Lettre de liaison N°340 – 24 mai 2023

Lettre de Liaison N°340 – 24 mai 2023

Lettre de Liaison N° 340 – 24 mai 2023 :

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Intervention du courant Front Unique au Conseil national de la FSU (23/05/2023)

Le 14 avril, Macron a promulgué sa loi contre les retraites quelques instants après sa validation par le conseil constitutionnel. Pour les travailleurs qui ont manifesté pendant 3 mois par centaines de milliers, c’est une dure défaite. Dès le 1er septembre, la contre-réforme imposera ses premiers terribles effets.

Avec la fermeture des régimes spéciaux, le gouvernement sort vainqueur d’une confrontation qui a débuté en 1995 face aux corporations les plus combatives du prolétariat comme les cheminots, la RATP.

Fort de cette victoire, Macron est reparti à l’offensive pour continuer à laminer nos acquis sociaux.

Alors il faut tirer les leçons de cette défaite, faire le bilan de la stratégie de l’intersyndicale. Pour défaire le gouvernement, il fallait aller là où cela se décide. C’est pourquoi dès le début, Front Unique a expliqué que la responsabilité des organisations syndicales était d’organiser la manifestation centrale devant l’Assemblée Nationale pour empêcher le vote de la loi.

L’intersyndicale s’y est constamment opposée en proposant une succession de journées d’action, de grèves reconductibles, de blocages, un scénario qui a toujours conduit à la défaite comme en 2003, 2010 et 2019. Elle a tourné le dos à l’affrontement réel avec le gouvernement.

Ainsi, le 16 février, alors que l’Assemblée nationale était en pleine discussion sur cette réforme, les dirigeants syndicaux sont allés manifester … à Albi, à 700 km du Palais Bourbon. Après le coup de force du 49 ter, ils ont refusé d’appeler à toute « GROSSE manifestation à Paris » le lundi 20 mars, comme l’a expliqué le secrétaire général de la FSU dans un mail au CDFN. Or c’était le jour où par le jeu des motions de censure, la loi devait être définitivement adoptée.

L’intersyndicale a laissé la rue à un déploiement inédit de la police pour protéger les centres du pouvoir. Elle s’est tue face à la répression des manifestants, comme elle s’est tue face au déchaînement de la violence policière à Sainte-Soline, le 25 mars.

Les directions syndicales nient cette défaite et appellent à de nouvelles actions comme le 6 juin. Mais en même temps, elles confortent la 1ère ministre Borne en acceptant son invitation des 16 et 17 mai.

Pour le gouvernement Macron-Borne, ce qui est à l’ordre du jour, c’est d’obtenir des directions syndicales une caution à la mise en œuvre de sa politique ultra-réactionnaire contre les travailleurs et la jeunesse ; à commencer par la promulgation des 31 décrets de sa loi retraites pour qu’elle s’applique au plus vite.

Ce gouvernement déploie une politique de plus en plus raciste, xénophobe et répressive : l’opération « Wuambushu » à Mayotte, le recensement du taux « d’absentéisme » le jour de l’Aïd et de plus en plus de collègues sont en butte à la répression syndicale.

Il mène une attaque en règle contre l’enseignement professionnel pour livrer les jeunes des milieux populaires à l’exploitation dès leur plus jeune âge. 80 filières seront fermées dès la rentrée et les professeurs concernés doivent se trouver un point de chute.

Comme l’ensemble des travailleurs, les fonctionnaires connaissent une énorme perte de pouvoir d’achat. L’indexation du point d’indice sur l’inflation est une revendication évidente et d’une actualité brûlante.

Mais les discussions avec le ministre de la fonction publique ont un tout autre objectif : « valoriser le mérite », recruter localement les agents publics, par la voie de l’apprentissage, la validation des acquis. Bref en finir avec le statut de fonctionnaire. La déclinaison du plan Guérini dans l’enseignement c’est le « pacte », qui met en concurrence les personnels. Travailler plus pour ne pas voir son niveau de vie s’effondrer.

Le gouvernement veut aussi lancer une concertation avec les syndicats pour imposer le SNU (Service national universel) en classe de seconde et de Première CAP, à travers des projets d’établissements et intégrés dans les nouvelles missions du « pacte enseignant ».

Tirer le bilan des retraites signifie qu’il n’est pas possible de pactiser avec ce gouvernement.

Cela signifie pour la FSU et ses syndicats :

– exiger l’abrogation de la loi retraites,

– et donc refuser toute concertation sur ses décrets d’application,

– refuser de participer à la concertation Guérini sur la liquidation du statut des fonctionnaires,

– exiger le retrait pur et simple de la réforme liquidation des LP,

– exiger le retrait pur et simple du « pacte » enseignant et bien sûr également celui du SNU.

Motions présentées par le courant Front Unique au Conseil national de la FSU le 24 mai 2023

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Présentation de la motion pour l’abrogation de la loi retraites

Maintenant que la loi Macron-Borne contre les retraites est promulguée, le gouvernement s’attelle à l’écriture des 31 décrets d’application pour permettre son entrée en vigueur au 1er septembre.

Dès la promulgation de la loi, Borne a fait savoir aux représentants syndicaux qu’elle était prête à discuter de leur contenu.

Les décrets concernant les carrières longues, le report de l’âge légal et les dérogations sont actuellement soumis pour avis à la Caisse Nationale de l’Assurance Vieillesse où les représentants des syndicats ouvriers constituent encore le tiers des membres du CA.

Or les représentants des salariés à la CNAV sont là pour défendre les travailleurs et leurs acquis sociaux, non pour contribuer à mettre en application la politique de destruction de ces acquis par le gouvernement.

Par ailleurs, à la CA du SNCS, nous avons appris que serait discuté à un prochain Comité technique paritaire le recul de l’âge limite de départ de 67 à 70 ans dans la fonction publique.

Dans son rapport introductif hier matin, Benoît Teste a insisté sur la nécessité de ne pas donner à penser que l’intersyndicale passait à autre chose et qu’elle revendiquait toujours le retrait de la réforme des retraites.

Si les mots ont un sens, alors la FSU doit se prononcer pour l’abrogation de la loi Macron-Borne contre les retraites, refuser de participer à toute discussion sur ses décrets d’application. Elle doit œuvrer pour le front uni des syndicats sur cette orientation. C’est le sens de la motion Front Unique.

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Motion pour l’abrogation de la loi sur les retraites

Contre la participation à ses décrets d’application

Le CDFN de la FSU, réuni les 23 et 24 mai 2023 se prononce :

– pour l’abrogation de la loi de réforme des retraites,

– contre la participation à toutes discussions sur les décrets d’application de cette loi.

Elle appelle les autres fédérations et confédérations syndicales à faire de même.

(Pour : 7 / Contre : 56 / Abstention : 0 / Refus de vote : 33)

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Présentation de la motion « Retrait de la contre-réforme des lycées professionnels »

La réforme des lycées professionnels signe la destruction de l’enseignement public professionnel. Elle met la jeunesse au service des entreprises et s’attaque frontalement au statut des enseignants.

Une attaque en règle contre les élèves avec :

  • la destruction du droit à une qualification reconnue nationalement par les conventions collectives. Les diplômes seront liés au bassin d’emploi local et les cartes des formations seront établies sous le contrôle du patronat local. L’annonce de la suppression de 80 filières est déjà actée, essentiellement dans le secteur tertiaire, livrant de fait les jeunes, majoritairement des filles, à l’apprentissage.

  • La généralisation d’une main d’œuvre corvéable à merci et gratuite pour les entreprises, avec allongement de l’apprentissage et des stages, pendant la formation et même après : doublement de la période de stage des terminales de bac pro qui ne poursuivent pas leurs études, prolongation de l’apprentissage et des stages sous-payés au-delà du bac (FCIL, mentions complémentaires, dispositifs ambition emploi…) sous prétexte d’employabilité.

Une externalisation de l’accompagnement des élèves en signe de décrochage vers des structures d’insertion professionnelle privées. 

Une attaque frontale contre le métier et le statut d’enseignant avec :

  • La transformation du métier d’enseignant qui au travers des nouvelles missions, toutes au service de l’entreprise, bascule vers celui d’agent de France Travail,

  • la multiplication des intervenants issus du monde de l’entreprise (mentors d’entreprise, conseillers pôle emploi, bureau des entreprises, professeurs associés)

  • et le « pacte », véritable arme de guerre contre les statuts : en contrepartie de primes, il vise à inciter les enseignants à accepter en bloc ces nouvelles missions et l’annualisation du temps de travail.

Exiger le retrait de cette réforme et du « pacte » est le seul mot d’ordre qui puisse unifier le combat des personnels. Renvoyer la responsabilité sur chaque enseignant de contrecarrer cette réforme par la non signature du « pacte » est la négation du combat collectif.

C’est au contraire au syndicat d’exiger le retrait de la réforme pour contrecarrer de fait le « pacte » !

En conséquence, le CDFN de la FSU réuni le 23 et 24 mai 2023 exige le retrait pur et simple de cette réforme, s’engage à ne participer à aucune concertation avec le ministre à son sujet et à boycotter toute instance, qu’elle soit nationale et régionale, dont l’objet vise à entériner sa mise en œuvre, notamment les suppressions de filières et de lycées. C’est la seule base qui permettrait d’engager un véritable combat unitaire pour faire reculer le gouvernement.

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Motion pour le retrait de la contre-réforme des lycées professionnels

La réforme des lycées professionnels signe la destruction de l’enseignement public professionnel

Le CDFN de la FSU réuni le 23 et 24 mai 2023 exige le retrait pur et simple de ce projet de réforme.

Il décide que la FSU ne participera à aucune concertation avec le ministre à son sujet et boycottera les instances nationales et régionales chargées d’entériner sa mise en œuvre, notamment les suppressions de filières et de lycées.

Le CDFN de la FSU mandate le secrétariat pour impulser, avec les syndicats de la FSU, un front uni des organisations pour imposer ce retrait.

(Pour : 7 / Contre : 58 / Abstention : 0 / Refus de vote : 31)

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Présentation de la motion pour le retrait du « « pacte » enseignant »

Après sa victoire sur le dossier brûlant des retraites, le gouvernement Macron-Borne poursuit ses attaques contre la jeunesse et les travailleurs.

Je m’arrêterai en particulier sur le « pacte », véritable machine de guerre contre nos statuts.

Le café pédagogique d’hier publie une interview de la secrétaire générale du SNES qui détaille fort justement la signification du « pacte » comme attaque majeure contre les statuts enseignants. Le titre choisi « Le pacte signe l’arrêt de mort du statut des professeurs » résume bien l’objectif visé par le gouvernement.

En premier lieu, avec le « pacte » le gouvernement veut soumettre une éventuelle hausse de rémunération à de nouvelles tâches à accomplir. Ces tâches sont définies annuellement, un moyen d’avancer vers l’annualisation du temps de service.

Ensuite, le « pacte » place de fait les enseignants du second degré sous la coupe des chefs d’établissements qui distribueront les missions. Quant aux enseignants du premier degré ils seront placés sous la coupe des IEN et des directrices et directeurs qui devront identifier les besoins au sein des écoles et distribuer les moyens alloués. Le directeur, pair parmi les pairs, serait placé dans la position d’un supérieur hiérarchique telle que le prévoit la loi Rilhac. C’est la mise en place du New Management Public.

Le « pacte » permettra à terme de réduire la part de rémunération liée à la grille indiciaire au profit des primes et indemnités afin de récompenser l’engagement et les performances des agents. Le but poursuivi est de détacher chaque enseignant de son statut et des droits collectifs qui s’y rattachent, de le placer progressivement dans une situation individuelle et contractuelle vis-à-vis de sa hiérarchie. Ce serait la voie ouverte à la division des enseignants. Les antagonismes individuels se substitueraient aux intérêts et aux solidarités collectifs concrétisés par les statuts.

Appeler les enseignants individuellement à ne pas signer le « pacte » est la négation du syndicat en tant qu’outil collectif de résistance et de combat.

La première responsabilité de notre fédération et de nos syndicats est d’exiger le retrait pur et simple du « pacte », machine de guerre contre les statuts enseignants.

Notre fédération et ses syndicats doivent impulser le front uni des organisations syndicales de l’enseignement pour imposer ce retrait. C’est le sens de la motion que nous présentons.

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Motion en défense des statuts enseignants, imposer le retrait du « pacte »

Considérant que le « pacte » signe l’arrêt de mort du statut des professeurs dans le primaire, le secondaire et l’enseignement professionnel, le CDFN de la FSU réuni les 23 et 24 mai 2023 exige le retrait pur et simple du « pacte » enseignant.

Le CDFN de la FSU mandate le secrétariat pour impulser, avec les syndicats de la FSU, un front uni des organisations pour imposer ce retrait.

(Pour : 4 / Contre : 63 / Abstention : 0 / Refus de vote : 29)

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Présentation de la motion contre la répression en Iran

La mort de Mahsa Amini en septembre sous les coups de la police de Téhéran a provoqué un immense soulèvement de la jeunesse et de minorités opprimées.

La répression a été féroce : des centaines de morts, des milliers d’arrestations et des exécutions barbares ont entraîné un reflux des manifestations.

Mais la dégradation de la situation économique a déclenché, fin avril, une flambée de grèves dans le secteur du pétrole, de la métallurgie ou encore des transports, accentuant également les tensions dans les universités et les lycées.

L’État iranien accentue sa répression : 3 nouvelles exécutions de manifestants, 4 000 grévistes du pétrole licenciés, de nouvelles arrestations de dirigeants syndicaux, les persécutions qui continuent de frapper les femmes qui dérogent au code vestimentaire…

Malgré la férocité du régime des mollahs, la classe ouvrière et la jeunesse ne se résignent pas. A la veille de leur exécution les 3 jeunes condamnés ont lancé un appel et dans la soirée du 17 mai des centaines de personnes se sont rassemblées devant la prison où ils étaient emprisonnés et ont affronté les groupes armés bassidji. 

Les masses iraniennes cherchent à s’organiser, en particulier au niveau syndical, avec des mots d’ordres mettant en cause le pouvoir.

La presse française est très discrète sur ce qui se joue en Iran. Forcément ! Mieux vaut cacher un mouvement qui remet en cause les privatisations, l’exploitation capitaliste, qui revendique l’échelle mobile des salaires ou le contrôle ouvrier sur la production !

De notre côté, en tant qu’organisation syndicale, on ne peut se satisfaire d’une simple condamnation comme le fait le message du Collectif syndical français du 1er mai ou d’une pétition qui ne fait pas l’objet d’une vraie campagne de masse auprès de la classe ouvrière française.

La solidarité internationale de tous les travailleurs exige que tout soit mis en œuvre pour briser le mur du silence derrière lequel se trouvent les travailleurs et la jeunesse d’Iran, et matérialiser par des actes cette solidarité.

C’est pourquoi le courant Front Unique propose que le CDFN se prononce pour que la FSU contacte l’ensemble des organisations syndicales afin d’organiser, dans les plus brefs délais un rassemblement devant l’ambassade d’Iran, en portant les exigences suivantes :

– Arrêt immédiat de toutes les exécutions,

– Libération immédiate de tous les emprisonné(e)s pour fait de grève ou de manifestation.

– Reconnaissance du droit des travailleurs et des travailleuses du public comme du privé et des étudiant(e)s de former leurs organisations syndicales indépendantes du gouvernement,

– Fin des discriminations concernant les femmes et les minorités nationales.

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Motion en soutien à la classe ouvrière et la jeunesse d’Iran

Le CDFN de la FSU réaffirme son plein soutien à la classe ouvrière et à la jeunesse d’Iran qui, malgré une sanglante répression, poursuivent leur combat contre la dictature de la République Islamique.

Il se prononce pour :

– l’arrêt immédiat de toutes les exécutions,

– la libération immédiate de tous les emprisonné(e)s pour fait de grève ou de manifestation.

– la reconnaissance du droit des travailleurs et des travailleuses du public comme du privé et des étudiant(e)s de former leurs organisations syndicales indépendantes du gouvernement,

– la fin des discriminations concernant les femmes comme les minorités nationales.

Le CDFN mandate le secrétariat pour qu’il contacte l’ensemble des organisations syndicales pour organiser un rassemblement devant l’ambassade d’Iran sur ces exigences.

(Pour : 7 / Contre : 85 / Abstention : 0 / Refus de vote : 4)

Intervention du courant Front Unique à la CA du SNCS-FSU, le 12 mai 2023

Le 14 avril, dès que le constitutionnel l’a eu validée, Macron a promulgué sa loi contre les retraites. Pour les travailleurs qui ont manifesté par centaines de milliers c’est une dure défaite. Dès le 1er septembre ils devront travailler plus longtemps sous peine de voir leur retraite encore réduite.

Avec la fermeture des régimes spéciaux, le gouvernement sort vainqueur d’une confrontation qui dure depuis 1995 face aux corporations les plus combatives du prolétariat, les cheminots, la RATP etc.

Fort de cette victoire, dès le 17 avril, Macron est reparti à l’offensive pour continuer à laminer nos acquis sociaux.

Alors il faut tirer les leçons de cette défaite, faire le bilan de la stratégie de l’intersyndicale.

Pour défaire le gouvernement, il fallait l’affronter, aller là où cela se décide. C’est pourquoi dès le début, Front Unique a expliqué que la responsabilité des organisations syndicales était d’organiser la manifestation centrale devant l’Assemblée Nationale.

L’intersyndicale s’y est constamment opposée en proposant une succession de journées d’action, de grèves reconductibles, de blocages, un scénario qui a toujours conduit à la défaite comme en 2003, 2010 et 2019. Elle a tourné le dos à l’affrontement avec le gouvernement.

Ainsi le 16 février, alors que l’Assemblée nationale était en pleine discussion sur cette réforme, les dirigeants syndicaux sont allés manifester… à Albi à 700 km du Palais Bourbon.

Le 16 mars au soir après le coup de force du 49 ter, ils ont refusé d’appeler à toute « GROSSE manifestation à Paris », le lundi 20 mars, comme l’a expliqué le secrétaire général de la FSU dans une note interne. C’était le jour où par le jeu des motions de censure la loi devait être définitivement adoptée.

L’intersyndicale a laissé la rue à un déploiement des forces de l’ordre inédit pour protéger les centres du pouvoir, elle s’est tue face à la répression des manifestants, elle s’est tue face au déchaînement de la violence policière à Sainte Soline le 25 mars.

Les directions syndicales, nient cette défaite, appellent à de nouvelles actions comme le 6 juin. Mais en même temps, elles acceptent de conforter la 1ère ministre Borne en acceptant son invitation des 16 et 17 mai. Ce qui est à l’ordre du jour, c’est l’accompagnement et la caution à la mise en œuvre de sa feuille de route définie par Macron pour les jours à venir.

Tout d’abord, il veut promulguer les 31 décrets de sa loi retraite pour qu’elle s’applique le 1er septembre 2023. Il a annoncé de nouvelles dispositions contre les immigrés, contre les chômeurs contre les bénéficiaires du RSA.

Il déploie une attaque en règle contre l’enseignement professionnel qu’il veut sortir de l’éducation nationale pour livrer la jeunesse des milieux populaires à l’exploitation dès leur plus jeune âge. 80 filières seront fermées dès la rentrée et les professeurs concernés doivent trouver un point de chute.

Borne a sommé ses ministres de réduire de 5 %, les budgets dans tous les ministères.

Comme l’ensemble des travailleurs, les fonctionnaires connaissent une énorme perte de pouvoir d’achat que seule l’indexation des salaires, donc du point d’indice, par rapport à l’inflation pourrait interrompre.

Le gouvernement a de tout autres projets pour les fonctionnaires. Son ministre Guérini a annoncé des « discussions » avec pour but toujours plus de primes pour « valoriser le mérite, les résultats de la performance etc » ; le recrutement par la voie de l’apprentissage, la validation des acquis, les voies de recrutement local. Bref en finir avec le statut de fonctionnaire.

Alors que signifie la lettre que les directions syndicales de la fonction publique viennent d’envoyer à Guérini qui épouse ses vœux de concertation et où il n’est même plus question de retrait de la réforme des retraites ?

Dans l’ESR se prépare une offensive d’ampleur avec le rapport Gillet qui vise à lever le dernier verrou vers sa dislocation et sa privatisation avec la transformation du CNRS en agence de programme, en faisant passer les opérateurs de recherche sous la coupe des universités ce qui signifie la mutualisation des personnels, la fin des statuts nationaux.

Tirer le bilan des retraites signifie qu’il n’est pas possible de pactiser avec ce gouvernement. Notre syndicat et notre fédération doivent affirmer qu’ils exigent l’abrogation de la loi retraites, qu’ils refuseront donc de collaborer NI à sa mise en œuvre, ni à la destruction des statuts de la fonction publique, ni à la destruction du CNRS en s’impliquant dans le jeu de la préparation du rapport Gillet, qu’il faut dénoncer dès maintenant.

Motion adoptée par le conseil syndical du SNUipp du Puy-de-Dôme, le 2/05/2023

Le conseil syndical de la FSU-SNUipp 63, réuni le 2 mai 2023 à Clermont-Ferrand se prononce :

– pour l’abrogation de la loi de réforme des retraites,

– contre la participation à toutes discussions sur les décrets d’application de cette loi.

Il appelle le conseil national et le secrétariat national de la FSU-SNUipp à reprendre cette position et à œuvrer au sein de la FSU pour qu’elle en fasse de même.

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