une voix
discordante ne  doit s’exprimer dans les syndicats. Pas une seule voix pour
dénoncer le soutien plein et entier de l’appareil de la FSU aux « contrats
d’avenir » au moment où dans un autre secteur, la SNCF, la direction annonce que
les prochains 500 recrutements vont l’être sous forme de contrats d’avenir à 900
euros et non d’emplois statutaires.

Pas une seule voix pour  dénoncer la
participation à la concertation sur la loi de « refondation » au moment où le
ministre Peillon annonce très officiellement qu’un de ses éléments centraux sera
la diminution de quinze jours des congés d’été, tout  en précisant par ailleurs
qu’il n’est évidemment pas question d’augmenter le salaire des enseignants.

Dans ce contexte, le « débat »
convenu entre différentes fractions de l’appareil de la FSU sur les modalités de
participation à la « mobilisation » contre le TSCG au nom de la lutte « contre
l’austérité » a tout d’un écran de fumée pour camoufler le fait que la direction
de la FSU n’a pas la moindre intention de combattre le budget 2013 (Elle s’est
opposée à toute perspective de combat dans ce sens appelant à voter contre la
motion Front Unique).

Précisons les choses. Le TSCG est
évidemment totalement réactionnaire et le courant Front unique combat pour que
la majorité PS PCF PG à l’Assemblée le rejette (ce que ne font pas d’ailleurs
les initiateurs de la prétendue « mobilisation » contre le TSCG). Il est
réactionnaire non pas tant parce qu’il fixe des objectifs de réduction de
déficits : les différents gouvernements, tout entiers occupés à déverser des
milliards pour les capitalistes et les banquiers, sont bien incapables
d’atteindre ces objectifs qui relèvent du serment d’ivrogne. Il est
réactionnaire parce qu’il constituera une arme supplémentaire pour frapper sans
relâche les masses populaires.

Mais justement le prochain coup sera
porté lors du budget 2013. Or n’est-il pas remarquable que nombre de partisans
du « Non » (députés de la prétendue « gauche » du PS, dirigeants EELV) annoncent
en même temps leur engagement dès maintenant à voter  le budget 2013 ? Le
soutien au budget 2013 au nom du combat contre le TSCG, c’est au fond la
position de l’ensemble des appareils syndicaux. C’est cette arnaque politique
qui ne devait pas être dévoilée.

La place du courant Front Unique
(malgré ses limites) est dans ce contexte particulièrement importante, comme
elle l’est, sur le terrain qui est le nôtre depuis toujours, celui de
l’internationalisme prolétarien (voir au dessous).

Une première victoire contre ceux qui
veulent nous bâillonner a été remportée avec la présentation de 182 candidats
pour le renouvellement des instances de la FSU. Dans un peu plus d’un mois, les
élections auront lieu. Il faudra d’ailleurs se battre pour que tous les
syndiqués soient véritablement en situation de voter. Il faudra se battre aussi
pour que le vote assure la confirmation de notre présence, au compte des
personnel,s dans les instances de la FSU

 

Honte aux complices des assassins en
Afrique du Sud !

En Afrique du Sud, la police a assassiné dans
des conditions barbares (voir par exemple Le Monde du 11 septembre) des
dizaines de grévistes mineurs en grève pour des augmentations de salaire.
Sur ordre d’un gouvernement vertébré par l’ANC dans lequel siègent des
dirigeants du PC sud africain et de la centrale syndicale COSATU.  La
direction de la FSU a interdit à notre camarade de présenter la motion de
soutien aux mineurs (voir plus bas). La même interdiction avait prévalu à la
CA académique du SNES de Grenoble. Ce n’est donc pas un accident !

D’ailleurs l’US du 15 septembre nous permet
de comprendre la chose. Quelques lignes nous parlent d’une « grève sauvage »
de  « perturbations qui se répètent » et qui ont débuté par des « rivalités
syndicales ». Le nombre de morts évoqués met ensemble et sur le même plan
flics et grévistes. On croirait un communiqué du ministère de l’intérieur !
A l’évidence, ce qui prime pour la direction de la FSU c’est la solidarité
avec les « camarades ministres » du gouvernement d’assassins et non celle
avec les mineurs assassinés alors que la répression continue dans les
townships. Silence, on assassine….. Voilà pourquoi elle a refusé toute prise
de position en solidarité avec les mineurs

 

Intervention d’Yvon Breda dans le débat
général

Ce qui caractérise en premier lieu
cette rentrée, c’est l’approfondissement de la crise du mode de production
capitaliste, qui se concentre aujourd’hui dans la zone euro.

Il n’est pas possible d’en évoquer ne serait-ce que les principaux
développements dans une intervention de trois minutes. Mais s’il faut n’en
prendre qu’un, alors considérons la décision prise par la Banque Centrale
Européenne au début du mois : dans toute l’Union Européenne, les banques en
faillite devraient désormais être renflouées de manière « illimitée ».

C’est particulièrement significatif à
plus d’un titre. Ce qu’exprime cette annonce, pour commencer, c’est que ce n’est
pas la Grèce, ce n’est pas non plus l’Espagne, mais bien l’Union Européenne dans
son ensemble, et toute l’économie capitaliste du Vieux Continent – berceau
historique du capitalisme – qui est menacé d’effondrement si de nouvelles
faillites bancaires venaient à survenir.

Mais encore : l’annonce de la BCE
concentre en réalité la volonté politique de tous les gouvernements d’Europe,
chacun au service de ses capitalistes. Il s’agit d’œuvrer coûte que coûte au
maintien et à la survie du capitalisme en faillite.

On voit bien qu’il n’y a pas
d’ « austérité aveugle », pas d’idéologie comme le martèlent trop souvent la
Confédération Européenne des Syndicats et les directions syndicales, dont celle
de la FSU. Pas d’ « austérité » pour les banquiers et les patrons : au
contraire, pour eux, c’est guichet ouvert. Mais il s’agit de présenter la
facture à quelqu’un : alors, chaque gouvernement se dispose à faire payer
toujours plus cher aux travailleurs.

En France, lors des dernières
élections, les travailleurs et la jeunesse ont exprimé leur refus de payer
encore et encore pour la crise des capitalistes :

ils l’ont exprimé, en barrant la route à Sarkozy, le candidat qui incarnait au
plus haut degré cette politique ; puis en portant au pouvoir une majorité de
députés des partis issus du mouvement ouvrier : le PS, le PCF et le Parti de
Gauche. Pourtant, le gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel qui s’est formé
à la suite des élections se situe en opposition frontale aux aspirations que les
travailleurs ont exprimées.

Ce gouvernement s’aligne totalement sur
les exigences de la bourgeoisie française. Pour n’en donner que l’illustration
la plus évidente : à l’université d’été du MEDEF, ce sont non pas un, non pas
deux, mais dix ministres qui se sont bousculés, Ayrault en tête. Et cela, pour
opiner du chef aux injonctions de Parisot selon qui le budget 2013 doit être
« un budget au service des entreprises » !

Et ce gouvernement s’exécute : loin
d’avoir laissé passer « 100 jours pour rien », comme l’entonnent à tue-tête les
Mélenchon et consorts, il a travaillé sans relâche, avec la coopération des
dirigeants syndicaux, au maintien de toutes les contre-réformes mises en œuvre
sous Sarkozy-Fillon. Alors que le nombre de chômeurs est en passe de franchir,
non pas la barre des trois, mais bien celle des cinq millions, ce gouvernement a
avalisé le plan de PSA, et accompagne partout ailleurs les plans de
licenciements massifs. Il a également maintenu la quasi-totalité des
suppressions de postes dans la Fonction Publique, faisant payer très cher aux
autres ministères les nouvelles créations de postes dans la police.

Et maintenant, c’est une nouvelle
offensive de grande ampleur que ce gouvernement prépare.

Contre-réforme annoncée du droit du travail, pour faciliter les licenciements et
instituer, je cite Sapin, une « flexi-sécurité à la française ». Contre-réforme
annoncée de la Sécurité Sociale, dont la première pierre doit être la
transformation de la TVA Sarkozy en une nouvelle forme de prélèvement,
probablement une hausse de la CSG, toujours sur le dos des travailleurs – tandis
que Hollande lui-même a confirmé le maintien des exonérations de « charges »
pour le patronat.

Et pour mener cette offensive, le
gouvernement s’appuie sur une coopération plus étroite que jamais des dirigeants
syndicaux…

(La tribune intervient pour pousser
le représentant du courant Front Unique à « conclure ». Ledit représentant
proteste et parvient à arracher… une minute supplémentaire!
)

Les représentants du courant « Front
Unique » interviendront à ce CDFN au sujet des « emplois d’avenir » et de la
« loi d’orientation » en préparation dans l’enseignement public. Mais je
conclurai sur un dernier point.

L’offensive que le gouvernement
prépare se concentre aujourd’hui dans le projet de budget 2013.

Un intervenant précédent l’a dit lui-même : « On ne connaît pas encore tous les
détails de ce budget, mais ce qu’on sait, c’est qu’il s’agira d’un budget
d’austérité, de coupes budgétaires et de suppressions de postes. »

Alors, le débat sur le nouveau traité
européen TSCG qui s’annonce pour ce CDFN ne doit pas servir à occulter la
question du budget, ni à camoufler la responsabilité fondamentale du
gouvernement en la matière.

Le courant Front Unique est évidemment
opposé à ce traité qui présente les coups portés aux travailleurs, la volonté
politique de faire payer la crise aux travailleurs, comme une politique
d’ « austérité » inévitable et nécessaire. Mais alors, s’il s’agit d’empêcher
l’adoption de ce traité, la responsabilité des dirigeants de la FSU est bien de
dire « À bas le TSCG », et non de demander un référendum, comme le font la
plupart des organisations signataires de l’appel à manifester le 30 septembre.

Si, à travers le TSCG, il s’agit de
combattre les coupes budgétaires et l’offensive annoncée contre les travailleurs
et la jeunesse, alors le combat contre ce traité est indissociable du combat
contre le projet de budget 2013.

C’est pourquoi, la responsabilité
fondamentale de ce CDFN est de se prononcer en faveur d’une manifestation
nationale massive à l’Assemblée Nationale
au moment de la discussion
budgétaire. La direction de la FSU se doit de proposer l’organisation d’une
telle manifestation aux autres syndicats de travailleurs et d’étudiants.
Ensemble, ils doivent exiger de la majorité PS-PCF-PG à l’Assemblée Nationale :

                   
Ne ratifiez pas le TSCG

                   
Ne votez pas le budget 2013

 

Intervention de Marie Claire Saint Lager : A
bas le budget 2013 ! Non à la ratification du TSCG !

Le contexte du budget 2013 est que face à une
crise du capitalisme aux effets toujours plus dévastateurs, le gouvernement
PS-Vert- radicaux de Gauche a décidé de répondre en se soumettant servilement
aux exigences du MEDEF.

Ce budget 2013 s’annonce comme un plan
d’austérité d’une ampleur inédite avec une facture de plus de 30 milliards
d’euros que, pour l’essentiel, les  travailleurs et la jeunesse vont devoir
payer. Avec :

·        
La suppression de postes et la
réduction des budgets notamment dans les secteurs dits non prioritaires ;

·        
Un nouveau coup d’accélération de
la précarité via le financement des 150 000 « emplois d’avenir », la CDIsation
en remplacement de postes statutaires ;

·        
De nouvelles coupes dans le budget
de la sécurité sociale ;

·        
Les retraités sont désignés comme
des nantis pour pouvoir les taxer ;

·        
La TVA sociale de Sarkozy  repeinte en vert, etc. etc.

Comment peut-il en être autrement quand la devise
du gouvernement est de payer la dette rubis sur l’ongle?  Et cette dette qui ne
cesse de s’accroitre. Entre juin 2011 et juin 2012,  les plans d’austérité de
Fillon ont atteint une vingtaine de milliards d’euros. Dans le même temps la
dette de l’Etat s’est envolée  de plus de 70 milliards d’euros.

Comment ? Des dizaines de milliards ont
été généreusement octroyés aux banquiers au titre du loyer de cette dette ou
via
le  Font européen (FESF) qui sert à renflouer les banques qui spéculent
sur la dette des Etats au bord de la faillite comme la Grèce.

A l’évidence cette dette n’est pas celle
des travailleurs.

Alors, st-ce que le rôle de la FSU est
de définir  « la voie qui permettrait de maitriser la dette »  comme le
dit le texte Action ?

A l’inverse son rôle est de se prononcer
pour le non-paiement de cette dette. Sinon comment défendre les revendications ?

En France comme en Europe, le TSCG est
fait pour être une arme dans les mains des gouvernements pour imposer des
budgets d’austérité de plus en plus durs.

Précisons, ce  n’est pas la France qui
s’apprête à ratifier le TSCG, mais les députés PS alliés à ceux de l’UMP. Une
telle  alliance UMP-PS serait  la négation même des votes de mai-juin dernier.
En effet, si les travailleurs ont chassé Sarkozy et sa majorité UMP  en élisant
une majorité PS-PCF, c’est pour en finir avec  Sarkozy et sa politique, ce n’est
pas pour voir les députés PS ratifier, avec ceux de l’UMP, le copié-collé de son
traité.

La ratification du TSCG qui doit
intervenir juste avant la discussion du budget à l’Assemblée. On voit bien
comment  Hollande  veut pouvoir utiliser l’alliance  UMP-PS sur le TSCG  pour
préparer des conditions idéales pour l’adoption de son budget d’austérité.

C’est pourquoi  il est nécessaire de
mener de front le combat conte le TSCG et celui contre le budget, ces deux
combats sont indissociables. Et pour ce faire prendre appui sur l’existence
d’une majorité PS-PCF en organisant mais une manifestation centrale à
l’Assemblée Nationale pour exiger de cette majorité :

·        
ne ratifiez pas le TSCG

·        
ne votez pas le budget 2013

 

A bas le budget 2013 !

Non à la ratification du nouveau traité
européen (TSCG) !

Face à la crise qui ne cesse de s’aggraver le
gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel affiche ouvertement son
alignement sur les exigences du MEDEF.

Le budget 2013 s’annonce comme un plan
d’austérité d’une ampleur inédite dont la facture de plus de 30 milliards
d’euros va être présentée pour l’essentiel aux travailleurs et à la
jeunesse.

Pour s’en prendre aux acquis des
travailleurs, en France comme en Europe, le nouveau traité européen TSCG
constituera une  arme supplémentaire dans l’arsenal du gouvernement.

Refuser l’austérité que le gouvernement
souhaite imposer implique donc de combattre de front le TSCG et le budget
2013. L’un comme l’autre sont antagoniques avec la défense des
revendications : arrêt des suppressions de postes dans la FP, rétablissement
des postes supprimés, augmentation du point d’indice, titularisations des
précaires dans le cadre du statut général de la FP … .

Le budget 2013 et le TSCG ont pour objectif
commun de faire payer toujours plus la crise aux travailleurs.

Le CDFN de la FSU se prononce contre la
ratification du TSCG et contre le budget 2013.  Ils vont être soumis en
octobre au vote de la majorité PS-PCF-PG que les travailleurs ont élue pour
marquer au contraire leur refus de continuer à payer la crise.

Dans ces conditions, le CDFN de la FSU
considère qu’il est de sa responsabilité d’exiger de cette majorité qu’elle
refuse de ratifier le TSCG et de voter le budget 2013.

Dans cette perspective, il mandate la
direction FSU pour qu’elle propose aux autres organisations syndicales
l’organisation une manifestation centrale à l’Assemblée en direction des
députés PS-PCF-PG sur les mots d’ordre suivants :

– ne ratifiez pas le TSCG !

– ne votez pas le budget 2013 !

Pour : 4, Contre : 79, Abs : 15, RdV : 18

 

Intervention d’Yves
Ankaoua : rupture  de la concertation sur la loi de refondation !

La rentrée a été catastrophique dans les
établissements et ses effets vont s’accentuer tout au long de l’année.

Tout l’empilement des contre-réformes Sarkozy est
resté intact.

Toutes les suppressions de postes des années
antérieures ont été intégralement maintenues. Et pour celles de 2012, le
gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel en a validé pas moins de 92%.

Mais ce gouvernement ne se contente pas
d’entériner les régressions antérieures, il s’attelle à achever le sale boulot
que le gouvernement Sarkozy-Fillon n’a pas eu le temps d’accomplir et en
particulier contre les statuts et les services des enseignants et les rythmes
scolaires. Il est significatif que pour cela il s’appuie sur le rapport Pochard
et sur celui sur les rythmes scolaires tous deux commandités par Sarkozy.

Sur les rythmes scolaires, Peillon a déjà annoncé
la perspective d’une augmentation de 36 jours supplémentaires de classe dans le
1er degré, alors qu’en 2008, Sarkozy avait supprimé 24 samedis (les
autres étant déjà vaqués).

Peillon a aussi évoqué une diminution de 2
semaines des congés d’été et l’instauration d’un zonage qui serait le prélude à
la remise en cause du bac comme diplôme national. Il est consternant que la
direction du Snuipp ait jugé utile de commander un sondage sur les rythmes
scolaires qui a permis à Peillon de justifier ses annonces. Dans ce sondage, il
est révélateur que l’avis des enseignants n’apparaisse pas.

Selon certains, nos collègues qui subissent une
dégradation ininterrompue de leurs conditions de travail seraient attentistes.

Mais ce que nos collègues sont en droit
d’attendre des dirigeants syndicaux, c’est qu’ils s’opposent aux mesures
régressives égrenées chaque jour par Peillon et qu’ils mettent en avant les
revendications des personnels.

Personne ne peut être dupe, la concertation
autour de la« refondation de l’école » n’a qu’un seul objectif : permettre au
gouvernement de pouvoir montrer que toutes les mesures qu’il annonce ou prépare
ont l’aval des représentants syndicaux.

En conséquence, le CDFN la FSU doit décider de
rompre la concertation sur la « refondation » de l’école et appelle les
directions de ses syndicats à prendre la même position.

C’est pourquoi le courant Front unique vous
appelle à voter notre motion n°2 pour la rupture de la concertation sur la
« refondation de l’école »

Rupture de la concertation sur la
« refondation »  de l’école

Le gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel
a ouvert en juillet dernier une concertation pour lancer une « refondation »
de l’école.

Cette concertation se fait sur les bases de
« textes de référence » qui sont des rapports commandés par Sarkozy,
préconisant la liquidation des décrets de 1950, la création d’un statut de
directeur d’école qui soit réellement un supérieur hiérarchique ou encore 
l’allongement de l’année scolaire.

Depuis la rentrée Peillon lui-même a annoncé
la suppression de 15 jours de congés, et l’allongement de 144 à 180 jours la
durée de l’année scolaire en primaire, et même avoué penser à un zonage des
vacances d’été.

Ces mesures représenteraient une augmentation
du temps de travail considérable, une véritable augmentation de
l’exploitation des enseignants ! Le zonage des vacances scolaires quant à
lui représente une offensive contre le baccalauréat comme diplôme national.

En raison des mauvais coups que prépare le
gouvernement, le CDFN de la FSU décide de rompre cette concertation et ses
déclinaisons dans les départements et les académies.

Pour : 10, Contre : 88, Abs : 7, RdV : 14

 

Intervention de Julien
Barathon : abrogation de la loi sur les « emplois d’avenir »

Le gouvernement
Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel, après sa rencontre avec le MEDEF, a engagé une
vaste offensive, et d’ores et déjà a fait adopter son projet de loi « emplois
d’avenir », au nom du chômage des jeunes. Ce seront 150 000 contrats dans la
fonction publique, dont 18 000 emplois d’avenir professeurs dans l’enseignement.

La secrétaire générale, Bernadette
Groison a dit que ce dispositif était insuffisant… en quoi ? Ils ne sont pas
assez nombreux ? Leur statut n’est pas assez précaire ? Elle a ajouté qu’il
fallait l’accepter au titre de mesure d’urgence, et qu’ils devraient être
transformés en emplois durables.

Devraient ? C’est du syndicalisme
fiction ! Par quelle alchimie la précarité peut-elle être transformée en son
contraire ?

En réalité depuis des années le chômage
sert à augmenter la précarité, à faire baisser les salaires !

Qu’on en juge :

Ce sont des CDI de 36 mois, faut-il
commenter ? Voilà un nouveau type de contrat qui ouvre des perspectives aux
patrons !

Ils seront recrutés par les chefs
d’établissement ;

Leur rétribution sera plafonnée à 900
euros, bourses comprises ;

Ils exerceront des activités
pédagogiques, et la troisième année ils seront devant les classes.

Peillon nous dit, la main sur le cœur
qu’ils ne seront pas utilisés comme des bouche-trous… mais chacun peut constater
que les enseignants à statut précaire ne sont pas employés comme des
bouche-trous, cela ne se voit jamais !

Le comble du cynisme c’est de présenter
ce dispositif comme du prérecrutement ! En réalité c’est de la
pré-exploitation ! Il s’agit d’avoir recours sur une échelle élargie à des
étudiants pour les mettre devant des classes, comme c’est le cas actuellement
pour les étudiants de M1 et M2 dans certains départements.

Il s’agit d’une attaque contre la
jeunesse et le statut d’enseignant. Alors non, nous ne pouvons accepter ! La FSU
doit se prononcer pour l’abrogation des emplois d’avenir…

S’il s’agit réellement de lutter contre
le chômage des jeunes, alors il faut revendiquer l’ouverture de postes aux
concours !

S’il s’agit de prérecruter, alors il
faut des dispositifs comparables à ceux qui existaient autrefois, écoles
normales, IPES, qui payaient les études !

S’il s’agit de permettre aux étudiants
d’accéder aux concours facilement, alors il faut revendiquer l’abrogation de la
mastérisation et le retour à un vrai stage.

Pour l’abrogation des emplois d’avenir

Au prétexte de chômage des jeunes, le
gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel, se lance dans le recrutement de
contrats aidés. Dans l’enseignement, 18 000 contrats sont prévus, avec un
dispositif spécifique, les emplois d’avenir professeurs. Ils sont
cyniquement présentés comme un prérecrutement.

De quoi s’agit-il ?

                    
des contrats à durée
indéterminée de 3 ans maximum, de droit privé…

                    
les jeunes seraient recrutés
par les chefs d’établissement ;

                    
leur rémunération, bourses
comprises ne pourraient dépasser 900 euros ;

                    
ils exerceraient, à temps
partiel (par rapport aux 35 heures légales) des activités pédagogiques, et
la troisième année, ils enseigneraient.

Ce dispositif est à la fois une attaque
contre le droit de la jeunesse à obtenir un travail et un salaire décent, et
une attaque contre le statut des enseignants… il vise à remettre en cause le
recrutement par concours.

Dans ces conditions, le CDFN se prononce pour
l’abrogation de la loi sur les emplois d’avenir.

Pour : 11, Contre : 85, Abs : 8, RdV : 15


 

Motion Afrique du Sud   (motion
mise aux voix après que notre camarade en commission se soit vu notifiée
l’interdiction de la présenter)

Depuis le 10 août, les mineurs du village de
Marikana employés par la compagnie britannique Lonmin sont entrés en grève
pour défendre leurs revendications salariales et leur dignité.

Depuis, ils font face à une répression
meurtrière, organisée de concert par Lonmin et le gouvernement sud-africain
de Jacob Zuma :

                   
le 16 août, plusieurs dizaines
d’entre eux ont été massacrés par la police sud-africaine ;

                   
fin août, plusieurs dizaines de
mineurs incarcérés après ce massacre, ainsi que plusieurs mineurs encore
hospitalisés étaient menacés d’inculpation pour « meurtre » – celui de leurs
collègues ! – en vertu d’une jurisprudence datant de l’apartheid ;

                   
seule l’indignation populaire
massive découlant de ces poursuites explique qu’ils aient, depuis, été
relâchés… « provisoirement », selon le chef du parquet ;

                   
le 7 septembre, malgré cette
répression, les mineurs décidaient de rejeter l’ « accord » de reprise du
travail signé par Lonmin et le syndicat minier de la fédération syndicale
COSATU… syndicat qui n’a jamais soutenu leur grève ;

                   
le 15 septembre, à nouveau, des
centaines de policiers sud-africains, dépêchés par le gouvernement,
effectuaient une perquisition violente à Marikana, blessant de nombreux
mineurs et leurs familles (plusieurs femmes ayant été hospitalisés) ;

Et le président sud-africain Zuma ne cache
pas sa volonté de faire intervenir l’armée si nécessaire !

La raison de cet acharnement est qu’à la
suite des mineurs de Marikana, par dizaines de milliers, d’autres
travailleurs des mines de platine et d’or, qui partagent les mêmes
conditions d’exploitation et de misère, sont entrés dans un puissant
mouvement de grève, grève dite « sauvage » par les assassins, grève qui
menace d’ébranler le système de corruption et d’exploitation féroce en
vigueur dans le pays.

Ainsi, 18 ans après la « fin » proclamée de
l’apartheid, la classe ouvrière sud-africaine constate qu’aucune de ses
revendications fondamentales n’a été satisfaite par les gouvernements
vertébrés par l’ANC : pire, ces travailleurs subissent pour fait de grève
une répression sanglante de la part du gouvernement de Zuma, au compte des
intérêts des trusts miniers occidentaux pillant le pays ! C’est pourquoi les
mineurs reprennent le combat.

En conséquence, le CDFN de la FSU prend
position :

·               
Halte à la répression des
mineurs sud-africains !

·               
C’est le droit le plus
élémentaire des mineurs sud-africains que de faire grève !

·               
Soutien aux revendications
des mineurs grévistes

Pour que ces exigences ne restent pas lettre morte, la FSU décide
d’appeler, dans les plus brefs délais, à l’organisation d’une
manifestation à l’ambassade d’Afrique du Sud
. Elle s’adresse aux
dirigeants des organisations syndicales ouvrières (CGT, FO…) et étudiantes
(UNEF), aux partis issus du mouvement ouvrier (PS, PCF, PG…) pour qu’ils
en fassent de même.                            

Pour : 11, Contre : 66, Abs : 16, RdV : 25

 

Version .pdf (prêt à imprimer) – lettre de liaison N°203

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