Lettre de Liaison N°331 – 14 juin 2022
Lettre de Liaison N° 331 – 14 juin 2022 :
[Version pdf]
au 12ème Congrès national du SNUipp-FSU (Mulhouse, le 14 juin 2022)
Malgré son échec au 1er tour des législatives, Macron devrait obtenir les moyens politiques pour engager son programme de guerre contre l’enseignement public et les retraites. Il veut amplifier sa destruction méthodique et brutale de tous les acquis sociaux. D’autant plus que le capitalisme français connaît une grave crise que le gouvernement veut faire payer aux travailleurs, aux jeunes et aux retraités.
D’abord avec sa nouvelle contre-réforme, Macron veut porter à 65 ans l’âge de départ à la retraite. Le ministre Attal a indiqué dans le journal Le Monde : « Il y aura un recul progressif de l’âge légal du départ à la retraite. C’est sur cette base que vont s’entamer les discussions avec les partenaires sociaux. Un texte de loi sera préparé dans les prochains mois. » C’est clair : le gouvernement veut que les représentants syndicaux acceptent de discuter de son projet contre les retraites.
Notre congrès doit condamner clairement ce projet et en exiger le retrait pur et simple.
Notre congrès doit se prononcer pour le refus de toute discussion sur ce projet et préparer le combat uni pour l’empêcher d’aboutir.
Contre l’enseignement public, Macron a avancé son projet de « L’école du futur ». Pour lui, le futur, c’est un retour de 150 ans en arrière. Ses objectifs : briser le cadre national de l’enseignement public ; en finir avec l’attribution des moyens et des personnels selon des normes égalitaires ; cesser le recrutement d’enseignants en fonction de diplômes et par des concours anonymes ; liquider ce qui reste de formation ; détruire les statuts qui préservent de l’arbitraire en matière de rémunération, de déroulement de carrière et de nominations ; généraliser le recours à des contractuels sans formation, taillables et corvéables à merci.
Macron a déjà bien avancé dans cette voie avec la loi de transformation de la FP. Et l’adoption de la loi Rilhac, sans combat sérieux de notre syndicat pour dresser la profession contre cette attaque historique, a envoyé un message de résignation.
Macron s’est appuyé sur cette victoire sans combat pour lancer l’expérimentation de Marseille qu’il veut aujourd’hui généraliser. Expérimentation pour détruire l’attribution égalitaire des moyens aux écoles et pour donner aux directeurs le recrutement des adjoints. Bref, créer la division au sein des équipes et la concurrence entre les écoles. Avec cette école « du futur », ce serait la privatisation de l’école publique et la destruction complète du statut de l’école et de celui des enseignants.
Le SNUipp-FSU est le 1er syndicat des écoles. Notre congrès a donc une responsabilité particulière dans la défense de l’enseignement public, gravement menacé par les projets de Macron.
Notre congrès doit exiger :
– l’arrêt immédiat de l’expérimentation de Marseille et le refus de sa généralisation.
– le retrait pur et simple du projet dit de « l’école du futur », arme de destruction massive de l’école publique.
Notre congrès doit refuser toute discussion sur ce projet et appeler à la réalisation du front uni des syndicats du 1er degré pour imposer son retrait.
Avec le blocage du point d’indice depuis 10 ans et l’envolée de l’inflation, notre pouvoir d’achat s’est effondré. Si le SMIC a été revalorisé de presque 6 % depuis un an, les enseignants, eux, n’ont rien obtenu.
Notre congrès doit exiger l’augmentation immédiate et sans conditions de 10 % du point d’indice. Et simultanément, pour que notre pouvoir d’achat ne soit plus rogné, nous devons exiger l’indexation du point d’indice sur l’évolution de l’inflation mesurée par les organisations syndicales.
Je conclurai par la guerre en Europe. Poutine a engagé la Russie dans une guerre contre l’Ukraine. Nous condamnons vigoureusement cette intervention et exigeons le retrait sans délai des troupes russes d’Ukraine. Et nous apportons notre soutien au mouvement anti-guerre durement réprimé, en Biélorussie et en Russie.
Mais nous ne sommes pas dupes des responsabilités des pays de l’Otan, à l’est de l’Europe. Nous devons exiger le retrait des troupes françaises de Roumanie et d’Estonie, et l’arrêt de la livraison d’armes à l’Ukraine. Dans ce domaine comme dans les autres, aucun soutien à Macron !
Congrès départementaux du Snuipp (mai 2022)
Congrès départemental du Puy-de-Dôme (17 et 18 mai 2022)
Intervention du représentant du courant Front Unique
Dans un contexte où la pandémie et la guerre en Ukraine accentuent la crise économique mondiale avec des effets dévastateurs sur les populations mondiales, Macron vient d’être réélu président.
Après 5 ans d’attaques ininterrompues contre les travailleurs, les fonctionnaires, les chômeurs, les retraités, les étudiants et les migrants, il prépare ses nouvelles offensives avec en particulier: le recul à 65 ans de l’âge de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisations, la liquidation des statuts des enseignants, la liquidation des grilles de carrière des fonctionnaires vers une rémunération « au mérite ».
Avec son ministre Blanquer, Macron s’est acharné contre le premier degré : expérimentation de Marseille, loi Rilhac sur la direction d’école, développement du caporalisme et multiplication d’injonctions incessantes. Avec la loi de transformation de la fonction publique, les enseignants sont privés de l’intervention des organisations syndicales dans la défense de leurs intérêts. Ainsi le déplacement d’office l’an dernier en cours d’année scolaire de notre collègue de Bobigny, Hélène Careil et celui le 9 mai des 6 collègues de l’école Pasteur de Saint-Denis ont été exécutés sans examen en commission paritaire.
Ces mesures de répressions réalisées en tout début du nouveau quinquennat de Macron sont plus que symboliques d’une volonté de poursuivre les restrictions drastiques des droits syndicaux et des libertés démocratiques. Et quand Macron indique vouloir utiliser une nouvelle méthode pour atteindre ses objectifs, celle de la concertation, il faut bien sûr comprendre qu’il veut pouvoir compter sur la caution que lui apporteraient les responsables syndicaux en acceptant de discuter de ses projets destructeurs.
Même si les élections législatives sont encore à venir, le plus probable est que Macron y obtiendra une majorité lui permettant d’avancer vers la réalisation de ses objectifs. C’est donc en fonction de cette situation à venir, la plus vraisemblable, que nous devons fonder notre orientation. Nous devons dès à présent nous opposer clairement inconditionnellement aux projets de Macron contre les retraites, contre les fonctionnaires et contre les statuts des enseignants et nous devons exiger l’abrogation de la loi Rilhac.
Quelle que soit l’appréciation que l’on peut avoir sur la « Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale », ce serait une terrible erreur de nous lier les mains dans l’attente de son hypothétique victoire aux prochaines élections législatives !
————————————-
Motion retraites
Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans, et pour arriver à ses fins il compte s’appuyer sur la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.
Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand
– se prononce dès à présent contre le projet de réforme des retraites porté par E. Macron,
– refuse toutes discussions à ce sujet avec le gouvernement,
– appelle le congrès national à reprendre à son compte cette position.
(résultat du vote : 1 Pour ; 9 Contre ; 1 abstention)
—————————————
Motion Ukraine
La décision prise sous la houlette de Biden auquel se sont associés les représentants de toutes les puissances impérialistes occidentales dont Macron de livrer des armes lourdes à l’Ukraine constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.
Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont Ferrand
– rappelle son attachement au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,
– condamne l’offensive mené par Poutine en Ukraine,
– se prononce pour le rappel des soldats français déployés dans la région et pour l’arrêt immédiat des livraisons d’armes à l’Ukraine.
Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces positions.
(résultat du vote : 1 Pour ; 4 Contre ; 6 abstentions)
———————————————
Motion Défense de nos statuts
Les cinq années de politique en matière d’éducation menée par JM Blanquer, dans le strict respect des choix d’E. Macron, se soldent par une accélération sans précédent dans la voie de la destruction des statuts des enseignants. Les lois Blanquer, Rilhac, la mascarade du Grenelle de l’éducation, la baisse des dotations aux concours de recrutement, les évaluations d’école, l’expérimentation de Marseille, le choix fait de privilégier les primes plutôt que le dégel et la revalorisation du point d’indice notamment n’ont pour but que de fragiliser jusqu’à destruction les statuts des enseignants du premier degré.
Aussi, le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand exige :
– l’abrogation de la loi Rilhac,
– l’abandon de l’expérimentation de Marseille et des évaluations d’écoles.
Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces exigences.
(résultat du vote : 3 Pour ; 6 Contre ; 3 abstentions)
———————————————-
Motion salaires
Depuis 2010, en tant que fonctionnaires, nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.
Le congrès départemental du SNUipp 63, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand exige :
– l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.
– la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires implique l’indexation des traitements sur la hausse des prix calculée par les syndicats.Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces exigences.
(résultat du vote : 5 Pour ; 4 Contre ; 3 abstentions)
————————————————————————————————————————
————————————————————————————————————————
Congrès départemental des Hauts-de-Seine (16 et 17 mai 2022)
Motion Front Unique sur la contre-réforme des retraites
Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans, et pour arriver à ses fins il compte s’appuyer sur la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.
Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 92 réuni les 16 et 17 mai 2022 à Malakoff :
– se prononce dès à présent contre le projet de réforme des retraites porté par E. Macron,
– refuse toutes discussions à ce sujet avec le gouvernement,
– appelle le congrès national à reprendre à son compte cette position.
(résultat du vote : 7 Pour ; 14 Contre ; 4 abstentions ; 1 refus de vote)
—————————————————
Motion Front Unique sur les salaires
Depuis 2010, en tant que fonctionnaires nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.
Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 92 réuni les 16 et 17 mai 2022 à Malakoff exige :
– l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.
– la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires implique l’indexation des traitements sur la hausse des prix calculée par les syndicats.
(résultat du vote : 7 Pour ; 10 Contre ; 7 abstentions ; 1 refus de vote)
—————————————
Modification statutaire visant à restreindre l’intervention de FU au congrès national
(résultat du vote : 17 Contre ; 11 abstentions)
———————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————-
Congrès départemental de l’Hérault (17 et 18 mai 2022)
Motion salaires
Depuis 2010, les fonctionnaires subissent le blocage du point d’indice.
Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.
Le congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier exige :
– l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant d’aller vers le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.
– la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires par l’indexation des traitements sur la hausse des prix mesurée par les syndicats.
(résultat du vote : adoptée à l’unanimité des 21 présents)
——————————————————-
Motion retraites
Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans.
Pour parvenir à ses fins, il espère obtenir la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.
Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier, se prononce dès à présent :
– contre le projet de réforme des retraites porté par Macron,
– pour que les représentants syndicaux refusent toute discussion avec le gouvernement sur ce projet.
Le Congrès départemental appelle le congrès national du SNUipp-FSU de Mulhouse à reprendre à son compte ces positions.
(résultat du vote : adoptée, 16 Pour ; 4 abstentions)
——————————————–
Motion contre la guerre
Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier, condamne la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine.
Depuis plusieurs semaines, sous la houlette de Biden, les représentants des puissances occidentales, dont Macron, ont commencé à livrer des armes lourdes à l’Ukraine. Cela constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.
Le congrès départemental se prononce contre la livraison d’armes lourdes à l’Ukraine et pour l’arrêt immédiat de ces livraisons par la France. Il dénonce également le déploiement des troupes de l’OTAN à l’est de l’Europe et exige le retrait des soldats français d’Estonie et de Roumanie.
Le soutien au peuple ukrainien et à sa souveraineté doit s’accompagner de la solidarité à tous ceux qui, en Russie et en Biélorussie, combattent la guerre d’agression de Poutine en Ukraine.
Le congrès estime que les organisations syndicales doivent engager une mobilisation pour la libération des manifestants russes et des syndicalistes biélorusses emprisonnés pour leur engagement contre la guerre.
(résultat du vote : 4 Pour, 4 Contre ; 13 abstentions)
—————————————–
Modification statutaire visant à restreindre l’intervention de FU au congrès national
(résultat du vote : 20 Contre ; 1 refus de vote)
Interventions et motions du courant Front Unique au Conseil National de la FSU des 17 et 18 mai 2022
Intervention du représentant Front Unique dans le débat général (17 mai)
Castex n’a pas manqué de le signifier hier à son successeur : aujourd’hui, toute la situation, y compris notre situation de travailleurs, de fonctionnaires, est dominée par la question de la guerre.
Car cette guerre, au-delà de la catastrophe pour les peuples qui en subissent directement les conséquences, signifie d’ores et déjà à l’échelle mondiale une brutale dégradation des conditions d’existence pour des centaines de millions de personnes, des menaces de famine, de pénurie de produits vitaux. Dans les pays occidentaux, elle signifie une accélération de l’inflation et une rapide baisse du pouvoir d’achat. Et elle signifiera demain de nouvelles coupes des dépenses publiques pour compenser la hausse des budgets militaires, parfois vertigineuse.
Mais la catastrophe est peut-être devant nous avec la décision des puissances impérialistes dont la France, sous la houlette de Biden, de gaver l’Ukraine d’armes lourdes, faisant courir le risque de généralisation du conflit. C’était une chose, fort juste, que de condamner et de combattre l’invasion de l’Ukraine par Poutine. C’en serait une autre, en réalité parfaitement contradictoire, que de se ranger de manière affichée ou tacite du côté des nouveaux belligérants.
Les organisations syndicales et celles attachées aux libertés démocratiques doivent prendre toutes initiatives unitaires visant à arrêter de telles livraisons [d’armes lourdes] et se prononcer contre l’accumulation des troupes de l’OTAN à l’est de l’Europe, à commencer par les troupes françaises d’Estonie et de Roumanie.
Pour nous, le combat contre la guerre et pour la souveraineté du peuple ukrainien implique le soutien à tous ceux qui en Russie, en Biélorussie combattent la guerre d’agression de Poutine, ce qui suppose concrètement de prendre toutes initiatives en direction des ambassades des pays concernés pour exiger la libération des personnes arrêtées. C’est aussi de dénoncer les « sanctions » qui affligent les étudiants et les travailleurs russes jusqu’en France.
La crise du capitalisme, aggravée par l’épidémie de Covid, les menaces d’extension de la guerre en Ukraine vont pousser les gouvernements en place et celui de Macron en particulier à porter les coups les plus graves aux travailleurs et à la jeunesse. La défense des intérêts des capitalistes l’exige.
Macron avec son programme de guerre contre les conquêtes des travailleurs et de la jeunesse a été élu d’autant plus confortablement que les dirigeants du PS, du PCF, de l’Union populaire et des syndicats, y compris la FSU, ont appelé sous une forme ou sous une autre à voter pour lui. La nomination de Borne au poste de 1er ministre, elle qui a déjà à son actif le saccage du statut des cheminots ou celui de l’assurance-chômage, en est la première expression.
Il a donc tous les moyens pour mettre en œuvre la politique qu’il a annoncée avant les élections : passage à 65 ans des retraites, obligation de travailler gratuitement 20 heures pour les bénéficiaires du RSA, remise en cause brutale des obligations de service des enseignants et soumission totale de ces derniers aux chefs d’établissement, y compris dans leur recrutement, instauration du salaire au mérite dans la Fonction Publique, expulsion de centaines de milliers de jeunes du droit aux études via l’augmentation des frais d’inscription à l’université, menaces de transfert de pans entiers des prestations de la sécu vers les mutuelles, etc.
Et ceux qui s’imaginent qu’il peut y avoir une majorité de la NUPES au soir du 19 juin risquent fort de se réveiller le 20 au matin avec la gueule de bois. Peut-on vraiment imaginer que Macron et son programme soient empêchés par la désignation d’un premier ministre, nouvel homme providentiel, Mélenchon, cohabitant avec le Bonaparte élu à la présidence ? Qui plus est quand on sait que le programme de la NUPES ne touche pas un cheveu du système capitaliste.
Le rôle du syndicat est donc de se disposer par rapport à l’inévitable offensive qui vient et qu’a annoncée Bruno Le Maire : « Nous allons vers des difficultés économiques considérables, le pire est devant nous. »
D’ores et déjà, nous sommes confrontés à une brutale baisse du pouvoir d’achat, en particulier chez les fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué. Alors que le patron du Medef s’est déclaré hostile jeudi 12 mai à une hausse générale des salaires, les fédérations de fonctionnaires doivent combattre pour une augmentation du point d’indice à minima équivalente à celle du SMIC, soit 6% et bien sûr pour l’échelle mobile des salaires. C’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires indexée sur les prix, un mot d’ordre qui permet de combattre l’écrasement des grilles.
Se disposer face à l’offensive qui vient, c’est se déterminer d’ores et déjà par rapport aux projets Macron :
-
Rejet total du projet de réforme Macron des retraites
-
Défense inconditionnelle du statut de la FP. Ce qui suppose le rejet des projets de Montchalin, confirmés par Macron dans l’entre-deux tours, de « réforme complète des grilles et de l’organisation » de la Fonction Publlique.
Et non seulement il faut rejeter tous ces projets de casse, mais il faut rejeter toute concertation sur leur élaboration et leur mise en œuvre.
Car oui camarades, si Macron a pu avancer aussi rapidement, a pu infliger des défaites aussi importantes, parfois sans combat, c’est parce qu’il s’est appuyé sur une méthode : le dialogue social.
———————————————————–
Intervention de présentation de la motion Front Unique sur les salaires (18 mai)
Tous les travailleurs le mesurent au quotidien : l’inflation s’est envolée entraînant une forte baisse de leur pouvoir d’achat.
Pour les fonctionnaires la situation est aggravée par le blocage du point d’indice depuis 10 ans. Comme seuls les agents au-dessous du Smic obtiennent l’ajout de points, on assiste à un tassement incroyable des carrières. Ainsi, les enseignants qui sont au-dessus du Smic n’ont eu aucun gain de points. Les PE ou certifiés débutent désormais à 1,11 % du Smic après PPCR et « revalorisation ».
Ces salaires de misère contribuent à diminuer l’attractivité des concours, aubaine pour Macron qui veut liquider les statuts et les grilles indiciaires qui leur sont attachées.
Le seul moyen de lutter contre la baisse récurrente du pouvoir d’achat c’est l’échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires sur la hausse des prix calculée par les syndicats.
Motion salaires
Depuis 2010, en tant que fonctionnaires, nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6% en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.
C’est pourquoi, le CDFN de la FSU exige :
– l’augmentation générale des salaires au moins à hauteur de l’augmentation du SMIC (presque 6% depuis le début de l’année)
– et, bien sûr, l’échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires sur la hausse des prix calculée par les syndicats, seul moyen de garantir le pouvoir d’achat des fonctionnaires.
(résultat du vote : 3 Pour ; 61 Contre ; 16 abstentions ; 18 refus de vote)
———————————————————–
Intervention de présentation de la motion Front Unique sur l’Ukraine (18 mai)
Le 24 février ,la Russie de Poutine envahissait l’Ukraine causant des dégâts considérables avec des millions de morts civils et militaires, des infrastructures détruites. Mais les conséquences sont encore plus considérables avec une dégradation d’existence de centaines de millions de personnes, des famines, une baisse du pouvoir d’achat etc… Mais hélas ce n’est qu’un début : la volonté des impérialistes occidentaux avec Biden en tête (il accorde 40 milliards d’aide soit la moitié du budget de l’armée russe), mais aussi de Macron, de faire plier les Russes, de ramener le peuple russe des années en arrière, de le mettre à genoux. De plus, cela va entraîner une nouvelle dégradation du niveau de vie du prolétariat et de la jeunesse en Europe et aux USA (car c’est eux qui vont payer la hausse des budgets militaires en plus du reste).
Oui il faut aider le peuple ukrainien, oui il faut aider le peuple russe à se débarrasser de Poutine mais qui peut le faire ?
Sûrement pas les impérialistes occidentaux avec leurs livraisons d armes lourdes qui vont détruire encore plus. Biden et Macron qui massent des troupes à l’est de l’Europe seraient les libérateurs de
l’Ukraine : c’est une farce, c’est un mensonge !
Oui il faut aider les peuples russes, biélorusses, ukrainien et pour cela il faut soutenir les cheminots ukrainiens qui sabotent les chemins de fer pour empêcher l’acheminement des troupes et du matériel russe vers l’Ukraine, oui il faut aider le syndicat russe Solidarité Universitaire qui combat la censure, la guerre et la répression en Russie avec des risques considérables .
Oui il faut aider les étudiants russes en France qui n’ont plus de ressources.
C’est le sens de la motion Front Unique qui propose de combattre le militarisme de l ´OTAN, d’exiger le retrait des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie et qui considère que le soutien à la souveraineté du peuple ukrainien passe par le soutien à tous ceux qui, en Russie, en Biélorussie, combattent la guerre d’agression de Poutine en Ukraine.
La FSU doit prendre l’initiative d’un rassemblement devant l’ambassade biélorusse pour exiger la libération des syndicalistes emprisonnés.
Motion Ukraine
La décision prise sous la houlette de Biden, auquel se sont associés les représentants de toutes les puissances impérialistes occidentales dont Macron, de livrer des armes lourdes à l’Ukraine constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.
C’est pourquoi, le CDFN se prononce contre la livraison d’armes lourdes à l’Ukraine et pour l’arrêt immédiat de la livraison de telles armes par la France. Il se prononce pour toute initiative unitaire des organisations du mouvement ouvrier et organisations attachées aux libertés démocratiques et à la paix visant à arrêter de telles livraisons. Il se prononce contre l’accumulation des troupes de l’OTAN à l’Est de l’Europe et pour le retrait des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie.
Le CDFN considère que le soutien à la souveraineté du peuple ukrainien passe par le soutien à tous ceux qui, en Russie, en Biélorussie, combattent la guerre d’agression de Poutine en Ukraine.
Informé par le secrétariat de la FSU de l’arrestation de militants syndicalistes biélorusses pour leur combat contre l’engagement de leur gouvernement dans la guerre d’agression contre l’Ukraine, en particulier Alexandre Yaroshuk, il propose que la FSU prenne l’initiative d’un rassemblement et d’une délégation à l’ambassade biélorusse pour exiger leur libération.
(résultat du vote : 5 Pour ; 84 Contre ; 2 abstentions ; 7 refus de vote)
Communiqué du courant Front Unique du 27 mai 2022
Pour une organisation syndicale,
informer les personnels des attaques qui les menacent est une obligation impérative, pas une option.
Le courant Front Unique est amené à s’exprimer sur des faits ayant eu lieu au sein du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS) affilié à la Fédération syndicale unitaire (FSU).
En décembre 2020, lors des élections internes qui précédaient le 47ème congrès national du SNCS, Front Unique a obtenu 16,5 % des suffrages exprimés. Depuis, notre courant occupe 4 des 24 sièges de la Commission Administrative (CA) qui est, entre deux congrès nationaux, l’instance délibérative de ce syndicat.
Nos représentants ont appris, il y a quelques semaines, que les doctorants étaient menacés par un projet d’arrêté gouvernemental. Lors de la CA du SNCS du 18 mars, l’existence de ce projet d’arrêté a été confirmée par les dirigeants de ce syndicat qui ont reconnu en discuter avec les représentants du gouvernement. FU a sommé les dirigeants du SNCS d’informer les doctorants du contenu de cet arrêté qui les menace et de se prononcer pour son retrait pur et simple. Ceux-ci bafouant leur devoir d’informer et d’organiser la défense des étudiants menacés – futurs chercheurs – ont refusé de le faire.
Pour le courant Front Unique, pour ses militants et représentants, la loyauté envers les personnels est la première des vertus d’une organisation syndicale. Cette loyauté devrait donc être pleinement respectée par celles et ceux qui assument la direction du syndicat.
Bien entendu, notre courant a aussitôt informé les doctorants des menaces qui les concernaient en publiant une Lettre de liaison de notre courant (N° 327, spéciale ESR du 24 mars 2022 sur le site frontunique.com : http://www.frontunique.com/ll_327_ESR.pdf).
Des dirigeants du SNCS ont exigé de nos représentants, au cours de la CA du 13 mai, qu’ils fassent retirer de notre site cette Lettre de liaison au prétexte qu’elle comporterait « des informations fausses ». Ceux qui prétendent l’existence d’informations fausses dans notre publication ont la possibilité d’en apporter la preuve à notre courant qui, le cas échéant, rectifierait. Bien sûr, en aucun cas, cette Lettre de liaison ne sera retirée du site Front Unique.
Le courant Front Unique exprime sa pleine solidarité et son entière confiance à ses représentants au sein de la CA du SNCS en butte à des attaques inadmissibles et inacceptables. Nous condamnons vigoureusement de tels agissements de la part des dirigeants qui les perpètrent.
Ces dirigeants devraient plutôt se concentrer – enfin – sur leur responsabilité première : la défense intransigeante des personnels face aux assauts constants des gouvernements qui se succèdent.
