Lettre de liaison N°336 – 8 mars 2023

Lettre de Liaison N°336 – 8 mars 2023

Lettre de Liaison N° 336 – 8 mars 2023 :

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Depuis janvier, nous combattons pour imposer aux dirigeants syndicaux qu’ils convoquent une manifestation massive à l’Assemblée pour empêcher l’adoption du projet de loi retraites. Nous sommes encore intervenus en ce sens ce 8 mars au Bureau national de la FSU, alors que l’échéance du vote de la loi à l’Assemblée est toute proche.

Le rejet de la contre-réforme des retraites est massif et général. Mais si le gouvernement est bien obligé de l’admettre, il reste pleinement déterminé à obtenir la transformation de son projet en loi.

Dans notre pays, c’est en premier lieu l’Assemblée nationale qui assure cette transformation. Au sein de cette assemblée, siège une majorité de députés qui ont en commun la volonté de réduire en miettes l’ensemble des acquis sociaux.

Qui peut admettre que cette majorité, totalement au service des capitalistes, puisse saccager le sort de tous ceux qui ont trimé tout au long de leur vie ?

Alors pour les responsables des organisations syndicales, il ne devrait y avoir qu’un seul problème à résoudre : « Comment empêcher que le projet scélérat du gouvernement acquière force de loi ? »

Pour les militants du courant Front Unique, la réponse est assez évidente :

« Il faut empêcher, il faut interdire à l’Assemblée nationale la possibilité de voter ce projet. Et pour ce faire, il faut que des centaines de milliers de manifestants soient rassemblés devant et contre l’Assemblée. »

Prétendre vouloir bloquer l’économie en laissant à chacun, ici et là, le choix de ses initiatives, c’est la négation du combat du tous ensemble, au même moment, au bon endroit. Et c’est faire porter aux travailleurs la responsabilité de la défaite.

Prétendre vouloir bloquer le pays à l’exclusion de l’Assemblée où se joue pourtant l’adoption de la loi, c’est se moquer cyniquement du monde.

Depuis des semaines, travailleurs, retraités et jeunes ont répondu aux appels à manifester. Nettement moins aux appels à la grève parce que l’expérience leur a prouvé que les journées d’actions à répétition ont toujours conduit à la défaite.

Le calendrier parlementaire offre au gouvernement la possibilité de faire adopter son projet à l’Assemblée dès le 16 mars, en cas d’accord au sein de la commission mixte paritaire. En cas de désaccord, le sursis ne serait que de quelques jours et le processus s’achèverait le 26 mars au plus tard.

Il existe donc encore une ultime possibilité de vaincre le gouvernement. Elle est entre les mains des dirigeants syndicaux, certainement pas en quémandant de Macron un rendez-vous.

Pas plus qu’en essayant de convaincre les députés ennemis acharnés des travailleurs de changer de camp.

Non, la seule possibilité qui demeure pour très peu de temps encore, c’est que les dirigeants syndicaux convoquent immédiatement une immense manifestation centrale à l’Assemblée nationale.

Le Bureau national doit se prononcer en ce sens dès maintenant et soumettre sans délai cette proposition aux directions des autres organisations syndicales.

 

Motion soumise au vote du BN de la FSU

Le BDFN de la FSU, réuni le 8 mars 2023, se prononce pour l’organisation, dans les plus brefs délais, d’une manifestation centrale à l’Assemblée nationale pour empêcher le vote du projet de loi retraites.

(Pour : 2 / Contre : 21 / Abstention : 1 / Refus de vote : 9)

Texte d’orientation Front Unique (Consultation interne du SNUipp-FSU du 13 mars au 3 avril)

Pour empêcher l’adoption de la contre-réforme des retraites,

les directions des organisations syndicales doivent appeler,

de tout urgence et avant la fin du processus parlementaire,

à une immense manifestation nationale à l’Assemblée

 

Suppression de 1 100 postes, fermeture de milliers de classes, loi Rilhac , « Pacte » anti-statut du « travailler plus pour perdre moins », nouvelles évaluations… : un vrai programme de guerre contre l’école et ses enseignants ! Dans ce contexte, l’issue de l’affrontement sur la réforme des retraites sera déterminant.

Les 19 et 31 janvier, les 7 et 11 février, travailleurs et jeunes ont massivement exigé le retrait pur et simple et en totalité de la contre-réforme des retraites Macron-Borne.

Malgré ce rejet général, le gouvernement reste pleinement déterminé à faire passer sa réforme. Avec en particulier : le recul à 64 ans de l’âge de départ, l’accélération de l’allongement à 43 ans de la durée de cotisation et la disparition des régimes spéciaux pour les nouveaux recrutés.

Le gouvernement a minutieusement élaboré son plan de bataille.

Il a d’abord obtenu que les représentants syndicaux acceptent une concertation de 3 mois à l’automne alors que les objectifs de la contre-réforme avaient clairement été présentés par Macron.

Le courant Front Unique avait dénoncé alors la participation des représentants syndicaux à cette concertation.

Maintenant le gouvernement Macron-Borne se concentre sur son unique objectif : transformer son projet en loi.

Pour cela, il maîtrise complètement le processus parlementaire en utilisant toutes les ressources anti-démocratiques de la Vème République. La première étape consistait à présenter en séance à l’Assemblée nationale, le projet de réforme, du 6 au 17 février inclus.

C’était donc, particulièrement durant cette période, que les directions syndicales avaient la responsabilité d’organiser une immense manifestation nationale à l’Assemblée pour interdire l’adoption de la réforme des retraites.

Seuls, les militants du courant Front Unique ont combattu pour qu’un tel appel ait lieu.

Ils l’ont fait au Conseil national de la FSU, les 24 et 25 janvier. Puis encore au Bureau national de la FSU le 6 février. Mais les dirigeants de notre fédération ont rejeté cette perspective.

Les militants de notre courant sont aussi intervenus, partout où ils le pouvaient, pour obtenir des prises de positions analogues. Ainsi des assemblées de personnels dans des établissement du secondaire ou dans des universités se sont prononcées en ce sens, tout comme le conseil syndical du SNUipp-FSU de l’Hérault.

Mais au lieu de se focaliser sur l’Assemblée et bloquer le processus qui s’y déroule, les dirigeants syndicaux ont multiplié les appels à manifester ailleurs. Ainsi, le 16 février, veille de la fin de l’examen à l’Assemblée, ils ont annoncé qu’ils ne manifesteraient même pas à Paris, mais à Albi !

Les travailleurs ont l’expérience de ces mouvements qui égrènent des journées d’action et de grèves hachées. Ils ont l’habitude de ces appels à manifester partout, sauf là où ça se décide, quand ça se décide.

Ils ont éprouvé en 2003, en 2010 et en 2019, la stratégie des grèves à répétition, dites reconductibles, ou chacun décide de faire grève, s’il le veut, quand il le veut, dans des assemblées de moins en moins nombreuses. Et ils ont constaté que cette stratégie conduisait immanquablement à la défaite.

Pour rendre possible la victoire, c’est une toute autre stratégie qui est nécessaire.

Celle du tous ensemble, au même endroit, au bon moment.

Puisque le processus parlementaire devrait s’achever vers le 20 mars, il est encore temps d’appeler à une manifestation nationale à l’Assemblée, avant cette date, pour empêcher l’adoption de la contre-réforme des retraites.

C’est la responsabilité des dirigeants syndicaux de lancer un tel appel.

Nous appelons les travailleurs à exiger d’eux qu’ils convoquent cette manifestation nationale à l’Assemblée, avant qu’il ne soit trop tard.

Soutenez cette orientation en votant Front Unique !

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