Lettre de liaison N°341 – 3 juillet 2023

Lettre de Liaison N°341 – 3 juillet 2023

Lettre de Liaison N° 341 – 3 juillet 2023 :

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Après le meurtre de Nahel, les organisations ouvrières ont le devoir de tout faire pour que justice lui soit rendue. Pour commencer, qu'elles organisent un meeting unitaire de masse à Nanterre sur les mots d'ordre: Justice pour Nahel ! Contre l'état policier ! Abrogation de la loi Cazeneuve !

Le 27 juin, Nahel, adolescent de Nanterre, a été assassiné par un policier – qui avait annoncé qu’il allait le tuer, et exhorté par un autre policier – au motif apparent qu’il roulait sans permis, mais au fond parce que Nahel était un adolescent d’origine immigrée.

Seules les vidéos mettant en évidence le faux témoignage des agents ont permis que pour une fois, le tireur soit mis en examen.

Ce dernier entendait, pour rester impuni, invoquer les dispositions en vigueur depuis l’adoption de la loi Cazeneuve de 2017, loi qui institue notamment un véritable « droit de tuer » sous prétexte de « délit de fuite » ou de « refus d’obtempérer » potentiellement dangereux. Depuis 2017, le nombre de tirs effectués par des policiers selon des mises en scène similaires progresse de façon géométrique. Les victimes sont presque toujours issues de l’immigration.

Il est de la responsabilité de la FSU d’exiger l’abrogation de cette loi.

L’assassinat de Nahel a servi très vite de tremplin à un nouveau durcissement de l’État policier : 45 000 policiers et gendarmes, y compris le RAID, le GIGN, la BRI mobilisés la nuit, des blindés, des hélicoptères survolant les quartiers populaires. Macron envisage « sans tabou » l’instauration de l’état d’urgence ; le ministre de la Justice menace les parents…

Et les organisations de policiers entendent pousser l’avantage, banaliser le meurtre de Nahel : un communiqué d’Alliance et de l’UNSA Police, organisations majoritaires, daté du 30 juin, appelle ainsi, entre autres, au « combat » contre les « nuisibles », à « mettre les interpellés hors d’état de nuire » par « tous les moyens », car, disent-ils, « nous sommes en guerre ».

Macron et son gouvernement se délectent des émeutes dont ils sont les premiers responsables, et qui nourrissent le désarroi au sein de la population laborieuse, pourtant révoltée par le meurtre de Nahel.

Ces émeutes se développent d’autant plus que le gouvernement poursuit ses attaques contre la liberté de manifester des travailleurs et de la jeunesse : c’est la police qui a sciemment attaqué la « marche blanche » du 29 juin à Nanterre, interdisant à la mère du jeune homme et aux organisateurs de prendre la parole ; et depuis, les interdictions de manifester s’enchaînent, comme à Angers où les jeunes manifestants ont été livrés en pâture à une agression armée de militants dits d’« extrême-droite ».

Il est de la responsabilité des organisations issues du mouvement ouvrier, dont la FSU, d’assurer la protection des manifestations et de garantir la liberté de manifester.

C’est le devoir des Confédérations ouvrières CGT et FO, ainsi que de la FSU et de toutes les organisations se réclamant de la classe ouvrière, de faire tout ce qu’il est possible pour que justice soit rendue à Nahel.

Pour commencer, elle doit organiser un meeting unitaire de masse à Nanterre : pour que justice soit rendue à Nahel ! Contre l’État policier ! Pour l’abrogation de la loi Cazeneuve !

Une telle initiative permettrait de créer un pont entre la population des quartiers populaires et l’ensemble des travailleurs. Elle permettrait de dégager une perspective pour la population laborieuse et pour la jeunesse qui reconnaît en Nahel un des siens, victime du racisme d’État et de sa police. 

Motion adoptée à l’unanimité des enseignants présents le 20 juin 2023 en réunion d’information syndicale au collège Françoise Giroud de Vendres (Hérault)

Les enseignants du Collège Françoise Giroud de Vendres, ayant pris connaissance du projet de « pacte » :

Constatent :

Que sous couvert d’une prétendue revalorisation, il s’agit :

– de faire porter aux enseignants en poste les remplacements dits de courte durée,

– d’une attaque contre le statut, par une relation contractuelle avec le chef d’établissement, avec la possibilité de pression de la hiérarchie sur les collègues,

– d’une nouvelle part d’annualisation du temps de service, contre la définition de notre temps de travail, et de nos salaires (grille indiciaire).

Que des pans entiers des réformes du gouvernement Macron-Borne passent par le « pacte » (soutien en 6ème, découverte des métiers, attaque contre les LP).

Pour toutes ces raisons nous nous prononçons pour le retrait du « pacte », et revendiquons

– une augmentation du point d’indice pour tous d’un niveau suffisant pour rattraper les pertes du pouvoir d’achat

– l’indexation du point d’indice sur l’inflation.

Nous nous adressons aux directions des organisations syndicales de l’Éducation Nationale pour qu’elles reprennent nos revendications.

Les conséquences de la mise en place du pacte sont les prémisses d’une remise en cause plus globale des statuts que le gouvernement entend réformer à travers ce qu’il appelle le chantier « accès, carrières, rémunérations ».

Les fédérations de fonctionnaires doivent refuser de s’engager dans un tel « chantier ».

Motion adoptée par les personnels du Lycée Virlogeux de Riom (63),

réunis en heure mensuelle d’information syndicale le 8 juin 2023

Les enseignants réunis au lycée Virlogeux de Riom en HMI, le 8 juin ayant pris connaissance du projet de « pacte » :

Constatent :

Qu’il s’agit, sous couvert d’une prétendue revalorisation et de faire porter aux enseignants en poste les remplacements dits de courte durée, d’une attaque contre le statut, par une relation contractuelle avec le chef d’établissement, avec la possibilité de pression de la hiérarchie sur les collègues, et d’une nouvelle part d’annualisation du temps de service, contre la définition de notre temps de travail, et de nos salaires (grille indiciaire).

Que des pans entiers des réformes du gouvernement Macron-Borne passe par le « pacte » (soutien en 6ème, découverte des métiers, attaque contre les LP).

Pour toutes ces raisons nous nous prononçons pour le retrait du « pacte », et nous adressons aux directions syndicales de l’enseignement, (fédérations et syndicats) pour qu’elles reprennent cette exigence. Dans l’immédiat, un CSA est prévu le 13 juin, après celui que les organisations ont quitté : exiger le retrait du « pacte » est totalement incompatible avec le fait d’y participer, il faut donc refuser de s’y rendre.

La responsabilité des organisations syndicales est de défendre des intérêts collectifs et non pas de lancer un appel à un acte individuel.

(Motion adoptée à l’unanimité des 10 présents)

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Motion adoptée par les personnels du Lycée Jean-Baptiste Dumas d’Alès (30),

réunis en heure mensuelle d’information syndicale le 25 mai 2023

Les personnels du lycée J-B D. réunis en HMI le 25 mai 2023 considèrent que les mesures gouvernementales prétendument de revalorisation des salaires enseignants sont en réalité un pas important vers la liquidation de nos statuts en introduisant une contractualisation individuelle d’une part des services contre un alourdissement des charges de travail.

Aucune augmentation de salaire n’est prévue puisque toutes les mesures sont indemnitaires (et donc ne comptent pas pour les retraites) :

Le « socle » inconditionnel conduirait à une augmentation moyenne de 5 % du revenu des personnels loin du rattrapage de perte de pouvoir d’achat et en dessous du taux d’inflation.

Le « pacte » n’est pas une « revalorisation » puisqu’il est conditionné à un contrat engageant à des missions supplémentaires.

Les personnels réunis se prononcent pour le retrait du « pacte » et revendiquent

– une augmentation du point d’indice pour tous d’un niveau suffisant pour rattraper les pertes du pouvoir d’achat

– l’indexation du point d’indice sur l’inflation.

Cette motion sera transmise aux directions de organisations syndicales pour qu’elles reprennent ces revendications.

Pour nous aucune discussion ne peut avoir lieu avec le gouvernement sur ces bases en particulier celles en cours avec Guérini, ministre de la fonction publique.

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