Lettre de Liaison N°352 – 4 avril 2024
Lettre de Liaison N° 352 – 4 avril 2024 :
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Pour le retrait du « choc des savoirs » - Assez des journées de grève à répétition et des actions locales et diversifiées ! - Assez de renvoyer la responsabilité aux enseignants collège par collège ! Que la direction nationale du SNES et l’Intersyndicale convoquent sans délai une immense manifestation nationale au ministère de l’Éducation, à la mi-mai !
« Depuis l’annonce le 5 décembre du « choc des savoirs » par Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, quatre mois se sont écoulés. Quatre mois durant lesquels le gouvernement a pu mener à bien son calendrier. Preuve en est la publication des textes d’application au Journal Officiel à la mi-mars.
Le 1er février, les enseignants, particulièrement dans les collèges, ont manifesté clairement leur volonté d’obtenir le retrait pur et simple du choc des savoirs. Or, la direction du SNES et celle de la FSU, ne se sont toujours pas prononcées pour le retrait pur et simple du choc des savoirs.
Elles se sont inscrites dans le calendrier gouvernemental, avec AOC puis avec Belloubet, en particulier en participant aux différents Conseils supérieurs de l’Éducation.
Et aujourd’hui, comme pour le PACTE, elles rejettent la responsabilité sur les équipes dans les établissements pour qu’elles n’appliquent pas le « choc des savoirs ».
Elles ont aussi multiplié les journées d’actions locales, parfaitement stériles (6 février, 19 mars, 2 avril).
Les collègues n’ont pas répondu à ces journées. Ils ne répondront pas davantage aux autres comme on a pu le constater hier encore. Et pour cause, ils ont parfaitement conscience de l’inefficacité des journées d’actions, ils les rejettent. Ils savent avec leur expérience des défaites passées qu’ils ne peuvent obtenir la moindre victoire dans le cadre de ces dispositifs éculés.
A l’inverse, les enseignants de Seine-St-Denis ont su montrer la voie en allant manifester là où se prennent les décisions. Les 5 000 manifestants du 93 ne peuvent-ils pas faire 150 000 à l’échelle nationale, devant le ministère, pour contraindre le gouvernement à retirer sa contre-réforme mortifère ?
La direction de la FSU affirme que le plan à l’œuvre « participe à rehausser le rapport de force ». La secrétaire générale du SNES a même indiqué hier à la tribune sa volonté de poursuivre dans la même voie. Cela n’a que trop duré au contraire. Beaucoup trop de temps a été perdu.
Il y a urgence à convoquer dès maintenant une manifestation massive de toute la profession, au ministère, pas dans 2 mois, quand plus rien ne sera possible, pour arracher le retrait du choc des savoirs. C’est ce que propose notre motion. »
Motion Pour le retrait du « choc des savoirs »
Avec la publication des textes d’application du « choc des savoirs », le gouvernement a marqué une avancée majeure contre le droit aux études des collégiens et contre le statut des enseignants. Le CDFN se prononce pour le retrait pur et simple du « choc des savoirs » et l’abrogation de tous ses textes d’application. Ce n’est certainement pas en multipliant les journées de grève, les actions locales et diversifiées qui font porter la responsabilité sur les enseignants, que le retrait du « choc des savoirs » sera imposé. Seule une réponse massive et centrale pourrait venir à bout de la détermination du gouvernement. Le CDFN de la FSU se prononce pour la convocation immédiate d’une manifestation centrale, à Paris, au ministère de l’Éducation Nationale, pour la mi-mai.
(Pour : 5 / Contre : 90 / Abstentions : 4 / Refus de vote : 7)
Au Conseil national de la FSU des 2 et 3 avril 2024
Les représentants du courant Front Unique sont intervenus
– Pour que la FSU se prononce enfin pour le retrait du « choc des savoirs »
– Contre le plan de bouzille de la direction du Snes (journées de grève à répétitions, actions locales et « diversifiées », et responsabilité renvoyée aux enseignants)
– Pour la convocation immédiate d’une manifestation nationale au ministère pour imposer le retrait du « choc des savoirs »
– en défense du peuple palestinien soumis à une entreprise génocidaire
– pour la préservation des libertés académiques dans l’enseignement supérieur
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Intervention le 2 avril, dans le débat général
Les textes d’application du choc des savoirs ont été publiés à la veille du congrès national du Snes.
Contre le choc gouvernemental, un contre-choc de la profession était indispensable.
Mais l’appel du congrès national du Snes, au lieu de proposer l’affrontement centralisé contre le gouvernement, a dressé toute une panoplie d’actions diversifiées, décentralisées, établissement par établissement. Et à nouveau, comme pour le Pacte, la responsabilité est renvoyée aux équipes de chaque collège. Pourtant le 7 mars, les enseignants de Seine-St-Denis avaient montré la voie en se rendant à 5 000 manifestants au ministère.
Une intersyndicale du 2nd degré appelle à une nouvelle journée de grève, aujourd’hui, ce 2 avril. La grève du 1er février avait établi un véritable rejet du gouvernement et de sa ministre Oudéa-Castéra.
Au contraire les suivantes, de moins en moins suivies, n’ont fait que conforter le gouvernement. On constate que dans l’appel du congrès, le retrait des textes du choc des savoirs n’est même pas exigé. Pourtant celui-ci est une véritable bombe à fragmentation qui permet au gouvernement de s’en prendre au statut des PE et à celui des enseignants de collège.
Une chose est certaine : toute la stratégie de pseudo combats, combinée à la participation aux instances de concertation a toujours conduit aux défaites.
Alors, assez des journées de grève à répétition rejetées par les collègues.
Assez des concertations, du dialogue social et de tous les autres stratagèmes qui permettent au gouvernement d’aller toujours plus loin contre les personnels.
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La situation du capitalisme français et le financement sans limite de l’industrie d’armement, amènent le gouvernement à engager un plan drastique d’économies.
Ses cibles : les malades, les chômeurs, les jeunes, les fonctionnaires et les retraités.
Pour la santé, après l’augmentation du reste à charge, sont préparées de nouvelles attaques (affections longue durée et jours de carence).
Le gouvernement veut imposer une 3ème réforme de l’assurance chômage pour imposer une réduction massive de la durée d’indemnisation.
Il veut en finir avec l’indexation des pensions sur l’inflation. Et il veut maintenir le blocage du point d’indice en 2024 et 2025.
Pour s’en prendre aux chômeurs et aux fonctionnaires, Attal, Vautrin et Guerini veulent demander aux représentants syndicaux de s’impliquer dans leurs projets.
Notre fédération doit clairement indiquer qu’elle n’apportera aucun concours au gouvernement, et en particulier, qu’elle refusera toute concertation sur le projet de loi Guerini contre les fonctionnaires. Et qu’elle en exigera le retrait pur et simple.
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La poursuite et l’amplification de la politique criminelle d’Israël à Gaza et en Cisjordanie confirment les termes de notre motion présentée au Cdfn de janvier. Les voici :
« La FSU condamne l’entreprise génocidaire que l’État d’Israël mène contre le peuple palestinien à Gaza, et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et dans toute la Palestine.
Elle se prononce :
– Inconditionnellement du côté du peuple palestinien, peuple opprimé.
– Contre l’État d’Israël, État raciste, colonial et meurtrier.
– Contre ses principaux soutiens : Biden, Sunak et Macron.
Elle considère que, pour venir en aide au peuple palestinien, il est de la responsabilité du mouvement ouvrier d’organiser le boycott effectif de l’État d’Israël. »
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Au prétexte d’une prétendue lutte contre l’antisémitisme, le gouvernement Macron-Attal veut réduire au silence tous ceux qui dénoncent l’État criminel d’Israël. Les procès se multiplient pour « apologie du terrorisme ».
Jeudi dernier, un an de prison a été requis contre le secrétaire de l’UD CGT du Nord.
Depuis la lettre-circulaire de Retailleau du 9 octobre, le gouvernement a instauré une véritable police de la pensée dans l’enseignement supérieur.
A Science Po Paris, le gouvernement s’est appuyé sur les bobards de l’organisation sioniste UEJF, pour tenter de mettre au pas le monde universitaire et les étudiants actifs dans le soutien aux Palestiniens. Il piétine les libertés académiques, s’ingère dans le fonctionnement des établissements supérieurs et veut faire dépendre leur financement de leur soumission aux desiderata gouvernementaux.
C’est ce qu’il prépare dans son acte II du plan d’autonomie.
Le refus de la direction de notre fédération d’exiger le retrait de la lettre de Retailleau a permis au gouvernement de marquer des points et plusieurs présidents d’université ont répondu à ses attentes.
C’est la responsabilité de notre fédération de mettre enfin ce retrait au centre du combat pour la préservation des libertés académiques et pour le maintien du droit d’expression des étudiants dans les établissements de l’enseignement supérieur.
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Toutes les motions Front Unique et leur présentation (3 avril 2024)
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Présentation de la motion Pour le retrait du « choc des savoirs »
Depuis l’annonce le 5 décembre du « choc des savoirs » par Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, quatre mois se sont écoulés.
Quatre mois durant lesquels le gouvernement a pu mener à bien son calendrier.
Preuve en est la publication des textes d’application au Journal Officiel à la mi-mars.
Le 1er février, les enseignants, particulièrement dans les collèges, ont manifesté clairement leur volonté d’obtenir le retrait pur et simple du choc des savoirs.
Or, la direction du SNES et celle de la FSU, ne se sont toujours pas prononcées pour le retrait pur et simple du choc des savoirs, même si le secrétaire général de la FSU vient de l’évoquer.
Elles se sont inscrites dans le calendrier gouvernemental, avec AOC puis avec Belloubet, en particulier en participant aux différents CSE.
Et aujourd’hui, comme pour le PACTE, elles rejettent la responsabilité sur les équipes dans les établissements pour qu’elles n’appliquent pas le « choc des savoirs ».
Elles ont aussi multiplié les journées d’actions locales, parfaitement stériles (6 février, 19 mars, 2 avril).
Les collègues n’ont pas répondu à ces journées. Ils ne répondront pas davantage aux autres comme on a pu le constater hier encore.
Et pour cause, ils ont parfaitement conscience de l’inefficacité des journées d’actions, ils les rejettent. Ils savent avec leur expérience des défaites passées qu’ils ne peuvent obtenir la moindre victoire dans le cadre de ces dispositifs éculés.
A l’inverse, les enseignants de Seine-St-Denis ont su montrer la voie en allant manifester là où se prennent les décisions. Les 5 000 manifestants du 93 ne peuvent-ils pas faire 150 000 à l’échelle nationale, devant le ministère, pour contraindre le gouvernement à retirer sa contre-réforme mortifère ?
La direction de la FSU affirme que le plan à l’œuvre « participe à rehausser le rapport de force ». La secrétaire générale du SNES a même indiqué hier à la tribune sa volonté de poursuivre dans la même voie.
Cela n’a que trop duré au contraire. Beaucoup trop de temps a été perdu.
Il y a urgence à convoquer dès maintenant une manifestation massive de toute la profession, au ministère, pas dans 2 mois, quand plus rien ne sera possible, pour arracher le retrait du choc des savoirs.
C’est la responsabilité de notre CDFN que de se prononcer dans ce sens.
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Motion Pour le retrait du « choc des savoirs »
Avec la publication des textes d’application du « choc des savoirs », le gouvernement a marqué une avancée majeure contre le droit aux études des collégiens et contre le statut des enseignants.
Le CDFN se prononce pour le retrait pur et simple du « choc des savoirs » et l’abrogation de tous ses textes d’application.
Ce n’est certainement pas en multipliant les journées de grève, les actions locales et diversifiées qui font porter la responsabilité sur les enseignants, que le retrait du « choc des savoirs » sera imposé.
Seule une réponse massive et centrale pourrait venir à bout de la détermination du gouvernement.
Le CDFN de la FSU se prononce pour la convocation immédiate d’une manifestation centrale, à Paris, au ministère de l’Education Nationale, pour la mi-mai.
(Pour : 5 / Contre : 90 / Abstentions : 4 / Refus de vote : 7)
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Présentation de la motion Pour le boycott des concertations Guerini
Les 10 milliards d’économie décrétés sur le budget 2024 ne sont qu’une première étape. Pour 2025, ce sont 20 milliards d’euros d’économies à répartir entre l’État et la Sécurité sociale.
« Est-ce que nous pouvons encore nous permettre de rembourser l’intégralité des transports médicaux pour 5,7 milliards d’euros par an ? Est-ce qu’on peut encore se permettre le nombre de jours d’absence soit de 17 par an dans les personnels des collectivités locales, 12 dans le privé et dix dans les services de l’État ? »
Pour le ministre des comptes publics, à toutes ces questions qu’il pose, la réponse est : non !
En revanche, les budgets de la sécurité et la défense qui ont connu une énorme progression, eux, sont sanctuarisés !
Pour le gouvernement, c’est une nécessité d’achever la casse de la fonction publique, de remettre en cause les grilles de carrière, les statuts et le point d’indice.
C’est pour conduire cette entreprise que Guerini a été maintenu à son poste. En effet, il n’a jamais caché sa feuille de route fixée par Macron : généraliser le « mérite » au niveau des primes individuelles et collectives, comme des promotions, et recruter hors statut via les contractuels et la voie d’apprentissage.
Les discussions du 14 mars ont porté sur la méthode de négociation annuelle et obligatoire des salaires (NAO) et sur la structure des grilles indiciaires et des déroulements de carrière. Par contre, rien sur l’augmentation du point d’indice.
Avec ces NAO, calquées sur le privé, la volonté est clairement de remettre en cause le point d’indice et les grilles de carrières.
Guerini espère bien, par les concertations sur ses projets, obtenir la caution des représentants syndicaux.
La FSU doit refuser ces concertations qui ne peuvent qu’aboutir à un projet de loi destructeur, projet en préparation dont la FSU exigera le retrait pur et simple.
La FSU doit exiger l’augmentation immédiate du point d’indice de 10 % et son indexation sur l’inflation.
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Motion Pour le boycott des concertations Guerini
Le Gouvernement Macron-Attal-Guerini lance de nouvelles offensives contre les fonctionnaires.
Avec les négociations annuelles obligatoires (NAO), calquées sur le privé, la volonté est de remettre en cause l’augmentation du point d’indice et de s’en prendre aux grilles de carrières.
Avec son projet de loi, Guerini veut généraliser le « mérite » au niveau des primes et des promotions ainsi que le recrutement hors statut.
Guerini espère associer les représentants syndicaux à l’adoption de ses projets par le biais de la concertation.
Le CDFN refusera les concertations sur les projets du gouvernement et en exigera le retrait.
Le CDFN exige l’augmentation immédiate du point d’indice de 10 % et son indexation sur l’inflation.
(Pour : 10 / Contre : 75 / Abstentions : 15 / Refus de vote : 6)
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Présentation des motions Préservation des libertés académiques et Palestine
Lors du CDFN de janvier 2024, notre courant dénonçait l’entreprise génocidaire que l’État d’Israël menait contre le peuple palestinien à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et dans toute la Palestine. Aujourd’hui, 3 avril, la situation empire encore.
Du 18 mars au 1er avril les forces israéliennes ont assiégé l’hôpital Al-Shifa. Après le retrait des troupes le constat est glaçant : « Tout a été détruit ou brûlé. L’hôpital a été transformé en cimetière. Il faut tout simplement en construire un nouveau » dit un résident qui poursuit en précisant : « quelque 300 corps ont été retrouvés, dans l’établissement et aux alentours.
Ce même jour, l’ONG américaine World Central Kitchen a annoncé que sept de ses travailleurs humanitaires ont été tués par une frappe de l’armée israélienne.
Notre fédération doit clairement condamner l’État d’Israël et son entreprise génocidaire. C’est pour ces raisons que nous soumettons à nouveau au vote notre motion de janvier.
Cette tragédie a aussi des conséquences en France.
Le gouvernement multiplie les poursuites pour « apologie du terrorisme » ou pour « antisémitisme ».
Il s’agit pour lui de tenter de bâillonner ceux qui dénoncent l’État d’Israël et son entreprise génocidaire.
Le gouvernement cible en particulier les établissements de l’enseignement supérieur. C’est ce qui s’est passé à Sciences PO Paris avec la mobilisation de tout l’appareil d’état.
Pour assurer sa politique de mise au pas, le gouvernement s’appuie sur la lettre-circulaire de Retailleau du 9 octobre 2023 qui vise à imposer une véritable police de la pensée.
Et c’est de la responsabilité particulière de notre fédération de préserver les libertés académiques à l’Université.
C’est le sens de la motion que nous présentons.
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Motion Pour la préservation des libertés académiques à l’Université
Depuis la lettre circulaire de Retailleau du 9 octobre 2023 qui vise à interdire, dans l’enseignement supérieur, toute manifestation de soutien au peuple palestinien ainsi que toute critique de la politique de l’État d’Israël, le gouvernement veut imposer une véritable police de la pensée.
Pour preuve, à Science Po Paris, sa volonté de mettre au pas le monde universitaire et les étudiants actifs dans le soutien aux Palestiniens.
Notre fédération défend la liberté d’expression et la liberté de s’organiser et de manifester.
Aussi, le CDFN de la FSU se prononce :
– pour la levée des poursuites contre les défenseurs de la cause palestinienne et en particulier ceux de Science Po Paris ;
– pour l’arrêt de toutes les intimidations, diffamations et restrictions de la parole scientifique ;
– pour le retrait immédiat de la circulaire Retailleau ;
– pour la préservation des libertés académiques et le maintien du droit d’expression des étudiants.
(Pour : 7 / Contre : 63 / Abstentions : 12 / Refus de vote : 24)
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Motion Palestine (déjà présentée le 24 janvier)
La FSU condamne l’entreprise génocidaire que l’État d’Israël mène contre le peuple palestinien à Gaza, et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et dans toute la Palestine.
Elle se prononce :
– Inconditionnellement du côté du peuple palestinien, peuple opprimé.
– Contre l’État d’Israël, État raciste, colonial et meurtrier.
– Contre ses principaux soutiens : Biden, Sunak et Macron.
Elle considère que, pour venir en aide au peuple palestinien, il est de la responsabilité du mouvement ouvrier d’organiser le boycott effectif de l’État d’Israël.
(Pour : 7 / Contre : 63 / Abstentions : 11 / Refus de vote : 22 )
